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générale comme la volonté individuelle (pour parler le langage reçu) prend trois intonations différentes qui s’entrechoquent et se joignent dans un même accord dans l’ensemble,
Si l’homme, ou l'organisme humuin, sert de porte-voix et d'instrument à Dieu auprès de tout ce qui lui est inférieur, cela ne le rend pas le maître de ses actions et de ses destinées, cela ne le constitne pas cause véritable. L'outil qui fabrique un objet quelconque n'est pas l’ouvrier. L'homme qui est l'œuvre et l'outil de Dieu n’est pas autre chose qu’un organis me à l'usage de la pensée divine. La volonté en l’homme, qui produit, qui détruit et qui amène des changements dans les choses, démontre-t-elle réellement le libre arbitre humain, ou simplement le libre arbitre de la Cause Suprême ?.. Un raisonnement circonscrit ne saurait arriver à une définition satisfaisante sur ce sujet. Il est flatteur pour l’homme de se croire un agent indépendant, dont toutes les pensées et les actions relèvent de lui-même ; mais cette présomption ne reposant que sur des indices vagues qui changent continuellement d’aspect et de nature, n'est pas propre à satisfaire l'aspiration élevée qui tend à la découverte de plus grands horizons. La recherche de l'inconnu ne se borne pas qu'aux choses matérielles, ou aux choses spirituelles. La plus grande découverte à obtenir est celle qui sert de clef à toutes les autres. Quelle est cette découverte ?
On dit que l’homme est un microcosme, par conséquent la connaissance de l’homme est la connaissance par excellence. Que la morale parle de la connaissance de Dieu comme étant la connaissance suprème, c’est redire en d’autres termes la mème chose. Que la science veuille que l’homme n'existe qu’à l’état matériel, c’est voir exactement ce qu'il lui incombe de connaître pour le moment.
N'allez pas à la science pour apprendre des connaïssances spirituelles, même celles qui concernent directement la nature intime de l’homme La science n’est appelée qu’à voir la structure extérieure de tous les organismes. La science et la morale ne sont que des agents officiels qui tiennent surtout à la lettre dans leurs deux états. Regardez le bagage de documents qu’il faut à la science et à la morale pour s'expliquer. Que d’in-folios
pour former leurs bibliothèques ! La science est forcée de beaucoup parler et de beaucoup écrire—pour que la lumière se fasse, La morale est également forcée de beaucoup tâtouner pour pouvoir s’assimiler mème les reflets des lumières qui lui viennent de la science et de la philosophie. La morale,lumière pâle et vacillante, agit sur les marées des idées et en provoque le flux et le reflux, sous la direction inconsciente pour elle de la philosophie ; elle fait le beau temps et le mauvais temps sur la terre et même dans la sphère spirituelle de chaque globe ; elle provoque des tempêtes épouvantables à des époques dé. terminées, non par elle-même, mais par la philosophie qui la dirige. Cette mère des idées conçoit dans la souffrance ; elle crie, elle pleure lorsqu'elle est forcée d'émettre le fruit que la philosophie a mise dans son sein ; elle aime, elle caresse et elle défend courageusement ce fruit tant qu'il n'est pas arrivé à maturité, tant qu'il se complait sous sa tutelle maternelle ; | mais du moment qu’il s'émancipe de celle-ci et qu’il accepte la tutelle paternelle—de la philosophie, —cette mère tonne et lance des éclairs qui illuminent tout en dehors d'elle-même.
Si cette description n’est pas propre à éclairer ceux qui ont les yeux ouverts, que faudra-t-il donc pour ceux qui les ont fermés et qui tâtonnent leu: chemin au travers de la vie ?
De mème que la tête ne forme, sous le rapport du volume, | qu'une faible partie de l'organisme humain, ainsi les sommités | du corps social ne sont qu’en petit nombre. Les sommités \ scientifiques et morales ne sont pas revêtues du vêtement de la popularité parmi la masse de leurs confrères respectifs.
La science officielle repousse de son sein ceux de ses membres qui dépassent leur corps et qui en forment la tête; de même la morale officielle repousse et condamne ceux de ses membres qui embrassent les horizons élevés de l'amour et de la charité. La science philosophique et la morale philosophique sont deux hauteurs où se résument la pensée sous ces deux aspects, et où ne sauraient vivre ceux qui sont nourris de passions grossières, ou qui ont encore à subir un travail violent.
La science et la morale ont chacune une tête contre laquelle se révoltent constamment ceux qui n'en forment que le corps. La terre et le cielsont aussi deux rebelles qui violentent le mon-.
de des causes. De cet antagonisme naissent la variété, l'harmonieet le progrès. L'antagonisme est une chose évidenté même entre deux molécules de n'importe quel règne.
Les maladies, ou l'état négatif, sont représentées au spirituel, Où au moral, sous le nom de vices. Pour le philosophe scientifique et moral, ce sont deux états inhérents à l’organisme matériel et spirituel, qui remplissent un rôle important dans la vie. Ne demandez pas néanmoins la sanction du grand nombre pour reconnaître cette théorie, car elle vous ferait défaut, Les idées qu'un chacun reçoit et qui prennent une forme de système philosophique sont un dépôt sacré qui a la conscience pour dispensateur immédiat.
Mais, diront le moraliste passionnel et le moraliste superficiel, la pensée divine ne saurait s'accuser sous des aspects si opposés! Ils ajouteront: si l'homme n’est simplement qu’un organisme, il n’a aucune volonté à exercer, aucune responsabilité à encourir; l'évidence prouve, néanmoins, que le libre arbitre humain existe et que toute contravention aux lois est suivie de pénalités ; la conscience n'est-elle pas une chose personnelle qui guide, qui retient et qui souffre elle-même de toute contravention et qui fait souffrir l’organisme matériel et l'organisme spirituel même ?
La pensée divine en se manifestant d'une manière générale sous trois aspects différents au moyen des trois classes de l’humanité, soit dans la région matérielle, soit dans la région spirituelle, ou sous des nuances différentes encore dans chaque organisme humain, connu maintenant sous le nom d'individualité, quoiqu'étant soumise dans l’action, dans chaque classe et dans chaque individu, au contrôle régulateur de la conscience, il ne s'ensuit pas que ce pilote fasse partie immédiate de la machine.
Le vice et la vertu sont-ils deux choses qui proviennent de la pensée divine ? Le mal et le bien peuvent-ils avoir nne mème source ? En répondant oui à ces deux questions qui ont un même sens, c’est faire un paradoxe insoutenable aux yeux de la logique ordinaire et révolter ceux qui sont encore dans les bas- . fonds de la vie intellectuelle.
La CAUSE produit tout effet et est responsable de toute action !
Cela est simple comme une addition, mais ne sera admis que par ceux qui peuvent le comprendre,
Le langage, la théorie, s’exprimarit et se formant au moyen de l'organisme humain, quoique dénotant la pensée divine, fait voir aussi en même temps l’état et la valeur de l'organisme reproducteur, Le développement matériel ou social et le développement spirituel ou moral produisent nécessairement des actions en conséquence. La civilisation du jour sur la terre est supérieure à ce qu'elle était ; cela est ainsi parce que l'organisme humain est plus développé que dans les âges précédents. Cet état est difficile à définir, à établir, si on ne regarde que la forme extérieure de l'organisme humain; la plus grande facilité du bien-être pour le grand nombre, n'est-elle pas aussi un indice certain de la différence entre ces âges ?
C'est au moyen de la volonté et du libre arbitre humain, direz-vous, que ce changement à été obtenu. Tout progrès, ajouterez-vous, est dù au travail dirigé par la pensée humaine, Qu'est-ce que le cerveau humain au moyen duquel la pensée se manifeste et qui la répand par toutes les voies de l'organisme entier ?.. Physiologistes, vous n’en connaissez rien, ou très peu de chose. Psychologistes, vous n’en saisissez encore que quelques rayons qui s'en échappent. Foyer microscopique, tantôt ardent, tantôt pâle et tantôt obscur, tu ne reflètes rien par toi-même. Les lumières et les ombres que tu reproduis sous tant de milliards de formes éthérées, fluidiques et accentuées, dans quelque sphère que tu sois, rapproché ou éloigné de l’Eternelle Intelligence qui l'anime de ses rayons, tu n'es qu’un miroir convexe par le haut et concave par le bas.
La pensée divine qui se reflète sur cette terre et sur chacun des organismes de toute espèce qu’elle renferme, se manifeste ailleurs dans d’autres mondes autrement grands que celui-ci,et plus avancés sous tous les rapports. Le moiqui se répercute dans chaque organisme, dans tous les mondes existants, n’est simplement qu'un écho de l’Individualité Eternelle et Créatrice. Chaque bouche qui dit: je suis, répète faiblement ce que tous les rayons de la pensée divine révèlent depuis toute
éternité dans l’espace de l'infini. L'organisme animal, végétal et minéral ne disent-ils pas aussi : je suis, dans le langage qu'il leur est donné d’avoir ? Est-ce parce que l'organisme humain le dit d’une manière différente des autres que cela importe beaucoup et fait une différence dans l'essence du la question ?
Des milliards de milliards de mondes se forment dans l’ombre et croissent et se développent d'abord avec difficulté ou lentement, comme tout commencement de travail quelconque. La période physique est sombre parce qu'elle naît dans l'obscurité, L'existence physique d'un monde, ou de milliards de mondes à la fois, comprenant l'existence de tous les organismes qui servent à les former et à les développer dans ce premier état, est de bien courte durée comme point véritable. Cette période est grosse néanmoins d'évènements particuliers et généraux aux yeux de l'humanité qui façonne ces mondes à ce premier degré. Que d'archives pour les contenir! Arrive la seconde période, ou l'aurore, précédée du petit jour. On assiste à des mouvements qui se définissent dans des œuvres plus avancées, plus uniformes; les parties se joignent et se cimentent plus étroitement. La fraternité naît et impose ses lois à tous les règnes. L’aurore, néanmoins, quelque beau qu'il soit, n’est pas le jour. La période intermédiaire a naturellement trois nuances distinctes, comme toute autre période. La dernière nuance illumine déjà ce monde. Qu'arrivera-t-il ?
Le monde marche en avant et non en arrière : le progrès,par conséquent est le résultat qui viendra rendre cet âge supérieur à celui qui vient de s'écou/.r. Les idées nouvelles, ou renouvelées, qui inaugurent ce troisième âge de l’ère morale actuelle se dessinent hardiment et prennent déjà un essor prodigieux. La synthèse morale se forme sous des auspices favorables ; les entraves qu’elle rencontre sur son chemin sont des moyens qui contribuent plutôt en sa faveur qu'elles ne lui nuisent. 1l n’est pas dans la nature des choses que les changements qui s’opèrent en aucun temps rencontrent l'approbation du grand nombre et surtout des têtes officielles qui comn'andent en grande mesure à l'opinion publique ; l'ignorance d’une part et l’ambition de l’autre font toujours que les idées nouvelles sont méconnues dans leur nature et leurs tendances : en heurtant
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] les intérêts plutôt que les opinions reçues du monde officiel de d toutes les classes, elles s'exposent de ces deux côtés à une mau- : vaise réception.
Il y a des idées qui semblent des montagnes infranchissables à quelques uns et qui paraissent à d'autres des précipices béants de perdition, Le petit nombre, lui, regarde tout froidement et avec intérêt, Les différentes classes d'êtres agissent d'une manière particulière suivant leurs différents états et d'après la forme des idées qu’elles reçoivent et pour lesquelles elles sonc préposées. De cette variété d'états et d'individus naissent le ’ mouvement, le progrès et l'harmonie qui ne se démontrent qu'à ceux qui savent bien voir
On se sert souvent indifféremment des mots 1dée et pensée pour exprimer la même chose. La pensée est un tout qui comprend trois ordres d'idées ou de nuances particulières. Les idées ont aussi leurs nuances, comme la pensée, et même chaque atome d'idée est triplement nuancé.
La pensée divine, pourrait-on croire, met bien du temps à se manifester sur cette terre, puisque nous ne sommes encore arrivés qu’à la manifestation intermédiaire ou à la nuance seconde de cette pensée et de ses effets ; mais que sont les milliards de siècles dans la balance du temps ? Mais, d’après le système exposé dans cet écrit, ce scrait la pensée divine elle-même, | dans son prolongement extérieur au moins, qui témoignerait | de la lenteur de la marche des choses, puisque l’homme n'est ; représenté que comme un organisme. Comment réconcilier | cela avec les données intuitives de la perfection inaltérable de la Cause dans toutes ses parties ? Raisonnerons-nous sur ce * pointqui parait si difficile, si inexplicable ? Tout s'explique par le raisonnement quand les idées sont devenues des faits, mais non autrement. À quoi donc alors servirait le raisonnement sur ce sujet ? Le raisonnement appliqué aux idées qui n’ont pas encore droit de cité sur la terre, ne sert qu’à déblayer leurs voies d'entrée, à épousseter les rayons qu’elles occuperont dans le cerveau. L'auteur ou les auteurs de cet écrit présentent le fruit de leurs inspirations, dont ils ne prétendent même pas expliquer le modus operandi.
Toute idée est le représentant d’un principe qui la gouverne. Le raisonnement terrestre établit que tout effet est le produit d’une cause. Partant de ce point admis, que serait-ce donc que la manifestation entière de la nature, aussi bien dans l’ordre des idées que dans celui des faits, sinon le produit direct de la Cause nommée Dieu !
Au point de vue de la scien“e et même de la morale, le changement en toute chose, d’où découle le progrès, et qui procède par la destruction ou la transformation, pour arriver à ce résultat, est reconnu comme juste et nécessaire. Pour amener cette destruction ou cette transformation ne faut-il pas que la pensée divine, dans chacune de ses nuances, soit armée du moyen propre à l'exécution ?
Tous les systèmes sont des assemblages d'idées qui concourent au développement de toutes choses. Ceux qui ont le titre de nouveautés ont parfois un caractère qui ne plait guère au grand nombre et à ceux qui le dirigent, et ils sont stigmatisés dès leur naissance ou leur apparition par l'opinion publique.
L'incompris a toujours Les honneurs du dédain et de la persécution. Le succès immédiat n’est le résultat que des idées déjà connues, arrangées dans une forme nouvelle.
Le système dont cet écrit représente ue ébauche, sera certainement voué au mépris de ceux qui ne peuvent voir au delà des opinions reçues. L’aveuglement n'est pas une condition favorable pour voir au delà. La découverte du Nouveau-Monde et la relation de ses merveilles, semblaient aux anciens une myth&ogie prapre seulement à amuser l'imagination. Il y a encore beaucoup d'anciens sur la terre qui se moquerontde toute découverte dans le domaine des idées qu’ils prétendent oftficiellement cultiver et connaître à fond. Le champ de l’inconnu est infini et il n’est peuplé de chimères que pour ceux qui le méconnaissent.
Il est bien évident que les lois qui régissent ia nature, par le concours des organismes de toutes sortes, procèdent chacune d’une manière différente dans leur action. Chacune des lais étant individualisée, : s'ensuit que leurs êtres procèdent à la
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mission commune d'une manière différente. Les trois classes de l'ordre humain sont nécessairement forcées de voir et de comprendre toutes les questions sous les trois points de vue paraissant opposés l’un à l’autre d’une manière absolue. Voilà ce qui amène les conflits, d'où naît le progrès. Chaque classe veut faire prévaloir sa manière de voir et obtenir la suprématie du contrôle.
D'après l'inspiration qui nous arrive, la pensée divine, en partant de son centre, se dirigeait extérieurement sous la forme de trois rayons pour animer d’une manière différente les molécules, ou les êtres de l'atmosphère infinie qui l'entoure. L’unité agit sur la pluralité qui l’environne et lui prète sa vitalité à des degrés différents, suivant le rayon qui s’en échappe etqui frappe cette pluralité. Il est bien évident que tout effet provient d’une cause ; par conséquent il est tout simple d'admettre, jusqu’à preuve du contraire, que ce qui estnommé bien et mal provient de la Cause.
Puisque le raisonnement est le moyen dont les hommes terrestres veulent se servir pour lire dans le grand livre de la vérité, servons-nous en de temps à autres pour confondre leur ignorance et leur présomption. ..::te lumière directe produit des effets différents de celle qui est indirecte et pâle. L'ombre est aussi productive, mais d'effets misérables ou rudimentaires, dans tous les règnes de la nature.
L'homme se prévaut de ses capacités intellectuelles qui le placent au-dessus du règne animal comme maître et directeur. Les organismes de tous les règnes ne contribuent-ils pas tous à la mission commune du développement terrestre ? Où est l’organisme de n'importe quel règne, quelque chétif et misérable
. qu’il paraisse, qui ne soit point doué de l'intelligence divine
pour l’animer et le diriger ? Le microscope révèle le mouvement et par conséquent la vie dans tous les règnes ; les mobiles humains se retrouvent caractérisés bien distinctement dans les étages inférieurs. Qu'est-ce qui distingue donc l’homme des autres organismes ? Son génie créateur! Son immortalité ! Sa puissance ! Mais tous les autres organismes partagent ces dons avec l’homme. Une graine quelconque a en elle tout un mond:
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d'effets ; un grain de sable est un réceptacle aussi bien favorisé de la pensée divine que l’est l'organisme humain.
L'état matériel, l'état spirituel ou fluidique et l’état éthéré, appartiennent certainement à toute espèce d’organisme et à toutes les molécules qui les composent. Le langage humain est encore si peu développé qu'il distingue souvent le mot lieu de celui d'état dans les questions abstraites. Le lieu dans l’infiui!.. logiciens et rèveurs, pouvez-vous comprendre et expliquer cela ?
La chimie éclaire le monde invisible matériel et ce flambeau décèle des existences spirituelles et éthérées, que les préjugés ou l'ignorance méconnaissent. Les règnes inférieurs ont des états supérieurs correspondant en tout point à ceux de l’homme. L'homme meurt pour atteindre un état supérieur; l'animal, le végétal et le minéral également. La partie spirituelle et la partie éthérée de toute chuse ne s’éloignent guère en réalité de la partie rudimentaire ou sombre et se trouvent toujours liées à elle.
Bonnes gens, qui croyez à un paradis éloigné, bien éloigné ! sachez donc qu’il vous touche de toute part. Si un état nouveau signifie un déplacement radical, où se trouve donc la liaison ?
L'homme qui devient éclairé sur la terre n’a pas besoin de chercher un paradis en dehors de là, car il s’en trouve environné et pénétré de toute part. Mais quelque éclairé qu'il soit, il ne pourra éviter de subir de nouveau, les états qu'il a déjà parcourus ou subis.
Mais, dira-t-on, le progrès n’est donc qu’une condition qui commence à l'ombre pour finir et recommencer au point de départ. C’est en effet ainsi que nous l’envisageons. L'enfance se retrouve dans la vieillesse.
Pour ceux qui sucent encore à la mamelle de la morale et qui ne sont pas initiés aux hauts enseignements, cette doctrine devra paraître déplorable ; aussi se garderont-ils de l’examiner, de l’étudicr. Le savoir néanmoins devient tôt ou tard le partage de tous ; la lumière succède à l'obscurité.
À chaque émanation des rayons divins vers le cerveau humain, l’homme ne se trouve-t-il pas détrompé ou habillé à neuf d'idées nouvelles ? ‘Où est celui qui ne perd pas ce qu’il possè-
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de et qu’il chérit ardemment ? L'homme nouveau ne se rebàtit pas tout-à-coup, mais graduellement. Il en est de même des idées qui prennent la forme de doctrines ; l’une s’enchevêtre dans l’autre à travers les âges peu à peu et sans secousses violentes pour ceux qui savent suivre la marche des choses.
Cette doctrine n’est pas nouvelle sur la terre comme germe, même productif de certaines applications isolées ou partielles. Le progrès est une succession qui s'épuise pour renaître ‘sous d’autres formes. Le progrès semble infini à l'œil étonné ; mais nous lui voyons, sinon un terme, du moins un recommencement. Celui qui dit par chacun des atômes de la nature entière : 3E suis, trouve éternellement en dehors de lui-même, non pas des êtres qui violentent sa pensée, sa volonté, mais une atmosphère qu'il anime par son rayonnement. Ce rayonnement est tantôt physique, tantôt moral, tantôt intellectuel, ou, il est sombre, pâle et éclatant, suivant que Dieu fait la nuit, l'aurore, ou le grand jour autour de lui.
Ne trouve-t-on pas sur la terre que l'obscurité enfante des créations rudimentaires ou grossières, que la lumière pâls en engendre d'analogues, et que la lumière vive produit des effets bien développés ?
La nature de la cause et ses degrés de manifestation se lisent, se témoignent dans les effets.
Cette doctrine subira une variété de modifications nouvelles qui changeront le caractère de ses nuances ; la forme changera, mais le fond restera. L'avenir qui se dévoile continuellement ne démontre toutes ses beautés qu'à la grande lumière. La grande lumière se fera un jour sur cette terre comme sur d’autres globes plus avancés.
L’ère païenne a eu son âge philosophique ; l'ère chrétienne ou l’ère actuelle commence à entrer dans le sien. Le XVIIIe siècle a annoncé la grandeur du siècle actuel. C'est un précurseur qui a brisé la terre des idées nouvelles et qui n’a fait qu'entrevoir l'horizon nouveau qui se dévoile aujourd'hui. La révolution des âges est bien plus grande et tranchée que celle des siècles, en ce sens qu’elle représente une plus forte somme de changements dans les idées.
La Réforme qui a été le commencement du second âge de
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cette ère, a remué de fond en comble les idées de l’époque précédente et leur a donné d'autres formes. Les siècles précédents, qui formèrent le premier âge de cette ère, avaient été les témoins de bien des révolutions dans le domaine des idées ; mais à l’avènement d'aucun d’eux on ne vit briller aussi nettement, aussi puissamment, un changement dans l’ordre général des idées et des choses. Voilà ce qui démontre que la révolution des âges l’emporte beaucoup en intérêt et en importance sur la révolution des siècles, qui n’en forment que la partie.
La ligie de démarcation entre l’âge actuel et celui de la Réforme se présente à nos yeux sous la forme d'évènements tranchés que méconnut le dix-huitième siècle, malgré toute sa hardiesse et son savoir. Les âges de chaque ère se ressemblent et ont une même nature dans l’action, comme cela est exemplifié dans tous les êtres humains de l'enfance à l'adolescence. et de l'adolescence à la virilité.
L’âge intellectuel de cette ère, qui ne fait que de commencer, à vrai dire, arbore un drapeau aussi hardiment dessiné que celui qu’arborèrent les anciens sages de l’ère païenne, et, il lui ressemble en ceci, qu'il représente une nuance nette et éclatante à la fois; le fond et la forme des deux se ressemblent tellement qu'on se croirait transporté au même âge. L'âge actuel qui ne fait que d’apparaître s'empare déjà des idées particulières, ayant forme de doctrine, de l’âge païen.
L’ère physique, ou païenne, a eu son apogée dans la philosophie de son dernier âge. Cet âge rassembla en corps les idées des âges précédents et en forma un Code qui fait encore l’admiration des hommes éclairés de ce siècle. Les sages de l’antiquité étaient le produit naturel de cet âge qui allait clore la première ère. Arrivée à sa dernière expression, cette ère se l'aisait mûre et grande par de nouvelles conceptions dont un grand nombre sont restées incomprises même jusqu'à ce jour. Les âges et les ères se répètent toujours quoique dans de nouvelles conditions. L'âge philosophique des anciens a eu lieu; l'ère actuelle peut-elle éviter d’avoir le sien ? Il vaudrait autant s'attendre à ce que l’adolescent ne devint pas homme, que de croire qu’elle puisse être privée d’un âge intellectuel ou philosophique. Toutes les idées d’une ère sont forcées de se résumer
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dans un Code philosophique ou explicatif, lorsque son dernier âge est arrivé. C’est un travail qui semble peut-être impossible et inutile à ceux qui vivent dans l'ombre et qui s’y complaisent ; mais la destinée ne manque jamais d'agents pour la servir et remplir ses vues.
Les anciens commencent aujourd’hui à renaître et à secouer les vieilles cendres qu'ils ont laissées derrière eux sur cette terre ; nouveaux Lazares, ils commencent déjà à dorer signe de vie : bientôt ils marcheront.
Qui mieux que les anciens sages pourrait développer les idées en germe qui descendirent en gerbes de feu sur leurs têtes ? Mais peuvent-ils renaître sur cette terre et donner suite aux hautes conceptions dont ils furent les réceptacles ? Ceux qui ne savent pas voir et lire dans les idées et les évènements du jour, trouveront certainement cette question oiseuse et mème ridicule, mais l’assertion dans ce cas est bien appuyée et motivée par l'intelligence des faits.
Rien n’est détruit, ou annihilé, et tout se répète dans de nouvelles conditions. Quelle impossibilité, quelle invraisemblance y aurait-il donc alors, à ce que les anciens sages revinssent sur la terre pour servir au développement des idées qu’ils promulguèrent dans l'antiquité ? La renaissance des choses est un fait qui v’arrive que par la renaissance des idées. Si les idées renaissent, qu'est ce qui empêchera donc leurs organismes de renaitre ? Rappelez-vous que tout organisme qui disparait par la mort de la terre, existe encore à l’état spirituel, et qu’il n’est pas plus impossible, plus impraticable de le rappeler à l’état concret sur la terre, que de condenser les gaz qui se trouvent dans l’atmosphère. Des conditions sont nécessaires pour amener ce dernier résultat : des conditions, limitées par la nécessité, sont aussi nécessaires pour amener le premier.
Toute idée, ou tout corps d'idée, qui n’est pas rendue à la phase philosophique, est nécessairement bornée dans sa manifestation. C’est le grand jour qui éclaire bien. La lumière de second ordre n’éclaire toujours que confusément.
La renaissance dans le domaine purement matériel au physique n'est pas un secret pour la science, ou du moins pour ceux qui en possèdent les hautes notions.
Les éclaireurs qui annoncent aujourd'hui la phase nouvelle se divisent sur divers points de doctrine. Pourrait-il en être autrement ? Serait-il désirable qu'il en fût autrement ? Si le positif et le négatif dans un même corps n'échangaient pas leurs éclairs, où serait donc le progrès ? Leurs divergences ne peuvent qu'éveiller les échos lointains et leur faire répéter la leçon qu'ils apprendront ainsi malgré eux. Tant que le monde dira oui et non, il ne pourra que marcher de l'avant. Les générations futures sont toujours les héritières des grands trésors de ces deux conjoints que l'ignorance croit mal assortis.
Depuis le commencement de cette ère les idées qui se rap portent aux choses spirituelles ont subi de nouvelles et nombreuses modifications. Partout elles ont formé de nouveaux centres, amenant ainsi la décentralisation, surtout depuis l’avènement de la Réforme. Les dogmes se sont multipliés et les hommes ont battu le fer chaud de la discussion. Chacun s'appuie sur des piliers qui manquent de chapitaux ; mais le temps et le travail finiront par amener ce détail nécessaire, et, lorsque ce détail pour chacun de ces piliers sera fait, le tout formera un assemblage complet qui n’exigera pour devenir un bel édifice spirituel, qu'un toit construit par la philosophie pure.
Les passions religieuses servent de main-d'œuvre à ce travail gigantesque. Chaque centre se croit en mesure et en possession du droit divin, et cette foi collective qui, en détail, parait si inconcevablement obscure et même absurde à certains hommes, quelque incomplète qu’elle soit encore, malgré le travail de tous les âges passés qui ont aidé à la formuler, présente dé-
‘jà à l'œil clairvoyant une sublime création spirituelle.
Tous les hommes qui s’arrogent le droit divin pour proclamer la sainteté de leurs causes respectives, ne faussent pas la vérité. Que vaudrait la Toute-Puissance, si elle pouvait être réellement bravée ou vaincue, en aucun temps, en quoique ce soit, sur aucun des détails de la nature, par les petits êtres qui en font partie ?...... Celui qui peut saisir et comprendre la profondeur, la largeur et la hauteur de cette simple question, ne saurait un seul instant vaciller sur la réponse. Tous les hommes ont le droit divin pour eux. L'organisme de n’impor-
te quel règne, celui qui rampe péniblement et qui vit par la destruction, celui qui s’ébat gracieusement au soleil des jouissances, et celui qui plane au-dessus des autres comme mobile principal, tous sont animés et fatalement dirigés par la Cause invisible nomméeDieu.
L'assertion, de part et d'autre, au droit divin, est un cri qui remplit l'univers et qui se répercute dans chacune des molécules qui le composent. La négation qui roule ses tonnerres et lance ses feux sur toutes les couches de la création sert à faire tourner la grande roue qui distribue partout le progrès.