‹ Coup d'oeil sur l'hydrologie du MexiqueChapitre 1 sur 17 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ce travail est surtout destiné à faire connaître quelques traits généraux des pbénp/p^oes hydrolpgiques du Mexique, sans donner cependant une description détaillée des lieux, oomme ^exigerait un ouvrage plus complet. L*étude spécialç des faits locaux incombe naturellen>ent aux habitants du pays ; elle p'est pas du ressort du voyageur qui doit se borner aux investigations d*un ordre plus général.

Quoique je me sois surtout attaché à l'exposé des phénomènes bydrolo^iques, on trouvera cependant dans c^ mémoire quelqueç digressions purement phystiqj'des el géologiques, mais qui tiennent de près à Thydrologie eX, qui forment à eaij|g§ de cela un utile complément. Il m'aurait été facile de les étendre davantage, mais c'eût été sortir du cadre de cet aperçu.

La révolution perpét,uelle qui désole le Mexique ne m'ayant pas permis de gagner la côte dç l'Océan pacifique, j'ai dû in'occuper surlout du Plateau et de son versant oriental. Je regrette d'autant plus l'impossibilité où je me suis trouvé de visiter la cOte occidentale^ que les dt>ux versants de la Cordillère obéi^sejit à des Ipis physiques différentes, qu'il eût été intéressant de comparer. L'état lamentable, dans lequel celte guerre civile, sans cesse renaissanlei^ avait plongé le pays, m'a aussi empêché de visiter un grand npmbre de points du plateau et du Mechoacan que j'eu-sse désiré voir ; car les routes avaient fini par être barrées de toqs côtés, et il n'était possible de circuler qu'au péril de ses jours, à moins de con^^entir à se lais-

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ser complètement détrousser dès les premiers pas. Il y a donc beaucoup de lacunes dans Tesquisse que j*ai désiré tracer, et le titre de ce mémoire pourrait paraître un peu trop général ; mais je n*ai pas cru devoir le changer, parce qu'en plusieurs occasions j'empiète sur le versant occidental et que, d'ailleurs, j'aurai lieu de parler de diverses observations, faites sur des points que je n'ai pu visiter, particulièrement de celles qui sont dues à mon ami, M. F. Craveri, lequel fut chargé d'une mission dans le Golfe de Californie pendant mon séjour en Amérique.

Les personnes qui ont visité le Mexique trouveront peut-être que j'énonce d'une manière trop absolue les faits et les opinions que cette notice prétend exposer. Je sens bien toute la portée de ce reproche, mais il m'est difficile de l'éviter, obligé que je suis de pousser un peu loin la généralisation, afin de n'esquisser que les plus grands traits de l'hydrologie mexicaine, sans tomber dans les détails fastidieux qui appartiennent plutôt à l'étude des lo^lités. Un pays aussi varié que le Mexique, et placé'ihms une situation atissi particulière, ofTre natureHement une infinité d'accidents de toutes sortes, qui créent partout des incidents spéciaux propres à troubler les lois générales. J'ai négligé un grand nombre de ces exceptions qui s'opposeraient à toute généralisation si l'on devait s'attacher à chacune d'elles, et j'en ai omis un nombre bien plus grand encore par l'ignorance de ces détails locaux qui échappent au voyageur. D'ailleurs, on est loin encore de posséder assez de faits relatifs à la conformation de ce pays pour que la généralisation puisse se faire avec une parfaite confiance. Les lois formulées dans ce travail ne sont donc, pour ainsi dire, que des termes moyens qu'il faudra modifier dans un sens ou dans l'autre, suivant les indications dictées par des observations spéciales ; qu'il faudra, en un mot, après des recherches plus approfondies, ramifier ou scinder. J'ai cru devoir poser ces réserves avant d'entrer en matière, parce qu'il est assez d'u-

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sage de déclarer faux tout énoncé général qui pèche, en plus ou en moins, sans tenir compte du fait que ces énoncés sont toujours des abstractions, auxquelles on ne peut s'élever qu'en négligeant certains détails ; des moyennes plus ou moins correctes, où il faut chercher ce qu'il peut y avoir de vrai, sans se butter à ce qu'elles peuvent renfermer de défectueux.

Je dois dire aussi que cet aperçu de quelques traits physiques du Mexique ne contient des observations ni assez nombreuses, ni assez précises pour vider aucune question ; j'espère néanmoins qu'il donnera une idée de la nature du pays, dont les traits les plus généraux ont été si habilement tracés par Humboldti.

Enfin j'ajouterai que, ce travail étant destiné à des lecteurs de tout genre, comme l'indique, du reste, le titre du recueil dont il est extrait, j'ai cru convenable d'y laisser une certaine part aux principes de science générale ; il s'y trouve donc bien des détails qui paraîtront superflus aux hommes de science, mais qui m'ont semblé nécessaires pour faciliter l'intelligence du sujet à toute une classe de lecteurs.

* En lidant les pages qui suivent, les voyageurs pourront se faire un agenda propre h les guider dans l'étude des questions qui y sont soulevées et dans la vérification des faits qu'un voyage rapide m'a seulement permis d'entrevoir d'une manière plus ou moins juste.

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