Tome IlL
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de hutlesconslruites en lerre ou en perches de bois. Ceuxci grandissent rapidement avec les causes qui attirent la populalion, comme un établissement de mines, par exemple; mais ils sont sujets à disparaître quand ces causes viennent à cesser. Néanmoins il n*est rien d'absolu dans ces lermes. — Les villes d'une certaine grandeur ont ^oules le môme cachet : toutes ont des rues tirées au cordeau, des maisons à terrasses de style mauresquci avec une grande place centrale entourée d'édifices à arcades, et nombre de superbes monuments religieux. Mais I?s petites villes ou les bourgs oârent un caractère plus variable. Les uns. anciennes fondations espagnoles, comme Pérote et Amozoc, sont calqués sur les villes, tandis que d'autres, nés pour ainsi dire tout seuls, ressemblent à des villages européens. Plusieurs bourgs de la (.ordillère sont dans ce cas. par exemple Zacualtipan et Real del Monte. Les rues, assises sur un terrain inégal, y sont tortueuses, et dans ces régions de montagnes, la quantité excessive des pluies et I abondance du bois ont conduit toutnaturellementau mode de construction adopté dans les pays du Nord, en faisant substituer les toits aigus et couverts eh bardeaux aux terrasses des maisons espagnoles. Ce mode de construction donne aux bourgades qui l'ont adopte le caracl ère de villages, malgré leur étendue, d'autant plus que. vu l'origine plus récente de ces localités, elles ne possèdent aucun de ces beaux monuments religieux qui se retrouvent dans les moindres villages d'ancienne fondation espagnole. Du reste, ces bourgades, comme la plupart des villes de second ordre, ne sont pre.'îque importantes que par leur population, et on n'y trouve pas la moindre ressource en quoi que ce soit^ Jai indiqué sur la carte par un simple cercle les villages
1 Jalapa, Orizaba et Cordova fout exception, vu le commerce étranger qui >'y est établi.
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ainsi que les haciendas, quoique celles-ci soient des créations entièremeni distinctes. Les haciendas sont des exploitations agricoles, minières ou aulres. Ce sont en général de vastes construclions de pierre. Celles qui datent des Espagnols, et c'est Timmense majorité, sont souvent d'une grande étendue : elles possèdent des domaines de plusieurs lieues carrées, et elles sont bien plus importantes que de petits villages ; car leur seule présence entraine l'existence d'un ou plusieurs hameaux d'ouvriers indiens. De plus, les haciendas sonl des résidences permanentes, vu leur solide construction qui leur assure une longue conservation, tandis que les hameaux isolés, composés de chaumières, disparaissent souvent avec la même facilité qu'ils apparaissent; d'où il résulte pour la géographie un vague qui doit créer de grandes difficultés. Il serait donc utile de distinguer les haciendas des villages, sur les cartes établies à une grande échelle.
L'abus ridicule qu'on a fait des noms de saints dans ce pays, donne lieu à d'innombrables confusions; car il n'est pas un saint du calendrier et pas un dogme catholique dont le nom ne représente une légion de localités de tout rang. Le cartographe ne peut que les transcrire sans s'occuper de les distinguer; toutefois, afin d'atteindre ce but le mieux que possible, il est bon de prendre pour règle de toujours respecter les noms primitifs, car bon nombre de localités jouissent comme les montagnes du privilège d'avoir un nom indien et un espagnol.
Exemple : Chalchicomula ) ville du plateau
San Andrès t au pied du Citlaltepctl
^ . .. . . /^ { au sud de Mexico
San Augustin de las Cuevas )
Quoique cette méthode épargne bien des confusions,
elle ne les épargne pas toutes; car les noms indiens sont
loin d'exister partout; et ils se répètent eux-mêmes sou-
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vent. Ainsi il existe une quantité de Tuxpan (le seul considérable est le port de mer de ce nom), plusieurs Ayotla, plusieurs Tepetitlan, etc.
Rivières.
Une autre source de confusion se trouve dans les noms des rivières, dont chaque tronçon porte une dénomination différente, souvent empruntée à la principale localité qu'il baigne chemin faisant, et ici aussi les répétitions sont fort nombreuses. (Exemple : sur notre carte on trouve deux Rio- Atoyac] Il faut noter aussi que le nom de Rio-Grande s'applique à tous les grands fleuves : il y a le Rio Grande del Norte. le R. Grande de Tampico, le R. Grande de Santiago, et tant d autres dans les deux Amériques. Le mot Grande n*est qu'un adjectif local surajouté, qui n*est bon qu'à engendrer des erreurs, parce qu*on le prend souvent pour un nom propre. Il faut donc le bannir de la nomenclature géographique, en tant que terme isolé, c'est-à-dire, qu'il faut toujours le faire suivre du véritable nom du fleuve.
Comme dans la deuxième partie de mon travail je parle au long des cours d'eau, je n'ajouterai rien à ce qui les concerne.
Routes.
Dans la zone maritime il n'y a pas de routes proprement dites. Les communications ne se font, comme nous l'avons vu, que par des sentiers, et tout le transport a lieu à dos de mulets. Pendant la saison des pluies, ces sentiers, qui pour la plupart traversent de grandes forêts, se détrempent à tel point, à force d'être piétines par les bètes de somme, qu'ils deviennent à peu près impraticables. Ils ne forment bientôt plus que des sillons remplis d'une boue gluante où les mulets enfoncent à mi-jambe, et par-
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tout ils sont coupés par des fondrières de vase liquide. On peut en dire presque autant du versant de la Cordillère, qui n'offre des voies meilleures qu'à la fin de l'hiver ou au printemps. Le passage des rivières à gué devient très-difficile, et quant aux fleuves, ils forment en toute saison un obstacle sérieux qu'on franchit en canot et en traînant à la remorque les chevaux et les mulets.
Il n'en est pas de même dans les parties sablonneuses de la côte, ni du plateau, dont les plaines, unies et sèches pendant la plus grande partie de l'année, sont d'un parcours facile, et dont toute l'étendue peut au besoin servir de route.
Route de Véra-Crux à Mexico. —Les Espagnols ont laissé partoutau Mexique de grandes choses , et on ne pourrait que les féliciter des monuments de leur activité, s'ils ne s'étaient servis pour les élever de moyens en général répréhensibles, et si leur génie créateur, issu du principe d'autorité, n'avait porté en lui-même le germe de sa propre décadence. Les grandes routes qui sillonnent encore ce pays datent à peu près exclusivement de l'époque des rois d'Espagne. Celle de Yera-Cruz à Mexico , comme la plus importante, avait été l'objet d'une grande attention.
Il existe pour se rendre à la capitale deux voies qui, partant de Véra-Cruz, se réunissent à Puebla, après avoir passé l'une au Sud, l'autre au Nord des deux grandes montagnes du versant, le Pic d'Orizaba et le Coffre de Pérote.
La route du midi, dite par Orizaba , traverse d'abord les plaines sablonneuses de la plage, où elle n'exige presque aucun entretien. On avait commencé à établir un chemin de fer qui devait la remplacer; mais comme les entreprises de ce genre n'ont jamais été sérieuses sous le régime mexicain, et qu'elles servaient seulement à masquer des spéculations peu avouables, ou n'en a exécuté
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que trois ou quatre kilomètres. Le pays s*élève très-graduellement jusqu*auChiquehuite (ou Chicuite) où la route franchit un petit col taillé dans le roc, d*où elle redescend dans la fertile vallée de Cordova. Des gradins et des escarpements de rochers conduisent ensuite, en quatre ou cinq heures, à Orizaba, et la route^ fort bien établie, est ici meilleure que dans les plaines, parce qu*elle est ouverte en grande partie dans un terrain calcaire dur, en sorte qu'elle peut mieux qu'ailleurs se passer d'entretien. A Orizaba on est déjà à mi-côte de la Cordillère, et le reste de l'ascension au plateau est encore plus court. La pittoresque vallée d*Orizaba se prolonge dans celle d'Aculcingo qui conduit au pied des grands escarpements qui supportent le plateau. On passe ici un double col, partagé par la petite vallée haute de PuenteColorado, La route de montagne franchit, en serpentant en grande partie dans le roc, les sauts les plus rapides. Après le passage dit de Cerrogordo^, elle débouche dans les plaines du plateau, passant par Morelosoulstapa, San Augustin del Palmar, atteignant Tepeaca par un léger détour au sud , et enfin Amozoc et Puebla. Dans ce trajet, la route se confond souvent avec les plaines nues du plateau sur lesquelles les chariots et même la diligence passent sans (rop s'inquiéter de la voie soi-disant frayée, que les muletiers du pays nomment encore Camino-real jroute royale).
Personne n'entretient cette route; quand un endroit est trop détrempé, coupé d'ornières qui dépasseraient l'essieu« ou rendu impraticable par quelque accident, on passe à droite ou à gauche, en sorte que la voie se transporte d'un côté à un autre. Souvent il existe deux ou trois voies collatérales formées par les chariots de marchandises. Toutefois, aux approches de Puebla > on voit une
* Les Cumbres. célèbres par uoe bataille gagnée par les Américains sur Santa-Ànna, et par le combat livré par les Français ca
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magnifique chaussée, malheureusement bien courte, mais établie avec beaucoup de luxe. C'est l'un des plus grands défauts de la nation mexicaine que de toujours rechercher le luxe quand il lui manque encore le nécessaire, et c'est là une des causes qui font avorter toutes ses entreprises.
De Puebla, la seconde ville du Mexique^ un chemin conduit à Mexico en passant entre le Popocatepetl et riztaccihuatl ; c'est celui que prit Certes, marchante la conquête de JTenochtitlan. Mais la route carossable passe au nord de riztaccihuatl, franchit le col fort élevé de Rio-Frio, qui atteint une altitude de 10,000 pieds, quoique seulement élevé de 3,000 au-dessus des plaines. Entre la venta de Rio-Frio et celle de Cordova, on traverse une sorte de vallée nommée barranca de Juanes, et l'on débouche ensuite par une pente rapide dans la vallée de Mexico ^. Afin d'éviter les lagunes et les marais qui s'étendent jusqu'à la capitale, elle laisse Chalco^ au sud et con tourne au nord le lac du même nom, pour prendre à travers les collines volcaniques d'AyotIa : elle passe ensuite au sud du lac de Tezcuco en redescendant dans les marais, qu'elle traverse en chaussée ; longe à quelque distance le lac de Tezcuco (qui. en été, se prolonge même au midi de la chaussée) et atteint en ligne droite la capitale par l'angle que forme le canal qui unit le lac de Chalco à celui de Tezcuco.
La seconde route de Véra-Cruz à Puebla se dirige plus au nord et s'élève également à travers des savanes arides jusqu'au pied de la Cordillère. Elle franchit à Pucnte-
^ Population 70,000 ûmcs.
* Voyez les cotes d'altitude sur ce col.
' l:n chemin parallèle à la roule de Meiico met Chalco en communication directe avec Huexocingo et Puebla. Il passe la montagne un peu au sud do Rio-frio, par le col d'Acoculco, ainsi nommé d'après la Venta (auberge^ refuge) de son sommet ; mais ce chemin n'est pas carrossable.
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Nacional un grand pont de pierre célèbre au Mexique par sa beauté pittoresque et surtout parce que c'est le seul ouvrage de quelque grandeur qui ait jamais pu être mené abonne fin par les Mexicains^ A partir de ce point, la route s'élève très-rapidement jusqu'à Jalapa, ville de 40 à 12,000 habitants, située, comme Orizaba, à mi-côte de la Cordillère, mais d'un climat plus doux à cause de la forme plus ouverte de sa vallée^. £n quelques heures encore la roule s'élève à Las Vigas, où elle franchit un petit col plus élevé que le plateau 3, duqij^l on redescend légèrement dans les hautes plaines de Pérote.
Vers le|sommet du col, le terrain forme un pli enfoncé nommé la Barranca Honda ; le dos d'âne situé au levant de ce pli est celui de Las Vigas , et le dos d'âne au couchant, dans la direction de Pérote, est celui de Rio-Frio chico ou petit Rio-Frio, ainsi nommé par opposition avec le grand col de Rio-Frio qui borne au levant la vallée de Mexico, de même que le petit col borne dans la même direction le plateau de Puebla. Ces deux cols ne manquent pas d'une certaine analogie, puisque, outre leur situation[[correspondante, ils sont tous les deux partagés par une barranca.
Pour atteindre Pérote, ancienne ville espagnole, bâtie en pierre , et d'un climat assez rude , on n'a plus qu'à longer au N.-O. la montagne du nième nom sur un sol presque uni. La route mal tracée traverse ensuite ces longues plaines toujours encadrées de collines et de mon-
1 Aussi porte-t-il le nom de Nacional. Tous les autres ponts et chemins continuent à s'appeler real (royal), tant il est vrai que la nation a conservé tous ses vieux instincts monarchiques sous la forme républicaine. Ce pont avait été commencé par les Espagnols.
* Sur toute cette route, suivez l'étonnante progression des cotes d'altitude.
» Voyez le profil.
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tagnes de hauteur médiocre. Elle passe à Tepeyahualco, au pied du volcaa Pizarro.
A Ojo de Agua elle longe des marais qui réjouissent rœil du voyageur par la verdure qu'ils répandent au milieu des plaines poudreuses de ce plateau. Avant d'atteindre Amozoc, elle franchit le col du Final, célèbre repaire des brigands. La route passe ici en chemin creux le long d'éboulis pierreux et boisés, et traverse à angle droit des ravins qui sont comme préparés pour les embuscades. Aussi, lorsque la diligence a pu échapper ailleurs aux bandits qui infestent les routes, elle court en général grand risque de ne pas franchir impunément ce' dernier pas. A Amozoc enfin la route de Jalapa se réunit à celle &Orizaba. — Si l'on a suivi les cotes de hauteur qui, sur la carte, jalonnent ce trajet, on aura remarqué le brusque saut que font ces deux roules pour s'élever subitement des terres basses de la côte sur le plateau. Le profil (1'® demi-feuille) en rend, du reste, assez bien compte pour me dispenser d'entrer sur ce point dans de nouveaux détails.
La diligence met 3 ou i jours à franchir les cent lieues qui séparent la capitale de son port de mer, mais on pourrait facilement abréger le temps nécessaire à ce trajet en évitant le col si élevé de Rio-Frio, si la route ne devait s'infléchir au sud pour passer à Puebla. En effet, à partir de Tepeyahualco, elle pourrait, sans quitter les plaines, laisser la Malinche au sud et gagner TIaxcala (ancienne capitale des alliés des Cortèsj. Puis elle continuerait, toujours sur les plaines, par San-Nicolas, Tezcuco et Los Reycs, ou bien par Teotihuacan. et atteindrait Mexico en passant sur la digue qui sépare le lac de Tezcuco de celui de San Christobal. Par cette voie, on n'aurait que des collines insignifiantes à franchir. Une route établie suivant ce tracé abrégerait le trajet deVera-Cruz à Mexico, et c'est
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bien là la ligne que devra suivre le chemin de fer quand les temps seront venus de rétablir.
Autres routes carossables. — Diverses roules partent de la capitale et rayonnent dans tous les sens. L'une conduit droit au Sud, vers les riches districts tempérés de Cuernavaca (nommés terres chaudes de Mexico), où Ton cultive en grand la canne à sucre. A Tlalpam (ou San Augustin de las Cuevas), elle atteint les limites de la vallée, et se bifurque, pour franchir la Sierra par deux cols élevés. L'une des voies conduit à Cuernavaca en passant à gauche des cimes volcaniques d'Ajusco. qui atteignent près de 4000 "^ d'altitude. Elle redescend dans le vallon élevé de El Guarda, petit village de relai, puis elle franchit encore deux ondulations de la Sierra et s'abaisse enfin par des pentes rapides jusqu'à Cuernavaca. L'autre voie, passant la Sierra plus à l'Est, vient aboutir à Cuautla (ou Morelos^).
Ces routes sont loin d'être aussi bonnes dans les parties montagneuses, que celle de Vera-Cruz ; les tournants sont brusques ; la pente beaucoup trop rapide et obstruée de cailloux effrayants. Elles passent sur des montagnes volcaniques, dont le sol est en même temps terreux et rempli de blocs de pierre, en sorte que la voie ne se conserve pas aussi bien que dans les durs rochers du versant oriental. A partir de Cuernavaca, dans la direction d'AcapuIco, le chemin est impraticable aux moindres véhicules.
Partant également de Mexico, une grande route passe à Tacubaya, franchit la Sierra au S*-0^ pour conduire sur le plateau très-élevé de Toluca, et va joindre à l'ouest le Mechoacan. mettant sa capitale, Morelia (ancienne Val-
^ Ainsi Domméo en l'honneur de Morelos, lun des héros de Tlndëpendance. Cet homme a donné son nom à plusieurs localités, en particulier à Morelia, capilali* de Mechoacan, et au village de Morelos, situé au bord du plateau au sud de Chalchicomula.
' Le col passe à gauche du Monte de las Cruzes, renommé par la victoire remportée par les indépendants sur l'armée espagnole.
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ladolid), en communication avec Mexico. Mais au delà de Toluca, elle devient affreuse.
Au Nord se dirige la route de Guadalajara, passant par Arroyos-arco, Tula, Queretaro, Guanajuato (ville célèbre par ses mines] et Lagos. De Guadalajara elle se prolonge par Tepic, et arrive au port de San Blas. Une bifurcation conduit de Lagos parAguas-Calienles àZacatecas et jusqu'au Fresnillo (autres villes minières de première importance). Cette artère, qui met la capitale en relation avec plusieurs grands centres du Mexique ^ et avec les principales mines, est fort importante, mais elle sort entièrement du cadre de notre carte.
Deux routes divergent au N.-E. conduisant dans la direction de Tampico ; mais elles n*en forment qu'une au début, qui atteint l'extrémité de la vallée de Mexico à Guadalupe. village célèbre par la richesse de son église où siège Notre-Dame de Guadalupe, patronne de la république et auteur d'une infinité de miracles qui continuent toujours.
De Mexico' à Guadalupe on a fait jadis une chaussée splendide , ornée avec luxe et bordée d'une quantité de chapelles servant de stations aux pèlerins ^. Puis la route longe à quelque distance le lac de Tezcuco et passe ensuite entre ce lac et celui de San Christobal, sur une chaussée qui sert en même temps de digue pour arrêter les eaux de ce dernier, toujours menaçantes pour la
* Queretaro, Guanajuato, Guadalajara, Aguascalientes.Zacatecas,
toutes capitales d'Etats.
' En 1855, sous la dictature de Santa-Anna, une compagnie de spéculateurs sur l'État s'était fait adjuger celte chaussée sous prétexte d'établir un chemin de fer de Mexico & Tampico; œuvre irapossible pour le moment, mais qui devait servir à masquer pour la forme diverses spéculations dont Santa-Ânna était complice. La chaussée était censée devoir servir de premier tronçon. Il va de soi que jamais on n'en a vu un pouce de plus.
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capitale ^ Elle se ramifie ensuite dans diverses directions. Au N.-E. elle se prolonge vers Teotihuacan (ancienne ville, célèbre par ses pyran)ides] et sur Tulancingo où finit le plateau. Dès qu'on entre dans la Cordillère, où le passage des voitures ne sufiBt pas à créer la route, il n'y a plus que des sentiers affreux par lesquels on peut se rendre à Pa-^ pantla ou à Tampico.
Dans une direction plus septentrionale s'étend la route de Pachuca, importante par la masse de lingots d'argent qu'elle sert à transporter de cette ville minière et du Béai del Monte, la capitale. Aussi est-elle très-carrossable et I ' l'une des plus importantes voies du Mexique. Les Anglais
j qui dirigent les mines de Real del Monte l'ont prolongée
j jusqu'à Regla> à travers les montagnes, et en ont créé
7 plusieurs collatérales pour les besoins de cette immense
exploitation. 'r Toutes les routes dont il vient d'être question sont par-
'\ courues par des diligences traînées par un grand nombre
I- de mules et que des Mexicains seuls savent diriger sur ces
voies que nous serions tentés en Europe de considérer
comme entièrement impraticables^.Toutefois, à part celles
\ des lignes de Guadalaxara et de Vera-Cruz^ les diligences
; ne poursuivent pas leur trajet bien loin.
\ Celle de Toluca gagne encore à grand peine Morelia,
*■ J'en parlerai h propos du lac de Mexico.
' Les diHgences sont à cause de cela petites , très-solidement construites et uniquement suspendues sur de robustes courroies. Néanmoins on s'étonne toujours de ne pas voir voler les roues en éclat. Au mépris des obstacles, les postillons les conduisent au triple galop, et franchissent d'un bond torrents, ornières et blocs de rochers. Aussi ne peut-on se faire une idée des secousses incessantes qu'endure le voyageur. Il se trouve à chaque instaut sur le plancher avant d'avoir eu le temps de se rétablir, menacé de tomber sur ses compagnons d'infortune ou de les recevoir sur son corps. En passant la Sierra de Cuernavaca , nous fiimes obligés de mettre nos mouchoirs dans nos chapeaux pour amortir les chocs lorsque
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capitale du Mecboacan, mais ne la dépasse pas. De Toluca un chemin détestable, même pour les mulets, forme la seule voie de communication avec Acapulco, port principal sur le Pacifique.
Entre Cuernacava et Cuautla^ les Américains auxquels on doit les lignes de diligence avaient essayé d'établir un service, mais il fallut l'abandonner, les voitures se brisant sur les mauvais chemins.
Les lignes du N.-O. ne sont parcourues que jusqu'à Pachcuca et à Tulancingo
Si d'ici l'on veut se rendre à Tampico, il faut avoir recours aux méchants sentiers de la Cordillère.
En passant par Pachuca et Real del Monte, on trouve un chemin qui s'abaisse vers Atotonilco el Grande, et ensuite des sentiers de mulets conduisent par des parois de rochers des plus agrestes dans la grande barranca de Mextitlan (nommée de San Sébastian dans sa portion supérieure), vallée profonde et chaude où l'on rencontre de nouveau le climat du tropique, et qui se termine par un lac de cluse sans issue ^
Si d'ici l'on veut gagner Tampico, il faut traverser obliquement par des sentiers misérables cette série de croupes et de gorges qui forment le système des barrancas. (Voyez page 154.) Ce voyage, quoique très-pittoresque par la variété des sites et l'exubérance de la végétation des régions qu'on parcourt, est fatiguant par les innombrables
nous étions lancés au plafond. Dans le seul compartiment où Ton entasse 9 voyageurs, dont trois ne sont appuyés que sur une large courroie, on a eu la sage précaution de fixer au plafond de la voiture des cordes , qui servent à se pendre et à se raccrocher lorsque les cahots deviennent par trop insupportables. Un trajet fait en diligence sur les routes du Mexique peut passer pour l'un des plus violents exercices de gymnastique forcée auxquels on puisse être exposé.
) Jadis il était déchargé par an tunnel creusé d'ancienne date par les Indiens.
Jl
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diflQcuIlcs de la Sierra Madré, où les sentiers sont affreux au delà de tout ce qu'on peut imaginer, et surtout par la A nécessilé où l'on est de monter et descendre sans cesse
pour franchir les barranoas qui ont une profondeur de
lOOO ou 1500 pieds. On rencontre par place d*anciennes
traces de routes pavées, ouvrages des Espagnols ; ou des
îj surfaces de roc qu'on s'était borne à ciseler, afin de les
rendre moins glissantes aux montées effrayantes qu'esca ladaient jadis les animaux de trait. Mais depuis longtemps ces chemins plus ou moins carrossables, cessant d'être entretenus, ont été détruits par la violence des pluies , et n'existent plus qu'à titre de vestiges archéologiques. Le voyageur découvre parfois avec surprise dans les villages des vallées sans issue de la Cordillère, de vieilles voitures qui s'y trouvent maintenant enfermées à tout jamais par i' la destruction des chemins; objets d'un aspect ridicule,
l dans ces gorges où l'on n'arrive que par des couloirs ,
)ij dangereux même pour les mulets, et tristes témoignages
de la. décadence actuelle.
Sur tout ce long trajet, qui se fuit pour la plus grande partie dans des forêts épaisses, on ne rencontre que des harneaux d'indiens et les grands villages de Zacualtipan, de Huexutla et de Panuco, qui n'offrent pas la moindre ressource. Le commerce, autant que le voyageur, s'empresse donc de profiter de la voie des fleuves. On peut s'embarquer sur le Rio de Amajaque qui, avec le /?. de Moctezumay forme le R. Grande de San Juan (ou de Mexico], ou encore choisir son affluent de l'Est qui est navigable depuis le Capadero On descend ainsi jusqu'à Tampico en trois ou quatre jours, mais il faut six semaines pour la remonte; aussi la route en sens inverse ne peut-elle se faire qu'à cheval, et elle est alors excessivement pénible. Dans toute la partie qui se trouve représentée sur la feuille r«, il n'existe pas de route, mais seulement des
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sentiers qui gravissent souvent à pic les montagnes ou qui traversent des forêts, impénétrables en dehors de Tétroil passage. Néanmoins les communications sont partout ouvertes, et malgré l'impénétrabilité des forêts, on trouve toujours un sentier pour se rendre d'un village à un autre. Aussi quel que soit le lieu qu'on se propose d'atteindre, on peut suivre les voies les plus variées en cheminant de village en village. On peut du reste en dire autant de la plus grande partie du Mexique et particulièrement du plateau qui, vu sa nudité, est praticable partout.
Cette rapide esquisse ne peut donner que des notions fort incomplètes sur la partie du pays que représente la carte, mais il y aurait tant de choses à dire que j'aurais été entraîné dans de grands développements si je n'avais cru devoir me restreindre le plus possible à un simple aperçu .
Le texte de mon mémoire développera plusieurs points spéciaux , particulièrement tout ce qui tient aux lacs et rivières, c'est pourquoi je n'ai fait ici qu'effleurer ce sujet, accordant plus d'attention aux voies de communicatico dont il n*est pas question dans le texte.
Hypsométrie.
Sur la carte j'ai exprimé en mètres toutes les cotes de hauteur, cette mesure étant la plus commode et la plus répandue. La réduction continuelle qu*il a fallu faire de pieds anglais, mexicains, français, de toiF.es et de vares mexicaines au système métrique, a nécessairementun peu changé les hauteurs en y introduisant de légères inexactitudes ; mais ceci n*est d'aucune importance, car les altitudes ne sont pas encore déterminées d'une manière as sez rigoureuse pour que des difl*érences de ce genre modifient en rien leur degré d'exactitude.
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La réduction des pieds mexicains en mètres n*est point aussi simple qu^elle en a Tair, car le rapport entre ces deux mesures n*est pas encore bien établi. On admet, d*a. près Henning. que le pied espagnol ou mexicain ^ Va de 2 vare «» 0", 28265. MaisHeller montre, au moyen d'une
^ note de Tastronome Julius Schmidt, que l'emploi de cette
'j fraction conduit à des résultats trop élevés, et que l'on
peut déduire un meilleur chiffre de réduction des altitudes calculées en vares mexicaines et en pieds anglais, en le corroborant des calculs du général Orbegozo.
Le D'J.Schmidt montre ainsi que: l vara=2. 9995 pieds castillans = 2,57296 pieds Par. = 0,8358 m. Mais s'il s'a- I git des altitudes calculées par le comte de La Cortina,
j lequel a pris la vare comme = 3 pieds mexicains, il est
j| plus exact d'admettre que: une vare = 2,573296 pieds de
Paris = 3 pieds mexicains ^
Bref, un pied mexicain étant, suivant La Cortina. = 0,857764 pieds de Paris, et 1 pied de Paris = 0^,32484, il en résulte que : 1 pied mexicain = 0», 27863605776, dont lelog. =1,4450382.
Cependant, comme les hauteurs barométriques qui ont été prises jusqu'à ce jour donnent des chiffres très divergents pour presque tous les po nts, on en est encore réduit à des approximations, en sorte qu'il est bien suffisant de prendre pour fraction de réduction le chiffre de 0,2786, si l'on n'opère pas par les logarithmes, attendu que sur une altitude de 16000 pieds mexicains, la ditîérence ne serait pas de 6 décimètres. D'aussi faibles erreurs sont pour nous d'autant plus insignifiantes que nous avons souvent employé des nombres ronds pour les cotes de la carte, l'exactitude à 3 ou 4 mètres près n'ayant aucune
1 Voyez à ce sujet l'intéressante dissertation de l'astronome Julius Schmidt, insérée dans le mémoire de HeUer (Petermann's Mittheil. 1857, p. 370).
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importance, puisque le niveau du sol des villages dépasse le plus souvent ces limites dans ses variations *.
La connaissance des altitudes a fait depuis quelques années des progrès réels au Mexique, mais malheureusement seulement pour les provinces les plus peuplées et les plus parcourues. Outre les beaux travaux de Humboldt, on possède maintenant les nivellements barométriques suivants.
Ceux du général J. Orbegozo exécutés dans son exploration de Tisthme de Tehuantepec, par ordre du gouvernement meKicain. (Boletin del Intit. Nacion. de GéograGa y Esladistica de la Républ. mexicana. Mexico. N^ 4 de Marzo, 1839'. p. 54. 1850.)
Les nombreuses altitudes recueillies par le comte de la Courtine (Gomez de la Cortina) et publiées dans la même brochure ^ ainsi que quelques autres publiées dans le N^ 9 de 4 850« auxquelles il faut ajouter quelques chiffres de Glennie, et une série d*autres recueillies par Vélasquez de Léon *.
Les données d'Alberto Pesado, que je ne connais que par le travail de Heller.
* Du reste, les déductions de J. Schmidt, ayant pour base des mesures barométriques qui elles-mêmes oe sont pas précises . ne peuvent'pas non plus donner un résultat parfaitement exact.
' II existe plusieurs livraisons qui portent U même date, rar on a publié d'un coup les archives de plusieurs années en arrière, et au lieu d'en former un volume, on en a fait autant de cahiers avec pagination spéciale et sans numéros d'ordre, c« qui donne lieu à confusion .
* La collection de ces altitudes est due aux observateurs suivants : G<d Orbegozo, A. Franklin Morney, £d. Harkort, C^J.-M. Rustamente, C«U.-G. de la Cortina. G*' J.-lgn. Iberri, Seb. Blauco.Capt. de frégate F. Mascaro.
* Elles sont dues : à Bustamente, au capt. anglais Beerhcy, au brigad. Miguel Constanzo, au lieut.-col. Seb. Blanco, au capt. de vaisseau D.-F. Lanzara, èi J.-J. Ferrer, commandant delà marine, et à Velazquez de Léon.
ToMRlir. 13
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Ce dernier, après avoir reproduit la liste de la plupart des mensurations contenues dansées travaux, donne encore bon nombre d'altitudes, déterminées par lui dans la Cordillère d'Orizaba.
Quelques autres voyageurs ont mesuré d'autres points; je citerai en particulier Burkart. qui fixe l'altitude du Nevado de Toluca à 45260 pieds anglais, soit 105 de plus que HumholJt. Pieschel assigne à la Fundicion près Chalchicomula, une hauteur de 7650 pieds. Heller présume que ce devaient être des pieds anglais, ce qui réduirait l'altitude de ce point à 7178 pieds de Paris ou à 2331 mètres. Mais il en résulterait que la Fundicion, quoique située dans une gorge de montagnes, serait placée plus bas que les plaines de la Preciosa et de Tepetitlan, qui dépassent 3400 mètres. Ceci n'est pas possible, attendu que' son torrent coule vers ces plaines et va se perdre dans celles de Tepetitlan (2457 m.), au pied des Derrumbadas. Si l'indication de Pieschel est au contraire comptée eu pieds de Paris, elle place la Fundicion à 2485 mètres au dessus du niveau de la mer, soit à 28 mètres au-dessus des plaines, ce qui coïncide bien avec la direction des eaux ^
Les travaux considérables d'hypsométrie qui ont été exécutés par M. Âlmazan pour l'établissement de sa carte de Puebla, forment l'un des plus importants documents de ce genre. Mais il est à craindre que les nombreuses mesures prises en courant ne soient pas aussi exactes qu'on pourrait le désirer, et comme j'ai toujours été frappé de l'élévation de ces chiffres d'altitude, je ne puis douter qu'il ne se soit introduit un peu d'air dans son baromètre.
' Toutefois il est à remarquer que plusieurs des hauteurs du plateau sont probablement estimées trop haut, en sorte que le chiffre de Pieschel pourrait peut-être se trouver exact en pieds anglais. Son indication de l'altitude du Pic d'Orizaba paraît bien être faite en pieds anglais.
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 179
A ces documenls j'ai ajoute les nivellements barométriques de M. Craveri* inédits pour la plupart.
Quoique je fusse parti avec les instruments nécessaires pour les observations physiques les plus courantes, il ne m*a pas été possible de les poursuivre bien loin. J'ai dit ailleurs l'espèce d'impossibilité oùT'onest de transporter un baromètre dans ces voyages exécutés a cheval et troublés par mille épisodes imprévus. Celui-là seul qui habite une ville à poste fixe, et qui part de ce point central pour faire des excursions topographiquesjen sacrifiant tout à ce but, pourrait au besoin sauver son baromètre, et encore n'eslil jamais bien sur qu'il ne s'y soit pas introduit une cause d'erreur après quelques journées passées à cheva). Mon but ayant été de faire le plus de chemin possible , et la direction de mes études étant surtout portée vers d'autres objets, mon baromètre a succombé peu de temps après mon arrivée sur le plateau, en sorte que mes mesures ne portent que sur l'ascension de la Cordillèie et sur le district du plateau environnant le pic d'Orizaba, c'est-à-dire malheureusement, sur la portion la mieux connue du Mexique.
En me servant de tous les matériaux qui étaient à ma portée, jai cherché auiant que possible |à (prendre pour chaque localité de bonnes moyennes entre les chiffres fournis par les diverses sources. Les chiffres moyens sont ici d'autant plus indispensables que tous les calculs qui, jusqu'à présent, ont été faits pour déterminer les altitudes du Mexique, contiennent d'assez notables chances d'erreur. En effet, les hauteurs sont presque toutes calculées sur les moyennes de la Vera-Cruz, et sans aucune observation correspondante, et il n'est que bien peu de ces mesures qui n'aient pas été prises en courant, ou, pour le moins,calculées sur les observations d'un jour ou de fort peu de jours consécutifs , au lieu de Tètre sur une série
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d'observations* comme il eut été désirable. Il est fort douteux aussi que les ÏQstrumenls aient toujours été en parfait état.
Ces chances ne se confirment que trop parles grandes divergences qui régnent entre les résultats ol)tenus par divers voyageurs. Les chiffres auxquels on est obligé de s'arrêter sont donc encore assez éloignés de l'exaclitude, mais il est vrai que cela n'est pas de grande importance, au point de vue général, puisque les erreurs possibles oscillent entre des limites qui ne changeraient en rien le caractère orographique du pays.
Donner ici tous les termes qui m*ont servi à déduire les moyennes, produirait d'une manière fort inutile un grand entassement de chiffres. Je ne citerai donc que quelques mesures comparatives qui reçoivent un véritable intérêt par l'incertitude qui plane encore sur celle des cimes qui doit être considérée comme la plus élevée du Mexique.
Suivant Humboldt, le PopocatepetI serait plus élevé que le CitlaltepetI d'environ 54 toises. Mais les mesures barométriques prises sur ces deux montagnes depuis le passage de l'illustre voyageur, semblent infirmer ce rapport, et font supposer que les deux montagnes atteignent une hauteur sensiblement égale, si même le CitlaltepetI n'a pas droit à la préséance.
PopocatepetI.
Heller calcule ainsi que suit la moyenne probable de l'altitude du PopocatepetI :
aj Humboldt mensuration trigonoint^t. h Tetimba: 3771 == 4. bj Glennie, mens.barom.du 17 avril 1827^ Pieschel: 3796,8 = 3.
c) Birckbeck, mesure du 10 novembre 1827 : 2750 r= 3.
dj Gerolt, mesure du 39 avril 1834 : 3805.2 = 3 .
e) Deux Français, mesure du 27 février 1851: 3741,9 = 1.
En accordant à ces nombres une valeur proportionnelle aux chiffres indiqués à la suite, il donne au PopocatepetI
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. iSi
une allilude moyenne de 2775 T = 46,650 pieds de Paris = 5408 mètres.
A ces mesures on doit ajouter, pour obtenir une meilleure moyenne, celle de Laverrière (1857) qui est de 5425 mètres, ce qui (en donnant à son observation une valeur =5 2) doit faire introduire une correction de 3 mètres en plus, soit :
Hauteur du Popocatepetl = 54H m.
Toutefois, Heller, en accordant une valeur relative aux mesures des divers voyageurs, use d'un certain arbitraire qui peut aussi bien éloigner son résultat de la vérité que Ten rapprocher; car il n'est point dit que les mensurations de Humboldt méritent plus de conBance que celles des autres. Son baromètre était nécessairement moins parfait que celui des voyageurs subséquents, et ses altitudes ne sont pour la plupart aussi que des approximations calculées sur les moyennes de Vera-Cruz, sans observation correspondante, et probablement trop fortes dans la plupart des cas^
En accordant à chacune des sources une valeur égale, on obtient pour moyenne :
Hauteur du Popocatepetl = 5408 mètres^.
1 Suivant des reoseigoements positifs pris auprès de Don Francisco Faguaga qui accompagna Humboldt dans ses excursions, surtout autour delà Capitale, celui-ci avait pour tout instrument un tube barométrique droit qu'il remplissait simplement de mercure h la température ordinaire chaque fois qu'il voulait faire une observation. Il est du reste probable que, pour voyager, cet instrument n'était pas plus imparfait que les baromètres ordinaires qu'on possédait de s«n temps et qui ne pouvaient se conserver en voyage. Mais on comprend d'après cela que ses altitudes doivent toujours être trop fortes. — On ne saurait mettre en doute la bonne foi de Fr. Faguaga, homme distingué, d'une position indépendante et qui portait aux sciences un vif intérêt.
* Précisément la hauteur obtenue par Hcller en suivant sa méthode, et sans y faire rentrer la mensuration de Laverrière
Dans! es calculs qui précèdent, nous avons omis la mensuration de Craveri, faite à son ascension du 11 septembre 1855. et qui n'a donné pour résultat qu'une altitude de : 5252 °».
Bord du cratère 5181 ,64
Estimation de la hauteur du sommet qui le dépasse . . 50 Correction pour l'orage qui venait d'éclater 20
Hauteur 5251,64
D'où : moyenne générale = 5382 mètres.
Heller rejette la mesure de Cra^veri comme inexacte, vu la différence qu'elle offre avec les autres. Cette méthode prèle le flanc à objection, attendu que le chifl're de Craveri ne s'écarle guère plus de celui des deux Français que ce dernier de celui de Glennie. D'ailleurs le chiffre de Craveri étant de beaucoup le plus inférieur, il suggère naturellement la réflexion que les erreurs barométriques sont presque toujours en plusy surtout dans les voyages où les instruments se détériorent. Les chiffres en moins ne doivent donc pas être rejelés à la légère ^
' Je ne puis m'empécher d'ajouter à ce sujet qae la mesure de l'altitude de Mexico par Craveri a aussi donné un résultat comparativement faible (40 m. de moins que celui de Humboldt . Or, ceci ne saurait point s'expliquer par l'état de l'instrument, car il est évident que le baromètre le plus parfait, c'est-à-dire celui chez lequel le vide de Toricclli contiendra la plus faible quantité d'air, sera celui où la colonne mercuriellc se maintiendra le plus élevée et qui, par conséquent, donnera les altitudes moindres. Ayant été présent k Mexico aux préparatifs de M. Craveri, j'ai vu avec quel soin il s'est assuré de l'excellence de son instrument par une longue comparaison avec d'autres baromètres, avant son départ pour l'expédition du Popocatepetl. Ayant également eu à ma disposition toutes ses notes de calculs, et n'y ayant trouvé aucune erreur, j'ai beaucoup de peine à m'expliqiier la divergence de son résultat avec celui des autres voyageurs, sans admettre que tous avaient laissé pénétrer dans leurs baromètres une certaine quantité d'air.
Le fait est que les chiffres d'altitude dus à Craveri pour beaucoup d'autres points encore du Mexique, aussi bien que les chiffres «rnltitude dusù Boussingault pour l'Amérique du Sud,donnent tous,
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 18S
Comme lobservation b&roméirique a été faite pendant un orage, le baromètre subissait sans doute une grande chute à ce moment, chute qui n'est peut-être pas* suffisamment compensée par les 20 mètres de correction qu'ajoute le voyageur. On peut aussi supposer que le dôme terminal de la montagne n'a pas été estimé assez haut. Enfin on a pris d'après les observations consignées page U2, pour Vera-Cruz :
B = 762.30 ; T = 25,50 et t -^ 25.00, tandis que Humboldt et probablement tous les autres observateurs ont admis :
B=r 763.15; T = 25,3 et t = 25,3, ce qui donnerait une différence en + de 19 m. Ces raisons aidant, j'admets que la mesure de Craveri donne au PopocatepetI une altitude ==5300 m.
Suivant Laverrière. le Pico de Fraile^ rocher situé sur
comparés à ceux de Humboldt. une différence en moins, ce qui semble bien indiquer que les altitudes de Humboldt sont trop fortes. A vrai dire, il n'y a pas lieu de s'en étonner, puisqu'à Tépoque où voyageait cet illustre savant, on n'avait point encore inventé les perfectionnements qui ont tant ajouté à l'exactitude des baromètres portatifs. On voit, du reste, assez par la note de la page 181, ce qu'il faut penser du baromètre de Humboldt. — Une présomption à l'appui de ce qui précède se trouve encore dans le fait que la mesure trigonométrique de l'Orizaba, exécutée par Humboldt à Jalapa, diffère de 50-80 toises en moins, de toutes les mesures barométriques, et encore a-t-il probablement admis pour sa station une trop forte altitude (puisqu'elle est relevée au baromètre). Je ne suis donc pas éloigné de croire que tous les baromètres, à l'exclusion de celui de M. Craveri, contenaient une certaine quantité d'air, et on ne saurait s'en étonner.
* Ou Pic du moine. Ce rocher est célèbre, parce que c'est h ce point que s'est arrêté le baron de Humboldt dans l'ascension qu'il a tentée. Ce nom a été donné à plusieurs rochers des montagnes du Mexique, probablement en comparant leur forme à celle du capuchon d'un froc. On désigne ainsi le rocher le plus culminant du Nevado de Toluca ; il est un Cerro del Fraile dans le Durango, etc. Le nom d'Espinazo del Diablo (épine, escarpement du diable), qu'on applique surtout à des aiguilles à pic^ est aussi fort employé. Il a
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la face s. -S. -E. du Popocatepell, aurail 5050» et TEspinazodel Diablo, autre rocher à pic au nord, atteindrait 5240 ". Le fond du cratère serait à oH9 ■.
Cittaltepetl.
Heller déduit la inuyeniic de hauteur de cette montagne des mesures suivantes ^comptées en toises) :
aj Humboldt. mesure trigon. oxénit^e à Jalapa 2717 = 4
hj Reynold et Meynard. 1818 il7819 p. angl.) 2786 = 2
c) Ferrer (ancienne indication î»453 ") 27 ©7 = 2
d Doignon, 1851 ; 18328 p. anglais^ 2866 = 1
Hauteur du Citlallepetl = 5393 mètres ^
Récemment le baron Aluller et M. Sontag ont trouvé pour hauteur absolue et par une mesure trigonoméirique exécutée à Orizaba, la somme de 5527", ce qui ferait de ce volcan la plus haute montagne du Mexique ^.
Ce terme ajoute à la moyenne une correction d'environ 12» et rélève à 5405".
D'après ces moyennes, le Pic d'Orizaba reste donc encore de quelques mètres inférieur au Popocatepell. Mais
été donné à une montagne située entre Tasro et le port de Signatanejo sur le Pacifique. En Sinaloa, près de Culhacan, on rencontre aussi un Espinaso del Diablo, et on en mentionne dans d'autres localités encore.
1 Dans ce calcul et<t uégligée l'indication do Pieschcl, qui est do 17,373 pied^it, que Heller croit être des pieds anglais, ce qui viendrait h l'appui des calculs de Humboldt Si ce sont des pieds de Paris, cette mesure borait =: ^43 ■" et dépasserait encore de 58 mètres celle de Doignon, ce qui n'est guère admissible.
* Ce chiffre étant encore inférieurlde 58 mètres h celui qui a été calculé sur les observations de Doignon. il n'a rieu d'absolument impossible. Toutefois il est bon de noter que Doignon, qui fut le premier à escalader le Pic d'Orizaba, n'était qu'un simple artisan qui n'avait pas l'habitude de se servir des instruments, ce qui peut inspirer des doutes relativement à l'exartitude de sa mensuration. Les conclusions qu'on tire des moyennes sont contraires i ce chiffre élevé.
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 185
en accordant à toutes les mensuralions une valeur égale, on obtient :
Hauteur moyenne du Citlaltepell =-= 5457"^.
soit 50 à 450 mètres de plus que pour le PopocatepetI, (mais le Pic d'Orizaba est probablement lui aussi estime trop haut, pour les raisons développées page 182.)
Cette question n'a, du reste, qu'un intérêt de curiosité, car pour le géographe comme pour le géologue, les deux plus hautes cimes de l'Amérique septentrionale s'élèvent à la même altitude; particularité bien frappante pour des montagnes aussi colossales.
Je donnerai encore ici l'altitude de Cordova, parce qu'elle est calculée sur une longue série d'observations barométriques poursuivies pendant cinq années consécutives par M. Nieto^ et qu'elle approche donc probablement assez exactement de la vérité. L'altitude ainsi obtenue est de 890 "". (Voyez la note IV, page 140.)
Document!.
Dans l'origine je comptais me borner à dresser des cro^ quis topographiques*destinés à accompagner mes mérooi res ou la relation de mon voyage, et j'avais disposé d'avance des feuilles grossies d'après la carte de la Nouvelle-Espagne de Uumboldt afin d'en compléter quelques parties par mes propres observations. La structure trèssimple et très-facile du plateau permet de porter sans dilDculté la plupart des montagnes sur une feuille de ce genre, dont les points principaux sont bien déterminés. Dans ces plaines on réussit facilement à fixer au moyen du sextant la position de celles des hauteurs que Ton aperçoit à un horizon peu éloigné. Malheureusement bon
* Mais malheureusement sur des observatioDi trop courtes faites h Vera-Truz.
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nombre de ces montagnes n*ont pas de nom, ou n'en portent qu'un inconnu aux Indiens que l'on rencontre, en sorte qu'il n'est pas toujours possible de les dési$;;ner.
Le versant de la Cordillère est beaucoup plus difficile à cause de la complication de ses formes déchirées, de la multiplicité des vallées, et surtout aussi à cause de Tab sence de points bien déterminés géographiquement, si Ton excepte Orizaba et Jalapa. Aussi règne-t-ii encore beaucoup d'incertitude sur la configuration de cette région.
Après avoir séjourné quelque temps au Mexique, je m'aperçus qu'il existait déjà dans le pays nombre de matériaux géographiques et je fis de mon mieux pour m'en procurer le plus possible. J'entrevis alors la possibilité de dresser, non plus un croquis, mais une véritable carte de certaines parties du Mexique. Plusieurs personnes qui avaient voyagé voulurent bien me communiquer leurs itinéraires, leurs croquis, qui, quoique fort divergents entre eux. n'en étaient pas moins de précieux matériaux. L'ingénieur Madrozo eut l'obligeance de me prêter divers croquis de la Cordillère; e^M.Massot de Lafond me laissa également compulser les matériaux sur les provinces du nord, qu'il était sur le point de livrer au ministère du Fomento. Ayant eu le bonheur d'entrer en relation avec le licencié don Pascal Almazan. j'obtins de lui communication des beaux matériaux préparés pour sa carte de Puebla. dont plus tard il voulut bien me faire hommage.
Désireux de compléter mes renseignements, j'espérais en arrivant à Mexico pouvoir prendre connaissance du dépAt du ministère du Fomento. Mais M. Velasquez de Léon qui. sous la dictature deSanta-Anna. cumulait alors le ministère avec plusieurs autres charges, se montra singulièrement difficile à cet égard, malgré les meilleures
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 187
recommandations officielles dont j'étais porteur. Il roe fit exhiber quelques croquis qui m'étaient en partie déjà connus et sur lesquels on me permit à peine de prendre des notes. J'appris ensuite que M. Velazquez de Léon publiait dans les Annales du Fomento les levés exécutés par divers ingénieurs qui étaient aussi chargés de dresser la statistique des provinces, et je compris ses légitimes ombrages. Mais lorsque six mois après, je revins à Mexico, au retour d'un voyage au Jorullo, le gouvernement était en fuite. Les formidables gaspillages auxquels, durant sa longue dictature ^ Santa- Anna n'avait cessé de prêter la main, au profit de son avarice, avaient mis le trés<r à sec, au point que l'armée n'était plus payée depuis longtemps, il avait donc fallu décamper pour éviter une catastrophe, et le ministère lui-même avait pris le large.
Ce fâcheux incident qui venait mettre un terme prématuré aux publications de M. Velazquez de Léon^ me fut très-utile. Au milieu d'une sorte d'anarchie paisible qui se prolongea assez longtemps, je m'installai au ministère, où la bienveillance la plus aimable avait remplacé la roideur des jours passés. J'employai donc tout le temps dont je pouvais disposer d'ailleurs à travailler au Fomento
I Elle ne dura pas deux ans, mais au Mexique, un an de présidence est déjÀ beaucoup. Lo président est nommé pour quatre ans et depuis quarante ans que la république du Mexique existe, il y a eu plus de cinquante présidents.
9 En cette occasion, les ministres, pour ne pas renoncer à la position dont ils jouissaient sous Santa-Ânna, et se flattant du vain espoir d'un retour de l'étoile de ce dernier, ne donnèrent pas leur démission, mMs s'accordèrent i\ eux-mAmes un simple congé de deux ans. Et il fut des gens pour prétendre que ces messieurs s'étaient payé d'avance leur temps de congé, ce qui est du reste douteux, vu le murasuie des finances mexicaines. Il est de fait que le gouvernement régénérateur qui succéda au gouvernement, dit r<fparateur, de Sanla-Anna, no trouva pas un liard dans les caisses de l'État.
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etj*y recueilis quelques bons matériaux ^ Néanmoins ce que j*en rapportai n*élait encore que médiocrement satisfaisant ; car la plupart des travaux topographiques que je pus consulter n'étaient que des croquis exécutés en courant et se trouvaient donc assez rudimenlaires. Il faut cependant faire une louable exception en faveur de quelques excellents travaux , en particulier de la carte de Puebla> de M. Tavocat Almazan, déjà mentionnée, et de celle de Mexico par Thomas Ramon del Moral, colonel du génie^ mais qui, fort complète au point de vue des localités, est malheureusement assez incomplète pour tout ce qui concerne l'orographie.
Je ne me doutais pas en me livrant à ces travaux assidus du sort qui les attendait. Une partie de mes notes fut presque détruite, ainsi que plusieurs numéros du bulletin de géographie de Mexico, par un flacon d'acide sulfurique, introduit par mégarde dans une caisse que j'envoyais à Vera-Cruz. Mais le reste subsista et je retrouvai plusieurs des documents perdus, dans le Bulletin de géographie et les Annales du Fomento, où ils ont été publiés. Enfin dans Tatlas mexicain qui a paru récemment^ j'ai trouvé quelques-uns des croquis des Etats du Nord dont j'avais le calque avant leur publication; néanmoins, cet atlas m*a permis de compléter plusieurs points.
En parlant des matériaux qui m'ont servi pour l'établissement de ma carte, je ne dois pas passer sous silence le beau travail de Heller^, botaniste allemand, sur la Cordillère d'Orizaba. Je le crois fort exact, car il concorde bien avec les croquis en grand que je possède de cette région. J*ai donc adopté pour cette partie la jolie petite
^ Jo dus beaucoup ^ l'obligeance de M. Lerdo de Tejada, alors ministre par intérim, et économiste distingué du Mexique.
* Aidé, m'a-t-on dit, par des ingénieurs allemands?
3 M. Salle, de Paris, a bien voulu m'en donner communication.
* Petermann's Mittheilungen, 1857.
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 189
carie que ce savant a publiée, sauf quelques légères modificatioDS pour ce qui concerne le pic d'Orizaba. En effet cet auteur, qui parait n*avoir pas vu la face ouest du volcan, a cru devoir considérer la Sierra-Negra comme la continuation de Tarète de rochers qui dessine à Test Tancien cratère. Il n'en est rien : la Sierra-Negra est un grand volcan jumeau du Ciilaltepetl , par conséquent une montagne aussi nettement dessinée que le cône de ce dernier, avec cratère tourné au sud-sud-ouest. Toutefois il est évident que ce second cône est bien assis sur le bord de Tancien cratère. Âtin de mieux faire comprendre la forme et la position relative de ces deux cônes , j'ai^ ajouté en marge de la carte une vue qui les représente tels qu'on les voit de la plaine d*Iztapa.
Le plan des environs de Real de! Monte a été levé avec exactitude par les ingénieurs anglais préposés à Texploitation des vastes mines de ce district, sous la direction de M. Bûchant On y trouve d'utiles renseignements et, quoique le mémoire qui raccompagne soit surtout établi au point de vue du mineur^ il n'est pas dénué d'intérêt pour le géographe.
Le littoral du golfe n'est pas encore parfaitement bien connu. Cependantle levé de la baie de Vera-Cruz, exécuté par les officiers de la flotte française en 4838, donne avec exactitude cette partie de la côte. Le ministère de la marine française a aussi publié une carte marine du golfe, mais qui est plutôt établie au point de vue des sondages qu'à celui de la configuration des côtes et qui n'est pas d'une grande utilité pour la géographie du continent.
La carte que j'offre au public, dressée d'après tous ces matériaux anciens et récents, complétée par mes propres
^ The Real del Monte miniog company, Mexico. — Report of the director John Buchan, Esq. Match, 1855.
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observations, est sans doute loin d'ëlrc un travail parfait, mais elle est néanmoins supérieure à ce que Ton a possédé jusqu'ici.
La partie qui concerne le plateau est d'une assczgrande exactitude pour permettre de se diriger dans cette contrée. La feuille deuxième est même assez exacte dans toutes ses parties; mais la feuille première, représentant des régions montagneuses couvertes de forêts impénétrables et sillonnées de cours d>au tortueux, laisse beaucoup à désirer. Toute la portion qui sur cette demi-feuille représente la zone cAtière et la chute du plateau est trop peu précise pour qu'on n*ait dû lui conserver autant que possible la forme de croquis. Il faudra bien des années encore avant que ce labyrinthe de ravins, de gorges, de ruisseaux et de rivières soit relevé avec une exactitude satisfaisante. En descendant les cours d'eau en canot, on est frappé des innombrables sinuosités de leur cours, sinuosités qui résultent moins d'un manque de pente que de la présence de nombreuses collines qui les font dériver. Les itinéraires relevés sur ces rivières mêmes, en y naviguant dans une embarcation, dont la marche varie à chaque instant suivant les accidents de terrain et les caprices du courant, ne peuvent fournir que des données éloignées de la vérité^ qui satisfont bien momentanément les besoins de la curiosité sur des régions inconnues, mais qui, au point où Ton a poussé la topographie de nos jours, ne peuvent que servir de données provisoires.
Comme ma carte est surtout établie dans un but scienti6que. je n'ai pas cru devoir la charger des divisions politiques du pays. Ces divisions auraient nui à la netteté du dessin. Leur utilité eut été d'autant moindre qu'elles se transforment de temps en temps, grâce à la tendance qu*ont les provinces ou Etats à se morceler, tendance qui a déjà amené de nombreuses modifications à l'ordre primi-
SUR L'HYDUOLOGIE du MEXIQUE. 191
lif. Du reste ces divisions u'onl pas grande importance dans un pays qui n*a d'une fédération que le nom. En effet, malgré ses professions de foi républicaines, le Mexique est resté tellement imbu de l'esprit monarchique^ que les provinces situées à portée de la métropole en subissent la loi ; le pays est à vrai dire devenu de fait un pays unitaire, sans préjudice des morceaux de territoire que tel ou tel chef sépare momentanément du tout au profit de son ambition ou de ses spéculations personnelles. Ces séparations, eo se multipliant dans ces dernières années, ont fini par créer un morcellement plus ou moins durable du Mexique. L'Etat de Guerrero^ par exemple, a longtemps été et est encore de fait un Etat indépendant, obéissant exclusivement au général Alvarez. Enfin dans l'état d'anarchie où ce pays vil depuis l'époque de son indépendance, les divisions reconnues et portées sur les cartes ne sont presque plus que lettre morte ; car, de fait le pays se partage selon les hasards de la guerre civile permanente, et chaque ville obéit au chef qui la domine
' Le Guerrero, Étdt du Sud, ayant pour capitale Acapulco, a reçu le nom du chef Guerrero, l'un des héros de l'indépendance, fusillé plus tard parles Mexicains, comme du reste plusieurs autres de ses collègues. 11 règne dans cette province une maladie singulière, sorte de lèpre innocente, qui couvre la peau de taches de toute couleur. On donne a cause de cela le nom de pintos aux habitants du Guerrero. Alvarez est lui-même un pinto. Il a si bien gagné la confiance des gens de cet État qu'il y règne sans partage et qu'il a réussi k établir une sorte de tyrannie patriarcale. Depuis nombre d'années, le Guerrero forme une royauté indépendante, amie du parti libéral de Mexico. Tous les efforts de Santa-Anna se sont brisés contre Alvarez , les armées du plateau envoyées contre lui ayant toujours été anéanties par les fièvres. Depuis lors personne n'a inquiété le roi des pintos. On le tolère, et de son côté il ne s'inquiète guère des autres, h condition qu'on ne se mêle pas de ses affaires. C'est le seul chef mexicain qui ait jamais réussi à se créer une position durable ; néanmoins, malgré la sécurité dont il Jouit, il confie rarement sa personne à une chaise sans s'être préalablement aisuré qu'elle ne courre pas une machine iofernaie.
192 HYDROLOGIE Di: MEXIQUE.
de près ou de loin, plutôt qu'au centre de TËtat dont elle fait partie. Comme cette anarchie dure avec plus ou moins d'intensité depuis trente ans, il faut bien l'accepter comme étant l'étal normal de cette parcelle de Técorce terrestre.
Ces détails suffiront pour montrer le peu d*utililé pratique que Ton peut retirer de la connaissance des divisions politiques du Mexique qui, en réalité, sont plutôt théoriques qu'autre chose.
Ceux des lecteurs qui désireront on prendre connais sance les trouveront sur toutes les cartes du commerce, oiïon les met en général fort en évidence au détriment des détails géographiques proprement dits.
JH
Reetifleatlons.
Pape 38, ligoe 4* : Cette grêle fut si abondante qu«.^ trois joiin après sa chute on en découvrait encore des restes en certains en> droits à Tombre. Ce fait s'explique par la forre du rHyonneinont de la chaleur sur le plateau de rAnuhuai', qui crée iiuelquefois une différence de 40 degrés entre l'ombre et le soleil. — - Les rhutes de grêle sont fréquentes en été dans la vallée de Mexico :fon en observe 5 ou 4 par saison. Quelquefois même la ^rêlc est si eompléteuieiit sèche, qu'elle fait voler la poubsière du ^ol au lieu de l'abattre.
Page 68, ligne H**, au lieu de: Maltrata. lise/ : ÀenUingo.
Page 69, ligne 7*, inénie correction.
Page 151, ligne 2* et H', au lieu de: Ana-kuatl, lisez : Ànal-huatl.
Ke mot aztèque ana/ signifie : au delà d'une rivière ou de la mer ; anallL sur le bord d'une rivière ou de la mer. — huati signilie eau. Ainsi anahuatl pourrait bien vouloir dire: au delà de la mer, ou : le pays où l'on arrive par mer, et par conséquent s'appliquer à la partie étroite du Mexique.
Page 143 : Sur Ut tremblewunUdetene. * M Fr. Serment a bien voulu nous donner leb renseignements suivants sur de récentes commotion» du sol qui ont mis en émoi la ville de Mexico par la violence de leurs socoitsseÀ. Ces événements se »ont multipliés dans ce siè^ cle; néanmoins ils ne sont pas à comparer ttvec ceux qui ont ravagé diverses villes de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale.
En 1839. un de ces phénomènes renversa plusifuns maisons.
Le 1-2 avril 1845 un» violente secousse fit tomber le dôme de l'église de S* Thérèse et maltraita un ^rand nombre de maisons de la capitale. Les murs du couvent de Sîin Francisco lurent déchirés;
' An lien de : 5. Ui«y : S.
il s'y forma des lézardes où l'on pouvait passer le bras, et pendant longtemps ces murs durent être étayés. Le sol de la grande place de Mexico s'entrouvit, et on fut obligé d'interdire la circulation des voitures pendant deux mois, afin d'abattre ou d'étayer les édifices chancelants. Le sol instable sur lequel repose la ville, contribua sans doute à l'augmentation des dommages, mais les secousses fureut assez fortes pour que les voitures roulassent hors des remises, et que les portes des appartements battissent violemment.
Enfin, en juin 1858, il y eut un tremblement de terre qui dura deux minutes, qui renversa à peu près tout l'hôtel d'Iturbide et lézarda nombre d'autres maisons. T1 fallut aussi interdire pendant longtemps la circulation des voitures à la suite de cette catastrophe.
On a remarqué que dans tous les tremblements de terre les secousses sont surtout violentes à l'extrémité de la ville qui avoisine la porte Sant Lazare, ce qui confirmerait l'opinion de Humboldt que le rocher du Penon de los Bahot, situé d.ins cette direction, est le reste d'un ancien volcan.
La terreur qu'inspirèrent ces phénomènes expulsa les habitants de leurs maisons, et une grande partie de la haute bourgeoisie alla camper dans des cabanes en nattes que l'on se hâta d'élever sur les promenades publiques.
Page 153, ligne 18* . Las Vigas. — Le relèvement du sol au bord du plateau parait très-faible sur le profil. Il est, en effet, peu sen. sible à Las Vigas, c'est pourquoi on a conduit la route par ce point* Il est beaucoup plus prononcé ailleurs, surtout entre le Coffre de Pérote et le pic d'Orizaba où il forme une chaîne de montagnes élevée. (Voyez la carte.)
Sur la caçte. l'altitude de Mexico est indiquée comme étant de 3380 mètres ; c'est par erreur, au lieu de 3350 ; ce qui fixerait le ^ niveau des eaux du lac de Tezcoco à 3345 m. ou plutôt à 3348 m. Le niveau du lac de San Christobal serait ainsi fixé à 3353 et celui du lac de Zumpango h 3355.