‹ Coup d'oeil sur l'hydrologie du MexiqueChapitre 16 sur 17 · V. = Venta, boutiqm, hôtellerie, station de muletiers · texte numérisé non relu

V. = Venta, boutiqm, hôtellerie, station de muletiers

VUles et localités.

Il ne m*a pas été possible de nuancer toujours suffisam- [ ment bien le degré qui indique la grandeur des villes.

; Plusieurs localités sont importantes en raison de leur si-

tuation plutôt que de leur grandeur ou ont seulement une importance relative dans la province qu*elles occupent. \ Il aurait été d'autant plus difficile de graduer convena-

blement les signes des localités qu'il est impossible de connaître au juste le chiffre de leur population. Les documents officiels que je possède à ce sujet rendent bien compte de la population des arrondissements ou des provinces, mais non de celle des villes. ^

I Suivant un document publié en 1855 par M. Velasquez de Léon, ' le Mexique, avec une population de 7,853,000 âmes, posséderait :

85 villes, 193 bourgs, 4709 villages, 119 couvents, 10 missions, I 175 établissements de mines ; 6092 haciendas, 15985 fermes ou

petites haciendas.

II serait difficile de dire au juste quelle est la proportion de ces chiffres qui revient h la partie du Mexique que représente notre carte; car celle-ci coupe plusieurs départements (ou Etats), et il règne un certain vague quant à la catégorie dans laquelle on doit classer chacune des localités.

Le chiffre de la population nous paraît exagéré; il atteint proba- « blement à peine 7 millions, sur lesquels 2 millions d'Indiens purs;

le reste, de métis et de blancs. Ces derniers sont en petit nombre, car il est peu d'indigènes qui ne soient pas jusqu'à un certain point de sang mêlé.

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Les localités portées sur la carte comme villes ne sont donc pas toujours celles qui jouissent de la plus forte population. Ainsi les bourgs de Tesuitlan de Kalacingo ou de Zacapoaxtia sont moins importants que celui de Pérote ; la ville de Pachuca n*est sans doute pas plus riche en population que Real del Monte; mais elle est ancienne et bâtie à l'espagnole en solides maisons de pierres, etc.

Les travaux de statistique sont tout à fait dans les goûts des Mexicains. La littérature a de tout temps été fort cultivée parmi eux,maisrignorancede toutes choses dans laquelle l'Espagne avait entretenu ses colonies, a laissé le Mexique fort retardé dans les sciences. Du reste, l'instinct de la nation étant plutôt porté vers les œuvres d'imagination que vers les faits pratiques, il en est résulté un grand développement littéraire au détriment presque complet de l'éducation scientifique. La statistique étant de toutes les sciences pratiques la plus facilement abordable et celle qui se marie le mieux avec les fonctions publiques, c'est naturellement vers elle que se sont portés les efforts des hommes d'étude.

La statistique administrative a donc beaucoup fourni au Mexique. Mais malgré les nombreux et louables travaux de tant d'hommes assidus, les résultats obtenus ne me paraissent pas entièrement satisfaisants, Tinstabilité des gouvernements ayant sans cesse entravé ou interrompu les travaux de ce genre. D'ailleurs, autant les Mexicains sont aptes à la rédaction et aux travaux de cabinet, autant ils sont inhabiles dans la partie pratique de toutes choses, en sorte que le fond des travaux ne répond pas toujours complètement à l'excellence de la forme.

N'ayant pu me procurer de documents officiels sur la population des villes, j'ai cherché à m'en instruire par des renseignements pris auprès des principaux habitants. Mais dans leur estimation, ceux-ci m'ont souvent donné

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de8 chiffres qui m'ont paru être dos exagérations évidentes. A Tuxpam par exemple, on me soutint que la ville contenait 10,000 âmes. J*cn aurais estimé la population à la moitié tout au plus. Les doutes qui ne peuvent manquer de surgir dans un cas pareil sont d'autant plus légitimes que les maisons mexicaines n'ont pour la plupart qu'un seul étage, saur dans les plus grandes villes.

J'attribue les erreurs en plus qui régnent sans contredit, même dans certains chiffres officiels de la population des villes secondaires, à deux causes bien palpables.

D'abord la population mexicaine, surtout l'indienne, a des goûts si vagabonds qu'elle se transporte sans cesse d'un lieu à un autre, et il est plus que probable que dans l'estimation des habitants, on comprend ainsi une multitude de gens qui ont déjà changé de résidence ou qui ne font que passer, ^t qui par conséquent, sont comptés dans plusieurs localités.^ Mais la cause la plus probable d'erreur est la négligence avec laquelle se font parfois les relevés statistiques.

On a fait exécuter aussi exactement que possible, le recensement des principales villes du Mexique: mais dans un pays qui ne possède pasencore d'état civil et où toutes les administrations sont dans un vague désespérant, ces opérations ne se font pas toujours avec le degré de précision désirable. ^

Pour les campagnes et les villages, on use d'un procédé plus expéditif et l'on s*en rapporte simplement aux estimations données par les autorités. Voici comment on s'y est pris plus d'une fois pour dresser la statistique de tel ou tel district ou même d'une province entière.

^ Il est vrai que dans l'estimatioa de la population àt% provinces 11 y a une compensation dans le nombre des individus qui, menant une vie errante, ne figurent nulle parL

* Les chiffres les plus certains sont: Mexico 190000 âmes, PueplaTOOOû, Jalapa 12000 âmes, Cordova 9000.

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L'ingénieur topographe arrivait hors d'haleine dans un village^ faisait appeler l'alcade ou le curé, s enquérait auprès de lui du nonabre des habitants, de celui des hommes, des femmes, etc . inscrivait le tout sur son registre, d'après de simples estimations, et repartait pour un autre village. Comme on doit s'y attendre, avec un pareil mode de procéder, le chiffre de la population est toujours trop fort ; car il est dans la nature humaine de s'exagérer l'importance du lieu qu'on habite ^

Toutes les notes que rapportent les ingénieurs chargés de ces travaux s'acceptent ensuite sanscontrdie, et se |fùblient sansia moindre critique sous le nom de quelque ministre, ou de tout autre fonctionnaire.^ LcMexique étant, comme nous l'avons vu, un pays très-littéraire, où on saisit vivement et avec zèle tous les projets en théorie, mais où tout vient échouer devant la pratique ou les révolutions, presque toutes les entreprises y restent inachevées. Aussi la satisfaction qu'on y éprouve d'avoir mené n'importe quoi à bonne fin, contribue à faire accepter tout travail, pourvu qu'il soit terminé.

Ce que j'ai dit de l'indication des villes sur la carte est à plus forte raison vrai des villages. Il aurait été difficile d'en graduer convenablement les signes d'après leur grandeur. La différence entre les villes et les villages tient surtout à ce que les premières, presque toutes anciennes fondations espagnoles, sont bâties en pierre, ce qui rend la population plus stable que dans les villages, composés

^ On ne peut manquer de préjuger de la légèreté de ces études statistiques en lisant les naïves indications sur les cultures , les produits végétaux et animaux des provinces, qui complètent ces mémoires statistiques, et auxquelles on consacre de nombreuses pages des Annales du Fomento.

* C'est ainsi que j'ai vu procéder sous Santa-Anna, et j'ai été confondu des travaux de certains ingénieurs qui n'en avaient que |e nom.

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