‹ Coup d'oeil sur le libéralisme européen et sur le libéralisme canadien [microforme]Chapitre 20 sur 20 · LA · texte numérisé non relu

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en ouvrant la bouche ; mais ne voyez-vous pas que, grâce à ce silence prudent, votre paroisse est livrée sans défense au libéralisme, envahie par les mauvais journaux, pervertie par ces fausses: doctrines qui sont une source permanente d’attentats contre l'Eglise. et de division dans la société ?

4 Tout le monde fréquente encore les sacrements ?—Est-ce un bien ? N'est-ce pas plutôt un scandale et un sujet d'affection, pour les personnes religieuses et éclairées, que de voir les sacrements fréquentés par ceux qui pactisent ouvertement avec les ennemis de. l'Eglise et de notre sainte religion.

‘ Après tout, il ne vous est pas permis de garder le silence, bien qu'on ne vous interroge pas. Vous croiyez choisir le moindre mal et vous vous trompez : vous manquez tout bonnement à une obligation grave, celle d’avertir et d’instruire ; vous êtes prévaricateur, en administrant les sacrements à ceux qui en sont indignes, et vous : allez à l'encontre de l’Apôtre qui dit: Non faciamus mala ut eveniant bona..… Il est facile de vivre en paix avec tout le monde et de passer pour accommodant, en laissant chacun vivre à sa guise, Est-ce ainsi que vous l’entendez ? ”

‘ Supposons enfin, dit encore le chanoïne Labis, stpposons chez quelques-uns cette ignorance invincible, au moins relativement à certains droits de l'Eglise, à certains devoirs envers elle on envers la patrie, ou à certaines défenses, comme celle de lire tel ou tel journal ; peut-on laisser ces catholiques dans l'ignorance qui les sauve, ou faut-il les instruire ?

€ I] faut certainement les instruire, car leur ignorance, supposé qu’elle les sauve individuellement, n’en cause pas moins le plus grave préjudice à <es tiers, qui sont scandalisés de leur manière d'agir, à la scie, à religion et à l'Eglise, qui en sont troublées et bouleversées. En effet, d’après les principes admis par tous les moralistes, le confesseur doit avertir et instruire le pénitent qui est dans l'erreur ou l'ignorance de ses devoirs, lorsque cette erreur où cette ignorance, quoiqu'invincible, tourne au détriment du bien public, et cela, disent les théologiens, quand même le confesseur n'aurait pas lieu d'espérer que son avertissement sera bien reçu ; il doit pareillement l’avertir lorsque son ignorance, quelle qu’elle soit, peut devenir une occasion de péché mortel pour lui-même, ow

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un sujet de scandale soit pour ses enfants ou ses domestiques, soit pour ses subordonnés, soit pour les fidèles en général. Or, ce sont là précisément les cas dans lesquels se trouvent tous ceux dont nous parlons.

‘ Par exemple, un catholique est abonné, sans autorisation ni Yaison suffisante, à un jonrnal libéral ; il en a sucé le poison sans s’en douter, et, tout imbu déjà de faux principes, il soutient de bonne foi, dans son ignorance, que son journal n’est pas mauvais, ou bien, s’il en discerne plus ou moins les erreurs ou les vices, qu'il n’en subit pas l'influence, et, dans l’un comme dans l'autre <as, il se croit permis de continuer son abonnement. — Il est évident qu’il se trompe, et on doit l’avertir de l'obligation de renoncer à ce journal, sous peine de ne pouvoir être admis aux sacrements. Sa bonne foi a pu l’excuser de péché, mais n'empêche pas le scandale et ne dispense pas de le réparer et d'y mettre fin. ” Combattons donc le libéralisme de toutes nos forces et en toutes circonstances. C’est l'ennemi qui a juré notre ruine, et si nous ne le terrassons pas pendant l’heure décisive et solennelle que nous traversons, c'en sera bientôt fait de nous et de notre nationalité. Nous avons été forts et invincibles jusqu'à ces derniers temps, rien n'a pu nous entamer, grâce à cette sève catholique si vigoureuse qui a continué de circuler dans le magnifique arbre que nos pères ont planté, et qu'ils ont arrosé de leurs sueurs et du plus pur de leur sang. Aujourd'hui, malheureusement, nous nous sentons faib'ir et nous chancelons, comme si nous étions pris de vestige. D'où vient ce mal étrange ? D'un poison mortel, le libéralisme, qui s’est insensiblement introduit dans les veines de notre corps social. Depuis l'instant fatal où ce poison nous a été inoculé, l'union, qui faisait notre gloire et notre force, a cesser d'exister, et nous avons la douleur de constater que les tristes effets du libéralisme, tels que signalés par le Chef infaillible de l'Eglise, se font terriblement sentir parm: nous : 47 a divisé les esprits, brisé les liens de l'unité et affaibli les forces qui devaient s'unir dans des efforts communs pPOUr TEPOUSSCrT les attaques des adversaires.

L'union, à laquelle ne cessent de nous convier les libéraux en nous pressant d'accepter leurs principes, ne serait que la consom mation du mal, car il n'y a d'union possible que dans la vérité,

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Pour avoir l'union, il faut de toute nécessité rejeter l'erreur qui est un dissolvant, et ne point craindre de recourir aux remèdes violents, s'ils sont nécessaires, Que chacun se fasse soldat, à l'heure qu’il est, et qu'il s'attaque à l'ennemi, ce dernier gémira, sans doute, criant qu'on trouble l'ordre et la paix ; mais nous lui répondrons que nous allons à l’ordre, puisque nous déclarons la guerre au mal ct à lerreur, qui sont le désordre par excellence, et que nous aimons la paix, puisqu'après avoir conquis l'ordre nous voulons nous y reposer dans un calme parfait.

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