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et l'Etat. D'où il faut conclure que le libéralisme est une erreur
politico-religieuse.
Toute erreur est subtile et tend à se dévuiser, à cacher sa malice, à se rendre insaisissable. Le libéralisme, ayant une face politique, profite de cette heureuse manière d'être pour donne: le change sur ce qu'il est en réalité. Il n'expose que cette face au grand jour et tient soigneusement l’autre dans l'ombre ; par cette ruse, il espère écarter les entraves qui s'opposent à l'exécution de ses desseins, À ceux qui l’accusent de miner sourdement la religion, il réplique d’un air indigné : ‘“ Mais non, mille fois non. Vous ne me connaissez pas et vous me calomniez. Voyez mes couleurs ; elles sont purement politiques. ” Plusieurs s’en laissent inposer par cette démonstration. Trompés par ce qui frappe d’abord leurs regards, ils n’ont pas la pensée de porter plus loin leurs investigations, et ils s’imaginent tout bonnement que le libéralisme est un systéme purement politique, au moyen duquel ou travaille à procurer à tous sans distinction la plus grande somme possible de bien-être matériel.
Mais plus l'erreur et le mal emploient de ruses et font d'efforts pour s'implanter au riilieu de nous, plus aussi nous devons faire bonne garde et les combattre avec énergie. Que rien ne puisse lasser notre persévérance dans la lutte, aujourd’hui surtout que l'on cherche, comme dit Pie IX, ‘à réaliser ce rêve détes- “table, si souvent réprouré et condamné, d'après lequel Je “ pouvoir civil serait la source de tout droit, et l'Eglise elle- ‘“ même, nar conséquent, soumise à l'omnipotence de l'Etat. “ Or, continue le saint Pontife, il n'y a pas un chrétien qui “ne sache d'abord que Notre-Seigneur Jésus - Christ, à gui ‘tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre, a transmis ce ‘ pouvoir à son Eglise, et cela précisément pour qu'elle enseignât “ tous les peuples de l'univers sans l'autorisation et même malgré “ l'opposition des princes ; ei ensuite, qu’il a condamné, sans en “ excepter les rois, tous ceux qui refuseraient d'écouter l'Eglise ‘et d'ajouter foi à ses enseignements. ” (Bref aux catholiques allemands, 11 février 1871).
Que tous les partisans de l'influence indue, et que tous ceux qui ne veulent pas de l'autorité de l'Eglise en politique, méditent
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sérieusement ces paroles ; elles s'adressent à eux. Celks qui suivent ne les regardent pas moins ; elles se trouvent dans le même bref! .
‘ Les catholiques ne sauraient défendre doctrine et les droits ‘“ de l'Eglise, ainsi que ie libre exercice de ses droits dans le ‘ domaine de la vie publique, S'ILS NE FRANCHISSENT PAS ‘ L'ÉTROITE LIMITE DES CHOSES SAINTES, pour s'opposer, par “ tous les moyens que fournit la constitution, à la domination de l'arbitraire, et à cette foule de lois injustes que l’on dirige contre “ l'Eglise.
‘ En effet, quand tous les droits de l'autorité ecclésiastique: “ sont foulés aux pieds ; quand la liberté de l'exercice du saint ‘ ministère est comprimée ; quand on ferme la bouche au sacer- “ doce, si le peuple catholique, fort de son droit sacré, ne se lève ‘“ tout entier pour protéger sa religion, il n’y aura plus personne ‘ qui soit assez puissant pour résister efficacement, sur le terrain ‘ de la légrité, aux adversaires de l'Eglise et pour la défendre ‘ contre l'arbitraire. ”
Puisqu’il en est ainsi, c'est donc un grave devoir pour tout catholique de s’abstenir de favoriser les libéraux de quelque manière que ce soit ; par conséquent, on ne doit jamais appuyer de son vote ceux qu'ils portent aux élections comme leurs candidats, Voici, à ce propos, le cas que pose le chanoine Labis qui a été honoré par le Pape d’un bref très-flatteur, pour avoir écrit un livre intitulé : Le Libéralisme. Ce que nous citons est un extrait de ce livre,
“ Supposons un électeur qui donne son vote à un libéral. Il n'agit point par hostilité contre l'Eglise ou la religion, mais par un motif honnête, réei ou supposé, par exemple, pour plaire à un homme puissant de qui il dépend, ou en vue d'obtenir un emploi, ou simplement parceque, dans sa persuation, les intérêts matériels du pays sont mieux administrés par le parti libéral, Un tel électeur pèche-t-il gravement, et faut-il l'en avertir ? ”
A cette question, vois? comment répond notre auteur :
“ 1o. Il est indubitable que cet électeur est coupable en appuyant un candidat indigne et en sacrifiant les intérêts religieux ct
moraux du pays aux intérêts matériels, Or, en pareil cas, il est
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extrêmement difiicile, pour ne pas dire impossible, de décider si la faute n’est que vénielle ou si elle est mortelle. Sa coopération, peu notable prise isolément, sera peut-être d’un grand poids, eu ‘égard à l’écart peu considérable des voix données à chaque candidat, ce que d'ordinaire on ne peut calculer d'avance. Il s'expose done à commettre un mal très-grave, et s'y expose sans raison suffisante. Par là seul il pèche mortellement, et son pasteur doit l'en avertir, d'autant plus qu'il y a ici obligation de prendre le parti le plus sûr, puisqu'il s’agit de poser un acte périlleux pour les intérêts de la religion et de la société.
‘ 20. Une autre considération qui n'est ni moins grave ni moins décisive vient corroborer cette solution. La société est aujourd'hui plus que jamais divisée en deux camps : les uns sont pour Jésus- Cbrist et son Eglise, les autres sont contre lui. Or, dans ces conjonctures, il n'est plus permis à un catholique de rester neutre... Si l'indifférence n’est pas permise, si elle est taxée de complicité, à plus forte raison la connivence avec l'ennemi, si peu influente qu'elle soit, est une trahison qui mérite la peine capitale.”
Le chanoïne Labis pose un autre cas.
‘ Un représentant a publiquement prononcé des discours impies, voté des lois contraires aux droits de l'Eglise, et il ne se prétend pas coupable de ce chef. ”
Que faire alors ? Voici la réponse :
Il n'en a pas moins contracté l'obligation de désavouer publiquement ses assertions et ses votes. Et le directeur de sa conscience doit l'en instruire et l'avertir que cette réparation pour le passé <omme le bon propos pour l'avenir sont les conditions indispensables d’une absolution valide aux yeux de Dieu.
‘ Il y a cependant des mesures à garder, me dit-on ; il faut prendre garde qu'en voulant trop avoir on ne vienne à tout perdre,
‘ Si vous reprenez, au sujet de son libéralisme, tel homme puis sant et influent, il deviendra hostile au clergé et entraînera les notables avec lui. Comme il ne me consulte pas, je ne lui parle de rien et nous vivons en bonne intelligence ; il fréquente l'Eglise et les sacrements, et tout le monde limite, ”
— ‘ Je ne sais s’il y a lieu de se féliciter du résultat. N'est-il pas acheté au prix des principes ? Vous craignez de tout perdre