DU MEILLEUR SYSTÈME À ADOPTER, POUR ACTIVER LA COLONISATION
Un des plus grands obstacles qui entravent l’action colonisatrice, c’est l’extréme division des opinions sur le mode à adopter pour parvenir au but des aspirations communes.
Nous ne prétendons pas plus à linfaillibilité que les autres, aussi ne faisons-nous autre chose dans ces travaux que d'analyser les travaux de chacun et de réunir ensemble tous les matériaux dispersés.
Nous faisons l’œuvre dont parlait M. le vicomte de MELUx, président de la Société d'Economie Sociale de Paris, aux membres de cette Association, dans la séance du 20 décembre 1863 :
“ Ce qui manque aujourd'hui aux constructions politiques et sociales, ce ne sont niles entrepreneurs, ni les architectes ; chacun entreprend de bâtir une
société nouvelle, et possède un ou deux plans de reconstruction générale, mais. qui songe à recueillir les éléments sur lesquels doit reposer l'avenir ?
De pmeroe peter ae
“ Nous, nous avons la modeste ambition d’être les ouvriers qui creusent la carrière, eu détachent les matériaux et les mettent à la portée et à la disposition de tous ; dans un travail de ce genre, on ne fait pas de bruit, on n’'attache pas son nom à la gloire du monument, mais on a tout préparé pour qu'il s'élève et qu'il dure, Continuons donc avec courage et persévérance notre tâche ; ies éléments une fois rassemblés et les matériaux récueillis, il sera temps d'appeler l'architecte ! ‘”?
Pour ce faire done nous allons rappeler ici les opinions d'hommes éclairés qui, ayant à cœur l’œuvre colonisatrice du pays, veulent bien se rendre ntiles à la grandeur et à la prospérité du Canada, en contribuant à faire adopter un plan utile et pratique, depuis si longtemps reclamé.
L’honorable J. O. Bureau, parlant au nom d’un comité spécial de la chambre chargé de constater quel serait le système le plus efficace d’activer la colonisation, disait :
“La colonisation pour être efficace doit s’opérer d’après un système unifcrme et pratique; et les avantages offerts aux canadiens dans les concessions des terres du domaine public, doivent s'étendre également à toutes les localités. Dans l'intérêt de :a colonisation, il est désirable que les jeunes gens d'une même localité soient dirigés dans un même voisinage ; c'est déjà pour eux un graud avantage que de se connaître, et les liens sociaux n’en sont que plus forts et plus puissants. 11 y a une unanimité parmi les apôtres de la colonisation, pour reconnaître les avantages des octrois gratuits ou à bas prix : c'est un encouragement offert aux colons et propre à favoriser l’agriculture, ?
Un membre du clergé, plein de zèle pour la cause de la colonisation, et auteur d'un préc'eux opuscule sur l'Agriculture, considère que : |
“ C'est au gouvernement du pays à aider au fonctionnement général et utile de la colonisation, A lui la tâche directe d'étudier d’abord le caractère et les vrais besoins @u peuple canadien sous le rapport agricole. Point de système a priori, ni importé tout à fait de l'étranger. I!y a, dans le pays, comme nous l'avons dit, assez d'esprit et assez de ressources matérielles pour opérer un bien général et prompt par le moyen de la colonisation et de l'amélioration des fonds déjà cultivés. Tout dépend donc du point de départ pour rencontrer sûrement ce bien général et prompt. Un plan facile et bien digéré, n'en doutons point, ferait à jamais la force et l'honneur du pays. ?”
M. le Dr. J. C. Taché, aujourd’hui député ministre de l'Agriculture et des Statistiques, a écrit quelque part ces paroles bien senties :
“ Le gouvernement de la province affecte chaque année des sommes considérables à l’encouragement de l'immigration, et nous applaudissons à cela ; le bureau des statistiques s'occupe activement à répandre en Europe des livres et autres publications propres à faire ressortir les avantages qu'offre le Canada à l'émigrant européen ; on facilite par tous les moyens possibles le passage facile au Canada pour les colons d'Europe, et nous trouvons tout cela louable ; mais nous demandons instamment qu'on emploie 128 mêmes moyens pour rappeler vers le pays les Canadiens-Français dispersés dans les Etats- Unis. Tout ceux qui aiment le Bas-Canada, toux ceux qui tiennent à l'héritage national, quel que soit le point du pays qu'ils habitent, doivent travailler de concert dans cette noble entreprise. Ouvrons toutes les issues qui conduisent à tous les endroits fertiles et que, mis en possession des connaissances nécessaires, le colon choisisse sou établissement. ”
7e La