DISTRIBUTION DU TRAVAIL
Les Zntendants de la Colonisation veilleraicæt aux intérêts de l’œuvre confiée à leur soin, dans chacune de leur section respective de la province, et auraient sous leur contrôle les Agents de Colonisation de la division,
Les Agents en Chef du Bureau d'Emigration du Canada s’occuperaient de l'émigration à l'étranger, et aussi de l'installation des émigrés sur les chemins de colonisation, conjointement avec les Intendants de la Colonisation, Tous les Agents locaux d’emigration seraient sous le contrôle des deux Agents en Chef d'Emigration.
Agents de Colonisation.—Les onze districts du Bas-Canada, de même que ceux du Haut-Canada, embrusseraient tous les Comtés, et il y aurait environ 60 chemins de colonisation dans chaque section provinciale, sur lesquels seraient offerts des octrois gratuits pour la population surabondante des Comtés renfermée dans chacun des districts, comme ci-dessus organisés, on pour l’'émigraticn étrangère qu’on y dirigerait. Chaque Agent ferait développer la colonisation dans son district avec tout le zèle possible, et communiquerait la connaissance des progrès de son district au Bureau d'Agriculture, par des Rapports adressés chaque mois.
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Par ce qui précède, nous voyons que le personnel de ce système administratif s'élèverait au chiffre de 36 employés, seize dans le Bus-Canada et vingt dans le Haut-Canada, occupés à travailler activement à l'agrandissement des destinées du pays par la voie de l'immigration et du défrichement de nos vastes forêts,
Sur ce nombre, 17 employés dévoués sont déjà à l’œuvre à l'heure qu'il est, dans l’une ou l’autre des deux sections, dont cinq dans le Bas-Canada et douze dans le Hant ; il ne reste donc plus qu’à trouver encore 19 employés capables pour compléter l’organisation définitive du système, savoir : onze pour le Bas-Canada et huit pour le Hant-Carada.
Atin de répondre aux espérances légitimes du publie et ménager la caisse provinciale, nous suggèrerions an gouvernement de compléter la liste du personnel par des employés actuellement occupés dans les bureaux publics ou autres branches du service civil. Nous connaissons des hommes dévoués et capables, dans le Département des Terres de la Couronne, qui seraient heureux de se dévouer à cette belle œuvre nationale. Il pent s’en trouver aussi dans les autres Départements qui soient également qualifiés pour être surtout Agents de Colonisation, Ce mode aurait donc pour précieuse conséquence d’utiliser des talents qui peuvent être dispensés dans les bureaux, sans que le service en puisse souffrir notablement, et qui viendraient rendre d’éclatants services dans toutes les parties du pays, sans augmenter à peine d'un seul denier les dépenses actuelles de la Province.
D'ailleurs, quand bien même cette organisation spéciale devrait se recruter en dehors du service civil actuel, et qu’elle dût entraîner une dépense annuelle de quinze à vingt mille piastres, qui ôserait dire ou penser même que ce serait un sacrifice trop élevé pour le pays ?
Personne, assurément.
Quel est celui qui condamne, à l’henre qu’il est, la dépense annuelle de $46,000 qu’entraîne le Bureau d’'Tmmigration du Canada pour les intérêts seuls de l'immigration britannique en ce pays ?
Qu’exprime-t-on contre lés $108,000 données annuellement aux Sociétés d'Agriculture de Comté, dans l'intérêt du progrès agricole ?
Quels sont les nombreux adversaires que le commerce rencontre pour condamner la subvention de $300,000 à #400,000 accordée annuellement à la ligne canadienne des vapeurs océaniques, qui fréquente les eaux du fleuve Saint-Laurent ?
Qui ôserait se plaindre des #107,000 dépensées dans le service des Phares, organisé dans l’intérêt de la navigation et du commerce du Canada ?
Qui trouve à redire aux $25,000 déboursées dans le service des Pêcheries du golfe, pour la protection de nos nationaux dans leur commerce ?
Personne, enccre une fois.
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Quoi !..., et il n’y aurait dore que‘ pour la Colonisation, cette première et permanente source de notre richesse, que la caisse provinciale serait tarie ? (*)
Nous espérons que le gouvernement ne se laissera pas arrôter dans l’œuvre colonisatrice, par les cris d'£vonomie !.., et avec lequel on leurre tant l'esprit publie, parfois,
Que dirait-on d'un cultivateur qui, pour ménager son grain économiserait sur la quantité À jeter dans la terre, le printemps ?
Eh ! bien, il convient d'apporter la même sagesse dans l'emploi
des deniers publics dont la dépense bien faite ctée des sources nouvelles de revenu.
$ 5.—coNCLUSION.
A l'appui de la thèse que nous sontenons, sinon avec talent dun moins avec toute la conviction et le zèle possible, nous reproduirons, en terminant, quelques témoignages à l’appui de nos idées.
M. Rameau a dit quelque part :
En somme, la France dépensait alors (en 1848) tons les ans 20 millions de piastres en Algérie contre un revenu de quatre millions, dont la moyenne partie provenait des impôts payés par les arabes, ceux qu'ils guerroyatent. On concédait gratuitement aux émigrés de 40 à 80 acres de terre, puis on leur délivrai! à chacun pour $160 de matériaux en bois, ontils, etc. les avances de leurs semences, et un bœuf par chaque famille. L'hiver, l’état militaire (les solaats français) aidait aux colons dans leurs défrichements, sans paye ni rien.
4 Voilà co me on encourage la colonisation ; voilà l’action désintéressée et énergique d’une nation qui veut s'agrandir et s'étendre | ?”
L'honorable M. McGxe, dans une très intéressante lettre en date du 5 février dernier, rappelait un fait consigné dans l’un des derniers messages de M. Lincoln. Président des Etats-Unis, touchant l’émigration étrangère aux Etats-Unis :
“ Dans ce document,—dit M. McGee,—M, Lincoln félicite le pays sur le fait important que durant les derniers six mois (de 1863) au-dessus de 160,000
acres des terres publiques avaient été vendus au comptant, et qu'un million et demi d'acres avaient été accordés d'après le système des ‘t octrois gratuits, ”
(*) Les Agents de Colonisation pourraient être également chargés de vendre pour le compte de la Couronne toutes ou une partie des terres destinées à être colonisées, dans chacune de leur région respective, sans rémunération pour la vente de ces terres, étant salariés comme Agent de Colonisation. Ce mode favoriserait mieux la colonisation ; il serait plus simple dans le rouage de la vente des terres, et faciliterait davantage l'administration du Département des Terres de la Couronne.
Une considération très importante qui milite en faveur de cette proposition ; c'est que la somme économisée par ce mode serait plus que suffisante pour faire face aux dépenses de toute l’organisation du système proposé.