CHAMBLY-BASSIN
Fiers citadins, gardez votre arrogance, A nous la gloire, à vous le sot orgueil.
Nos monuments redisent la yaillance
De nos guerriers descendus au cercuei!.
Français jadis, Chambly de l'Angleterre, Voit maintenant flotter les léopards ; Livré souvent aux horreurs de la guerre Il défendit nohlement ses remparts.
L’Américain y planta sa bannière,
Mais son pouvoir ici n’a pu durer ;
L'un de ses chefs repose au cimetière Près du vieux fort qu’on vient de restaurer.
Dans notre parc, admirez la statue D'un grand guerrier, citoyen de Chambly.
Un peu plus loin, dirigez votre vue Vers la maison où naquit |’Albani
De notre lac la riante ceinture Aux crayonneurs a fourni maints pastels, Et de Chambly la féconde nature
A fait germer des renoms immortels.
Chambly, juillet 1884.
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Je lis dans un bouquin qu'on vient de ramasser :
“ Avant donc que d'écrire, apprenez à penser."
Mais qui donc a bien pu divaguer de Ja sorte ?
Ma fi, c'est Despréaux ou le diable m'emporte.
Ur, ce vieux radoteur n'est pas de notre temps,
Et ceux qu'il a formés sont morts depuis longtemps. S'il revenait soudain habiter notre boule,
I] dirait aux crétins qui sortent de la foule
Et que l’on tâcherait de lui faire encenser :
“ Avant donc que d'écrire, apprenez à danser.”
Dans notre beau pays, qui n’a pas fait un livre ?
J'en ai fait jusqu'à trois, et l’on m'a laissé vivre.
“(Vers ce temps-là, M. Globensky, seigneur du Plateau-des- Chênes, venait de publier un livre dans le but de réhabiliter la mémoire de son père, lequel avait commandé une compagnie de volontaires envoyée contre les patriotes de Saint-Eustache et de Saint-Benoit. M. Lusignan, M. L. O. David et M. Arthur Prieur lui avaient répondu par la voie des journaux, Fils d’un patriote qui avait combattu à Saint-Denis, l'auteur crut devoir intervenir et cette pièce fut publiée dans le journal Za Patrie : )
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(a se vend quelquefois ; tout dépend du format.
Un soir, en me rasant, mon barbier m'informa
Qu'on prétend chez les siens que mon premier ouvrage Répond à tous besoins, et qu'on en fait usage. à “ Il est vrai, m'a-t-il dit, qu'il endort les clients,
« Mais ses feuillets sont mous, bien moelleux, bien pliants, “ Juste grands comme il faut pour essuyer la broue
&“ Qui se colle au rasoir lorsqu'on gratte la joue
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& D'un étudiant imberbe ou d’un huissier velu.? Le sort en est jeté ; les destins l'ont vouln, Scribes, je veux ma part de râelure publique. Et ma place au soleil dans votre république 1 Je n'ai pas fait Rolla ni Le Roi des Œabiers, ; Mais j'ai fait quelques vers très bien vus des barbiers. Ë
En voyant des extraits de ma littérature
Briller sous le savon et l’humaine gratture, Je me suis dit: # Ecrire est ma vocation, à De la prose et cles vers j'aurai la passion. : Dans la lice où combat l’illustre Morisset e. * l Je suivrai de Thibault l’odorante chaussette. Portes du Panthéon, je puis vous enfoncer, D'insipides journaux vont me faire mousser.
Je saurai me vanter dans ma biographie, Parler un tantinet de ma photographie, 4
Publier des discours que je n'aurai pas faits **
* Auteur d’un roman intitulé le Fratricide, ** Tout cela venait d’être fait par un pseudo-littérateur.
Et qui n’en seront pas pour cela plus parfaits. Mes écrits resteront : Nul ne voudra les lire $ La foule indifférente aux accents de ma lyre, S’emparant de mon nom mille fois répété,
Le fera parvenir à la postérité.
Jamais je n'oserai commettre un paragraphe, Donnant à soupçonner que je sais l'ortographe. Ceux que leur ignorance a fait littérateurs Deviendront, par le fait, mes chauds admirateurs, Admis dans le cénacle avec ces bons apôtres,
Je tâcherai d'écrire aussi mal que les autres :
Si je n’y parviens pas c’est la faute à Lhomond, (Un auteur peu connu de monsieur Guëèvremont.) Je serai de l’école où l’on a pour principe
De vivre en guerre ouverte avec le participe,
En divorce éternel avec le gros bon sens,
Où l’on est admiré par tous les innocents.
Malgré tous mes efforts, si ina muse rustique
Ne veut pas m'inspirer, je me ferai critique,
Et, surpassant Timon, émule de Lareau,
Je ferai le bonheur de plus d'un Figaro.
Pourchassant les auteurs des livres qu'on achète, J’attaquerai Lemay, j'éplucherai Fréchette.
Empruntant la flamberge au fameux d’Artagnan, Je pourfendrai de loin Alphonse Lusignan.
Mais je suis, comme vous, le fils d’un patriote : Mon père, à Saint-Denis, combattait le despote, Mes deux oncles aussi. Moi, si j'eusse existé,
Parmi ses défenseurs, Nelson m'aurait compté.
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