ST RE PSI
DL LC A RE Soi
Lorsque, dix ans après, je vins sur cette terre, On avait rengainé le sanglant cimeterre :
Plus le moindre habit rouge à mettre sous la dent. Comme j'avais bon pied, bon œil, le cœur ardent, A seize ans révolus, je partis pour la guerre, Où, soit dit en passant, je ne m'enrichis guère. Je revins, lorsque j'eus émancipé les noirs.
Mais je n’achetai pas de somptueux manoirs.
Je ne suis pas seigneur et je vis de ma plume. J'ai toujours défendu les dindons que l'on plume, Mais, s’il me faut servir les dindons emplumés, Pour écouler ma prose ou mes vers mal rimés, Lusignan, gare à vous !
Les fils de patriotes N'admirent pas beaucoup les fils d'Iscariotes ; Mais il est un seigneur qu'il vous faut respecter, Autrement, je suis là pour vous admonester ; Et je saurai si bien massacrer la grammaire Que chacun me croira le fils d'un volontaire. Pitié pour Globensky, qui voit d'un œil hagard La lumière du jour éblouir son regard !
Perché comme un hibou sur le Plateau-des Chênes, Il prétend dominer les vallons et les plaines ; Aux yeux du peuple altier qu'il croit un vil bétail, Laissez le s'exposer comme un épouvantail.
S'il ose comparer une caricature De la vile noblesse à la noble roture, Ce prétendu débris du règne feodal
Nous fait un monument d'aspect pyramidal,
RAA ent o e RE EL ss pi. D res dé
Qui brave les autans, la neige et la bruine
N'allez pas démolir cette antique ruine.
Puisqu’il nous reste encore un vautour empaillé, Ne mutilez donc pas l'oiseau dépareillé :
Il faut le conserver au nom de la science,
Que sur son haut perchoir, il reste en permanence Pour redire ces mots aux passants ébahis :
Holà ! Regardez-moi. Les miens vous ont trahis.
Montréal, 13 Octobre 1884.
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