RE
MeGibbon le savait ; il nous dit : ‘“ Mes enfants, Rendez-vous, il le faut, lutter est impossible ;
Si vous restez armés, vous leur servez de cible, ”
Les mousquets de nos mains tombèrent à l'instant : Ils pouvaient nous flamber la tête à bout portant, Nous nous trouvions là trente avec le capitaine,
Pourtant, il n'en resta pas plus qu'une vingtaine.
Lorsqu'on avait voulu s'emparer du drapeau, D'un coup de poing Labelle avait fendu la peau D'un grand Virginien, puis avait pris la fuite, Alors dix d'entre nous partirent à sa suite,
Cent balles saluaient notre brusque départ,
Nous tuant six soldats : ils dorment quelque part
De leur derrier sommeil, Quant au brave Labelle, Il tomba sous le feu de l’escouade rebelle ;
Le drapeau qu'il tenait à la main fut criblé
Je fus sais: d'horreur, et mon regard troublé Me le fit voir gisant, pâle, ayant rendu l'âme. Or, pour exécuter en tous points le programme Qu'il était à propos de suivre, je songeais
A prendre le drapeau mais, comme j'allongeais Le bras pour le saisir, ce fuyard intrépide Reprit en bondissant, cette course rapide
Qui devait nous sauver, j'en étais bien certain,
Je le suivais de près.
Lorsqu’au fond d'un ravin ë
Nous sortimes du bois, il faisait déjà sombre.
Nos zouzous étaient là. Voyant sortir une ombre, ë.
Puis deux, puis trois, puis quatre, ils tirèrent sur nous Sans nous faire aucun mal. “ Allons êtes-vous fous ? Voyez cet étendard, est-ce un aapeau rebelle ? ” Leur cria le sergent. Puis ce krave Labelle, S'arrêtant à mi-côte et plantanti son drapeau
Nous dit : { Ralliez-vous autour de ce lambeau !
Il est bien mutilé mais on n’a pu l’abattre. ”
Ralliés, notre nombre était réduit à quatre :
Quatre hommes échappés au feu des ennemis Rapportant l’étendard à leur garde commis.
On nous apprit alors qu’à très peu de distance
Le brave bataillon dont nous pleurions l’absence, Réduit à cent soldats, faisait le coup de feu. Nous rejoignimes donc ces braves. Au milieu
Du bruit assourdissant de notre artillerie,
Ils étaient alignés près d’une batterie.
Une immense clameur salua le drapeau.
L'adjudant McGibbon brandissait le fourreau De son sabre. Il était frère du capitaine.
Il nous avait suivi n'emportant que la gaîne De son gliive, resté là-bas dans la forêt.
11 pleurait en songeant à son frère et jurait