LE DRAPEAU DU 14ME
Car notre cher drapeau ne doit pas être pris.
Il faut trente soldats pour lui faire une escorte.
S'ils sant aussi vaillants que celui qui le porte,
Nous pourrions rencontrer cinq cent diables d'enfer Et les renvoyer tous retrouver Lucifer
Sans le moindre chiffon, sans la moindre parcelle
De ce noble étendard qui dans ces plis recèle
Les souvenirs aimés de combats glorieux
Et l'emblème des droits légués par nos aïeux.
“1 nous tombions aux mains d'une troupe nombreuse,
Capable d'écraser l’escorte valeureuse
Qui m'accompagnera, ne songez pas à moi ;
Dégagez le drapeau. Je pourrai sans émoi
Prévoir mon sort fatal, (car ma jambe blessée M'empêche de courir). Heureux à la pensée
Que vous aurez encor ce glorieux chiffon,
Si l'ennemi me prend, je boirai jusqu'au fond
La coupe qu’il réserve aux fugitifs. En somme,
Pour sauver l'étendard on peut bien perdre un homme D'ailleurs, le régiment saura bien me venger.
Mais vous aurez aussi votre part du danger ;
Ce sera la plus belle : il faut bien du courage, Lorsqu'on est prisonnier pour affronter la rage
De celui qui vous tient au bout de cent mousquets, Cependant vous fuirez. Les énormes bouquets D'arbres protégeront votre fuite. Sur trente
Il en restera vingt avec moi. Qu'une entente
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64 POÉSIES DIVERSES S'établisse entre vous: ceux-là qui partiront, Emportant le drapeau, se précipiteront
En courant vers l'endroit occupé par nos lignes.
Donc, qu'ils sortent des rangs tous ceux qui se croient dignes
De réclamer leur part des dangers à courir
Et qui, pour le drapeau, n’ont pas peur de mourir. ”
I dit,et, dans l’instant,trente hommes s'avancèrent ; Sur un ordre du chef, d'autres se dispersèrent ; La garde du drapeau s'élança sur les pas De 4 n chef qui boitait mais qui ne bronchait pas. J’en étais. Nous marchions deux à deux ; le silence N'était interrompu que par le bruit immense Des milliers de canons qui vomissaient la mort. Les arbres se tordaient et craquaient sous l’eftort Des boulets, des obus et d’autres projectiles, Toutes inventions éminemment utiles) ; Cela grinçait, sifHait, éclatait dan: les airs, S'enfonçait dans le bois, s’enfonçait dans les chairs, C'était assourdissant, mais, à part ce vacarme,
Rien du silence encor n'avait rompu le charme.
Tout à coup un juron près de nous retentit :
“ Halte-là ! Rendezvous! Et toi, Yanké maudit, Passe-moi ce drapeau,” criait un chef rebelle
En désignant du doigt notre sergent Labelle,
Un regard nous prouva qu'ils étaient cent au moins.
Prêts à nous fusiller, attendant néanmoins
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LE DRAPEAU OÙ l4mx
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L'effet que produirait sur nous cette apostrophe.
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En résistant on eût hâté la catastrophe :
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Ces Virginiens-là n'étaient pas patients ;