‹ Coups d'aile et coups de bec [microforme]Chapitre 39 sur 118 · À EU DI · texte numérisé non relu

À EU DI

88 POÉSIES DIVERSES î Le brave paysan, victime de ce vol, F N'en persistait pas moins à défendre le sol Ÿ Qu'il avait défriché, qu'il laissait sans culture Tenorant où les siens prendraient leur nourriture, 11 se précipitait à l'appel du devoir, Sourd aux pressentiments qui lui faisaient prévoir La misère au logis. ; Si la ferme en ruine ; Rapportait quelques grains, la vaillante héroine, | | Qui la cultivait seule et piochait sans repos, F | Se voyait rançonner par les leveurs d'impôts. | On savait tout cela dans le pays mais, comme | L'Anglais nous attaquait, on ne vit pas un homme, Parmi tous ces soldats obscurs déguenillés, | Préférer au bivouac ses champs ensoleillés. | lout homme était soldat pendant ces jours d’alarmes ; Des gamins de douze ans portaient déjà les armes ; À L'aieul, le petit-fils, marchaïent au même rang. On avait rationné tout ce peuple mourant ; | | | I Le p: mquait partout excepté chez les traîtres | jui faisaient bonne chère et gouvernaient en maîtres. : | Au sommet l’infamie et la cupidité, :

Ailleurs le dévoñment et l'intrépidité.

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Quand du fameux Bigot l’immonde satrapie O

Se gavait, l'hôpital n'avait pas de charpie. E

LA BATAILLE DE SAINTE FO

Pour donner aux blessés les premiers pansements, On déchirait le linge et les sous-vêtements

Que l'épouse ou la sœur d’un soldat de milice,

Ou la religieuse apportaient à l'hospice.

Des artilleurs prenaient leur chemise en haillons

Et leur vieux drap de lit pour bourrer leurs canons.

Lorsque le vieux Québec aïait ouvert ses portes,

La foule agonisait, Les âmes les plus fortes Redoutaient un hiver sans pain et sans abri ; Les enfants grelottaient sous le ciel assombri

Et cherchaient à travers les débris de murailles Un remède à Le général anglais eut la compassion D'ordonner que l’on fit la distribution Des vivres aux vaincus. C'était agir en homme, Et Murray valait bien maître Bigot en somme.

Cemme on approuvait fort ce trait d'humanité, Chacun lui promettait qu'il serait bien traité Lorsqu'on aurait vengé la sanglante défaite Des Plaines d'Abraham. Or, sans être prophôte, On pouvait pressentir que le drapeau français

Ne serait plus iei témoin de nos succès.

Les cœurs endoloris étaient remplis de rage.

Puisant dans les revers un regain de courage,

On voulait triompher par un sublime effort,

Ecraser les Anglais sous les murs du vieux iort,

i la faim qui rongeaient leurs entrailles :

Humilier encor l'Angleterre orgueilleuse

Et venger l’étendard de la France oublieuse.

Dès le vingt-huit avril, sept mille vétérans, Epaves des grands jours, avaient repris leurs rangs.

C'était à peu près tout l'effectif disponible.

Par trois jours et trois nuits d’une marche pénible,

Dans la neige et la boue à travers les forêts,

Sur des chemins affreux, à travers les marais,

Is avaient pu franchir, torrents, mornes, coulées.

Bravant froid, givre, fann, averses, giboulées,

L’œil en feu, le cœur ferme, ils venaient d'arriver

En face des hauteurs qu'il fallait enlever.

Les plaines d'Abraham qui s'offraient à leur vue, Rappelaient aux anciens la défaite imprévue

Qui naguëre avait mis leurs rangs en désarroi ;

Ils gravissaient les bords du plateau Sainte Foy.

Ils voulaient traverser l’ancien champ de bataille,

Où leurs vieux compagnons fauchés par la mitraille,

Avaient lais-é leurs os; ils venaient les venger,

Attaauer le vieux fort et chasser l'étranger.

Mais le bouillant Murray, qu'on n'avait pu surprendre,

Etait sorti des murs pour venir les attendre.

Adossant ses soldats aux Buttes de Neveu,

Aux nombreux artilleurs il commanda le feu.

Les nôtres arrivaient sans leur artillerie,

LA BATAILLE DE SAINTE FOY

Des grenadiers français la phalange aguerrie

Soutint le premier choc de nombreux bataillons. Trainés par nos soldats, seuls, trois petits canons Avaient pu traverser les marais de la Suède, L'avant-garde grimpant la pente abrupte et raide, Débouchait sur le bord du plateau, quand Lévis

De se rompre en deux corps lui fit porter l'avis.

L'un des détachements se porte vers la route ; L'autre, allant vers la droite occupe la redoute, Ouvrage des Anglais couvrant l'Anse au Foulon. S’adossant au moulin de la ferme Duinont,

La moitié d'avant garde, appui de l’aile gauche, Résiste bravement sous le feu qui la fauche.

La redoute attaquée, à droite, en fait autant.

Puis, sur l’ordre du chef, toujorrs en combattant, En bon ordre on rejoint les vaillants cainarades, Calmes sous les obus comme aux jours de parades.

Qui débouchaient alors sur le terrain boueux.

lévis, pour ménager ces soldats généreux,

Leur avait commandé d'abandonner leur prise.

ientôt, les assaillants, qu’un premier succès grise, Les serrant de trop près, vont tomber sous le feu Des renforts accourus. Aux Buttes de Neveu, Comptant plus que jamais sur son artillerie,

Murray donne pour ordre à chaque batterie

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