‹ Coups d'aile et coups de bec [microforme]Chapitre 95 sur 118 · PÉTRARQUE ET LAURE · texte numérisé non relu

PÉTRARQUE ET LAURE

Je t'aime et n'ose te le dire ;

Il est dangereux de t'aimer $

Ta vertu doit me l'interdire,

Ton mari pourrait m'assommer, Ainsi parlait le grand Pétrarqne, Après avoir longtemps pleuré, Quand l'amour a guidé sa barque, Quel homme n’a pas chaviré ?

Loin de la fontaine Vaucluse, Aimant la fille du voisin,

Jean veut en faire une recluse Pour la soustraire à son cousin, Il veut mourir lorsqu'il remarque Qu'on le hait, qu'on est écœuré.

Quand l'amour a guidé sa barque,

Quel homme n’a jamais chaviré ?

Lorsqu'on aime, faut-il le dire ?

Puis vouloir mourir comme Jean ?

Comme Pétrarque, sur sa lyre,

212 TERRE A-TERRE

Faut-il chanter Laure et l’srgent ?

Sur ce point, le défunt Pétrarque, Vous dirait d’un ton modéré :

Quand l'amour x guidé sa barque Quel homme n’a pas chaviré ?

On dit qu'un aspirant ministre,

Assez âgé mais verc galant,

Vient de prouver qu'il est un cuistre, Mais qu’il est loin d’être un gars lent.

Aujourd’hui, plus d’un Aristarque

De le démolir a juré.

Quard l'amour a conduit sa barque Quel homme n’a jamais chaviré ?

Page 1