LE FOIN
An; : Il pleut, il pleut enfin.
Amis le Ciel enfin Retourne sa salière.
Répandant sur la terre Quantité de sel fin.
Il dit : " Sots que vous êtes, Vous en avez besoin." Dieu garde pour les bêtes
, bis Du foin, du foin, du foin !
Phébus ne peut franchir La nuée obscurcie, Et la plaine durcie Achève de blanchir.
De l'hiver les conquêtes S'étendent déjà loin.
Dieu garde pour les bêtes Du foin, du foin, du foin !
bis
Travailleur diligent, Lorsque tombe la neige, Que le Ciel te protège !
Piocheur intelligent, Quand tu passes les fêtes Gai, dans ton humble coin,
Dieu garde pour les bêtes Du foin, du foin, du foin !
I bis
Sans esprit et sans cœur, Que d'hommes en ce monde, Grâce à leur bourse ronde Prennent un air vainqueur.
Ils sont plus sots qu'honnêtes Mais tout leur vient à point.
Dieu garde pour les bêtes
Ibis
Du foin, du foin, du foin !
Montréal, décembre 1883.