SOYEZ HEUREUX
AiR : Voyez cette modeste pierre.
Le Temps s'enfuit à tire-d'aile, Et ce vieux squelette ambulant.
Parcourant la voûte éternelle, Noua ramène le jour de l'an.
Pendant qu'on s'embra=se à la ronde, Pour les mortels formant des vœux, Moi, je viens dire à tout le monde :
Dieu vous garde, soyez heureux !
Dans des équipages splendides, Se pavanent les opulents, Lorsque sous des haillons sordides, Le pauvre se traîne à pas lents.
Pour bien célébrer cette fête, Riches, montrez-vous généreux, Que chaque indigent vous répète :
Dieu vous garde, soyez heureux !
bis
bis
Quand de plaisir ton cœur pétille, Jouvencelle au regard si doux, Tu fais rager la vieille fille, Que le sort prive d'un époux, Sans t'occuper de ses toitures, Tu songes à ton amoureux.
Pour vos épousailles future--, )
Dieu vous garde, soyez heureux ! )
bis
Vous, malheureux célibataires, Ennemis jurés des poupons ; On sait que vos mœurs trop austères Vous font toujours fuir les jupons.
Pourtant moi, je serais bien aise De vous voir de petits morveux, Pour en élever quinze ou seize, Dieu vous garde, soyez heureux !
b is
Vieillards en proie à la misère, Enfants par le froid engourdis, Groupés auprès de votre mère, Qui grelotte dans son taudis, Vous que le malheur importune, Consolez-vous : du haut des Cieux L'Eternel voit votre infortune, Dieu vous garde, soyez heureux "