A M. ALPHONSE LUSIGNAN
Et qui n'en seront pas pour cela plus parfaits. Mes écrits resteront : Nul ne voudra les lire : La foule iodifférente aux accents de rua lyre, S'ernparant de mon nom mille fois répété. Le fera parvenir à la postérité.
Jamais je n'oserai commettra un paragraphe, Donnant à soupçonner que je s»is l'ortographe. Ceux que leur ignorance a fait littérateurs Deviendront, par le fait, mes chauds admirateurs, Admis dans le cénacle avec ces bons apôtres, Je tâcherai d'écrire au-si mal que les auties : Si je n'y parviens pas cVst la faute à LhomonL (Un auteur peu connu de monsieur Goèvremont.) Je serai de l'école où l'on a pour principe De vivre en guerre ouverte avec le participe, En divorce éternel avec le gros bon sens. Où l'on est admiré par tous les innocents. Malgré tous mes efforts, si ma muse rustique ZSe veut pas m'inspirer, je me ferai critique, ~Zt, surpassant Timon, émule de Lareau.
Je ferai le bonheur de plus d'un Figaro. Pourchassant les auteurs des livres qu'on achète. J'attaquerai Lemay, j'éplucherai Fléchette. Empruntant la flamberge au fameux d'Artagnan, Je pourfendrai de loin Alphonse Lusignan. Mais je suis, comme vous, le fils d'un patriote : Mon père, à Saint-Denis, combattait le despote. Mes deux oncles aussi. Moi, si j'eusse existé. Parmi ses défenseurs, Nelson m'aurait compté.
Lorsque, dix ans après, je vins sur cette terre, On avait rengainé le sanglant cimeterre : Plus le moindre habit rouge à mettre sous la dent. Comme j'avais bon pied, bon œil, le cœur ardent, A seize ans révolus, je partis pour la guerre, Où, soit dit en passant, je ne m'enrichis guère. Je revins, lorsque feus émancipé les noirs. Mais je n'achetai pas de somptueux manoirs. Je ne suis pas seigneur et je vis de ma plume, J'ai toujours défendu les dindons que l'on plume, Mais, s'il me faut servir les dindons emplumés, Pour écouler ma prose ou mes vers mal rimes, Lusignan, gare à vous !
Les fils de patriotes N'admirent pas beaucoup les fils d'Iscariotes : Mais il est un seigneur qu'il vous faut respecter, Autrement, je suis là pour vous admonester ; Et je saurai si bien massacrer la grammaire Que chacun me croira le fils d'un volontaire. Pitié pour Globensky, qui voit d'un œil hagard La lumière du jour éblouir son regard ! Perché comme un hibou sur le Plateau-des Chênes, Il prétend dominer les vallons et les plaines ; Aux yeux du peuple altier qu'il croit un vil bétail, Laissez le s'exposer comme un épouvantail. S'il ose comparer une caricature De la vile noblesse à la noble roture, Ce prétendu débris du règne féodal Nous fait un monument d'aspect pyramidal,
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Qui brave les autans, la neige et la bruine
N'allez pas démolir cette antique ruine.
Puisqu'il nous reste encore un vautour empaillé,
Ne mutilez donc pas l'oiseau dépareillé :
Il faut le conserver au nom de la science,
Que sur son haut perchoir, il reste en permanence
Pour redire ces mots aux passants ébahis :
Holà ! Kegardez-moi. Les miens vous ont trahis.
Montréal, 13 Octobre 1884.