LA LOI DES LICENCES
Je n'peux pas savoir si j'me grise En vertu d'i'acte fédéral, Ou si je dois ma pochardise Au règlement municipal.
Malgré, etc.
Cela me travaill' la caboche, J'me d'mand' d'un ton solennel :
L'Ate autorisant ma bamboche Est-il bien constitutionnel ?
Malgré, etc.
C'est que j'puis bien avoir mes doutes, D'aut's plus fins qu'moi n'y voient pas clair. Il se prépare bien des joutes, Et je l'sais parc'que j'ai du flair.
Malgré, etc.
Appliquez la loi fédérale,
Dit le chef des conservateurs.
— Suivez la loi provinciale, Dit J. J. Eoss aux inspecteurs.
Malgré, etc.
Il est grand temps qu'on organise
En Chambre un ou deux comités,
Pour que la boisson soit permise
A tout l'mond', même aux députés.
Malgré, etc.
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Blagueurs, à qui l'on fait des rentes, Faut des comités permanents, D'ia soif, des traites expirantes, Pour le bonheur des pèr's manants.
Malgré c'qu'on en dira C'ti-là qu'à bu boira.
;PÉTRAEQUE ET LÀUHE.
Je t'aime et n'ose te le dire :
Il est dangereux de t'aimer :
Ta vertu doit nie l'interdire, Ton mari pourrait m'assommer.
Ainsi parlait le grand Pétrarque, Après avoir longtemps pleuré.
Quand l'amour a guidé sa barque, Quel homme n'a pas chaviré ?
Loin de la fontaine Vaucluse, Aimant la fille du voisin, Jean veut en faire une recluse Pour la soustraire à son cousin.
Il veut mourir lorsqu'il remarque Qu'on le hait, qu'on est écœuré.
Quand l'amour a guidé sa barque, Quel homme n'a jamais chaviré?
Lorsqu'on aime, faut-il le dire ?
Puis vouloir mourir comme Jean ?
Comme Pétrarque, sur sa lyre,
Faut-il chanter Laure et l'argent ?
Sur ce point, le défunt Pétrarque, Vous dirait d'un ton modéré :
Quand l'amour a guidé sa barque Quel homme n'a pas chaviré ?
On dit qu'un aspirant ministre,
Assez âgé mais vert galant,
Vient de prouver qu'il est un cuistre,
Mais qu'il est loin d'être un gars lent.
Aujourd'hui, plus d'un Aristarque
De le démolir a juré.
Quand l'amour a conduit sa barque
Quel homme n'a jamais chaviré ?