IL NE M'ABREUV'EA PAS
Aie : Il ne reviendra pas.
Il m'abreuvait, il m'app'lait sa vieil' branche, Et, vieux pochard, je n'empruntais qu'à lui, Qu'il était beau quand, le poing sur la hanche, Il me disait : Veux-tu boire aujourd'hui ! Un jour, hélas ! la dèche impitoyable Vint subito l'arracher de mes bras ; Pour étancher ma soif épouvantable, J'ai vidé son gousset, il ne m'abreuv'ra pas ! {bis)
Il était gras, jamais plus belle trogne
N'avait lancé rayons plus fulgurants ;
J'aimais à voir sa figure d'ivrogne
Lorsqu'il versait le whiskey par torrents.
J'ingurgitais, éponge insatiable,
Je le suivais, nrattachant à ses pas,
Même aujourd'hui, je le suivrais au diable.
J'ai vidé son gousset ; il ne m'abreuv'ra pas ! [bis)
• '.{'• " IL NE m'aBREUv'RA PAS 261
Sans pintocher il faudra que je crève,
De vivre à jeun j'entrevois le danger ;
Les mastroquets se sont tous mis en grève
Je voudrais boire et l'on m'offre à manger.
S'il advenait qu'une âme charitable
Put me fournir le prix d'un bon repas,
Je l'consommerais en bon whiskey potable.
J'ai vidé son gousset; il ne m'abreuv'ra pas ! {bis)