NOUVELLEMENT ELU
Aie : — La bonne aventure, ô giié.
Je suis un âne bâté
D'ia Législature ;
On m'a pris pour député
Funeste aventure !
Ah ! que ne suis-je resté,
Malgré la majorité,
A fair' cl'la culture,
Oh gué ! A faire, cl'la culture !
Maint'nant faut qu'j'aille à Québec Fair' comme les autres, Assister aux pris' de bec D'un tas de bons apôtres.
CHAXT d'un député 263
Chacun f ra son boniment, Et j'choisirai l'bon moment D'applaudir les nôtres,
Oh gué !
D'applaudir les nôtres.
Les électeurs drmon comté Auraient dû m'connaître ; Si c'n'était qu'l'indemnité J'ies enverrais paître.
Je les ai payés comptant Et, si j'trouve le prix coûtant, J'ies vendrai peut-être,
Oh gué !
J les vendrai peut-être.
L'AEMEE DU SALUT
Aie : En revenant de la revne.
Nous sornrn' de joyeux salutistes, De ridicul' dignes objets ; Nous nous déguisons en artistes Pour sauver les mauvais sujets.
Afin d'pouvoir manger c'te croûte, Nous faisons du bruit sur la route Et tous les mauvais garnements Entend' le son d'nos instruments.
Chacun de nous doit chanter,
Gesticuler, sauter,
Battre la caisse à tour de bras,
Gueuler et fair' des embarras ;
Quand on n'est pas dans l'ton,
Le cornet à piston,
De ses notes d'airain
Couvre nos voix et l' tambourin.
l'armée du salut 265
Refrain : — Faux et bruyants,
Nos concerts ennuyants, Pour sauver l'z'incroyants, Font des merveilles.
Dans l'noble but D'prélever un tribut, Nous leur cornons l'salut Dans les oreilles.
Cell' qui n'peuv' pas dev'nir épouse,
Parmi les blond' fill' d'Albion,
Endosseront not' rouge blouse
Et coifferont not" capuchon.
Nous avons peu d'succès en France,
Où l'on s'occupe peu d' V appât rance.
De nos corps expérimentés,
Où nos concerts sont peu goûtés.
On y traite en paria
L' 'trombone alléluia;
Les capitaines en jupon
N'y remport' jamais le pompon.
Nos boniments, nos cris
De guerre et nos écrits
Font rire les Français
Sans nous assurer le succès.
Faux et bruyants, Nos concerts ennuyants, Pour sauver l'z'incroyants, Font des merveilles.
Dans l'noble but, D'prélever un tribut, Nous leur cornons l'salut Dans les oreilles.
Cependant la vieille Angleterre, Où nous logeons notre arrièr'-train, De subjuguer toute la terre, Voit not' général Booth-en- train.
L' Anglo-Saxon nous fait des rentes Et nos cohortes délirantes, Enfourchant le nouveau dada, S'abattent sur le Canada.
De sermons bien munis, Dans les Etats-Unis, Avec un grand bruit de chaudrons, Nos troupiers ont fait bien des ronds.
Chez ces peuples bernés,
Nous sommes casernes
Et, pour les dégourdir,
Nous achevons d'ies assourdir.
Faux et bruyants,
Nos concerts ennuyants,
Pour sauver l'z:incroyants
Font des merveilles.
Dans l'noble but
D'prélever un tribut,
Nous leur cornons l'salut
Dans les oreilles.
Montréal, août, 1888.