‹ Coups d'aile et coups de becChapitre 17 sur 49 · SURSUM CORDA · texte numérisé non relu

SURSUM CORDA

Voix du patriotisme, écho de la pensée

D'un peuple dont l'étoile, un moment éclipsée.

Rayonnera dans l'avenir.

Refoule des vains bruits l'onde tumultueuse, Eclate dans les airs, plane, majestueuse.

Sur les fastes du souvenir.

Jadis on vit trois nefs à la coque fragile Fendre les flots amers, apportant l'Evangile

Au sombre enfant de la forêt.

Cartier les commandait. Le hardi capitaine Fixa le but final de sa course lointaine

Aux agrestes bords du Lairet.

138 BOUTADES ET EBVEBIES

Lorsque ce précurseur des apôtres sublimes Ouvrait ainsi la route aux futures victimes

D'innénarrables dévoûments, n dût prévoir nos maux comme nos jours prospères, En arborant la croix sur ce sçl que nos pères

Ont jonché de leurs ossements.

La croix, c'est le salut ; la croix, c'est l'espérance. C'est le triomphe au prix de longs jours de souffrance ;

Double emblème d'un double sort.

Etendard bien choisi pour une race âltière Qui, d'un sang généreux légitime héritière.

Devait prendre un superbe essor.

Ni les froids aquilons, ni le feu, ni le glaive N'ont jamais pu tarir la plantureuse sève.

Suc nourricier du fier rameau Qui, séparé du tronc, étend son vert feuillage Si loin que sa croissance aujourd'hui porte ombrage

A plus d'un obscur tyranneau.

"Pourchassons, clament-ils, sans relâche et sans trêve "Ce peuple trop fécond, qui toujours se relève "Plus fort après chaque revers ;

StTBSTJM COBDA 139

*'Cette race était morte, on la croyait domptée : «La voilà qui triomphe, à la façon d'Antée, «De nous, les rois de l'univers."

Certes, c'est mal à nous d'avoir osé survivre Aux haines des bigots que la fureur enivre !

Mais ici nous sommes chez nous. On ne supprime pas tout un peuple homogène :

Nous resterons Français. Tant pis si cela gène

Certains gallophobes jaloux !

Quand s'affiche au grand jour la louche intolérance, Canadiens, montrons-nous dignes fils de la France,

Civilisons les Ostrogoths ; C'est peu d'être Français quand revient notre fête. Soyons-le tous les jours et sachons tenir tête

Au fanatisme des cagots.

Que nos actes toujours portent la noble empreinte D'un civisme réel, insensible à la crainte,

Réfractaire aux vils compromis ; En dépit des clameurs de nos prétendus maîtres, Sur la brèche restons, comme nos fiers ancêtres,

Fermes devant nos ennemis,

Voix du patriotisme, écho de la pensée D'un peuple dont l'étoile, un moment éclipsée

Rayonnera dans l'avenir, Refoule des vains bruits l'onde tumultueuse, Eclate dans les airs, plane, majestueuse.

Sur les fastes du souvenir.

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