JE NE YEUX PAS LUÏÏER
FBAGMBNT d'uNE IDYLLE ÉBAUCHÉE.
Je ne veux pas lutter. J^ai vu votre œil, austère Pour mes yeux, s'adoucir en cherchant les regards De mon rival qui peut, à l'ombre du mystère ; Se griser à loisir de vos tendres égards.
•Tai vu cela vingt fois. J'ai même osé vous dire Que j'en étais cestain à n'en pouvoir douter. . Votre orgueil a souffert Trop bonne pour maudire^ Tous plaignez ma douleur. Je ne veux pas lutter.
Je ne veux pas lutter. Pendant la triste scène Où je vous exposais mes noirs pressentim ents, Vous avez entrepris de consoler ma peine Jurant que vous étiez fidèle à vos serments.
*â28 BOUTADES SX BÊVESIES
Pourtant, une heure après, vous faisiez la causette Avec l'heureux mortel qui doit me supplanter Dans vos affections. Vous lui faisiez risette Moi je me désol^ Je ne veux pas lutter.
Peut-être riez- vous de ma mésaventure,
Lorsque de votre amour la flamme s'assoupit.
Il m'a dit l'autre jour — ô cruelle torture —
Qu'il me voit dépérir et — sécher de dépit.
S'il connaît mon malheur c'est grâce à vous peut-être.
A l'amant favori cela peut se eonter.
Vous en avez trop dit, si vous av^ez fait naître
Quelque espoir en son cœur. Je ne veux pas lutter.