SCÈNE II
(Charles entre par le fond.)
Charles, (à part)
Elle est seule !
(A Rosine)
Bonjour. Je vous aime, cher ange
(Il lui prend la main et veut l'embrasser)
Rosine (Le repoussant)
Modérez vos transports, mon cher, on ne sait pas, . . . Quelqu'un pourrait nous voir. On nous suit pas â pas ; On parait se douter, ingrat, que je vous aime. On vous sait marié.
Charles
Je suis â vous quand même.
Rosine
Mais vous ne pouvez pas me donner votre nom.
Quant à faire de moi votre maîtresse. Non.
Je suis femme d'honneur et l'amour platonique, Peut seul me convenir. Quant â l'autre. Bernique ! Laissez-moi vous aimer sans honte et sans remord.
294 BOUTADES ET EEYERIES
Charles (Cherchant encore à l'embrasser) Si vous me repoussez, demain je serai mort.
Rosine (Se défendant)
Si vous vous suicidez, j'aurai votre mémoire En exécration. Laissez-moi plutôt croire Que vous avez assez d'énergie et de cœur Pour braver le Destin et pour sortir vainquem* Du combat surhumain que chacun de nous livre A l'amour malheureux auquel il faut survivre. A ce prix seulement, vous resterez toujours Le seul, le digne objet de mes tendres amours.
Charles, (à part)
Je tordrais bien le col à cette mijaurée.
(Haut)
Vous parlez comme un livre, ô ma chère adorée ! Et je ne sais vraiment de toutes vos vertus Laquelle je préfère et j'admire le plus.
Mais, vous saviez pourtant que j'avûs une f enmie, Lorsque, par vos aveux, vous attisiez la flamme Qui consume aujourd'hui mon cœur tout plein de vous. C'est vous qui m'avez fait tomber à vos genoux. Maintenant que j'y suis, pourquoi ces vains scrupules ? Je les trouve tardifs et même ridicules.
RosixE. (pleurant)
Ah ! je suis bien punie et j^aunûs du savoir Que ce monstre voudrait m'éloigner du devoir !
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Charles Chnt ! On vient.