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LES CENTENAIRES

manque de charité, et s'il lui arrive comme à Fontenelle de rater de quelques mois, ce n'est pas moi qui l’en plaindrai..…...…...moi qui serai depuis longtemps rendu dans les pays d'en haut.

Il y a eu sur les rangs au-delà de quatre cents centenaires dans le Bas-Canada. N'ont été admis à l'honneur de l'examen que quatre-vingt-deux ; les autres auraient pu être bicentenaires que le moyen decontrôlerla prétention faisant absolument défaut, l'abbé Tanguay les a forcément mis hors concours. C’étaient pour la plupart desétrangersnés Dieu sait

où.

Un des plus célèbres bibliothécaires de Londres trouvait étonnant qu'on eût pu retrouver en Angleterre l’état civil de dix vieillards centenaires ou prétendus tels, et se refusait à croire que l'abbé Tanguay eût fait ce travail pour quatre-vingt-deux personnes. Ce travil existe, il est consigné dans le cinquième volume du recensement de 1871. Vous voyez là le nom de la personne, son sexe, le lieu de sa naissance, son âge allégué, son âge exact, son occupation, la date de sa naissance, de son mariage, de sa mort, et le lieu de sa sépulture.

Ouvrez et lisez.

Combien croyez-vous qu’il y avait eu de centenaires authentiques depuis 1667, date de la naissance des deux plus anciens individus qui ont passé pour tels ?

Neuf seulement. x 9 sur 82 !!

dit M

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Je les nomme :

Anne Charlotte Dumont, née à Québec, non mariée, 100 ans : |

Marie Josette Dupuis, née à Saint-François du Lac, 100 ans ;

François Forcier, né à Sorel, 103 ans ;

François Gigrère-Despins, né à Saint-François du Lac, 102 ans ;

Pierre Joubert, né à Charlesbourg, 118 ans:

Rosalie Lizotte, née à Saint-Roch des Aulnaies, 109 ans ;

Pierre Noel Plante, né à Saint-Jean, Ile d'Orléans, 101 ans ;

Jean-Baptiste Pouparà, né à Laprairie, 103 ans ;

Thérèse-Marie, sauvagesse née à Saint-Régis et enterrée au Saut Saint-Louis, 100 ans ;

Avoir cent ans, v’est une gloire comme une autre, et qui rapporte toujours respect et considération. O'est parfois un métier, qui rapporte de l'argent. Il y avait à Québec—peut-être y vit-il encore—un vieillard dont les journaux se sont souvent entretenus et qui battait monnaie avec son âge et sa couronne de cheveux blancs. L'abbé Tanguay ne le juge pas un centenaire authentitique. Jalousie possible d'un jeune vieillard qui guigne sa centième et qui préfèrera mourir en petite compagnie ! Toujours est-il que le père Doyer n’a ou n'aurait que quatre-vingt-quatorze ans.

J'ai vu à Saint-Hyacinthe un vieux barbon qui

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je sais seulement qu'il venait de Chambly, et que l'hôpital l'avait recueilli. Nous refusions de croire qu'il eût cet âge, à le voir encore vert parcourir nos rues d’un pas assez leste. L’impression génér&le éfait qu'il exhibait le baptistaire de son père.

Si je me suis trompé à son sujet, j'en demande pardon à ses rmânes. |

J'ai lu quelque part dans les Annales de la propagation de la foi que le Français vit fort vieux au Canada. Cette observation, qui est d'un Canadien, Mgr Taché je crois, doit être basée sur l'expérience, et je ne doute pas que des candidats centenaires écartés de l'examen parce qu'il était impossible de mettre la main sur leurs registres baptistoires, la grande majorité ne fût française. Mais ce ravail de constatation est absolument impossible.

Au reste, il suffit, pour les besoins de la statistique, de savoir que le nombre des centenaires réels chez nous est à celui des prétendants comme 9 à 82, c'est-à-dire dans une proportion de dix pour cent.

Cet écart montre bien l'inanité de certaines croyances populaires.

On ne croit plus guère aux loups-garous, ni aux

chasse-galeries ; on ne croira bientôt plus aux centenaires sans visa.

s'en attribuait cent quatorze. Son nom m'échappe,

Je parle ici de cette portion dela rivière Ottawa qui descend de la capitale jusqu'à Grenville C’est un des anneaux intermédiaires d’un cours d’eau que le dictionnaire m'empêche d'appeler fleuve parce qu'il ne conserve pas son nom jusqu'à . la mer, mais que nommaient ainsi les titres de concession de la seigneurie de la Petite-Nation au siècle dernier, lorsqu'ils le désignaient sous le nom de “ Grand fleuve Saint-Laurent. ” Les géographes n'avaient pas encore peut-être constaté laquelle des deux cornes de l'y qui se soudent au pied de l'Ile de Montréal est la plus considérable et devait seule porter le nom du corps principal. Il faut croire qu'une branche secondaire d'un fleuve, c'est comme le fils cadet de la noblesse anglaise : ça n’hérite pas du titre. Jeune branche, tu bifurques ! adieu, je t'ai vue!

Depuis longtemps je savais comment Montréal s’approvisionne de poisson; ce n’est que cette année que j'ai appris comment Ottawa fait pour ne point s’en passer.

Il n'est évidemment point question ici de poisson salé et personne ne me demandera où se prend le poisson fumé : il s’agit uniquement du poisson frais,

Il y a, même en poisson frais, une forte importation des Etats-Unis et du golfe Saint-Laurent. Le cabillaud, le flétan, le saumon, le bar, la plie, ’éperlan et’ bien d’autres nous viennent de là. Cest la nourriture du riche ou de la famille aisée ; cela se vend cher. Le pauvre d'Ottawa trouve sa nourriture, sans grands frais, dans sa rivière, et le riche, qui aurait les moyens de manger des murènes et des lamproies, est bien forcé de faire comme nous et de se contenter de la faune quil a sous la main.

I n'y a qu'un vendeur de poisson frais en été dans la capitale ; c’est Moïse Lapointe,—un charmant garçon que tout le monde estime et qui s'est enrichi honnêtement dans son commerce. Jeune et rieur, patriote et charitable, franc luron, n'ayant pas de: porte de derrière, joli garçon,— ce qui ne nuit jamais,— voilà Moïse. La ponctualité même ; il ne fait courir ses pratiques qu’une fois l’an : le premier d'avril. .

Moïse achète-t-il son poisson d'occasion, des passants, des pêcheurs heureux et qui n'ont que faire de leurs captures ? Oh! non. Il a tout un service organisé ; il a ses fournisseurs à l’année, qui ne le laissent jamais manquer de rien. Tous les jeudis soir, il est certain de recevoir par le Peerless autant de poisson frais qu'il en faut à la ville pour le lendemain.

D'abord, me demandera-t-on, quel poisson est-ce?

Je réponds;

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