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- y De la truite, ou brune, ou noire, on saumonée ;
De l'esturgeon, dont nous ne savons pas utiliser les œufs pour faire du caviar; de l’escargot,—non ‘reconnu par le dictionnaire, mais avec lequel on fait d'excellentes escalopes très françaises; du maillé, moins difficile à manier que le précédent et pour le moins aussi bon en cuisine, —tôus poissons du même genre et à croquer, je vous assure, surtout à la sauce blanche et à l’étuvée.
Des carpes, qui n'ont peut-être pas cent cinquante ans bien avérés comme celles que Buffon vit dans les fossés du château de M. de Maurepas, mais qui sont de fameuse nourriture ;
Des brochets, des dorés, qui pèsent jusqu'à dixlivres, de l’achigan vert ou noir fort beau, de l’anguille, du maskinongé, du crapet, de la brème, de la perchaude, de la manigane, de la barbotte et de la barbue.
J'emploie là des mots que le dictionnaire n’a pas mais qu'il faudra bien qu'il enregistre un jour, puisque la langue est faite pour les hommes et non les hommes pour la langue. :
Ils sont en tout sept ou huit, entre Grenville et Ottawa, les poissonniers dont toute la pêche est ven due d'avance à Lapointe. C’est surtout entre Rockland et Montebello qu’ils sont échelonnés. Ces ‘ gens pêchent toute l’année ou à peu près. Ils prennent, au département des pêcheries, un permis qui ne leur coûte rien et en vertu duquel ils peuvent tendre autant de rets et de lignes dor-
mantes qu'il leur platt. Aussi ne s'en font-ils faute. Quand on a trois, quatre, six rets de trente brasses de tendus, autant de lignes dormantes longues de sept ou huit arpents, visiter cela trois ou quatre fois par jour, mettre l'appât à six cents hameçons, raccommoder et laver les filets, en un mot tenir en parfait ordre tous ces engins de pêche et surveiller les prises, —cela prend à peu près tout le temps d’un homme.
Mais quand on est poissonnier, on ne l’est pas à demi ; toute la famille s'occupe du métier : la mère et les filles lacent, c'est-à-dire font les mailles d’un rets, les petits garçons vont à la recherche du ver et du vairon; l’un coupe en petits cubes d’un demipouce la chair d'une carpe ou d’un brochet,— c'est l'appât destiné aux lignes de fond ; un autre décortique un jeune bois-blanc, avec l’aubier duquel il fait des lanières qui tiennent à toutes fins lieu de ficelle. C'est avec elles qu'on attache au rets flottes et cales.
Entre temps, on pêche à la ligne traînante, et c'est ainsi que l’on capture les plus belles pièces.
Et toujours, à toute heure, ce monde chante.
Mais nous voici au jeudi matin.
Les réservoirs d'eau que l’on a traînés derrière soi pendant une semaine sont amarrés à la rive; le père, les fils arrivent de leur dernière visite aux rets et aux lignes de fond; on va voir ce que la semaine a donné.
Il faut être à l'abri du soleil ; on choisit, au bord;
de l’eau, un endroit ombreux où le poisson ne sèchera pas, où l’on ne cuira pas soi-même. C’est tôt fait, le quai du bateau ou une touffe d'arbres suffit. Toute la famille est rendue. Un, deux, trois enfants préparent la barbotte; c’est le seul poisson pour lequel on prenne ce soin : trois coups de couteau et deux mouvements, elle a perdu sa tête, sa peau et ses entrailles ; une incision à la queue, et la voilà enfilée dans la lanière de boisblanc. Le pouce gauche des opérateurs est revêtu d'un poucier de cuir ; le couteau est aiguisé, croyezmoi. Et les débris sont jetés à l'eau, et la vessie flotte, et les plus petits enfants s’en emparent pour la faire, d un coup sec, éclater avec un bruit de pétard. On assomme l’anguille avant de l’empaqueter, les autres poissons, on les laisse mourir de leur belle mort.
Cinq ou six barbottes—selon la grosseur--sont enfilées, voilà un paquet; voici un brochet, une truite ou un achigan, il pèse deux livres, —il fait son paquet.
Tout poisson ou tout collection de poissons qui pèse deux livres fait paquet.
Si un poisson, quel qu’il soit, pèse quatre livres, c'est un redoubleux.
Un paquet se vend à Lapointe dix centins, un redoubleux vingt. Mais il n'y a ni tripleux, ni quadrupleux. Seulement, si un poisson pèse viugt livres, on vous le paie un dollar. Libre à
. vous, par exemple, de le vendre ailleurs, où l’on
vous en donnera plus, mais les poissonniers, qui
passent tant de petites pièces avec les grosses, ont la pudeur dele livrer à Moïse et ne cherchent point
à éluder la convention.
Les paquets sont faits.
Voici qu'on apporte de
grandes boîtes oblongues avec des poignées de bois qui forment brancard. On en garnit le fond de glace, on suspend les paquets à des petites barres transversales, on les recouvre de glace, le Peerless passe, et voilà Ottawa sûr de manger maigre et bon le lendemain. Tous les poissons sunt mêlés dans ces boîtes, tous, sauf la barbue. Si les autres ont besoin de la glace, elle a besoin pour conserver sa couleur, pour ne pas blanchir, qu'on ne l'en en-
toure point.
Le soir même, on recommencera à travailler pour
le jeudi suivant.
— Combien de paquets cette semaine, demandaije l’autre jour à un poissonnier ?
—Cent quarante-huit, monsieur.
—Et cela vous fait ?
—AÀ dix centins le paquet, cela me donne quatorze piastres et quatre-vingt centins. (C’est Lapointe qui paie le fret.
— Est-ce une forte semaine ?
—Oui, une des bonnes de l’année.
—Dites-moi, est-ce que le poisson disparaît ?
—$ans doute,
me
répondit-il, sans doute.
Jadis, deux cents paquets, c'était une petite semai-
ne, J'ai vu des semaines de huit cents paquets,
C'était le bon temps. On n’avait pas encore construit cette damnée chaussée de Carillon, et le poisson montait jusqu'ici Le métier s’en va, monsieur, le métier s'en va.
—Mais attribuez-vous la disparition du poisson à la seule construction de ce barrage ?
—0Oh ! que non! Ceci est une cause, sans doute, mais la moindre des deux causes principales.
L'autre, la vraie, celle qui nous ruine en ruinant le poisson, c’est le bois que les moulins jettent à l’eau, le bran de scie, les déchets, les rognures, tout ce qui flotte un temps et s'accumule lentement au fond de la rivière. Dans dix ans il n’y aura plus de poisson.
Le bonhomme s’emballait, je le laissai continuer.
—Oui, monsieur, dans dix ans, adieu la pêche dans cette section-ci de l'Ottawa. Pour se rendre aux désirs de huit ou dix propriétaires de bateaux qui cassaient quelques aubes de roues sur les fortes pièces de bois rejetées par les moulins, on ruine la navigation, on ruine la pêche. Auparavant, quand le bois flottant, libre, était jeté au rivage ou passait au fil de l’eau, nous le ramassions ; mais aujourd'hui ces débris, ces copeaux, cette sciure, ces saletés qui flottent à la surface, personne ne s'en emparant, s’enfoncent et embarrassent le lit de la rivière. Quand je vous dis que le poisson meurt par milliers dans les baies! Le bois s'accumule à l'entrée de ces baies, corrompt l’eau, empri- -sonne et empoisonne le poisson. Faites un trou
dans la glace, à la Baie des Outardes, à la Baie Noire, à la Baie de Campbell, même à la Baïe de la Pentecôte, l'odeur qui en sort, en plein janvier. vous force à reculer. C’est le poisson mort qui pue ainsi.
“ Quand on tue le poissons par millions, comment voulez-vous qu'il dure ?
‘ À de certaines entrées de baies, il y à plus de dix pieds de sciure de bois. Tenez, jai failli y périr pas plus tard que ce printemps. Une explosion, quoi! À tout instant, nous autres pêcheurs, nous sommes témoins de ces explosions. Pouf! et le bran de scie qui fermentait jaillit hors de l’eau, soulève celle-ci,fait une détonation sourde, et noie le pauvre monde. Mon canot a monté trois pieds en l'air, j'ai perdu mon aviron. Je me suis cru flambé et j'ai dit un acte de contrition.
“ Je disais que les pauvres gens faisaient leur profit du gros‘bois de rebut qui descendait la rivière, et que pour faire plaisir à une demi-douzaine d'hommes on nous ruine. Savez-vous comment ? On force les propriétaires de moulins— c'est la loi—à broyer leurs déchets ; on vous passe une bonne pièce de bois, qui serait bonne pour le chauffage, dans des cochons qui l’entaillent, la déchiquètent, la réduisent en fragments impropres au chauffage. Cela s’imbibe bien vite d’eau et va au fond de la rivière; la navigation en souffrira sérieusement d'ici à dix ans ; le poisson disparu, nos prairies riveraines couvertes de ces copeaux et in-
cultivables, voilà ce qui nous attend. Peut-être
même quelque peste.
. “ Vous qui êtes un avocat, parlez-en donc au
gouvernement ?
—J'en parlerai dans les gazettes.
Samedi soir.
00000000 000000000000 00000000 00000 000000 Loose rooete 0...
Ma course errante, qui me ballotte depuis une semaine, vient de m'échouer à RKK%, que je n'avais pas revu depuis mon enfance. C’est assez une importante paroisse, mais où peu de choses changent ; je reconnais l’église, le presbytère, la place publique, où se dresse une immense croix ; la maison d'école qui me rappelle mes premières férules et tant de petits compagnons presque tous aujourd'hui dispersés ou morts et dont je ne rencontre plus un seul ! le marché, prétexte de construction, un toit sur quatre poteaux, où j'ai failli m'éventrer sur un crochet de boucher un matin que j'avais grimpé sur les entraits ; mais surtout la maison paternelle, cette bonne vieille maison en croupe, bâtie en pierre de rang, solidement assise sur la cour sablée, et le grand jardin dont quatre peupliers, quatre flèches, indiquaient les angles.
Des milliers de souvenirs m'assaillent, doux, naïfs, innocents, sereins, et pourtant tristes, rendus tristes par la distance où les années les tiennent, par la comparaison des graves événements d'alors, l'évasion d'un geai, la pièce d'argent trouvée sur
186 couPSs D'ŒIL ET COUPS DE PLUME
la route et partagée avec un camarade, la première messe servie le dimanche en surplis, jupon et bonnet carré, —avec les piètres responsabilités du jour —gouvernment de la famille, devoirs publics, carrière à faire fructueuse, —attristés surtout par le regret des joies perdues.
Je m'arrête, pour ne pas commettre une phrase— longue et embrouillée comme celles de Maurice Guillemot. J'étais en bon chemin...
Mais la voiture file et me voici en dehors de mon village. J'arrive bientôt aux confins de la paroisse, et je débarque chez un vieux couple où m'amènent mes affaires. On m'offre sans façon l'hospitalité pour la nuit et le dimanche ; le bateau ne passera ici que lundi matin : j'accepte.
Dimanche soir.
On s’est levé matin à la ferme ; à cinq heures j'entendais rôder de la maison à la laiterie et du hangar à l'écurie. ° |
C'est un ménage de rentiers, un couple antique. On a blanchi sous le même harnais, il a fallu tra- Vailler dur pendant près de cinquante ans de ménage pour acquitter la terre achetée à crédit, élever une nombreuse famille tout en s’arrondissant peu à peu. Mais on a conquis l’aisance ; on a établi ses garçons, bien marié ses filles; tous ont fait souche et on est bisaïeul. Couronne de cheveux blancs sur la tête, oui, mais plus belle couronne encore dans ce régiment d'enfants, de petits-enfants et d'arrière-petits-enfants qui, me dit-on, vient
tous les ans, à l'époque des fêtes de l'année nouvelle, saluer les ancêtres et déposer sur leur joue encore fraîche le baiser du respect et de l'affection. On n'a pas eu, comme Victor Hugo, son apothéose nationale ; mais on vit ferme dans une brigade de ‘jeunes et de vieux cœurs ; on a des Greorges et des Jeannes en veux-tu en voilà. Et puis, on habite tous la même paroisse, à l'ombre du même cloche, — patriarchat touchant qui permet à toute la descendance, avenant fête ou péril, de chercher l'abri ou le plaisir sous l’aile grand'-paternelle.
À huit heures le déjeuner est pris; la calèche attelée vous entraîne à la messe. Mais il faut s'arrêter en chemin, chez le fils ainé, histoire de demander une place de banc pour le monsieur de la ville que voiciet de boire ensemble un petit verre.
C’est un remue-ménage, un brouhaha, un va-etvient charmant. Les enfants passent devant vous en s’excusant, chacun mettant la dernière main à sa toilette.
— Es-tu prête, Catherine ?
—Non, je cherche mes gants. Ton parasol est
—Dépêchez-vous, dit la voix vibrante de l’un des gars, la jument s’impatiente !
—On y va, on y va!
La petite colonie s'ébranle en deux voitures, nous la suivons, comme-il convient à des anciens,
Le second coup de la messe sonne, on est encore loin de l’église, on arrivera bien avant le tinton.
O mes vieilles cloches, dont les rapides et joy- -euses volées ont les premières célébré mon baptéeme et annoncé au village la venue d'un nouveau-né, vous toutes trois dont les sons sharmonisaient si bien je vous reconnais allez à l'écho que vous réveillez dans mon âme ; vous appelez aujourd’hui à la prieré l'enfant qui autrefois se suspendit souvent à vos longues cordes et vous fit vibrer dans la tour massive. Je n'ai jamais entendu sonnerie plus lugubre que le glas frappé sur votre airain, et je vois défiler sous l'œil du souvenir les processions de la Fête-Dieu et des Rogations, les compérages, les mariages, les cortèges funèbres que de vos voix sonores vous convoquiez dans le temple.
C'est un morceau de mon enfance qui me revient, je m'en empare et veux en revivre encore un jour.
Il est encore là, au pied de l'église, lo baptistère gothique où l’on me fit chrétien ; là encore les hauts et blancs piliers de la nef; le balustre brun de la sainte table; la chaire accrochée au jubé et portant sculptés sur ses flancs le portrait des évangélistes et leurs attributs, l'aigle de Jean et le bœuf de Marc; le grand banc à six places où ma famille s'agenouillait. Qui donc l'occupe aujourd'hui ?
Voici que la messe commence, le sermon ne tarde pas, mais ce n’est plus comme jadis ; où estu, vénérable grand vicaire dont la puissante voix
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ne tonnait pas contre de prétendus erreurs, mais enseignait le bien et la vertu? Jene te vois plus, modeste rabat noir au liseré de galon blanc, l'élégant collet romain te remplace. (Où donc la vieille soutane râpée, verdissante, dans les plis de laquelle se cachait tant de bonté d'âme, tout de générosité ? Tiens, cet accent qui frappe mon toreille est anglais! Et ce langage théologique, savant, correct, je suis sûr que le troupeau ne le comprend pas. Comme cela a changé en trente ans !
Le service divin est terminé, on s’attroupe sur la place de l'église, le crieur annonce un poulin perdu et un chapelet trouvé; je circule dans les groupes, cherchant d'anciennes connaissances. Je reconnais quelques hommes mûrs, qui ne me reconnaissent, eux, qu'après avoir appris mon nom et vérifié ma ressemblance à mon père. On m'invite obligeamment à diner ; je dois refuser. Je m'éloigne à regret du village natal, je jette un dernier coup d'œil à la maison paternelle, et c'en est fait peut-être pour jamais.
Nous terminons nos affaires dans l'après-midi ; nous causons de l’apparence des moissons, du cirque qui va venir à la ville prochaine ; la récolte sera bonne, le cirque attirera Philémon, mais Baucis ne tient à voir ni singes nisingeries. Le souper se prend, la pipe s'allume, puis le vieux:
—Monsieur, dit-il, nous permettra-t-il de nous absenter pendant une heure
ou deux ? Je sais que ce n’est pas poli, mais de l’autre côté de la rivière, dans le village d'en face, tenez, cette maison blanche, à main droite, près du gros orme,—j'ai un ami de plus de quarante ans qui est bien malade. J'ai bien peur qu'il n’en réchappe pas. Il m'attend aujourd’hui avec na femme. Ce sera peut-être la dernière fois que nous le verrons. Nous ne serons pas longtemps. Peutêtre aimeriez-vous à veniravec nous ? Nous allons traverser en canot. Si vous préférez rester ici, mettez-vous à l'aise, faites comme chez vous ; le jardin est en fleurs, il y a des fruits ; ne vous gènez pas.
—J’ai apporté des journaux, je vais lire en fumant. Je serais fâché que vous ne rendissiez point les derniers devoirs à votre ami et à sa famille.
Je reste seul à la maison, seul avec un gros chien de garde qu'on n'osait pas risquer dans le canot.
Le soir arrive lentement ; la lune émerge diffcilement de l'horizon, des nuages pommelés et immobiles l’'interceptent par intervalles. Le temps est mort, pas un souffle n’agite les feuilles, sur une branche de pommier le rossignol égrène ses perles : mauvais présage ! L'ombre descend plus épaisse; quelques feux s’allument le long de la rivière, et à leur clarté on voit dans l’eau les arbres de la rive et les maisons se mirer tête en bas. Les bruits s'éteignent l'un après l'autre; mais le rossignol chante encore, On n’ertend
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bientôt plus au loin que le hurlement de quelque chien, le coassement de la grenouille ou le cri rauque de quelque oiseau de proie qui vient s'abattre dans les joncs. Cela sent l'orage. Pas de mouvement, pas de vie, pas un couple :d'amoureux passant à portée du regard, pas une chanson humaine s’élévant de l'onde, de la maison, du bosquet. Comme ce silence et cette torpeur vous pèsent ! On dirait que la mort plane dans ces parages.
Je m'enfonce dans une morne rêverie, d'où ne sont pas propres à me distraire le nuage qui noircit et la lune qui disparait. Je crois sentir une légère brise fraîchir mon front. A bientôt la pluie !
Tout à coup de l’autre rive une voix hèle le passeur ; presque aussitôt j'entends battre l'eau par les rames d’un chaland que je ne vois pas, mais que je devine à quelques arpents en amont au brasillement qu'il laisse dans la nuit noire. La voix semble s’impatienter, les coups de rames se précipitent. Il y a quelqu'un qui est pressé.
C'est peut-être la mort.
Bientôt je distingue un galop qui va toujours se rapprochant, et à la lueur d’un éclair fauve je vois passer sur la grande route, ventre à terre, un cheval qui gagne vers le village.
Je cours chez le passeur.
Il m'apprend que le cavalier va chercher le prétre, que le curé de la paroisse d’en face est parti
après les vêpres pour aider un de ses collègues occupé aux Q'iarante-Heures, que le médecin est au chevet du malade, que ce malade est l’ami de mon hôte, et que les nouvelles sont mauvaises.
Mais voici la pluie, voici le tonnere, je rentre.
Quel orage superbe !
Lundi matin.
C'était bien la mort qui visitait hier soir ce voisinage! Mes hôtes ne font que de revenir: ils ont perdu leur ami.
Et comme un malheur arrive rarement seul, la foudre a incendié sa grange et tous les bâtiments de la ferme. -
Pas gai, mon dimanche à la campagne !
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