‹ Coups d'oeil et coups de plume [microforme]Chapitre 39 sur 69 · AA · texte numérisé non relu

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Je voudrais, lecteurs, pouvoir m'’excuser d’avoir été long comme s’excusait Lacordaire en terminant son discours sur la vocation de la nation française : “ Je suis long peut-être, disait-il, mais c'est votre | | faute, c’est votre histoire que je raconte ; vous me 1 pardonnerez si je vous ai fait boire jusqu’à la lie ne ce calice de gloire.” Le fait est que nous n'avons f bu aucun calice, ni de gloire ni de déshonneur. Je vous ai mis sous les yeux quelques travers, où le vice ni le crime n'ont rien à voir. Ce sont de légers ridicules en somme, et si nous le voulons nous nous en débarrasserons sans trop d'effort. Notre caractère de peuple honnête, industriel, intelligent, attaché à ses traditions, religieux, moral, n’a pas à en souffrir. Ce sont des scories qui ne à sauraient entamer le métal, nullement des pailles qui le feraient casser. Elles sont à 14 surface ; hardi à l’'écumoire !

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La presse, qui est toute et seule à blâmer, la presse devrait se regarder dans le miroir que je lui présente : si peu poli qu'il soit, elle s’y reconnai-

. trait. Elle pourrait ensuite prendre la ferme réso- 4 lution de se corriger. D'’elle seule, en effet, dépend la réussite. (C’est elle la ‘oupable, l'effort est à elle. Le moment est bien choisi et la circonstance | opportune. Il s’est manifesté depuis environ quatre à ans dans notre petit monde des lettres un vif désir DE de réforme; on a déclaré la guerre aux anglicis-

Mais si l’on croit qu'il y aura seulement trois journalistes qui prendront cette résolution, croix de paille !

P.-J.-0. CHA UVEAU

Voici qu'aprè velle les journ bien la peine nous Je ravir

S NOUS avoir donn aux nous Jar de nous faire au bout de vin

Dans notre petit sonne qui ne ge soi

é une bonne

noueéprennent.

T un des prix de

avec un bon et beau livre Comme son dernier : F.- Garneau, Sa Lie et ses Œuvres, on a Je droit d’avo

ir cette ambition.

L'Académie nous a couronné

avens tous applaudi : égalemen Voir ceint des lauriers académi homme qui est un Patriote ar

dent et éclairé, d'un écrivain distingué, d'un érudit qui n'est pas un fossile, d'un politique qui a pent-

Mails qui les à rac naïve honnêteté p

que j'ai combattu dan

s le temps tique, Mais dont J'ai

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valeur. Ce n’est pas un homme qui a joué du boutoir, assommé des rivaux, découragé des novices, — tout au contraire. Son talent s'élève dans une atmosphère sereine, aucun nuage ne l’obscurcit ; c'est pour cela que nous le voyons tous et que personne n’aboie après.

On nous annonce aujourd’hui que M. Chauveau a bien, il est vrai, envoyé son livre à Camille Doucet, qui est son ami, mais qu'il n'a jamais entendu concourir pour un des prix de l’Académie.

Moi je prétends que cela ne saurait être vrai, M: Chauveau n'ayant pas le droit de priver de sa gloire son pays. C’est peut-être l’indiscrétion des journaux qui ont prématurément annoncé l'envoi pour concours qui l’empêcherait de braver un échec, et j'admets volontiers qu'il eût mieux valu que le public n’en sût rien. Mais aujourd’hui le chat est hors du sac, l’idée est lancée, tous les journaux l'ont approuvée : il ne faut pas que M. Chauveau recule. Ce n’est pas lui qui se mettra sur les rangs, c’est nous, ses compatriotes, qui nous faisons représenter par lui et qui, s’il y a défaite, en subirons, non la honte—il n’y en aurait pas—mais le chagrin: M. Chauvéau nous appartient, et il a le devoir d'élargir notre horizon littéraire, de répandre davantage le Canada en France. Lui qui a fait avec tant de grâce délicate les honneurs du banquet à Fréchette, nous espérons quil mettra celui-ci en demeure de s'acquitter d'une dette que tout le Canada lisant a vu contracter.

Et nous serons là, à la quittance comme au con-

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