‹ Coups d'oeil et coups de plume [microforme]Chapitre 65 sur 69 · AZ RE · texte numérisé non relu

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Or, ce moyen c’est l'annonce dans les gazettes.

Je ne parlerai pas des gens—filles ou garçons— qui trouvent un parti par le canal des agences matrimoniales ou des annonces en quatrième page : je les ai toujours trop plaints pour les insulter dans leur malheur en les appelant en témoignage.

Ils m'en signaleraient, eux, de belles réussites! Je parle de ce que j'ai vu. On peut me croire.

Il y a donc à Montréal un riche marchand à qui ça ne coûte pas les yeux de la tête de s'offrir un crayon d'or à manche de nacre serti de diamants. Je lui en ai encore vu un le mois dernier, justement celui qu'un jour il perdit.

C'est lui-même qui m'a conté l’histoire : c’est donc bien vrai.

Il s’en était servi, un matin, pour écrire un mémoire dans son agenda avant de gagner son magasin. Ici, il en a besoin, se fouille, et ne le trouve pas. Il téléphone à sa femme; recherches sans fin et sans résultat chez lui. Son parti est vite pris; il aura perdu le crayon dans le trajet, il faut courir au journal le plus lu — la Patrie évidemment —et annoncer le petit malheur. Il rédige donc l’an-

nonce, et il va sortir, quand son premier commis lui dit :

—$i vous permettez, patron, je vous conseillerai de mettre dans votre poche le crayon que vous avez derrière l'oreille, vous pourriez le perdre !

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DE CERTAINES ANNONCES 333

La Patrie perdit un écu ce Jour-là, mais mon marchand le SaSna et retrouva son bijou.

Allez-vous me dire que sans son intention d’annoncer il n'aurait Pas pour de bon perdu son

Un de mes amis déménagéait le premier du courant, et le lendemain constatait la disparition d’une douzaine de Cuillers d'argent. Grand émoi, chez la femme Surtout. On Tépasse en mémoire les incidents de la Journée,

— 1 y avait te] des charretiers dont la figure n'était pas honnête.

—Le panier à l’argenterie avait été renversé. D

—Peut-être avait on oublié quelque Paquet dans l’ancienne Maison !

—Annonce, lui dis-je, annonce ! Si tune trouves Pas, avertis la police Pour le cas où l’on t’aurait volé. Mais an Paravant cherche partout.

Il ne voulut rien entendre, et porta sur le champ une annonce à un journal anglais, paya d'avance

Pour deux Insertions, et s’en revint Confiant mettre ses effets en ordre.

À un quart d'heure de là on retrouvait les cuillers dans je ne sais plus quel ustensile de cuisine.

L'annonce n'avait pas même encore paru! Je lui conseillai d'aller la décommander, mais en vain. Il espérait, peut-être, l’insatiable, si l’annoncc paraissait, trouver une autre douzaine de cuillers.

De ces deux faits il y a une morale à tirer :

Pour avoir annoncé dans un journal anglais, mon ami a payé une piastre; pour avoir eu l’intention d'annoncer dans un journal français, mon marchand n’a rien payé :

Et tous deux ont obtenu le même résultat.

Vous n'allez pas faire, de ce train-là, me dira-ton, l'affaire des journaux français !

Mais si !

Quand on aura perdu quelque chose, on aura l’intentien d'annoncer; si on ne retrouve pas aussitôt, on mettra l’annonce, et tout le monde y gagnera.

Est-il besoin, pour prouver l'efficacité de l’annonce, de citer le cas des objets trouvés? Je parle de la bonne annonce, bien étalée, bien en vue.

: Vous avez trouvé une piastre, on va vous en réclamer cent. Pour un perdant il y aura dix réclamants. Il y a bien la description de la trouvaille qui gêne un peu, mais qui ne risque rien n’a rien. Vous pouvez être à peu prèssûr, dix fois sur douze, après avoir trouvé l’article, de retrouver le maître.

Hormis d'employer le vieux truc :

D meapetoe come ee ER A à DE CERTAINES ANNONCES 885 A M —-R U

Et surtout 0 toutes lettres.

été trouvé, tout en créant à l'annonceur une bonne réputation.

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