‹ Coups d'oeil et coups de plume [microforme]Chapitre 66 sur 69 · PLUTÔT MOURIR · texte numérisé non relu

PLUTÔT MOURIR

Eternel biais de l'esprit humain !

Le mal que l’on puise en soi paraît meilleur que le bien proposé par autrui; il suffit que vous m'offriez bon pour que je mange mauvais avec délices ; ma ratatouille me semble plus savoureuse que votre terrine de foie gras, mon harang fumé que votre brandade de morue.

Quisquis amat ranam ranam putat esse Dianan.

| En français, ma grenouille vaut votre perdrix | aux choux.

Il y a des gens qui préfèreraient mourir à prendre de la main d’un homme qui ne leur revient pas le remède qui les guérirait.

C’est en politique et en religion que l’on est sur-

ft tout témoin de cette aberration.

ati | En politique.

Fat | Mais je ne me mêle pas de politique et n’ai pas a à dire ici combien de fois les partis se sont déjugés, acceptant aujourd'hui des leurs comme excellent ri ce qu'ils repoussaient hier de leurs adversaires | comme abominable.

Cela dépend de la cuiller et de qui la présente.

que 'ofes ; que que

rix

PLUTÔT MOURIR 887 Les remèdes ne sont bons à prendre que dans les cuillers d'argent.

En religion, par exemple, ah! en religion.

c’est comme en politique !

Pas de salut plutôt que venant de telle source !

Ne croyez pas que je plaisante, Je traduis d’un journal anglais :

“ Hier, à la séance du synode presbytérien de New-York, le professeur Hopkins, d'Auburn, a émis un vœu d'approbation en faveur des sentiments contenus dans la récente lettre pastorale du concile provinciale romain. La discussion fut chaude sur le rapport de la commission déclarant

* que “ bien que la substance de la lettre se recom-

mandât à l'approbation du synode, il.ne convenait que celui-ci s'en occupât.” Le professeur Hopkins lut à l’appui de sa proposition, des extraits de la lettre pastorale relatifs au divorce et aux excursions du dimanche et que toute l'assistance approuva. Il prétendit qu'il était on ne peut paus opportun de prendre connaissar:e de l'esprit de de progrès de l’église catholique romaine. Le révérend D. Hall, d'un avis contraire, soutint que tout éloge fait par le synode serait considéré comme une concession du protestantisme au romanisme. Le rapport fut enfin adopté, mais après avoir été amendé de façon à dire que le synode refusait de se mêler des affaires des autres dénominations.”

Ainsi :

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=. coté

fi “ Ce que ce concile catholique a décrété, ce que 16 la lettre pastorale des pères du concile a promulgué, est bon, excellent,—mais je n'y puis goûter, n'étant pas de la paroisse.

“ J'admets volontiers que ce que vous proclamez, c’est la vérité —que nous avons les mèmes vues sur le sujet,—mais comment voulez-vous que je le reconnaisse publiquement, moi dont c’est le gagne-pain de prêcher contre vous ? Entre nous, c’est bien cela, et la congrégation elle-même y concourt ;—mais de quel front oserais-je demander à celle-ci son adhésion à une déclaration de principes formulée par vous autres, nos adversaires nés, qui avez pris les devants ?

‘ Périsse le principe platôt que la dignité !”

Hé oui ! il en est ainsi.

Fi) On sait ce qu'en matière religieuse la dignité ñ | \| prend de préséance sur le bon sens et la vérité.

| | Ne jamais paraître céder, c’est la loi et les prophètes, y compris Habacuc.

Ecolier, votre professeur vous bat injustement, BREL | vous vous plaignez aux supérieurs ; on vous rebat, GAS parce que l'autorité est infaillible et doit garder jui son prestige : vous avez nécessairement tort.

AN Vous appartenez à une secte religieuse; cette Fed EUR secte, cela va de soi, est dan: bsolu ; une 1 | | autre secte pense commu point, le dé- AL clare : n'allez pas vous uui ile, ‘ous compromettriez votre dignité e: l'honneur de votre église.

Plutôt renoncer à votre cruyance que de croire comme autrui—ou plutôt d'admettre cette ommunauté de vues!

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