‹ Coups d'oeil et coups de plume [microforme]Chapitre 68 sur 69 · PATRIOTE SOUVENIR D'ENFANCE · texte numérisé non relu

PATRIOTE SOUVENIR D'ENFANCE

Je venais d’être porté à l’ordre du jrur. Le vieux maître d'école me tit signe du doigt de l’aller trouver à sa place. J’ignorais pourquoi. Je montai, grave, soucieux, les deux degrés de l’estrade où s’appuyaient sa chaise empaillée et son pupitre branlant. L'émotion me suffoquait. Je craignais d’être grondé. Mais non. Nous venions de donner notre leçon d'anglais, et il faut croire que j'avais bien prononcé dog, cat, bird, ou quelque autre mot aussi difficile, car le bonhomme, déposant le morceau de sucre d'érable qu'il grugeait, dit aux élèves surpris de cette cérémonie inaccoutumée : “ Voilà l’homme qui apprend bien l’angiais!” Le vieux savait l'anglais comme je sais le grec. Le plus ébahi des élèves, ce fut moi. Cependant je ne tardai pas à reprendre mes sens, je devins radieux, et il me semble que je regagnai mon siège d'un pas un peu insolent.

Mais l’après-mir:, pendant la leçon de géographie, je me seius malade. J'avais le regard voilé, mes tempes battaient, mes joues brülaient, ma gorge était sèche, comme remplie de poussière. Le maître vit ma figure rouge et me fit reconduire à la maison par un grand.

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