PLUTÔT MOURIR
Plutôt mourir !
Vons êtes égaré dans la forêt et depuis le matin vous tournez dans le même cercle ; vous aviez un poteau qui vous indique votre voie, mais c’est un ennemi qui l’a planté: rentrez sous bois et recommencez la course.
Plutôt la nuit noire sur la tête et le froid humide vous perçant aux os, et l'inquiétude au logis, et la maladie dont vous prenez le germe, que de suivre l'indication du poteau du carrefour, du poteau de l'ennemi qui vous offre le salut !
Il faut sauver les principes, que diable !
Je joue à la bourse et le télégraphe m'apprend que mes fonds sont à la hausse; mais cette ligne télégraphique appartient à une compagnie que je déteste : je me croise les bras. Je perds cent mille francs, mais aussi cela apprendra à cette compagnie combien peu je m'occupe d'elle !
La fille de Pierre est malade, se meurt; un médecin spécialiste pourrait la sauver,—mais c’est un républicain ; Pierre se répète le fameux Timeo Danaos, et laisse l’enfant crever.
Tant pis pour la clintèle de ce médecin !
Quels grands fous sont les hommes de parti, de coterie, de secte, de faction, de clique, —les internés les emmuraillés, les claquemurés, les emprisonnés, les embastillés du préjugé !
Mais le 89 du dix-neuvième siècle avance, il est en vue, la délivrance approche!
Au revoir, à l’aube prochaine!
pee az AR x ps pe PRES APRES = £ z 2
ep en te
340 COUPS D'ŒIl, ET COUPS DE PLUME