LES LOUPS BRETONS
Cour le épopée .les guerres bretonnes.
Les loups bretons grinçaient des dents
Devant les Légions romaines
Qui s'avançaient, par monts et plaines,
Au galop des coursiers ardents;
... Les loups bretons grinçaient des dents...
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Tout à coup, le Celte s'élance, Ses terribles armes en mains :
« Hardi! les gâs! à coups de lance Sur les Romains! »
Les loups bretons grinçaient des dents En voyant monter les Barbares:
Alamans blonds, jaunes Tartares, Huns sinistres et Goths prudents; ... Les loups bretons grinçaient des dents... .Mais aux Plaines Catalauniques Les rudes loups sont encor là :
« Hardi! les gâs! à coups de piques Sur Attila! »
Les loups bretons grinçaient des dents En voyant les hordes normandes Envahir les champs et les landes En poussant leurs longs cris stridents; ...Les loups bretons grinçaient des dents... " Malheur à celui qui se cache Et gloire à qui meurt vaillamment :
Hardi! les gâs ! à coups de hache Sur le Normand! »
Les loups bretons grinçaient des dents En voyant les gens d'Angleterre :
Du Guesclin les traquait sur Terre, Nos marins sur les Océans; ... Les loups bretons grinçaient des dents... « Laites monter tout l'équipage!
Nous nous f...ichons de leurs boulets : Hardi! les gâs! à l'abordage!
Crochons l'Anglais ! »
Les loups bretons grincent des dents Lorsque la Vendée agonise Et. quoi qu'on fasse et quoi qu'on dise, De mordus deviennent mordants; ... Les loups bretons grincent des dents. « Allons! prends ton fusil, Grégoire.
Nous défendrons notre " chez nous"' Hardi! les gâs! à la Victoire !
Egaillez-vous ! »
Les loups bretons grinçaient des dents En voyant la Prusse insolente Souffleter la France dolente De ses triomphes impudents; ...Les loups bretons grinçaient des dents... Mais écoutez ces cris farouches :
C'est Lambert (i) avec tous les siens : g Brûlons nos Dernières Cartouches Sur tous ces chiens! »
Les loups bretons, depuis trente ans.
Cachent leurs dents blanches dans l'ombre ; Mais, vienne à sonner l'Heure sombre Pour Toi, France! ainsi qu'au vieux Temps Les loups remontreront leurs dents...
(i) Le héros de Ba/eilles était natif de Carhaix Finistère
Appelle-les de ta Voix douce
Si tu veux laver quelque affront :
« Hardi ! les gâs! à la rescousse! ! ! »
Et les grands Loups te vengeront !..
Une musique d? accompagnement pour piano, de Charles de SIVRY, est éditée séparément.
AU TEMPS JADISU'
Français ! Notre Siècle est vraiment étrange :
Que dira de nous l'Histoire, Demain?
A l'Œuvre! Et bien vite! Il faut que tout change :
Le sort du Pays est en votre main!
Mais, d'ici, déjà, je vous entends dire :
« Notre Moraliste est loin d'être vieux ! »
Bah! je maintiendrai, malgré votre rire,
Qu'au bon Temps Jadis tout marchait bien mieux ;
Ceci peut se chanter sur l'air de « La Corde sensible».
Voyez le bon Vin que buvaient nos Pères,
Comme il leur donnait l'esprit, la gaîté !...
Les plus vieux trouvaient au fond de leurs verres
Une douce ivresse, avec la Santé...
On boit, aujourd'hui, d'horribles breuvages.
Alcools frelatés, parés de grands noms,
Qui s'en vont, partout, semer leurs ravages,
Remplissant le Bagne et les Cabanons !
Après avoir bu, Jadis, nos Ancêtres
Entonnaient gaiment de joyeux refrains.
Chansons de bataille ou rondes champêtres.
Au son des hautbois et des tambourins...
On traite, aujourd'hui, de" mièvreries"
Ces couplets pimpants comme un chant d'oiseau
Il faut de l'argot, des grivoiseries,
De l'esprit vendu cent sous le boisseau !
Autrefois, chacun respectait l'Enfance
Qui pouvait, sans peur, suivre son chemin;
Plutôt que ternir sa blanche innocence
On eût préféré se couper la main...
En livres grossiers, en laides images,
Un Vice, aujourd'hui, qui n'a plus de frein,
Du haut de nos murs, de nos étalages,
Dans les petits cœurs sème un mauvais grain!
Jadis, au bon temps des belles manières Bien que l'on courût un danger pressant, Chacun discutait des heures entières Sans lancer jamais un terme blessant...
— jl —
Hélas! aujourd'hui la bonne tactique Est d'être impoli, narquois et moqueur!
On crie, on se bat... et la Politique Rien que d'y songer nous lève le cœur!
Autrefois, l'Amour était un Poème Et chaque mansarde avait sa chanson !
Pour le consoler le pauvre bohème Avait ou Musette ou Mimi-Pinson...
O Murger! il faut déchirer tes pages : L'Amour, aujourd'hui, s'achète, se vend On le voit trôner en beaux équipages, Le rire gouailleur et le nez au vent !
Jadis, l'homme, aux jours de désespérance, Invoquait longtemps au fond de son cœur Le Dieu qui veilla sa petite Enfance, Afin d'y puiser courage au labeur...
Hélas! Aujourd'hui, les nobles Idoles Ne sont plus debout sur leurs piédestaux : On ose arracher la Croix des écoles Et chasser les sœurs de nos hôpitaux !
îlrefois, enfin! le grand mot : Patrie! -ait sur les cœurs un attrait puissant, . la France était la Mère chérie qui l'on offrait sa vie et son sang... ;las! en ces temps d'amer égoïsme, îacun veut d'abord conserver sa peau :
1 dit en riant : C'est du Chauvinisme' i ne frémit plus devant son Drapeau ! ! !
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Français! Notre Siècle est vraiment étrange; Oue dira de nous l'Histoire, Demain?
A l'œuvre! Et bien vite! 11 faut que tout change Le sort du Pavs est en votre main !
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QUÉQU'S RENSEIGN'MENTS ?