LES PETITES PATRIES
Tout comme le faisaient, jadis, Les « Compagnons du Tour de France », J'ai quitté les bords de la Ranee Pour bonjourer tous mes « pays » :
Salut aux voisins, tout d'abord, Aux Vendéens, race hardie, Mainiaux et gâs de Normandie Gais buveurs de bon cidre d'or!
Salut aux buveurs de bons vins :
Gâs de Champagne et de Bourgogne, De Franche-Comté, de Gascogne, Bordelais, Nantais, Angevins!
Salut à ceux dont le cœur chaud Eternellement s'ensoleille :
Provençaux, rères de Mireille, Basques, frères de Ramuntcho!
Salut, surtout, salut deux fois A ceux-là dont la Vie est sombre, Qui peinent et meurent dans l'ombre :
Mineurs Flamands et Stéphanois!
Salut aux rudes Montagnards, Aigles des pics, ours des cavernes Les Cévenols et les Arvernes, Les Limousins, les Savoyards!
Et salut aux gâs de Lyon, Canuts si vaillants à l'ouvrage Qui vont, ranimant leur courage Avec un refrain de Dupont !
Et salut à tous ceux d'ailleurs :
Ceux du Berry, ceux de Lorraine, Ceux du Poitou, ceux de Touraine, Ceux que je passe (et des meilleurs
Parisiens, Provinciaux, tous Ecoutez mes refrains champêtres
L'âme des Gaulois, vos Ancêtres,
Chante au cœur Celte des binious!
Car point ne sommes étrangers Mais Frères, j'en ai l'assurance :
Notre « Nom de Famille » est : France Si nos « petits noms » sont changés !
Entonnons donc même Chanson Puisque l'on est parents si proches :
Faisons danser toutes nos cloches, D'un même rythme, à l'unisson !
Que de tous les clochers joyeux De nos cathédrales gothiques -Montent de fraternels cantiques A la gloire des grands Aïeux !
Que leurs carillons enchantés, Vibrant sur la Ville et la Plaine, Etouffent tous les cris de Haine Qui germent au cœur des Cités
Pour qu'en voyant, cœur contre cœur,
Toutes les petites patries
La Grande — ses larmes taries Marche vers l'Avenir meilleur!