‹ Coups de plume sincèresChapitre 15 sur 53 · LE CABIIVEÏ DE COLBERT · texte numérisé non relu

LE CABIIVEÏ DE COLBERT

Louis XIV, poussé comme un simple mortel par un noble élan de reconnaissance, descendit un jour de son carrosse à la porte d'un de ses sujets qui touchait à sa dernière heure. Le roi superbe par excellence, que son orgueil enchaînait dans ses palais comme dans un Olympe, et qui n'avait jamais dérogé que devant le plaisir, dérogeait cette fois devant la mort. Nul pourtant ne fut surpris de cette visite extraordinaire de Louis XIV: le mourant était Colbert.

Franchement, lô roi faisait bien de se montrer reconnaissant envers le ministre : il lui devait la moitié de sa gloire, peut-être plus. Ne faut-il pas compter par centaines les vastes réformes opérées par la main puissante de Colbert? Que d'améliorations, petites ou grandes, sortirent de ce cabinet fameux où le grand ministre s'enfermait, dès cinq heures du matin, pour étudier les choses dans l'ensemble et le détail, et porter la lumière dans ce profond chaos de l'administration et des affaires publiques qui régnait alors? Sans préjugé, sans parti pris, animé du seul amour du bien public, Colbert sauva nos finances, créa, pour ainsi dire, notre marine, accomplit des prodiges dans les branches les plus

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