COUR
Le Boulevard (Dimanche, 7 juin i863).
GUSTAVE COURBET, par Et. Garjat.
Dans le courant de l'été de 1862, Courbet était à Saintes, chez un de ses admirateurs, Etienne Baudry, dont un livre, Le Camp des Bourgeois, devait être illustré par Courbet (1868). EnSaintongc, le peintre travailla et passa de forts joyeux moments, nous a dit M. Théodore Duret, cousin de Baudry. D'ailleurs, voici une lettre inédite, suflisamment édifiante:
Saintes [i863].
Mon cher Carjat,
Je t'aime comme tu sais, tu es mon confident d'amour, tu es mon photographe, tu es mon biographe, tu es mon ami.
Les dames de Saintes veulent absolument mon portrait fait par toi, elles en ont vu et trouvent qu'il n'y a que celui que tu as fait de moi qui ressemble.
Veuille m'en envoyer quelques-uns pour combler le vide qui est dans leurs cœurs (sic).
Envoie-moi deux grands et quelques petits avec la canne ; il y en a deux ;
Tout à toi de cœur,
Gustave Courbet.
Saintes, rue Porte-Aiguières.
Je fais des tableaux qui te surprendront, je ne te dis que cela.
Carjat était alors le directeur et rédacteur en chef du Boulevard, revue hebdomadaire de grand format dans laquelle paraissait chaque semaine une lithographie (portrait-charge ou caricature). Est-ce le portrait « avec la canne », paru dans le numéro du 7 juin i8G3 que demandait Courbet ?
[ L'Ane. Journal satirique (i863).