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donné lieu notamment à l'étude des dégagements inslan-
tanés et à la promulgation, dans le règlement de 1884,
de mesures propres à combattre les effets de ces effrayants phénomènes.
Courrières, pour la France, a spécialement mis lugubrement en lumière les dangers des poussières de charbon et a contribué à vaincre les cepticisme que de nombreux ingénieurs et savants de ce pays professaient encore à l’égard de ce danger. Elle a provoqué déjà, en France, diverses prescriptions réglementaires sur cette question, en même temps que des mesures concernant les appareiïls de sauvetage, sans compter l'établissement de la galerie d’essais de Liévin.
La Belgique avait eu aussi, au point de vue des poussières, son petit Courrières (« petit » dans un sens relatif, bien entendu) : c’est la catastrophe de La Boule (1), survenue, le 4 mars 1887, à Quaregnon et qui à coûté la vie à 113 mineurs.
Pour celui qui écrit ces lignes et qui avait eu l’occasion, par devoir professionnel, d'étudier de près la catastrophe dont il s'agit, ses convictions « poussiéristes » ‘datent d'alors et il les a exprimées à maintes reprises dans diverses publications (2). D’alors aussi datent ses premières insistances pour l’établissement en Belgique d’un Siège d’expé-
(1) Le puits de La Boule, dit aussi Saiïnte-Désirée, est un puits du Charbonnage des 24-Actions, forfait du Rieu-du-Cœur (Couchant de Mons). Il est maintenant exploité par la Société mère du Rieu-du-Cœur.
(2) Notamment : Les Explosions de poussières (Revue générale, mars 1889). — Moyens employés pour combattre les explosions de poussières (en collaboration avec M. Demeure), Ann. des Trav. publ., t. XLVI1I, 1890. — La question des poussières devant la Commission anglaise (Rev. univ. des mines, 3e série, t. XVIII, 1893). — Le coup de feu de Camerion (Ann. des Trav. publ., t. LI, 1894). — La catastrophe d’Albion (Rev. univ. des mines, 3° série, t. XXVIII, 1894). — Les Expériences de Hry Hall (Ann. des Trav. publ.,t. LI, 1894). — Deux explosions de poussières dans une mine de Grahamite (Rev. univ. des mines, 3 série, t. XXXI, 1895). — Emploi des explosifs dans les mines de houille de Belgique en 1888, 1893, 1894 et 1895 (Ann. des mines de Belg., 12 1,1996 7 8retc.
rences, insistances qui ne devaient aboutir que quinze ans plus tard.
Pendant longtemps encore il y eut, dans notre pays, de la part de beaucoup d'ingénieurs, une grande résistance aux idées « poussiéristes ». Il peut se faire que, pour plusieurs d’entre eux, certaines considérations extrascientifiques ne fussent, à leur insu même, pas tout-à-fait étrangères à cette résistance : De la part de quelques ingénieurs du Corps des Mines, il semble y avoir eu la crainte de voir les exploitants de charbonnages esquiver toute responsabilité dans les catastrophes minières en mettant celles-ci sur le compte de l’action des poussières et se relâcher quelque peu des précautions contre le grisou ; de la part des exploitants, il pouvait y avoir la crainte, de voir surgir des prescriptions réglementaires nouvelles, onéreuses et difliciles à observer, contre le danger des poussières.
Quoi qu'il en soit, en dépit de ces résistances, le règlement du 13 décembre 1895 sur l'emploi des explosifs, qui a été la conséquence de la catastrophe de La Boule où s'était manifesté plus que jamais le grand danger des explosifs, tint compte, quoique d’une façon restreinte, du danger des poussières, et édicta certaines mesures, d’ailleurs vagues et insuffisantes, destinées à le combattre.
Mais ce sont surtout la restriction de l’usage des explosifs et l’emploi des explosifs antigrisouteux qui sont venus apporter une atténuation notable à ce danger, sinon en écartant, du moins en diminuant considérablement la prin- cipale cause d’inflammation des poussières aussi bien que du grisou.
La catastrophe de La Boule a été féconde en enseignements de diverses sortes sur la question des poussières et, en général, des explosions minières. Malheureusement, les
actions judiciaires engagées à la suite de cet accident ont empêché, pendant plusieurs années, la publication de ces enseignements ; puis, d’autres événements sont survenus qui ont fait perdre de vue cette utile publication.
La lecture de l’intéressante relation que vient de faire, dans les Annales des Mines de France, M. l'Ingénieur des mines Heurteau sur la catastrophe de Courrières, nous a fait penser qu'il serait utile de mettre en lumière certains rapprochements entre ces deux catastrophes.
La date déjà ancienne de la catastrophe de La Boule n'enlève en rien à celle-ci de son actualité, vu que les faits qui s’y sont passés sont les mêmes que ceux qui se passent encore aujourd hui dans des événements semblables. Ils sont d’ailleurs absolument inédits, et l’ancienneté même de cet accident, qui appartient ainsi en quelque sorte à l'histoire, en permet mieux l'appréciation en toute liberté d'esprit.
L'occasion se présente d'autant mieux de ces rapprochements que certaines de nos constatations faites à l’occasion de l’accident de 1887, et que nous avons communiquées à M. l'Ingénieur en chef Léon et à M. Heurteau, ont été rappelées par ce dernier dans son Mémoire, et que des expériences sur les poussières, sur lesquelles il n’y a plus maintenant de raison pour garder le silence, ont été faites, à notre Siège d'expériences de Frameries, à la demande de l'Administration des Mines de France et de M. le Procureur de la République d'Arras, à la suite de la catastrophe de Courrières.
Gomme on le verra, la catastrophe de La Boule présente, au point de vue des enseignements à en retirer, cet avantage d’avoir pu être complètement élucidée quant à son point de départ et sa propagation, ce qui n’a, malgré les eflorts dévoués et persévérants du Corps des Mines de France, pu être fait que partiellement dans celle, beaucoup plus étendue
et plus complexe, de Courrières où, d’ailleurs, les nécessités d’un long et pénible sauvetage avaient immanquablement fait disparaître bon nombre de traces-témoins du parcours des flammes et des manifestations de l’explosion.
Le présent travail sera divisé en trois parties. La première sera consacrée à la catastrophe de Courrières. Elle sera très courte, vu que, plus développée, elle ferait double emploi avec le travail de M. Heurteau. Nous nous y contenterons de noter quelques faits qui se dégagent de l'étude du dit travail et de rappeler quelques essais de Frameries.
La deuxième partie sera consacrée à la catastrophe de La Boule. Celle-ci étant, comme nous venons de le dire, complètement inédite, nous croyons devoir nous y étendre beaucoup plus longuement.
Disons dès à présent que certains des chapitres de cette partie ne seront que la reproduction presque textuelle des rapports que nous avions, avec notre collègue M. Jacquet (aujourd’hui Ingénieur en chef Directeur du 2° arrondissement des Mines), rédigés en 1887. D’autres ont été résumés dans l’unique but d'en rendre la lecture moins longue; mais nous nous sommes attaché à conserver à ce document toute sa signification au point de vue de l’exposé de nos idées à cette époque et, au risque d’encourir le” reproche d’une documentation surannée et incomplète, si l'on se place au point de vue actuel, à serrer d’assez près le texte de nos rapports de 1887.
La troisième partie contiendra quelques rapprochements et servira en quelque sorte de conclusion à notre travail.