‹ Courrières et La BouleChapitre 14 sur 30 · AMEN · texte numérisé non relu

AMEN

Ï1 s’y dégageait incontestablement du grisou dans toutes les couches, et si la ventilation eut été suspendue pendant un certain temps, il n’est pas douteux que les travaux eussent été envahis par le grisou.

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé après la catastrophe. La «trinque» de Plate-Veine qui sert comme nous l'avons dit, au retour d'air des trois couches ayant été obstruée par le fait de l'explosion, ainsi que le bouveau de retour à 303 mètres, la ventilation a été complètement interrompue, sauf pour les chantiers de Catelinotte, qui ont, ainsi que nous l'avons dit, leur retour d’air spécial.

Or, le grisou a envahi les chantiers des trois couches inférieures jusque dans le voisinage de la costresse, ce qui a rendu le sauvetage particulièrement difficile.

Dans le cours de l'exploitation on ne voyait que rarement du grisou en quantité appréciable par les moyens ordinaires, c'est-à-dire au moyen de la lampe de sûreté.

Les poussières étaient au contraire abondantes dans la mine, sans toutefois cependant que leur quantité et leur ténuité fut comparable à ce qui a lieu dans les mines de la 3° catégorie où l’on exploite les couches grasses inférieures (les Chevalières, Cing-Paumes, Epuisoire, etc.) et qui donnent lieu aux dégagements instantanés.

Il est bon de remarquer que les charbons abattus dans une taille sont tous ramenés à l'extrémité de la voie montante qui y aboutit. C’est là que se trouvent les chargeurs qui remplissent les wagonnets amenés à la tête des voies montantes.

Cette manipulation produit nécessairement des poussières qui se déposent sur les boisages et sur les aspérités des parois. En outre, il restait inévitablement sur le sol, après le chargement, aux endroits où cette opération avait été exécutée, une certaine quantité de charbon menu. Le ‘balayage qu’on pouvait effectuer parfois en cet endroit n’était en effet pratiqué qu’en vue de recueillir le charbon aussi complètement que possible et nullement pour enlever les poussières. Un balayage fait dans ces conditions ne peut être que fort sommaire.

Or, c’est précisément en cet endroit que s'effectue le coupage des voies, et le tir des mines lorsque les explosifs sont employés.

Le reste de la voie montante, dans lequel le transport s'effectue au moyen de poulies, contient aussi nécessairement des poussières en quantité assez abondante, si, comme c'était le cas ici, les charbons sont de nature poussiéreuse.

Il en est de même d’ailleurs de toutes les voies, plans inclinés, recoupages, costresses, servant au transport des produits.

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