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explosion de poussières, ni élucider les causes de cette accélération. |
Ils ne donnent non plus aucune indication certaine sur les traces laissées par l'explosion. A la vérité, l'orientation des croûtes de coke sur les boisages et les saillies de la galerie a été notée, mais les conditions n'étaient pas telles que l’on püt aire ces constatations avec quelque degré de certitude; c’est pourquoi nous ne les avons pas rapportées.
Quelques faits d’une certaine importance semblent toutefois se dégager des essais : C’est, d’abord, que la propagation au loin d’une explosion initiale de poussières est favorisée par la violence de lexplosion initiale ou plutôt de la cause de cette explosion.
Il ressort aussi à l'évidence des quelques essais comparatüifs faits avec des mélanges grisouteux avec ou sans poussières et des mélanges simplement poussiéreux, que dans les limites de la galerie d'expériences, le grisou donne lieu à des explosions bien plus violentes que les poussières les plus inflammables.
Cela n’a jamais été contesté même par Les « poussiéristes » les plus convaincus; mais il est bien reconnu par tous ceux qui ont eu l’occasion d'étudier des explosions de poussières survenues dans les mines, que ces explosions vont croissant de violence en cheminant dans les travaux, à la faveur de nouveaux apports d'éléments combustibles, Jusqu'à produire des effets mécaniques qui ne le cèdent en rien à ceux provoqués par les explosions de grisou.
Notons aussi que les essais 23 à 29 ont accusé des cokifications d'autant moins abondantes que la proportion de grisou était moins forte.
Enfin, nous ferons remarquer dès à présent, quitte à y revenir dans des publications ultérieures, quand nos expériences sur ce point auront été plus nombreuses, qu'il
résulte d’essais effectués sur des charbons de diverses provenances, belges et français, que les poussières des charbons de haute teneur en matières volatiles sont les plus inflammables.
Faut-il en conclure que les mines où l’on exploite ces charbons sont les plus dangereuses au point de vue des poussières? Nous ne le pensons pas. C’est que la première condition pour qu'une mine soit dangereuse sous ce rapport, est qu'elle soit poussiéreuse. Or, les minces qui exploitent des charbons à haute teneur en matières volatiles sont, en général, peu ou pas poussiéreuses, à moins que le mode de travail, comme, par exemple, le havage mécanique, ne favorise la production des poussières, ou que, pour ce qui concerne les voies de roulage, il n'y ait un transport intensif (Courrières) ou rapide (mines anglaises).
Nous persistons à croire, jusqu'à preuve du contraire, que, en Belgique tout au moins, les mines les plus dangereuses, même au point de vue spécial des poussières, ce sont les plus grisouteuses, car celles-ci sont en même temps les plus poussiéreuses.
Ajoutons que l’inflammabilité des poussières étant notablement exaltée par la présence du grisou, même en faible proportion, c'est une raison de plus pour dire que les mines grisouteuses sont les plus dangereuses.
D’autres facteurs peuvent aussi intervenir, tels la nature des gaz occlus dans les poussières, la constitution physique de celles-ci, etc. Il y a là un champ assez vaste encore pour l'étude et l’expérimentation.
Mais revenons à la catastrophe de Courrières.
Un point très important, la cause première, l’origine de l'explosion, n’a pu malheureusement être élucidé d’une façon tout-à-fait satisfaisante.
Le point de départ a, à la vérité, pu être indiqué, et s’il
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n'y a pas non plus, dans sa détermination, une certitude absolue, du moins les raisons qui la justifient sont tellement plausibles qu’on ne peut raisonnablement les discuter.
L'opinion des Ingénieurs anglais, MM. Cunyngham et W. N. Atkinson, qui ont visité à diverses reprises la mine sinistrée et ont publié dans le Blue book les résultats de leurs observations, est, sous ce rapport, conforme à celles de MM. les [Ingénieurs français, et nous-même, après la visite des lieux que nous avons faite, avec M. Stassart, quelque temps après la catastrophe, en compagnie de MM. les Ingénieurs français, nous n'avons pu que nous rallier à cette manière de voir.
Ge point de départ est le front d’une galerie de traçage pratiquée dans la couche Joséphine à l'étage de 328 mètres du puits n° 3.
Dans cette galerie, où étaient occupés les frères Lecœuvre, on a constaté la trace d’une mine qui avait été tirée en charbon à un moment devant différer fort peu de celui de l'explosion.
Est-ce cette mine qui a provoqué la catastrophe? C’est ce que l'on ne peut affirmer absolument.
Dans son mémoire, M. Heurteau examine successivement les diverses hypothèses que l’on peut faire sur l’origine de l'explosion.
On est logiquement amené, avons-nous dit, à placer le point de départ dans la galerie Lecœuvre.
Mais, cela admis et toutes autres hypothèses écartées, l'explication de l’origine et de la cause de l’explosion initiale ne va pas sans grandes difficultés.
Nous nous contenterons d’en relever une :
Il est un fait d'observation constante dans les grandes explosions minières, — 1l l'était déjà lors de la catastrophe de la Boule, comme on le verra dans la 2° partie, — c’est que le point de départ d’une explosion est caractérisé par
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üne moins grande violence d'effets mécaniques que celle constatée en des points éloignés.
Cette observation s'applique surtout à une explosion de poussières.
Celle-ci, en effet, ne consiste au début qu’en une sorte d’embrasement relativement lent.
Même dans le cas d’une explosion issue d’un coup de grisou véritable, la violence à l'origine, bien plus grande à la vérité, comme l'observation en a été faite ci-dessus à propos des essais de Frameries, que lorsqu'il s’agit d’un coup de poussières, n'est pas excessive ; elle est moins grande en tout cas qu’elle ne l’est lorsque le courant de feu alimenté par de nouveaux éléments combustibles (poussières et grisou) à parcouru une certaine étendue de galeries.
Or, à Courrières que voyons-nous? Dans cette même voie Lecœuvre où l’on place l’origine de l'explosion, des effets mécaniques réellement extraordinaires ont été produits. Non seulement « les bois sont tombés pêle-mêle sur une longueur de plus de 80 mètres », mais les « buses » ou « guidons » d’aérage, les canars, comme nous les appelons en Belgique, ont été disloqués et déchirés, et même, l’un d’entre eux, situé à 10 mètres du front, a été pour ainsi dire réduit en miettes, en 89 morceaux ! et certains de ceux-ci ont été projetés avec violence contre les bois et s’y sont implantés.
Aucune explosion, même de grisou (l'absence de ce gaz en ce point paraît d’ailleurs avoir été péremptoirement démontrée), et à plus forte raison de poussières, ne peut, près de son point d’origine, produire des dégâts semblables.
La démonstration directe en a encore été faite à Frameries même, par des expériences spéciales exécutées à la demande et en présence de MM. les Ingénieurs français :
Une buse d’aérage venant de Courrières a été placée dans la galerie d’expériences en diverses positions, tantôt
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au sein du mélange explosible (grisou et poussières), soit ouverte, soit bouchée à ses extrémités pour ne recevoir que le choc de l’extérieur, tantôt contenant elle-même le mélange explosible auquel on mettait le feu par un peu de poudre.
Dans tous ces essais, le canar n’a jamais été déchiré, ni même notablement déformé; seuls les disques, an moyen desquels on en fermait les extrémités pour en isoler l’intérieur du milieu ambiant, ont été projetés.
Mais si ni une explosion de poussières ni une explosion de grisou ne peut rendre compte des dégâts constatés dans la galerie Lecœuvre, il en est tout autrement de l’explosion d’un paquet d’explosifs.
Frappé par l'aspect des canars de la galerie Lecœuvre, que l’on nous a montrés à Courrières, ramenés à la surface et groupés dans une sorte de musée (voir la fig. 5), notre collaborateur, M. Stassart, a eu l’idée de procéder à l'expérience suivante dans la galerie de Frameries :
Un « guidon » ou « canar » d’aérage provenant du Charbonnage de Courrières a été placé dans la galerie et supporté horizontalement, à 0"50 de hauteur au moyen de deux planches transversales.
Une charge de 0“500 d’explosif Favier n° { a été disposée à l’intérieur du guidon à 0"40 de distance d’une extrémité, et la détonation en a été provoquée à l'électricité.
Dans un rapport qu’il nous a adressé sur le résultat de cette expérience, M. Stassart la relate comme suit :
« L'explosion a eu pour effet de déchiqueter le guidon sur 0"90 environ de longueur, de le déformer fortement et de l’ouvrir sur le restant.
» Il n’a pas été retrouvé moins de 225 fragments se répartissant en : |
» 70 morceaux de plus de 5 centimètres carrés ;
» 69 » de moins de 9 » »
» 89 » de rivets.
AVANT L'EXPLOSION Vue en long