‹ Courrières et La BouleChapitre 4 sur 30 · AE TE · texte numérisé non relu

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complexité de celle-ci, cette constatation n’a pas été générale et beaucoup de dérogations, au moins apparentes, à cette règle ont été observées.

9% L'orientation des arêtes de poussières a été trouvée, à Courrières, le plus souvent inverse à celle des croûtes de coke.

Comme nous le verrons plus loin, cette orientation est

contraire à celle qui résulte de nos propres observations à La Boule.

Le fait capital est celui de la propagation même de l'explosion dans une mine peu ou même, en grande partie, non grisouteuse.

Bien qu’il n’y eût pas d’autre explication possible à cette propagation, et même à l’explosion initiale, que l’intervention des poussières, il était évidemment du plus haut intérêt de vérifier, par des expériences directes faites dans des conditions bien déterminées, la possibilité d’une telle propagation et aussi de l’inflammation des poussières seules de Courrières par l’explosif même employé au charbonnage de Courrières, notamment dans la galerie d’où l’on supposait que l'explosion initiale était partie, l’explosif Favier n° f.

L’Administration des Mines française exprima le désir de se servir pour ces expériences, de notre galerie d’expériences de Frameries et M. le Ministre de l’Industrie et du Travail mit volontiers celle-ci à sa disposition.

Bien qu'il eût été, dès le début, dans nos intentions de procéder dans la galerie de Frameries à des expériences complètes sur la question des poussières et qu’un projet avec plan et devis eût déjà, depuis plusieurs années, été dressé dans ce but, à notre demande, par M. l'Ingénieur en chef Directeur Stassart, notre estimé collaborateur, la question des explosifs de sûreté ainsi que celle des lampes

pre:

ayant un plus grand caractère d'urgence, avaient eu la priorité et le complément d'installations nécessaires pour des expériences complètes sur la question des poussières avait été remis à plus tard.

Néanmoins, nous avions déjà procédé à divers essais et, si l’on se bornait à la simple constatation de la possibilité d’une inflammation de poussières par une mine et de sa propagation sur une longueur de 30 mètres, qui est celle de notre galerie d'essais, il était aisé d’improviser quelques installations complémentaires en vue de déférer au désir de nos collègues de France.

Les expériences eurent lieu les 17 et 18 juillet et le 14 août 1906.

Elles furent faites, surtout celles des deux premières journées, devant une délégation française assez nombreuse, composée, à des titres divers, de: M. Du Mouceau, Procureur de la République à Arras; MM. les Inspecteurs Généraux Aguillon, Delafond, Lechâtelier et Kuss; M. l'Ingénieur en chef Léon; MM. les Ingénieurs des mines Leprince-Ringuet, Defline et Heurteau; M. De Morgues, Directeur des Mines de Blanzy ; M. Cordier, ouvrier mineur, et MM. Bar, Petitjean et Fumat, respectivement Directeur-Gérant, Directeur des travaux et Ingénieur- Conseil des Mines de Courrières.

L'ordre et la disposition des essais furent déterminés par MM. les Ingénieurs des Mines français. M. Stassart et nous-même, nous nous bornâmes à en régler et à en assurer l’exécution.

Dans les conditions où ces expériences ont été exécutées, nous avons cru devoir nous abstenir d'en faire connaître les résultats tant que MM. les [Ingénieurs français ne les avaient pas utilisés eux-mêmes pour leur enquête ou pour les publications relatives à la catastrophe de Courrières. Ces raisons n’existant plus aujourd’hui, nous les résume-

MR TT) ue

rons ici en ce quils ont d’instructif pour l’objet de la présente notice.

Nous rappellerons que notre galerie d’essais a 2? mètres de section et 30 mètres de longueur.

Pour effectuer les mélanges des poussières, il avait été disposé, dans le haut de la galerie, deux moulinets actionnés mécaniquement : le 1% à 3 mètres, le 2° à 14 mètres du canon.

Les poussières étaient introduites par des trémies placées à côté des moulinets.

L'introduction des poussières terminée, on arrêtait les moulinets et l’on s’empressait de provoquer le départ des mines.

Indépendamment de diverses expériences préliminaires effectuées sans mélange explosible avec divers explosifs, à la seule fin de constater l'aspect des flammes qui résultent des tirs effectués dans ces conditions, et de plusieurs essais faits ensuite avec divers explosifs français et belges, qui n'avaient pas directement trait à l’objet de la réunion, les expériences ont été réalisées dans les trois conditions suivantes : avec poussières seules, avec grisou seul, et avec poussières et grisou. Les poussières étaient celles de Courrières même (de la galerie Lecœuvre), dont les charbons ont de 31 à 33% de matières volatiles.

A l'intérieur de la galerie d'expériences on avait établi les cadres de boisage aux distances respectives suivantes duemoniersnlent"5914240 °1le.2° "310780, le 8° 41630, 42 1mêires, le 5° à 19P80%le O4 21255.

Dans plusieurs essais, dont il sera parlé plus loin, il avait été placé, dans la galerie, une buse d’aérage provenant de Courrières, et ce pour apprécier les effets que les explosions exerceraient sur ces buses. Un wagonnet de mine a aussi

.parfois été placé vers l’orifice de la galerie, en vue d’apprécier les effets mécaniques de l’explosion.

Les tableaux suivants résument ces expériences :

LE Ce

A) Expériences avec poussières seules.

(2 un Lu ® + 2e NATURE É e.2 Z = < = ee 2e Fe 2 POUSSIÈRES RÉSULTATS ° & | L'EXPLOSIF zZ

TD gr:

1 Favier I. 200 | 6 k. au premier moulinet. Pas d’inflammation.

2 Id. 300 Id. Id.

3 id; 400 Id. Flamme sur 24 mètres de longueur. Les deux premiers cadres renversés. Croûtes de coke sur le sol et sur les saillies.

4 Id. 400 Id. Flamme sur 20 mètres. Le premier cadre renversé. Croûtes de coke.

5 Id. 400 | 6 k. à chacun des moulinets. | Flamme sur toute la galerie et au delà; elle sort de 2 mètres, puis rentre. Premier et quatrième cadres renversés. Croûtes de coke.

6 14: 400 | 3 k. au premier moulinet, | Flamme sur toute la galerie, puis

2 k. au second moulinet, sortant de 7 mètres. Premier cadre 3 k. répandus sur les neuf renversé. Croûtes de coke. derniers mètres.

7 Id. 400 | 2 k. au premier moulinet, | Flamme sur 20 mètres. Premier 2 k. au second moulinet, cadre renversé. Croûtes de coke.

2 k. répandus sur les neuf derniers mètres.

8 Id 400 | 2 k. au premier moulinet, | Flamme sur 24 mètres. Premier 2 k. au second moulinet, cadre en partie renversé. Croûtes 3 k. répandus au delà. de coke.

9 Id. 500 | 3k. à chaque mulinet, 3 k. | Flamme sur toute la galerie, puis répandus sur les neuf sortant de 15 mètres environ. lPrederniers mètres. mier et troisième cadres renversés.

Une berline placée dans la galerie à 6 mètres de l'orifice, est projetée en partie détruite, 4 mètres en dehors.

10 Et 400 Id. Flammes sur toute la galerie, puis

sortant de 6 mètres, volumineuse, mais relativement lente. Cadres restés intacts. La berline placée dans la galerie est projetée 2m50 en dehors.

po) n Lu o : = = € NATURE + 4 z = < - a 5 S 2 2 POUSSIÈRES RÉSULTATS . & | L'EXPLOSIF

d gr.

11 Favier I. 400 | 3 k. à chaque moulinet, 3 k. | Flamme sur toute la galerie, mais en répandus sur les neuf sortant à peine. Premier cadre derniers mètres. tombé. La flamme accuse une

recrudescence marquée au deuxième moulinet.

12 Id. 400 GE Mêmes effets, sauf que la flamme sort

de 5 mêtres.

13 Id. 400 Id. Id.

14 Id. 400 | Poudre de bois et pourriture | Pas d’inflammation sèche, recueillie dans le voisinage de la couche Cécile dans le voisinage de l'incendie auquel on avait attribué d’abord la catastrophe : 4 k. au premier moulinet, 2k. au second, puis épandage.

15 Id. 500 | Mêmes poussières et mêmes | Flamme de 20 mètres de longueur. conditions. Les huit der- Flamme plus claire et plus rapide niers mêtres de la galerie qu'avec la poussière de charbon. sont humides.

16 Id. 500 | Mémes conditions, sauf que | Fl:mme sur toute la longueur et toute la galerie est séche et sortant de 4 mètres. qu'on a versé 4 Kk. au second moulinet.

17 | Poudre noire, 200 | Poussière de charbon de | Flamme sur 24 mètres.

Courrières, 2 k. à chaque moulinet,puis 3 k. épandus

18 Grisounite 500 | Poussière de "charbon de | Flamme sur toute la galerie, puis

roche. Courrières,6 k au premier sortant de 6 mètres. moulinet, 8 k. au second, 3 k. au bout de la galerie.

19 Id. 400 | Même répartition de pous- | Flamme sur toute la galerie, puis sières, sauf qu'il y a eu sortant de 9 mètres. 4 k. de poussières épandues.

20 Grisounite 600 | Comme au no 18. Flamme sur toute la galerie, puis

couche sortant de 8 mètres.

21 Id. 400 | 3 k. à chaque moulinet, | Pas d’inflammation.

3 k. épandus sur les neuf derniers mètres.

Rte

B) Expériences avec grisou seul ou avec grisou et poussières.

[2e] 2 E |» 22, NATURE mr 5 © = A à. É SS DE ë, = POUSSIÈRES RÉSULTATS E à, L'EXPLOSIF | gr. | %

| rience précédente. o mètres de la galerie. La berline

22 Favier [. 300 | 8 | Pas de poussières. Forte explosion. La flamme sort de D mètres.

23 Jd. 400 | 2 | 3 k.de poussière à chaque | Flamme rapide et volumineuse jusmoulinet, 3 k. épandus qu'à 6 mêtres hors de la galerie. éntret le’ prertièr etle Premier cadre tombé Croûtes de second moulinet et 3 Kk. coke partout. | épandus sur les neuf derniers mètres.

24 | Id. 400 | 4 | Poussière comme à l'expé- | Flamme très rapide sortant de placée dans la galerie est projetée au dessus du cavalier en terre.

Cadres intacts. Coke moins abondant et plus grenu.

25 Id. 400 | 6 Id: l‘'lamme très rapide sortant jusqu'à

à 7 mètres de l'orifice de la galerie. Berline projetée au loin.

Cadres intacts. Coke moins abondant et plus grenu.

Ces essais suffisaient pour la démonstration brute de la possibilité de l’inflammation, par des charges des explosifs employés à Courrières, des poussières de Courrières.

Ils ne suffisent pas pour la solution de bien d’autres problèmes relatifs aux explosions de poussières, tels, par exemple, que la propagation, sur de grandes étendues, d’une explosion de poussières, les conditions requises pour cette propagation, les causes qui empêchent ou arrêtent celle-ci, etc., etc.

Ils ne peuvent non plus, toujours pour le même motif — la longueur restreinte de la galerie — donner la démonstration expérimentale de la violence croissante d’une

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