‹ Courrières et La BouleChapitre 7 sur 30 · LE M NE · texte numérisé non relu

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» La plupart des fragments reposaient sur le sol de la galerie sur une distance de 10 mètres de part et d’autre du point d'explosion.

» Gertains de ceux-ci avaient été projetés tout d’abord contre la paroi et y avaient laissé leurs empreintes. D’autres fragments avaient pénétré dans le revêtement en bois et y étaient restés encastrés. Enfin, un morceau de tôle avait traversé la paroi et était allé retomber hors de la galerie.

» Les fragments de tôle avaient conservé leur coloration normale.

» Le plan ci-joint (fig. 1) représente l’état des lieux avant et après l’explosion. Les morceaux de plus de 5 centimètres carrés y sont seuls représentés.

» La position des fragments enchassés dans le bois est indiquée dans les deux figurations verticales de la galerie, tandis que celle des morceaux gisant sur le sol est figurée dans la projection horizontale. »

Trois photographies (fig. 2, 3 et 4) complètent les indications du plan (1).

Si l’on compare ces photographies avec celle des guidons de la galerie Lecœuvre, donnée dans la note de M. Heurteau et dans celle de MM. les Ingénieurs anglais, et que nous reproduisons 1C1 (fig. 9), on ne peut pas ne pas être frappé de la similitude sinon de l'identité des effets Il y a jusqu'aux fragments plantés dans les boisages à Courrières qui ont leurs représentants dans ceux plantés dans les parois en bois de la galerie de Frameries.

Pour nous, nous avons la conviction qu'un événement de ce genre a marqué le point de départ de la catastrophe de Courrières. Il explique la violence des dégâts dans la galerie Lecœuvre et en même temps contribue à expliquer

(1) La figure 4 montre un autre canar percé d’un trou unique. Celui-ci résulte d’une expérience semblable faite avec un paquet de quinze détonateurs.

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l'énorme développement de la catastrophe, la propagation à distance d’une explosion de poussières s’effectuant, rappelons-le, d’autant plus sûrement que l'explosion initiale a été plus violente. | Nous savons fort bien qu’il reste bien des choses à expliquer. La présence d’un paquet de cartouches dans le canar n’a, en elle-même, rien d’invraisemblable: c’était là une excellente cachette d’où il était très facile de retirer les explosifs dissimulés, en déboîtant le canar au bon endroit; mais, comment l’explosion de ce paquet de cartouches d’un explosif très résistant, comme l’est l’explosif Favier, a-t-elle été provoquée à l’intérieur du guidon ou même à l’extérieur, dans l’hypothèse, possible aussi, où le paquet de cartouches aurait été simplement posé sur le canar, C’est là une inconnue que nous n’essaierons pas de rechercher et qui ne sera sans doute jamais trouvée.

Il n’en est pas moins vrai que l'hypothèse de l’explosion du paquet de cartouches, bien qu’elle ne soit pas complètement élucidée, a, de par les faits qu’elle explique, un grand caractère de probabilité; M. Heurteau d’ailleurs, après l’avoir exposée et avoir fait connaître les objections contre lesquelles elle se heurte, reconnaît qu’elle serait « la seule vraiment bonne pour expliquer l'éclatement de la quatrième buse ».

Si nous nous sommes un peu étendu sur ce point, c’est que nous pensons qu'il y a toujours le plus grand intérêt technique à chercher à préciser les causes initiales d’une catastrophe minière.

M. Heurteau, citant l’opinion des Ingénieurs anglais, déclare que « le fait reconnu que l’explosion s’est transmise au loin par des voies sans grisou, mais poussiéreuses, est de bien plus grande importance que la découverte de la cause initiale de l’explosion ». Sans doute, et cette manière de voir se justifie d'autant plus de la part de l’auteur de la

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notice que le danger des poussières avait été longtemps méconnu en France. Mais, en ce qui nous concerne, nous n’avons vu dans la catastrophe de Courrières que la confirmalion d’une conviction acquise depuis vingt ans, de la possibilité, dans des conditions favorables, d’une propagation indéfinie d’une inflammation de poussières.

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