GRECS. 3T
3. Lycurgue s'occupa spécialement, dans sa législation, de l'éducation physique des enfants ; il chercha tous les moyens de donner à sa patrie une race saine et vigoui^euïie.
4. Les enfants étaient accoutumés de bonne heure à s'endurcir à la fatigue, au fi^oid. au chaud, à fuir toute délicatesse dans les mets, comme à éviter la colère, le mensonge et la vanité. Le peuple tout entier, du reste, était assujetti à la plus sévère dis-
. cipîine, à laquelle les rois eux-mêmes ne pouvaient se soustraire. Lycurgue, ayant réglé toutes choses, feignit d'être obligé d'entreprendre un long voyage, fit promettre à ses concitoyens l'observance de sos lois jusqu'à son retour, et s'exila lui-même pour toujours (884).
LÉGISLATION DE SOLOX A ATHÊXES (595).
1. Le gouvernement d'Athènes eut à subir de plus grandes vicissitudes que celui de Sparte, et ne reçut que plus tard sa législation.
2. CodniSi roi d'Athènes, étant mort (1045), des archontes ou gouverneurs eurent l'autorité; mais leur puissance trop limitée ne put longtemps empêcher les plus graves désordres. Le peuple était irrité de l'abus que la noblesse faisait de ses privilèges et de la cruauté des créanciers envers leurs débiteurs. L'archonte Dracon fut chargé d'établir une législation régulière ; la sévérité de ses lois les fit rejeter. Il était temps que Solon parût et vînt donner aux Athéniens une constitution durable.
3. Solm, descendant de Codrus, déjà renommé comme guerrier et poète, se concilia tous les partis en faisant rendre la liberté aux débiteurs et en garantissant les dettes aux nobles. Sa lés-islation fut un
3. Le quoi T.yc rgue s'occupa-t-il spécialement dans sa législation ? — 4. Comment voilut-il que les enfants fussent élevés? Que lit-il après avoir publié ses lois ?
1. gu'eut à subir le gouvernement d'Athènes ? — 2. Qu'étaient les •rohontes? Quelle mission reçut Dracon?— 3. Q 'était-ce que Solon? Quo dir« de sa législation ? Qu'était-c« que le tribunal de l'Aréopage ?
38 HISTOIKE ANCIENNE.
mélange habile d'aristocratie et de démocratie. 11 divisa les citoyens en quatre ordres, suivant leurs richesses. Les archontes furent soumis à la surveillance du tribunal tout-puissant de V Aréopage, chargé de contenir l'ambition des riches et d'arrêter les empiétements du peuple ; les lois devaient être discutées par un sénat de quatre cents membres et adoptées par le peuple. Par des mesures pleines de prudence. Solon encouragea le travail, le patriotisme et la piété filiale. Mieux inspiré que Lycurgue, il respecta les droits de la nature et de l'humanité; il se garda bien surtout d'interdire ia littérature et les arts à un peuple doué de l'intelligence la plus vive, de l'imagination la plus féconde et du goût le plus délicat.
4. Solon fit jurer aux Athéniens d'observer ses lois ; puis il abdiqua ses fonctions de législateur et fit de grands voyages en Asie et en Afrique, laissant partout le souvenir de ses vertus. Il mourut à l'âge de quatre-vingts ans, à la cour du roi d'Egypte, où il s'était retiré.
5. Lycurgue et Solon furent les deux plus grands législateurs de la Grèce : le premier jeta les fondements de la gloire et de la puissance de Sparte; le second affermit la constitution d'Athènes, et rendit cette ville la plus florissante et la plus civilisée du monde ancien. Mais, comme ces deux hommes de génie avaient affaire à des peuples de mœurs et de caractères différents, leurs institutions offrent les contrastes les plus extraordinaires et les plus curieux. • Lycurgue vit que son pays suffisait à la nourriture de ses habitants, et il en bannit tout commerce et tout étranger; Solon dut chercher à neutraliser les arts et l'industrie sur le sol aride de l'Attique. Lycurgue, dans un gouvernemont de rois, put faire ce qu'il voulut; Solon, dans un gouvernement populaire, dut faire ce qu'il put. Le premier avait à diriger un peuple grossier et habitué à la tyrannie patricienne ; celui d'Athènes, qui avait déjà passé par plusieurs révolutions, voyait ce qui Im
4. Qu«llo tut la fia de Solon ?— 5. Établissez un parallèle ©ntr© Lyourgae et Soloa,