GRECS
était le plus avantagxux et avisait aux moyens do l'obtenir. Lvcurgue, d'un naturel austère, soumit les mœurs aux lois; Solon, d'un caractère doux, adapta les lois aux mœurs; le premiei'forma le peuple le plus guerrier, le second forma le peuple le plus policé. Les Spartiates, régis avec une verge de fer, éprouvèrent moins de secousses intérieures, tandis que le demisavoir politique dont chacun avait quelques notions à Athènes y multiplia les troubles civils. Les Spartiates conservèrent plus longtemps leur indépendance; mais les Athéniens, en perdant la leur, conservèrent l'empire des lettres^ des sciences et des arts; d'ailleurs ils supportèrent l'infortune avec dignité; tandis que les Sj)artiates, une fois vaincus, tombèrent dans l'abattement, comme une nation sans passé et sans avenir. 6. Après le départ de Solon, l'habile et ambitieux
Fisistrate (560), profita des querel es toujours renais^-^^ santés de la noblesse et du peuple pour s'emparer duT / pouvoir absolu. Exilé deux fois, il se maintint ai^jT^ pouvoir appuyé par le parti populaire. Flattant avec^ art les goiàts des Athéniens, il réunit en corps d'ouvrage les œuvres d'Homère, jusque-là chantées sans suite par les rapsodes; il encouragea les lettres et sédui'-it tout le monde par sa modération, sa oléraenco et sa libéralité; mais ses fils Eiiyparqiie et Kir/pias, qui lui succédèrent, n'imitèrent pas sa conduite, et furent chassés par le peuple (lui reprit l'autorité (510).
GUERRES JIÉDIQXJES (500-4-10).
1. Les plus terribles guerres que la Grèce eut à fioutenir contre les étrangers, furent les guerres contre les Perses, dont eîlo ne sortit victorieuse que par des prodiges d'héroïsme; la révolte de l'Ion ie, contrée peuplée par des Grecs, mais soumise à l'empire des rer.-es, fut l'occasion de ces guerres mémorables. Les
6. Qui domina dans Athènes, après Solon ? Quelles furent les vi- ^'issitude? de la fortune de Pisistrate '. Quels furent ses aucces-eurs t
]. Quelles guerres la Grèce e t-elle à soutenir contre les étrangers '.' .^^ôlle fat l'occasion des guerres méJioues V
40 niSTOlRE A^X•IEN^E.
Athéniens, déjÀ puissants sur mer, volèrent au secours de leurs compatriotes, et réduisirent en cendres la ville de Sardes, capitale de la Lydie, aujourd'hui Anatolie, 011 Crésus avait régné (500),
2. Darius, fils d'Hystaspe, résolut do s'en venger. Il fit préparer une expédition contre la Grèce et la confia à son gendre Mardonius. La flotte fut assaillie par une violente tempête auprès du mont Athos, tandis que l'armée de terre était exterminée par les Thraces. Sans se laisser décourager par ce triste échec, Darius ne s'occupa qu'à le réparer par une expédition beaucoup plus considérable. Avant de reprcndr.e les hostilités, il envoya, suivant un antique usage, des hérauts demander la terre et Veau aux Athéniens, qui, pour réponse, les jetèrent dans une fosse, en lem* disant: 'Prenez la terre et Veau.
3. A cette nouvelle, Darius, irrité, fit avancer contre eux une armée de cent mille hommes d'infanterie et dix mille de cavalerie, sous le commandement du Mède Datis et de son neveu Artapherne; mais dix mille Grecs, conduits par Miltiade, à qui Aristide l'Athénien et ses collègues avaient cédé leur pai-t du commandement, les taillèrent en pièces dans les plaines de Marathon (490).
4. La Grèce sauvée ne fut pas reconnaissante pour celui qui l'avait fait vaincre ; Miltiade, accusé faussement de trahison, fut condamné à une amende énorme ; mais, ne pouvant la payer, le vainqueur des Perses fut jeté dans une prison, où il mourut des blessures qu'il avait reçues en combattant poui' son pays.