L'empire -Je Tcrsc était-il toujours puissîintî
les dissensions intérieures achevaient d'affaiblir cet empire énervé. Xerxès I fut tué par Artaban, capitaine de ses gardes (472). Xerxès II, successeur d'Artaxerxès Longue-^Iain, fat assassiné par son frère Sogdien. Celui-ci fut détrôné et mis à mort, après six mois de règn?, par Darius Xothus, son frère (423). Sous ce dernier prince, l'Egypte secoua le joug, et tout l'empire fut déchiré par des guerres civiles. A sa mort, en 494, le sceptre passa aux mains d'Artaxerxès II, surnommé Mnémon.
2. Cyrus le jeune, frère d'Artaxerxès jVInémon, prétendant avoir des droits sur lo trône de Perse, leva une forte arm.ée, et demanda aux Grecs des troupes auxiliaires. On lui envoya treize mille hommes sous le commandement du Lacédémonien Cléarque. Cyrus, ayant été tué à la bataille de Cunaxa, auprès de Babylone, les Grrecs, réduits au nombre de dix mille, reprirent la route do leur pays, et firent plus de six cents lieues au milieu du pays ennemi, privés de yivi'es, d'argent et même de bateaux pour passer les rivières; néanmoins, après cinq mois de marche, ils aiTivèrent sur les frontières de la Grèce, victorieux de tous les obstacles (401). Cette retraite fameuse, diie des Dix-JIiUe, dont le principal chef, l'historien Xénophon, nous a transmis les curieux détails, est un des plus beaux faits d'armes de l'antiquité.
?». Les Spartiates tentèrent les premiers la conquête de lA-sio. Leur roi Agésilas envahit une grande partie de l'Asie-Mineure et fit trembler le grand roi sur son trône, au moment où la révolte de l'Egypte et do l'ile de Chypre occupait déjà une partie de ses forces. Les émissaires d'Artaxerxès firent entrer dans une coalition Corinthe, Thèbes et Athènes, irritées d'une suprématie orgueilleuse et tyi-an nique. Une bataille fut livrée sous les murs d'Haliarte ; Lvsandre v trouva la mort, et Sparte se vit assez gravement me-
2. Qui prit les armes contre Artaxerxès Mnémon ? Par qui Cyrui< le jeune tut-il a?ssisté ? Que tirent les Grecs, apr^s la bataille de Cunaxa ? — 3. Quelle expédition Agésilas entreprit-il ? Quelle fut 1» fin (le Lvsandre ? Quel lut le résultat de l'expédition d'Agésilas ?
48 HISTOIRE AXCIEXNE.
nacéo pour rappeler Agosilas. Le général vainqueur, renonçant à ses conquêtes, partit aussitôt, traversa rapidement l'Hellespont, la Thrace, la Macédoine, et ruina les espérances des confédérés à la bataille de Coronée, où la victoire se déclara pour les Lacédémoniens (394).
4. Avec le secours des Perses, Conon gagna une bataille navale à la hauteur de Cnide ; la flotte lacédémouienne fat presque anéantie, et les gouverneurs Spartiates furent chassés de toutes les îles qu'ils occupaient. Iphicrate, à la tète d'une armée de mercenaires, fit rentrer la Thrace dans l'alliance d'Athènes; Conon rétablit même les fortifications de cette dernière. Ces succès troublaient profondément Sparte, qui ne voulait à aucun prix voir sa rivale renaître de ses ruines. Artaxerxès lui-même craignit d'avoir été trop loin, et, content d'entretenir la discorde entre les deux villes, il ne se montra plus éloigné de renouer avec Sparte un traité d'alliance. Une réconciliation ayant été ménagée, Sparte recouvra l'amitié des Perses et l'hégémonie, mais à des conditions honteuses. Les villes grecques de l' Asie-Mineure, la péninsule de Clazomènes et l'île de Chypre furent sa- ' crifiées au grand roi et devinrent ses tributaires (387). Ce traité, flétri du nom d'Antalciâas, l'envoyé de Lacédémone, efl'aca le glorieux traité de Cimon. La Grèce, désunie et dégradée par l'égoïsme, se laissait imposer des conditions, au lieu de les dicter, comme au temps de ses vertus.
5. Alliée des Perses par le traité d'Antalcidas, Sparte ne mit plus de bornes à son ambition, et la prise de Thèbes, en pleine paix, put dévoiler à la Grèce des projets de domination universelle. La valeur de deux Thébains, Pélopidas et Épaminondas, les lit échouer. Le premier, issu des anciens rois de la Béotie, s'était signalé dans la lutte pour l'indépen-
4. Quelle était alors la position respective co Sparte et d'Athènes? * quel' parti en tira le roi de Perse ? Que produisit le traita d'Antalcidas ? — 5. Qu'entreprit Sparte, après le traité d'AntAlcidas ? Qu'étaient Pélopidas et ÉpamvnonJas?
osEcs. 49
dancc; le second, fut l'un des plus beaux caractères et des plus illustres capitaines de l'antiquité.
6. Ces deux grands hommes entreprirent de rendre la liberté à leur pati-ie: un espion en avertit les magistrats lacédémoniens au milieu d'un festin: A demain les choses sérieuses, répondirent ceux-ci. Le lendemain. Pélopidas était entré dans Thèbes et en avait chassé les étrangers. En vain, les Lacédémoniens tentèrentils d'y rétablir leur autorité; Epaminondas remporta sur eux les deux célèbres victoires de Leuctres (371) et de Mantinée (362).
7. Après ce grand homme, Thèbes retomba dans son obscurité; la décadence de la G-rèce elle-m^me fut rapide depuis le règne de Philippe, père d'Alexandre: quoique sans cesse menacée par les rois de Macédoine, elle se déchirait par des dispensions intestines qui achevaient d'épuiser ses forces. Deux grands citoyens, AratusetPhilopœmen, cherchèrent à ramener quelque unité en fondant la ligue achéenne; mais les Pomains portaient déj\ en Orient leurs armes victorieuses; les Grecs dégénérés ne résistèrent pas longtemps, et la patrie des Léonidas, des Th "^mistocle, fut réduite en province romaine, sous le nom d'Achaïe.
8. Parmi les grands hommes qui illustrèrent la Grèce, outre ceux dont on vient de parler, on doit nommer les philosophes Platon, Aristote, Pythagore, Heraclite, Démocrite, Diogène, les historiens Hérodote et Xénophon, le médecin Hippocrate, le fameux peintre Apelles, le sculpteur Phidias, et une multitude d'hommes de génie, parmi lesquels il faut compter les sept sages: Thaïes, Solon, Bias, Chilon. Pittacus, Periandre et Cléobule.
^6. Comment Thèbes fut-elle délivrée ? Quelles victoires remporta Épnminondaa ? — 7. Dans qnel état se tr''uva Thèbes, anrè? la mort d'Épaminondas ? Dans quel état se trouva bientôt toute la (rrôce ? — 8. Quels furent les grands hommes qui illustrèrent la Grôce ?
CAETHAGLS'OIS.
1. Pygmalion, roi deTyr, ayant tué Sichée, son frère, pour s'emparer de ses trésors, Didon, femme de Sichée, s'enfuit en Afrique, où elle bâtit Carthage, l'an 860 avant Jésus-Christ. Cette ville s'accrut tellement, qu'en peu de temps elle fut en état de rivaliser avec les plus grands empires par ses richesses, son commerce et ses armées; elle ne tarda pas à étendre sa domination sur l'Espagne, dont elle exploitait les mines d'or et d'argent.
2. Les Carthaginois soutinrent de longues guerres avec la Sicile; mais leurs premières expéditions dans cette île ne furent pas heureuses. Gélon de Syracuse les vainquit, et on dit qu'il leur imposa, pour prix de sa victoire, l'abolition des sacrifices humains, dont l'atroce coutume était établie à Carthage.
La guerre continua, pendant plusieurs siècles, avec des alternatives diverses de succès et de revers.
^ 3. Les Carthaginois furent battus par Lenys l'Ancien, tyran de Syracuse; par Timoléon, qui avait renversé du trône le tyran Lenys le Jeune ; par Agathocle enfin, usurpaceur du pouvoir à Syracuse, qui porta la guerre jusqu'en Afrique aux portes de Carthage (289). Cependant, à la faveur des divisions continuelles des petits peuples de Sicile, ils s'emparèrent peu àpeu d'un grand nombre de villes puissantes, et ils étaient maîtres de la plus grande partie de l'île à 1 "époque oii commencèrent lem-s guerres contre le« Eomains (264).
1. Par qui fut fondée Carthage ? — 2. Quelle fut l'issue des premières expéditions des Carthaginois en Sicile ?— d. Par qui furentils vaincus ? Quelle était la puissance des Carthaginois sur la Sif'i à l'époque où commencèrent leurs guerres contre les Romains ?
kOME SOCS LA MOX^VRCHIE. 51
De la fondation de Ronu, à V expulsion de Tarquin le Superbe, dernier roi de Home (752-509).
1. Après la prise de Troie, Enée. qui pendant près de dix ans avait défendu cette ville avec beaucoup de courage contre la Grèce, alla en Italie, et y fonda un nouveau royaume, dont Albe fut bientôt la capitale. Xumitor, un de ses successeurs, ayant été détrôné, fut rétabli par ses petits-fils Romulus et Eémus. qui, à la tète d'une troupe de bergers et de bandits, jetèrent les fondements de Eome.
2. Eomulus, ayant tué son frère Eémus, se trouva seul maître de la nouvelle ville, et, afin de la peupler, il ouvrit un asile à tous ceux qui voudraient s'y réfi^^ier. Des hommes chargés de dettes, des esclaves fugitifs, des voleurs furent les premiers habitants d'une ville qui devint la maîtresse du monde.
3. Eomulus se fit chef de la religion, s'entoura d'une garde de trois cents jeunes gens, et nomma un sénat décent membres, dont les descendants furent appelés patriciens ; les autres citoyens furent nommés plébéiens.
4. Les Eomains avaient enlevé, dans une fête, le?: filles des Sabins. Ceux-ci prirent les armes pour se venger, et pénétrèrent dans Eome. Le combat fut d'abord sanglant et indécis ; mais les femmes éplorées se jetèrent entre les deux armées, et, suppliant d'un côté leurs pères et de l'autre leurs maris, obtinrent la paix, et les deux peuples se réunirent en un seul.
Un grand nombre de guerres terminées avec honneur élevèrent la puissance de Eomulus ; mais les sénateurs, inquiets des progrès de son ambition, le massacrèrent.
1. Qa'était-ce qu'Énée et que fit-il? Qui était Xumitor, et par qui fut-il rétabli sur son trône ? — 2. Que fit Eomulus pour peuplée la nouvelle ville ? — 3. Qu'institua Romulus? — 4. Quelle fut la con daite des Romains à l'égard des Sabins ?
5. Après un an d'interrègne, Romulus eut pour snecosseur le Sabin Numa Pompilius (Î15), qui fut porté au trpnc malgré lui. Plus sage que Komulus, il s'aj> pliqua à policcr ses sujets et à leur inspirer les sentiments religieux dont il était lui-même pénétré. On lui attribue la règle des cérémonies, l'institution des pontife<5, des prêtres, des augures, des vestales; une réforme du calendrier et la construction du temple de Janus, ouvert pendant la guerre et fermé pendant la paix.
6. Tullus Hostilius lui succéda (G72). Ce prince belliqueux déclara la guerre aux Albains. Les armées étaient en présence, lorsque l'on convint de remettre la décision de la querelle aux mains de trois combattants de chaque parti, à condition que le peuple dont les représentants seraient vaincus obéirait à l'autre peuple.
7. Trois Eomains, frères, nommés Horaccs, et trois Albins, frères aussi, nommés Curiaces, furent choisis. Dès le premier choc, deux Horaces tombèrent morts, et les trois Curiaces furent blessés. Le jeune Eomain, trop faible centre trois, prit la fuite afin de diviser ses ennemis, persuadé qu'ils le suivraient plus ou moins vite, selon la gravité de leurs blessures. Les voyant suffisamment séparés, il retourna sur ses pas, et les égorgea l'un après l'autre. Home, triomphant par la victoire de son champion, soumit Albe à ses lois.
Une tentative de révolte fut punie par la destruction entière de la ville. Les habitants furent transportés H Rome. Tullius triompha aussi des Véiens, des Fidénates et des Sabins; il contraignit plusieui's villes latines à reconnaître la domination de Eome.
8. Ancus Martius (6-iO), petit-fils de Xuma, suivant la tradition, aussi brave que religieux, contint les ennemis, fit respecter les lois et les mœurs, fonda Ostie
ô. Qui succéda à Romulus ? Quelle fut l'occupation de Numa ? — 6. Que sait-on de Tullus Hostilius? — 7. Rapportez le combat d%s Horaces et des Curiaces. De quels autres peuples Tullus triomphât-il ?8. Quel fut le successeur de Tullus Hostilius ? Qu'a fii: de remarcjuable Ancus Martius ?
ROifi: sous LA MOXABCHtE. 63
et son port, et donna ainsi naissance aa commero© maritime des Romains.
9. Tarquin l'Ancien, nommé tuteur des enfants d'Ancus, profita de leur jeunesse pour usurper la couronne; il commença par s'attirer l'amitié du peuple par des travaux utiles, et fit construire des aqueducs pour amener l'eau à Rome et des égoûts qu'on admirait encore du temps d'Auguste ; mais les enfants d'Ancus, voulant revendiquer leurs droits, le firent assassiner, sans pouvoir toutefois saisir les rênes du gouvernement; car la femme de Tarquin parvint, par ses intrigues, à remettre le pouvoir aux mains de Servius TuUius, esclave élevé dans son palais.
10. Servius Tullius (578), genirc de Tarquin. jeta les fondements de la puissance da l'aristocratie romaine; il annula l'autorité du peuple, en substituant au vote individuel le vote par centuries, qui donnait toute influence aux riches. Da reste, il mérita l'amour et l'admiration do ses sujets par ses établissements utiles et par ses victoires. On dit qu'il périt de mort violente par le crime de sa fille TuUie et de son gendre Tarquin, petit-fils de Tarquin l'Ancien.
11. Le règne de Tarquin, dit le Superbe (534), inauguré par un parricide, ne pouvait être qu'une tyrannie. Toutefois l'habileté et les victoires du tyran accrurent beaucoup la puissance de Eome, en même temps qu'il achevait les monuments commencés par son aïeul; mais sa conduite arbitraire mécontenta les patriciens.
Col latin, pour venger l'outrage fait à Lucrèce, son épouse, par Sextus, fils de Tarquin, renversa celui-ci du trône avec l'aide de Brutus. La famille du tyran
9. Qui succéda à Ancus Martius sur le trône ? En quoi son règno fut-il remarquable ? Que fit-il construire ? Comment mourut- 1 ? — 10. Quel fut son successeur sur le trône ? Qu'institua Servius Tullius? Commert était-il considéré du peuple? (Comment mourut-il? — 11. Quel fut son successeur? Quelle fut si conduite sur ie trône ? Que sait-cn de Sextus, son fils ? Par qui Tarquin fut-il renversé du trône ? Quel gouvernement succéda à la rojatité ? Combien de temps cette dernière avait-elle duré ?
fut bannie pour jamais, et Eome s'érigea en républi que (509). Ainsi disparut la royauté, après avoir subsisté 244 ans. f^
EÉPUBLIQUE EOMAES^E. ^ \
SECTION I
Depuis l'abolition de la royauté, jusqu à la première guerre Punique (509-26*4).
1. L'expulsion des rois, si importante dans Tliistoire de Rome, n'eut pas pour le peuple les l'é'îultats qu'il en pouvait attendre. L'autorité suprême fut confiée à deux magistrats annuels nommés consuh, toujours choisis parmi les patriciens, revêtus du pouvoir et de presque tous les insignes de la royauté. La classe aristocratique profita seule de la chute des Tarcjuins, et il faudra une longue lutte pour établir l'équilibre entre les deux ordres. Les deux premiers consuls furent Junius Brutus et Tarquin CoUatin, qui avaient dirigé cette révolution.
2. Une conspiration se forma en faveur du roi exilé, et les fils de Brutus y prirent part. Leur père, après les avoir condamnés à mort, assista à leur supplice avec une barbare fermeté. C'est du reste l'époque des grands dévouements, des courages héroïques. Porsenna, roi d'une contrée de l'Étrurie, embrassa la cause de Tarquin. Il obtint d'abord de grands succès; mais lorsqu'il vit Horatius Codés tenir seul son armée en échec, à la tète d'un pont, et ^lucius Scœvola, qui avait pénétré dans son camp avec le dessein de l'assassiner, se brûler la main sans témo-gner la moindre douleur, parce que cette main s'était trompée en frappant un autre que le roi,; lorsqu'il apprit que Clélie, jeune
1. Quel fut le résultat de l'abolition de la royauté ? Qui est-ce qui en profita? Quels furent les deux premiers consuls ? — 2. Quelle conduite tint Brutus à l'égard de ses fils? Quel souverain e-r.braaea la cause de Tarquin ? Quels actes de dévouement et d'héruïsme vit» en alors ctez les Romains ?
aO>IE sous LA REPUBLIQUE. 55
Pomaine qui lui avait été donnée en otage, venait de passer le Tibre à la nage au milieu des traits qu'on lui lançait de toutes parts, il reconnut l'impossibilité de réiaire un peuple qui poussait si loin le fanatisme du courage et de la liberté; il abandonna la cause des Tarquins et fit la pais.
3. Les plébéiens n'avaient rten gagné à l'expulsion des rois ; au lieu d'un maître, ils avaient, dans les sénateurs et les patriciens, une foule de tyrans qui les opprimaient de toutes les manières. Las de ce despotisme cruel, ils se retirèrent sur le mont Sacré, hors de l'enceinte de Eome ; les patriciens effrayés les rappe'èrent en leur faisant plusieurs concessions. Les plébéiens ne rentrèrent à Eome qu'après avoir obt<3nu l'abolition d'une grande partie des dettes et la création des tribuns, magistrats populaires dont le pouvoir les mit en état de lutter avec quelque avantage contre l'influence patricienne.
4. A peine la sédition était-elle apaisée qu'un nouvel orage éclata. Un jeune patricien, Marcius, qui avait mérité, au siège de Coriole, le surnom de Coriolan. indiqua au sénat le moyen de retirer le tribunat aux plébéiens, en profitant d'une disette qui les laissait à fa merci de l'État. Les tribuns indignés le firent exiler (481). Coriolan se retira chez les Yolsques et vint assiéger Eome, qui, ne pouvant lui résister, envoya Yéturie, mère du fier exilé, lui demander grâce. A la vue d'une mère à ses pieds, Coriolan, qui avait rejeté les prières des ambassadem-s, des prêtres même, 8'écria : 0 ma mère, vous m'avez vaincu ! Il se retira chez les Yolsques, oia il mourut dans l'obscurité.
5. Après l'exil de Coriolan, Eome continua d'être agitée par des dissensions intérieures et des guerres au dehors, mêlées de succès et de revers. !Minutius ayant été vaincu par les Éques, on eut recours à Quintus
3. L'expulsion dea rois avait-elle été avantageuse aux Plébéiens? Que firent-ils, las du despotisme de l'aristocratie ? — 4. Qu'était Coriolan ? Pourquoi fut-il exilé ? Où se retira-t-il ? Que fit-il eneoito ?— 5. Que devint Pwome, après l'exil de Coriolan ? Qui fut alors
cr.V' ijjct iteur ? Que sait-on de Cincinnatus ?
Cincinnatiis, que les députés trouvèrent à la charrue. Il la quitta pour prendre le commandement suprême, •dp'pe\é dictature ; et, dès le lendemain, il attaqua l'ennemi, le battit et fit passer les prisonniers sous le joug. Kentré dans Eome en triomphe, il se hâta d'abdiquer la dictature pour retourner à sa charrue (454).
6. En 451, les Eomains n'avaient pas encore de lois écrites. Depuis dix ans, le tribun Térentillus Arsa demandait que le pouvoir des consuls fût limité et que les droits du peuple fussent garantis par une législation; le sénat fat obligé de céder après de longs et orageux débats. On envoya des députés en Grèce pour y recueillir les plus sages constitutions. Dix magistrats ou décemvirs, qui réunirent l'autorité des consuls et celle des tribuns, reçurent la mission de rédiger un code de lois. Ce code, connu sous le nom de loi des douze tables, parce qu'il fut gravé sur douze tables d'airain, maintint à peu près toutes les coutumes anciennes, la séparation des deux ordres, l'autorité absolue du père de famille, le pouvoir du créancier sur le débiteur ; mais il établit l'égalité de tous les citoyens devant la loi, et rendit l'assemblée populaire juge en dernier ressort de toutes les questions.
7. Leur tâche accomplie, les décemvirs entreprirent de garder le pouvoir absolu qu'on leur avait confié, et ils en abusèrent d'une manière odieuse. La conduite de l'un d'eux, Appius Claudius, mit le comble à l'indignation publique. Ce tyran, ayant voulu ravir la jeune Virginie, fille d'un plébéien distingué par ?a valeur et sa probité, le malheureux père tua sa fille pour la soustraire au déshonneur. Le peuple et l'armée se soulevèrent; le décemvirat fut aboli, et on rétablit les consuls, qui furent bientôt remplacés par les tribuns militaii-es.
G. Que demandait le tribun Térentillus Arsa depuis dix ans? Pourquoi envoya-t-on des députés en Grèce ? Que sait-on des déce mvîrs ? Qu'était-ce que la loi dite des douze 'ables ? — 7. Quel usage If'is décecivirs firent-ils du pouvoir? Quelle fut la conduite d'Appius «laTulius ? Que fit le père de Virginie ? Que devint par suite le décemvirat ?
8. Un des pins grands généraux romains de cette époque fat le célèbre Camille. Il prit la ville de Yéïes après un siège de dix ans (405-395). A partir de cette époque,, le soldat romain reçut une paie régulière et n'eut plus à craindre de voir sa famille mourii* de faim, tandis que lui-même faisait la guerre à ses frais. Comme tant d'hommes illustres d'Athènes, Camille fat récompensé de ses services par l'exil.
9. Cependant une puissante armée gauloise, sous la conduite d'un chef ou Brenn, était descendue en Italie. Elle assiégea Clusium, ville d'Etrurie, qui demanda du secours aux Eomains; ceux-ci envoyèrent des ambassadeurs pour arrêter les ennemis. L'un d'eux ayant insulté les Gaulois, ils résolurent d'en tirer vengeance, et se dirigèrent vers Eome. L'armée romaine alla à leur rencontre ; mais elle fat mise en déroute et ne put empêcher la prise de Eome (390). Le Capitole résista seul à toutes les attaques : une invasion, qui rappela les Gaulois dans leur pays, put seule sauver les débris ce li nation romaine.
Cette invasion laissa chez les Eomains une profonde impression de terreur. Dans la suite, aux plus légers bruits de l'approche des Gaulois, on déclarait le Ucûiulte, c'est-à-dire l'extrême danger de la patrie.
10. Eome délivrée des Gaulois, n'en était que plus agitée par les différents partis qui aspiraient à la domination : avec l'aide de leurs tribuns, les plébéiens augmentaient toujours leur pouvoir. Ils finirent par partager toutes les magistratui-es ; le consulat, la dictature, la censure instituée pour le maintien des bonnes mœurs, la préture chargée de l'administration de la justice, Tédilité préposée à la conservation et à la construction des édifices publics, etc.
11. Menacée dans ses pi-étentions exclusives, Eome opposa les plus grands efforts à l'ambition des alliés
8. Que sait-on de Camille ? Comment la république le traita-t-elle ? — 9. Que firent les Gaulois en Italie? Quelte partie de Rome leur fit résistance? Qu'est-ce qui sauva alors Rome d'une ruine complète? — 10. Que 26 passa-t-il à Rome après le départ des Gaulois ? — 11. A quels peuple? fit-elle presque aussitôt la guerre? Fut-elle heureuse''
868 voisins. Sa situation était critique, puisqu'elle avait à combattre les Latins et les Samnites à la fois, et qu'elle trouvait chez ses adversaires la dicscipline, le courage et l'habitude des armes qui la distinguaient elle-même. Malgré leur résistance opiniâtre, elle soumit successivement les Latins, les Sabins, les Éques, les VolsqueSj et parvint à comprimer leurs révoltes multipliées. l
12. Parmi ceux qui échappèrent le plus longtemps à la domination romaine, un des plus braves et des plus célèbres fat le peuple samnite. '
Quoique les victoires des Eomains eussent signalé les premières campagnes, les Samnites illustrèrent leur défense par plusieurs triomphes. Le général Pontius Hérennius fit passer une armée romaine sous le joug, au dédié de Caudium, appelé des Fourches Caudines, et lui fit jurer un traité humiliant (322).
13. Eome viola ses serments, recommença la guerre et parvint à force de combats et de ravages à écraser ses ennemis. Ce ne fut qu'après quarante-neuf ans de lutte acharnée entre deux nations qui ne voulaient ni l'aire de grâce, ni en recevoir, que les Samnites épuisés demandèrent la paix à Curius Dentatus. Au moment où les députés arrivèrent à Home, ce grand homme 2)renait son frugal repas dans une assiette de bois ; ils lui offrirent des sommes considérables, qu'il refusa en disant : Jaime mieux commander à ceux qui ont de Vor que d'en avoir moi-même (282).
14. Vainqueurs des vSnmnites, les Eomains attaquèrent l'Italie méridionale ; l'une des principales villes de cette région, Tarente, appela à son secours Pyrrhus, roi d'Epire. Lœvinus alla à sa rencontre (280) ; mais les Eomains épouvantés à la vue des éléphants armés en guerre que Pyrrhus avait amenés, prirent la fuite. Cependant la victoire avait covité à P^Trhus
12. Quel était le peuple le plus brave de ses ennemis? Les. Samnites eurent-ils quelque suceès ? — 13. Comm-, /it le traité passé avec les Samnites fut-il reçu des Romains? Combien de temps dura la guerre des Samnites? — 14. Quelle autre guerre les Romains entreprirent-ila ensuite ? Furent-ils d'abord heureux ? Quelle fut la fin de cette guerre V
SOHE SOUS LA K:ÉPrBLIQtrE. 59
tant de soldats qn'il répondit à cens qui le féUcitalent : Encore une semblable victoire, et nous sommes perdus. Un second combat eut une issue très-fâcheuse pour Pyrrhus; les Eomains avaient appris à ne plus craindre les éléphants, les traits enflammés qu'ils lançaient sur eux les mirent en désordre; et Pyrrhus étant retourné en Grèce, les Tarentins vaincus furent obligés de subir le joug des Romains (2T5).
15. La conquête du centre et du midi de l'Italie était le prélude et comme la condition de la défaite de Carthage et de la conquête du monde. Un système habile de colonies maintenait le pays soumis, et de prudentes concessions attachaient les tributaires à leurs vainqueurs. Ils ne formaient plus une nation; mais plusieurs de leurs villes étaient enrichies de privilèges sous le nom de municipes, de préfectures, de villes alliées. Ils fournis^ aient des soldats à Rome et devaient trouver leur gloire dans la défense de la république. Du reste, le moment approchait où celle-ci allait montrer au monde la puissance de ses institutions et rimmensit-é de ses ressources. V \ ^-%, ^^
SECTION n. ôyO^'^rrCji i
Depuis la première guerre pxiiv que, jusqu'à la v. 7 > conquête de la Grèce (264-133. ci^^,
1. Rome et Cathage, rivales de puissance et d'ambition, ne pouvaient vivre longtemps en paix: leurs guerres, si conn':es sous le nom de guerres puniques, commencèrent dès que leurs conquêtes se rejoignirent en Sicile.
2. Parmi les colonie^ grecques dont la Sicile était peuplée, Syracuse tenait le premier rang depuis la
15. De quoi cea conquêtes des Romains étaient-elles comme le prélude ?
1. Comment appenc-t-on les guerres entre Rome et Carthage ? — 2. Q'''était-ce que Syracuse? Que fit Gélon de remarquable? Que •ait-on de Iliéron? A qui Syracuse disputait-eUe l'empire de la Sicile ?
60 mSTOïEE ANCIENNE.
royauté de Gélon, qui défit les Carthaginois dans une grande bataille, le jour même de la bataille de Salamine (480). Hiéron, son frère et son successeur, s'illustra par son amour pour les lettres et en appelant à sa cour Pindare, Simonide et Eschyle. Bientôt après, le gouvernement démocratique prévalut à Syracuse. Plus puissante que jamais depuis la malheureuse expédition des Athéniens, cette ville, avec ses richesses et ses 500000 habitants, disputait l'empire de la Sicile aux Carthaginois, toujours tentés par cette riche proie si fort à leur convenance. L'anarchie l'avait souvent livrée aux tyrans.
3. En 405, Denys, surnommé l'Ancien, usurpa le souverain pouvoir et se soutint par ses talents et par ses crimes. Il battit souvent les Carthaginois et peu s'en fallut qu'il ne les chassât de la Sicile. Son tils, Denys le jeune, peu docile aux conseils du philosophe Platon qu'il a^^liit appelé à sa cour, se montra plus cruel mais moins habile que son père. Chas.-é de Syracuse une première fois, il signala son retour par d'atroces vengeances, et fut de nouveau expulsé par Timoléon (346) Il se retira à Corinthe. où, pour subsister, il fut obligé de tenir une école publique.
4. Timoléon rendit à la Sicile son ancienne prospérité ; il la délivra des t}Tans qui la désolaient et reprit -aux Carthaginois presque toutes leurs possessions. Un bonheur constant accompagnait toutes ses entreprises; il établit des lois sages et abdiqua en 337.
5. Plus tard, le fils d'un potier, Agathocle, s'empara du pouvoir et l'exerça avec la plus horrible tyrannie. Audacieux jusqu'à la témérité, au moment où les Carthaginois l'as.-iégeaient dans Syracuse, il s'embarqua avec son armée, porta la guerre au sein de l'Afrique et força Carthage à faire la paix (289).
6. Quelques années après, un secours donné par les Eomains aux Mamertins, révoltés contre Hiéron, roi
3. Que sait-on de Denjs l'ancien ? De Deuys le jeune ? — 4. Comment Timoléon gouverna- t-illa Sicile ? — 5, Que sait-on d'Agathocle ? — 6. Quelle fut l'origine de la première guerre punique ? Que fitd» remarquable le consul Duilhus ? ^^
de Syracuse, fat l'on' seine de la première guerre punique (264). Cepenaant Carthage, puissance maritime, no pouvait être déûnitivenient vaincue que sur mer. Les Romains construisirent une flotte, et, malgré l'imperfection de leurs vaisseaux, leur consul Duillius gagna, par un sti-atagcme, le premier combat naval.
7. Bientôt le consul Eégulus, après avoir battu une flotte carthaginoise près d'Ecnome, fit une descente en Afrique et vint assiéger Carthage qui demanda la paix; mais il voulut imposer aux vaincus des conditions intolérables, et sa rigueur réveilla leur énergie. Le Lacédémonien Xantbippe, commandant leurs troupes, battit à son tour Régulus, près do Tunis., et le fit prisonnier. Au bout de quelques années, les Carthaginois lui donnèrent la liberté sur parole, afin qu'il accompagnât la députation chargée de demander à Eome l'échange des prisonniers. Au lieu d'appuyer cette proposition, il ne prit la parole dans le sénat que pour en dissuader ses concitovens. Il revint ensuite reprendre ses fers à Carthage, oii on le fit mourir dans les plus aftreux supplices (250).
La guerre dura encore plusieurs années, jusqu'à ce que la grande victoire navale des Romains remportée par le consul Lutatius Catulus, aux îles Egates, forçât les Carthaginois à subir une paix désavantageuse (241). Yers cette époque, les représentations théâtrales et les combats de gladiateurs furent introduits à Rome.
8. Les Carthaginois avaient cherché à compenser leurs pertes en étendant leurs conquêtes en Espagne. Amilcar Barca et son fils Annibal s'y illustrèrent par leurs victoires. Rome s'en inquiéta, et voulut mettre des bornes aux progrès de ses rivaux. Le jeune Annibal n'hésita pas à ranimer la guerre en détruisant Saffonte, ville alliée des Romains; aussitôt il traversa la Gaule avec une étonnante rapidité, et tomba inopi-
7. Que sait-on de Régulus ? Quelle fut sa fin ? t. ominent les Carthaginois furent-il3 fore s à la paix? — 8. Qu'était A nilcar Barca? Quel fut 1© principal exploit du jeune Ar.uibal, en Espagne ? Qu'entreprit-il ensuite ?
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nément sur l'Italie (218), à la tête do 70000 soldats.
9. Publius Scipion entreprit de l'arrêter ; il fut défait sur le Tésin, et Sempronius, son collègue, sur la Trébie. Les Carthaginois continuèreTit leur marche. Caïas Flaminius alla à leur rencontre; mais son imprudence le perdit: attirée dans un vallon, près du lac de Trasimène, son armée fut cernée de toutes parts, et presque entièrement détruite.
10. Les Romains, épuisés par leurs pertes continuelles, mirent à la tête de leurs armées le prudent Fabius, qui, sans compromettre par des batailles le succès de la guerre, chercha à user les forces d'Annibal par ses ruses et ses lenteurs. Il parvint une foia à l'enfermer dans un défilé; mais l'habile Carthaginois sut se tirer du mauvais pas : il attacha des fagots de bois sec aux cornes d'un grand nombre de bœufs, y mit le feu, et les chassa durant la nuit dans les montagnes où étaient les Eoma^ns ; ceux-ci effrayés de cet étrange spectacle prirent la fuite, et donnèrent passage aux Carthaginois.
11. L'impétueux Yarron^. par s£>n imprudente témérité, fit perdre aux Pioraakis le fruit de ia savante campagne de Fabius; il fat vaincu à cette fameuse bataille de Cannes, livrée contre l'avis dé Paul Emile, où périrent cinquante mille Eomains (216): Annibal put envoyer à Carthage trois boisseaux de bagues, tirées des doigts des chevaliers romains tués dans le combat. Cependant son armée s*afFaiblis?ait par ses victoire? mêmes, et il fut obligé de deman.ler de nouvelles troupes (216). La lâche inimitié d'une faction rivale fit refuser à Annibal des secours indispc-usal les ; i-éduit à ses seules ressources au milieu d'un pays ennemi, il se vit arrêté dans la carrière de ses triomphes.