Eome, au contraire, redoubla d'efforts, et le
9. Quelles victoires Annibal reuif orta-t-il sur Scipion ? Sur Sempronius? Sur Flaminius?— 10. Qui est-ce qui reçut ensuite le coiftmandement de l'armée romaine ?— 11. Var oai fut gagnée la bataille de Cannes, et quel était le général romain? 'Combien de Romaini y* périrent-ils ?— 12. Quelle attitude prit Rome à la suite de ces désaa très ? Qui enroy^-t-elle contre Syracuse ?
sénat, par sa fermeté, releva le courage des citoyens. Tout en continuant à défendre énergiquoment l'Italie, elle envoya en Espagne do nouvelles troupes contre Asdrubal, frère aîné d'Annibal, et chargea Marccllus d'attaquer Syracuse, alliée aux Carthaginois depuis la mort d'Hiéion.
13. Syracuse fat longtemps défendue par Archîmède, le plus fameux géomètre de l'antiquité, qui inventa des machines pour lancer des pierres, des quartiers de rochers et des poutres, avec tant de force et de justesse que les assiégeants ne pouvaient approcher des murs. D'autres machines, placées au haut des remparts, accrochaient les vaisseaux, les renversaient, les atnraient sur les écueils, oii ils étaient brisés ; des miroirs ardents mirent plusieurs fois le feu à la flotte romaine. Tant d'obstacles ne purent décourager Marcellus ; ce ne fut cependant qu'au bout de trois ans que la ville fut prise d'assaut. Archimède, que Marcellus voulait sauver, fut tué dans le sac de la ville par un soldat qui ne le connaissait pas.
14. Alors Asdrubal était aux prises en Espagne avec Publius Scipion; celui-ci fut vaincu et tué, mais son lils Publius Cornélius Scipion, à peine âgé de vingt-trois ans, ayant reçu le commandement des lésions romaines, vengea bientôt la mort de son père. JDe rapides et brillants succès signalèrent les débuts de ce jeune héros et ruinèrent la puissance des Barca dans la péninsule. Carthagène, leur métropole et leur citadelle, n'osa résister au génie de Scipion (210). Les vaincus, gagnés par une conduite pleine de modération et de générosité, ne tardèrent pas à désarmer. Asdrubal, voyant que tout était perdu de ce côté, réunit 60000 hommes et se précipita pour rejoindre son frère en Italie, par la route que celui-ci avait tracée. Jamais Eorae n'avait été dans un plus pressant danger.
14. Quel personnage célèbre aida à la défense de Syracuse ? Combien de temps dura le siège ? — 14. Par qui fut vaincu Publius Scipion? Qui succéda à ce dernier? Quelle ville P. Cornélius Scipion prit-il sur Asdrubal? Que fit celui-ci voyant la cause carthaginois© perdue en Espagne ?
t>4 HISTOIRE ANCIENNE.
15. Heureusement, les deux consuls de cette année étaient dignes de soutenir une ]'jareille épreuve. Tandis que Livius Salinator arrêtait les Carthaginois à l'entrée de l'Italie, son collègue, Claudius Néron, laissant Annibal bloqué dans son camp,venait se joindre à Livius, et tous deux taillèrent en pièces Asdrubal, sur les bords du Métaure (207). Dès lors l'issue de la guerre d'Italie fut décidée: Annibal continua à se défendre avec autant d'habileté que décourage; mais désormais il ne pouvait plus espérer la victoire.
16. Suivant l'exemple de Eégulus, Scipion alla attaquer les Carthaginois en Afrique. Il punit la défection de Syphax, roi des Xumides, en le faisant prisonnier près de Cirtha (Constantinc), sa capitale, et il donna ses États à un autre prince africain, Massinissa, très-dévoué aux Romains et qui était un voisin dangereux pour Carthage. La patrie d'Annibal se souvint alors qu'elle possédait un général capable de lutter contre Scipion, et, dans ce pressant danger, elle rappela d'Italie le vainqueur de Cannes, réduit depuis longtemps à la défensive. Annibal, avec les débris de son armée, quitta en frémissant cette terre, où il s'était mr-ntenu seize ans par un prodige de génie ; mais il fut vaincu à Zama (202), et Scipion dicta les conditions de la paix qui fut conclue l'année suivante. Elle donna aux Romains l'Espagne et toutes les îles de la Méditerranée. Sci])ion reçut le surnom d'Africain. Par les intrigues du sénat romain, le grand Annibal fut bientôt chas&é de sa patrie, dont il voulait relever la puissance.
17. Le temps de la guerre contre Pyrrhus et des premières guerres puniques est l'âge d'or de la république romaine. La sagesse du Sénat, la concorde des citoyens, leur désintéressement, l'attachement gé-
15. Par qui Asdrubal fut-il arrêté à son entrée en Ita'ie ? Qui gagna la bataille du Métaure ? — 16. Quelles furent les premières action» de Scipion après sa descente en Afrique ? Par qui fut gagnéa la bataille do Zama? Quel en fut le résultat? Quel surnom reçut Scipion? Qu© devint Annibal? — 17. Faites le parallèle de Rome rft de Carthage.
néral ù la religion, à la patrie et ii la liberté ; la slm-plicité des mœurs, l'agriculture honorée et pratiquée par les plus grands personnages, donnaient à l'état nn trésor Inépuisable de force morale, tandis que l'organisation militaire, la discipline, l'exercice continuel des armes, auquel tout Eomain était assujetti dès l'enfance, rendaient les légions invincibles. Par dessus tout, chaque citoyen avait une foi inébranlable dans les grandes destinées de sa patrie.
Héritière de la richesse de Tjr, Carthagc exploitait le commerce do l'Afrique centrale par les caravanes, celui des côtes occidentales de la Méditerranée par ses vaisseaux. Son sénat que présidaient les deux Suffètes, dirigeait les affaires. Les grandes familles étaient tout; le peuple n'était presque rien; mais deux factions, l'une guerrière, l'autre pacifique, divisaient et affaiblissaient l'Ëtat. Le gouvernement carthaginois, dur et défiant, servi par des mercenaires, ne ec fit nulle part d'alliés fidèles, pas même en Afrique, où les villes tributaires se hâtaient, à la première occasion , de secouer le joug. On sacrifiait des enfants en grand nombre au dieu Molock; on mettait en croix les généraux malheureux. Est-il étonnant que Carthage ait succombé, malgré le merveilleux génie d'Annibal ?
18. L'intervention de Philippe III, roi de Macédoine dans les guerres puniques, attira sur ce prince la colère des Eomains. Il fut d'abord vaincu sur l' Aoûs. et, quelque temps après, il perdit encore la bataille de Cynocéphale (197) où commandait lo consul Flamininus. Philippe fut alors réduit à l'impuissance et accablé de conditions aussi dures qu'humiliantes.
19. Antiochus, roi de Syrie, avait reçu Annibal dans ses États après la bataille de Zama. L'éternel ennemi de lîome n'avait pas renoncé à l'espoir d'une revanche suprême, et, chassé de sa patrie, il voulut soulever l'Asie et l'animer de sa haine implacable. Antiochus, ambitieux et vain, n'ayant pas voulu
16. Qu'attira sur Philippe III, son intervention dans les guerres puniques? — 19. Oîi se retira Annibal dans son exil? Où et par qui fut rainca le roi Antiochus ? Comment finit Annibal?
suivre les cT>nscil3 d'An-nibal, fut vaincu aux Tlicrmopyles (191), puis à Magnésie (190). Le vainqueur, Lucius Scipion, frère de l'Africain, reçut le surnom d'Asiatique et dicta au roi de Syrie une paix honteuse. Bientôt Annibal, le héros de Carthage, se donna la mort à la cour de Prusias, roi de Bythinie, aûn de ne pas être livré aux Eomains (183).
20. Persée, fils et successeur de Philippe III, travailla à susciter partout des ennemis aux Eomains; mais le consul Paul Emile fut chargé d'aller porter lu guerre en Macédoine. Cet habile général força Persée à se renfermer dans son royaume et le vainquit complètement à Pydna (1G8), en faisant rompre la phalange par ses légionnaires. Les Eomains furent si tiers de ce grand succès que le triomphe de Paul Emile surpassa en magnificence tout ce que Ton avait vu jusque-là. Persée, après y avoir paru, se laissa mourir de fîiim en prison. Avec lui disparut le royaume de Macédoine. L'Ëpire, alliée de Persée, fut punie par la destruction de soixante-dix villes et la vente à l'encan de cent cinquante mille de ses habitants. La Macédoine ava't été partagée en quatre districts, et quelques années plus tard (l-iS), elle fut réduite en province romaine par le consul Métellus, vainqueur do l'usurpateur Andriscus, à la deuxième bataille de Pydna.
2\. La Grèce n'eut pas un meilleur sort; les ligues étolienne et achéenne, qui avaient fait sa force, après s'être armées l'une contre l'autre, s'étaient laissé dominer par la politique de Eome. Mille Achéens suspects de patriotisme furent déportés en Italie, et, au bout de dix-sept années, obtinrent de rentrer dans leur patrie. Quoiqu'ils ne fussent que trois cents survivants, ils excitèrent encore une fois la Grèce à la ven"-eance. La li2;ue achéenne fut reconstituée et
20. Qu'était-ce que Persée ? Où et par qui fut-il défait ? Qael cliâtitnent fut infligé àl'Épire? Par qui la il-cédoine fut-elle réJuitOk en province romiine ?— L'I. La Grèce fut-elle plus heureuse que la Macédoine ? Par qui fut-elle conquise ? En quelle année devint-eilo province romaine?
noinraa deux nouveaux stratèges. Le consul ^Métellus, surnommé leMacédonique, vainquit l'un deux à Scarphée, et le consul Mummius triompha du second à Leucopétra (146). La liberté grecque avait péri glorieusement, mais sans retour. Le ^énat n'avait plus besoin de ménager les vaincus. Corinthe, l'une des principales villes de la ligue, fut livrée au pillage, et hies habitants devinrent esclaves; la Grèce entière fi:t ]-é luite en province romaine sous le nom d'Achaïe (146).
22. Eome avait juré" la mine de Carthage ; mais les prétextes lui manquaient. Le roi des Xumides fournit bientôt aux Eomains" l'occasion d'intervenir. Secrètement encouragé par ces derniers, Massinissa avait enlevé plusieurs provinces aux Carthaginois. Ceux-ci ayant en vain réclamé l'arbitrage et la justice du sénat, à bout de patience, prirent les armes. La dernière lutte de Cai'thage fut terrible: hommes, femmes et enfants, tous se dévouèrent à la défense de leur patrie, tous fabriquaient de nouvelles armes. Los palais même et les places publiques furent changés en ateliers, et, comme l'on manquait de chanvre pour faire des cordes, les femmes donnèrent leurs cheveux ; entin, on jura de s'ensevelir sous les débris de la ville plutôt que de la livrer.
23. Le siège de Carthage dura deux ans, et p'us d'une fois les Romains eurent à se repentir de leur audace. Il fallut tout le talent, toute la bravoure du jeune Scipion E mi lien, fils de Paul Emile et petit-fils de Scipion l'Africain, pour vaincre l'opiniâtre résistance des assiégés. A la fin la ville fut prise, et presque tous les habitants furent passés au fil de lepée; le carnage fut horrible, et on ne cessa de tuer que le septième jour. Ainsi périt Carthage ; son territoire devint une province romaine (146). Scipion lut ho-
22. Quel fut le prétexte de ]i troisième guerre punique ? Quelle fut la p< nduite da peuple de Cnrthage daip cette guerre ? 23. Combien de t mps dura le sic'-ge du Carthage ? Par qui cette ville fut-elle pri;e ? Quel fat le sort do tes babitanta ?
68 HICTOniE AïfOTXÎTE.
noré à rtome d'iiTi triomphe digne de sa victoire, et reçut le fiurnom de second Afr'Cain.
24. Quoique les Eomains eussent chassé les Carthaginois de l'Espagne, ils étaient cependant loin d'en avoir dompté tous io^ peuples. Une ville du nord de eepays, iSTumance, s'immortalisa par une défense désespérée. Trois armées romaines s'étaient bridées contre ses remparts; l'une d'elles avaient môme capitulé, quand Scipion Êmilien, le destructeur de Carthage, vint assiéger cette autre Sngonte. Son premier soin fut de rétablir la discipline parmi les soldats, de serrer étroitement la ville et d'effrayer ses auxiliaires par de terribles exécutions. Alors la plupart des Xumantins, réduits à la plus affreuse détresse, mirent le feu aux remparts de la ville, et se jetèrent dans les flammes. Le reste se rendit aux I\omains. Scipion en garda cinquante pour servir d'ornement à son triomphe, vendit les autres, et distribua le territoire aux peuples voisins, alliés de lîome (133).
25. Ainsi tout réussissait aux Eomains: leur domination s'étendait avec une effrayante rapidité. L'année 148 avait vn la Macédoine devenir province de la république ; en Tannée 146, la Grèce éprouvait le même sort; la même année Carthage, et, treize ans plus tard, Xnmance étaient détruites. En 133, Attalc. roi de Pergame, légua au sénat ses Etat^, qui formèrent la province d'Asie. Au-delà des Alpes, les AUobroges (Savoie et Dauphiné) et les Arvernes (Auvergne) s'avouèrent vaincus et soumis. Sous prétexte de secourir Marseille, leur alliée, contre les barbares, ses voisins, les Romains s'établiront dans le pays. Scxtius fonda la colonie d'Aix, en 123; Martius, en 118, Xar- }x)nne, et le pays, conquis sous le nom de province romaine^ s'agrandit des Pyrénées aux Alpes, et des Cévennes à la Méditerranée.
24. Qu'était-ce que Xumance ? Par qui fut-ele assiégée ? Quelle f-.ît sa tin? — 25. Sur quels pays venait de s'^tcndr© la domination * romaine ?
ROilE SOUS LA RÉPUBLIQUE. 69
SECTION in.
Demis la conquête de la Grèce et le Trihunat des
Gracaues. jusqu'au premier Triumvirat
1. En ravissant aux autres peuples leur liberté, Eome ébranlait la sienne. Si les distinctions entre les patriciens et le peuple avaient disparu, il s'était formé une nouvelle aristocratie d'argent plus odieuse que la première. Depuis longtemps déjà les passions populaires grondaient sourdement; eUes éclatèrent tout d'un coup, et leur explosion jeta Eome dans un grand péril. Les Gracques furent les premiers auteurs de ce mouvement démocratique continué par M^arius et traversé par de cruelles vicissitudes, avant de triompher avec César. Les guerres civiles une fois commencées, ne finirent qu'avec la république elle-même.
2. Le peuple, toujours opprimé par les patriciens, réclamait sans cesse les libertés qu'on lui avait promises. Ce fut alors que Tibérius G-racchus, et, quelques années après, son frère Caïus, petits-fils de Scipion l'Aû-icain par leur mère, tous deux éloquents et ambitieux, prirent sa défense et entreprirent une réforme sociale. Ces deux tribuns obtinrent tour à tour une puissance immense, et ils etirayôrent la tyrannie des patriciens; ceux-ci, tremblants pour leurs biens injustement acquis, pour leur pouvoir usurpé, renversèrent leurs ennemis à force d'intris^ues et de violences. Tibérius (133). et, dix ans après, Càius, furent assassinés sur la place publique par les patriciens. Mais bientôt parut Marius, qui devait les venger et relever le parti populaire ; cet homme fameux commença à so faire connaître dans la guerre contre Jugurtha.
1. Qu'avait fait Rome pour elle-môme, en ravissant aux autres peuples leur liberté? Quelle sorte d'aristocratie avait alors Rome ? Quels furent les premiers auteurs du mouvement démocratique qui venait de se manifester ? — 2. Que récla-rait le peuple ? Quels furent ses défenseurs ? Quelio fut la tin de Tibérius ot de Caïua Gracchus ?
3. ^ficipsa, roi de Numidie, se sentant près de mourir, partagea ses Ëtats entre ses deux enfants et Jugartha, son neveu, et les mit sous la protection romaine. Dévoré par l'ambition, l'infâme Jugartha trempa ses mains dans le sang de ses cousins, et envahit leur héritage. Cité à Home pour rendre compte de sa conduite, il osa se présenter; il corrompit les sénateurs, commit impunément un meurtre dans Home même, et partit eu s'éeriant : 0 ville / tu sera>s à vendre si tu trouvais un acheteur. Le sénat, cependant, fut forcé de lui déclarer la guerre (112).
4. Les premiers combats furent avantageux à Jugurtha, qui s'était allié à Bocchus, roi de ^lauritanie, et achetait ses ennemis comme il avait acheté ses juges; mais le consul Métellus, homme recommandable par sa valeur et son désintéressement, l'eiit bientôt réduit à l'extrémité, et il allait recueillir le fruit de sa victoire lorsque l'ambitieux Marins, son lieutenant, le supplanta, prit le commandement do l'armée de Xumidie, et continua la guerre. Bocchus, craignant pour lui-même, demanda la paix aux Eomains; Marius la lui promit à condition qu'il livrerait Jugurtha. Sjlla, questeur de Marius, fut chargé do cette négociation, et emmena Jugurtha captif; il s'attribua l'honneur d'avoir terminé la guerre : ce fut une insulte que Marius ne lui pardonna pas. Telle fut l'origine de la haine implacable qui éclata entre ces deux Eomains, et qui fut si funeste à la réj^ublique entière.
5. A peine la guerre d'Afrique était-elle terminée que Eome fut menacée d'un nouveau danger. Les Teutons et les Cimbres, sortant du nord de l'Europe, s'avançaient vers les Alpes, après avoir défait plusieurs fois les troupes romaines, et tué ]3rès de 80000 soldats dans une seule bataille.
3. Qu'était Micipsa? Que sait-on de Jugurtha ? — 4. Avec qui Jugurtha s'était-il a. lié dajis ^a guerre contre le- Romains ? Par qui futil défait? Quelle fut sa fin ? — 5. Contre quels peuples les Romains durent-ils ensuite tourner leurs armes 'i
6. Marins, jugé seul capable de leur résister fut élevé pour la cinquième fois au consulat, et chargé du commandement de l'armée. Il se montra digue de la confîauce de la république; il attaqua les Teutons près d'Aix, e» Savoie, où il les extermina dans une bataille acharnée de trois jours (102).
1. Cependant les Cimbres avaient déjà refoulé une partie des légions romaines jusqu'à Yerceil, sur les tords du Pô, lorsque Marius les joignit à la tète de son armée victorieuse. C'est là qu'il reçut les ambassadeurs des Cimbres, qui demandaient des terres pour s'y établir avec leui-s alliés, dont i s ignoraient la défaite. " Yos alliés ont reçu une terre qu'ils garderont toujours" répondit Marius. Le sort des Teutons était réservé aux Cimbres.
Peu après, la batiiilîe se donna; les Cimbres furent exterminés à leur tour, et Eome fut déli\Tée d'un des plus grands dangers qu'elle eût jamais courus. Le sénat et le peuple décernèrent à Marius le titre de troisième fondateur de Eome, après Eomulus et Camille.
8. Aux prétentions du peuple, soutenues par Marius, qui excitait sans ce.^se de nouveaux troubles dans la ville, se joignirent les prétentions des différents peuples de l'Italie, qui, au lieu du simple titre d'alliés, i*éclamaient pour prix de leur longue soumission le titre de citoyens romains. Le sénat rejeta toutes leurs demandes. Les Italiens cherchèrent à obtenir satisfaction les armes à la main. Ainsi commença la guerre sociale, où les plus grands généraux combattirent soit dans l'un, soit dans l'autre parti. Les victoires de Sylla t^^rminèrent cette guerre désastreuse pour l'Italie entièio, et Eome chercha à prévenir de pareils soulèvements en séparant d'intérêts les divers
6. Quel général fut envoyé contre les Teutons et les Cimbres ? — 7. Quels furent les résultats de l'expédition de Marius contre ces deux peuples ? Quel honneur le sénat et le i euple décernèrent-ils à Marius ? — 8. Que réclamaient alors les différents peuples d'Italie? Que firent les italiens ne pouvant obtenir satisfaction au sénat ? Par qui fut terininéo aoJLe gnerro désastreuse pour l'Italie ?
72 HISTOIRE A^X•IEXNE.
peuples alliés ("88). Peu après, le calnie so rétablit; il n'y eut que les Saranitcs qui soutinrent la guerre encore longtemps.
9. La gloire que Sylla recueillit dans cette guerre, arugtnenta encore la jalousie de 3Iarius. Le plébéien voulut ravir à son rival le commandement des troufgss qui Jui avaient été confiées pour combattre Mithridate, puissant roi d'Asie ; mais Sylla, qui avait déjà quitté îlome, y revint avec son armée, et chassa Darius ; celui-ci fut réduit à se cacher dans des marais et à fair en Afrique, sur les ruines de Carthage, où le vieux soldat put songer tristement à la fragilité des plus grandes fortunes. Mais pendant que Sylla triomphant allait en Asie punir le roi de Pont, qui avait déclaré la guerre, en massacrant quatre- vingt mille Eomains, Marins rentrait en Italie et signalait son retour par les plus sanglantes vengeances. SyWn se hâta d'imposer un traité à Mithridate, et reprit le chemin de Pome ; son rival mourut au milieu du sang et des débauches, avant son arrivée (85).
10. Sylla malgré l'opiniâtre résistance des Samnites et de plusieurs peuples italiens, unis pour recouvrer leur indépendance, Sylla, vainqueur de tous ses ennemis par l'aide de Crassus et du jeune Pompée, se fit nommer dictateur perpétuel, et se montra encore plurs cruel que Marins. Les victimes de ses proscriptions furent innombrables. Par son ordre, Eome fut changée en un champ de carnage ; les plus illustres citoyens furent sacrifiés, et leurs biens enrichirent leurs bourreaux. Ainsi s'afi'ermit par la terreur la t;^Tannie de Sylla. Ce fut sous un tel maître que le t:imeux Gatilina fit l'apprentissage de tous les crinic .
Sylla osa cependant abdiquer son pouvoir, et rentrer dans la vie privée. Il finit sa vie, comme Marias, dans les excès les plu.s honteux (TO).
9. Quel souverain d'Asie se leva alors coiitre les RomninsT Quel fut le résultat de l'expédition contre Mithridate ? Queile fut la fin de * Marius ? — 10. Comment Sylla traita-t-il Rome, après s'être fait nonunor dictateur perpétuel ? QueUe fut la fin do Sylla ?
'EOITE sous la EjPUliLiQtn. 73
11. ^Malgré la toute-puissance de Sylla, le parti républicain s'était maintenu e-n Espagne par la valeur de Sertorius. Cet habile et vertueux citoyen lutta
Smdant onze ans contre les plus grands généraux de orne et les plus formidables armées. Il périt sans avoir été vaincu, par la trahison d'un lieutenant. En même temps, un gladiateur, Spartacus, se mettait à la tête d'une révolte d'esclaves, qui menaça Eome dans son existonce. Il battit deux fois les lé2:ions romaines ; mais il succomba sous les efforts de Crassus par l'insurbordination de ses soldats (Tl).
12. Mithridate profita do la révolte de Spartacus et do la guerre soutenue en Espagne par le tribun Sertorius pour reprendre les armes. Il mit le siège devant Gysique, place importantede l'Asie-^Iineure; LucuUus le défit au passage du Granique, et passa en Arménie pour attaquer Tigrane, gendre et alfé de ^lithridate.
13. Celui-ci, à la tète de trois cent mille hommes, apprenant que l'armée romaine n'était que de quinze mille, se mit à rire en disant : '•' S'ils viennent à nous comme ambassadeurs, ils sont trop de monde; si c'est pour nous battre, ils sont trop peu. " Il eut lieu de se repentir de cette jactance ; les Eomains firent un affreux carnage de ses troupes (G9). Pompée fut chargé d'achever la guerre.
14. Mithridate, abandonné par Tigrane, fut encore trahi par son fils Pharnace, au moment où il allait ^nter contre Eome un deraier et terrible effort. Ce laalheurcux prince essaya de terminer sa vie par le poison ; mais, habitué dès sa jeunesse à en braver les effets, il n'en ressentit aucun mal et se perça de son épée (65). Avec ce génie barbai-e, succomba l'indépendance de l'Asie.
11. Qu'était Sert^)rii's? Quelle fut ?a f n ? Que sait-on de Spartacus ? — 12. Que fit Mithridate, ayant appris la révolte de Spartacus et la guerre que les Romains avait à soutenir en Espagi^e ? — 13. Quelles forces opposa-t-il aux Romains ? Quelle remarque tit-il en apprenant aue les Romains n'étaient ane quinze mille ? — 14. Comment linit 31ithrilûte ?
15. Pompée parcourut i'Asie en vainqueur; il soumit tous les peuples jusqu'à l'Euphrate, et rendit Tygrane et Pharnace tributaires. A son retour, on lui donna le surnom de Grand (64). Ses victoires et ses conquêtes en Asie avaient accru sa populai'ité. Maître de l'armée, rapportant d'immenses richesses, il eut pu jouer le rôle de S^'Ua, si la violence n'eut répugné à l'indécision de son caractère ; il poussa la modération jusqu'à se tenir aux portes de Eome en attendant le jour du triomphe et le licenciement de son armée.
16. Pendant ce temps, Eome échappait par le patriotisme du grand orateur Tullius Cicéron aux criminelles entreprises de Catilina. Ce jeune patricien, perdu de dettes et de crimes, voulait relever sa fortune en bouleversant sa patrie. Cicéron, nommé consul malgré les intrigues de Catilina, déjoua tous ses projets, qu'il découvrit au Sénat, et fit mettre à mort les complices du conspirateur, tous jeunes débauchés et patriciens comme lui. Catilina, obligé de fuir, se mit a la tète de ses partisans, et marcha en armes contre Eome, mais il fut vaincu et tué dans une bataille, près de Pistoie (62),
17. Pompée n'avait pas assez de désintéressement, ni Cicéron assez de résolution et de fermeté pour sauver l'État. Le premier se repentait déjà de s'être mis dans la dépendance du Sénat en congédiant son ar-
.mée; le second n'admirait que les actes de son consulat et s'imaginait naïvement que la république ne courait aucun danger parce que le Sénat lui avait décerné le titre de Fère de lapatrie. Caton, esprit chagrin, citoyen austère, qui voyait Eome perdue si elle ne revenait à ses mœurs antiques, et Crassus, le vainqueur de Spartacus, plus fastueux q le libéral, ne pouvaient devenir les maîtres de la république. Cette fortune était réservée à un personnage nouveau qui s'ache-
15. Que faisait alors Pompée ? Que reçut-il à son retour à Rome ? — 16. Que se passa t-il à Rome pendant l'erpédition ae Pompée, eiiv en Asie? Qu'était-ce que Catilina, et comment tinit-il ? — 17. Quel était l'état de Rome vers l'an 60 avant J.-C ?
minait sans bruit, mais avec une habileté consommée, ver.s ia première place.
18. Issu d'une famille illustre, mais alliée à celle de Marias, Jules César était déjà renommé par son éloG[uence et hcs talents militaires. Sylla avait deviné son ambition, en disant qu'il voyait en lui plusieurs Marins. Les dépenses excessives qu'il fit dans son édillté et pour se faire nommer grand pontife l'endettci'cnt grandement; car, depuis longtemps déjà, les suffrages et les faveurs du peuple s'achetaient à prix d'argent. Ses mots heureux, son audace, achevèrent de tourner sur lui tous les regards. Quant à lui, il ne faisait point mystère de son immense ambition, et, traversant un petit bourg des Gaules pour aller combattre les Lusitaniens, il disait à ceux qui l'entouraient: " J'aimerais mieux être le premier ici que le second à Rome. "
Depuis le premier Triumvirat jusqu' à Vétahlissement de V Empire (60-31).
1 . Désormais l'autorité était à Eome le partage du plus audacieux et du plus habile. Le jeune César chercha à établir son influence à l'aide de celle des plus puissants citoyens : Pompée, célèbre par ses victoires, Crassus, le plus riche des Eomains. L'union de ces trois hommes s'appela triumvirat.
2. César, pour se créer une armée, se fit confier le soin de soumettre les G-aules. Pendant neuf ans d'incroyables efforts, il vainquit successivement toutes les peuplades de cette vaste contrée, épouvanta les Germains et les Bretons, et revint triomphant avec une armée dévouée à sa fortune (50). La conquête de la Gaule s'était achevée par des ravages et des massacres. Deux misions d'hommes avaient perdu la vie ou la liberté en résistant au conquérant.