SIÈCLE DE LA ÎTAISSAXCE DE JÉSUS-CHRIST, EMPIEE E0M:AIX
SECTION I
Depuis la bataille d'Aciium (31 ans avant J.-C), jusqu'à V avènement de Constantin (30Q après J.-C).
1. Après la défaite d'Antoine, Octave retourna à Eome où il fut proclamé Auguste et Empereur ; il donna la paix à toute la terre et fit fermer le temple de Janus. Alors l'abondance, l'ordre, la prospérité succédèrent aux guerres civiles, aux proscriptions et aux massacres. Les lettres, qui avaient perdu Salluste, Cornélius ISTépos et Cicéron, leur trouvèrent de dignes successeurs dans Tite-Live, Ovide, Horace, Virgile, etc. Mécène, ami d'Auguste, fut le protecteur éclairé de tous les talents. Eome s'embellit de monuments magnifiques, et Auguste put dire avec une juste fierté '' qu'il avait trouvé la ville bâtie de briques, et qu'il la laissait bâtie de marbre ". Sa puissance fut respectée au dehors comme au dedans ; malgré la défaite de Varus en Germanie, il reçut les ambassadeurs d'un grand nombre de rois barbares ; les Parthes eux-mêmes renvoyèrent les étendards qu'ils avaient jiris aux Eomains.
2. Le grand résultat des conquêtes romaines, l'unité de la plus grande partie du monde ancien, était l'accomplissement des desseins de la Providence, qui préparait ainsi la voie à la propagation de la foi chrétienne ; le temps annoncé par les prophètes était accompli ; le monde entier, possédé d'un immense besoin de vérité au milieu des erreurs, de liberté au miliea do l'esclavage, de renouvellement moral au milieu d^ la corruption, le monde était dans l'attente. .....Le
1. Qu'y eut-il de remarquable durant le règne d'Auguste? Par quels hommes les lettres furent-elles illustrées? — 2. Pourquoi Dieu pennit-ii l'unité de la plue grande partie du monde ancien?
SO mSTÛlUE ANCIENNE.
Sauveur naquit, pendant le règne d'Auguste, dans une petite ville de la Judée (Voyez V Abrégé d'histoire sainte).
Désormais le clirisfianisme va lutter sans cesse contre le paganisme chancelant, jusqu'à ce qu'il le renverse au bout de trois siècles de persécutions et de martyres. Pendant trois siècles encore l'empire romain nouspréî^ente un hideux sjDCctacle d'idolâtrie, de vices et de forfaits.
3. A la mort d'Auguste, son empire avait pour bornes, à l'ouest, l'océan Atlantique ; au nord, le Rhin, le Danube et le Pont-Euxin ; à l'est, l'Euphrate, le Tigre et le golfe Pcrsique ; au midi, le golfe Arabique, les cataractes du Xil, les déserts de la Lybie et la chaîne de l'Atlas.
4. Auguste eut pour successeur Tibère (14 ans après J.-C), son gendre. Il avait défini ainsi ce caractère ignoble et cruel: "c'est de la boue pétrie avec du sang. " En lui, dit Chateaubriand, commença cette suite de monstres nés de la corruption romaine. Tibère maintint son pouvoir par la dissimulation, la 2)erfidie, Ja cruauté. Tou- les talents, toutes les gloires attiraient sa jalouse vengeance ; il alla jusqu'à faire emprisonner le célèbre Germanicus, son neveu, qui avait triomphé partout des barbares, et qui avait laré dans le sang des Germains la honte de la défaite do Varus.
5. La tyrannie de Tibère devint plus cruelle encore à la fin de sa vie. Ses seuls plaisirs étaient les supplices et les débauches. Los institutions étaient arrivées à une telle décadence, et la servilité dans les hommes à un tel degré, que Tibère lui-même,' en vo^'ant les adulations du Sénat, ne pouvait retenir l'expression de son mépris, et s'écriait: "Les lâches qui vont au-devant de la servitude ! "
La fin de Tibère devait être digne de sa vie ; il se plongea de plus en plus dans les excès et dans les cmautés, sans pouvoir se distraire de l'ennui qui le ^
.T. Quelle était l'étendue de l'empire romain î\ la mort d'Auguste? — 4. Qui succéda :\ Auguste ? Quel était le caractère de Tibère ? Comment maintiut-il son pouvoir ? — 5. Quelle fut 1^ fin de Tibère '!
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dévorait et qu'il avouait lui-même. Un jour enfin il tomba en défaillance à la suite d'une longue orgie, dans l'île de Caprée, où il s'était retiré ; Caligula en profita pour le faire étouffer par Macron, préfet du prétoire.
Ce fut sous son règne que Jésns-Christ accomplit, par sa mort, la rédemption du genre humain, l'an 33.
6. Après Tibère, Caligula (37), fils de Germanicus, monta s»r le trône ; mais il n'eut aucune des vertus deT son père, et fit regretter Tibère lui-même par les crimes dont il se rendit coupable. Celui-ci avait dit de lui : " Je laisse au joeuple romain un serpent pour le dévorer, au monde un Phaéton pour l'embraser. " Pour fournir à ses prodigalités, Caligula se faisait adopter par de riches habitants, ensuite il les mettait à mort ; il aurait désiré que le peuple romain n'eîit qu'une tète, afin de pouvoir l'abattre d'un seul coup ; dans son orgueil impie, il ordonna que sa statue fût portée à Jérusalem et placée dans le temple. Il venait, par une dernière folie, de mettre son cheval Incitatu^ au rang des consuls, lorsque le tribun Chéréas l'assassina (41).
7. A la mort de Caligula, le sénat voulait rétablir la république. Un soldat aperçut un homme qui se cachait derrière une porte dans le palais ; c'était Claude, frère de Germanicus, faible d'esprit et de corps, qui reçut en tremblant le titre d'empereur et s'attacha les soldats en leur distribuant à chacun quinze grands sesterces (73). Cette innovation passa depuis 'en coutume, et c'est ainsi qu'on appela le donativum. Claude fit mom'ir sa femme Messaline, pour inconduito, et épousa Agrippine, fille de Germanicus. Dévorée d'ambition, Agrippine sut maîtriser l'esprit de Claude au point de lui faire déshériter son propre fils Britannicus, en faveur de Xéron, qu'elle avait eu d'un premier mariage avec Domitius. Lorsque la
6, Que fut lo successeur de Tibère ? Qie sait-on de Caligula? Quelle fut sa fin ? — 7. Qui fut ensuite élevé sur le trOac ? Quel était ie caractère de Claude? Quelle fut sa fin ?
i? JL.
S2 HISTOIRE ANCIENNE. Y f
succession eût été réglée, Claude mourut; empoisonné, dit^on, par sa femme (54).
8. Néron, parvenu au trône, donna d'abord par sa conduite les plus belles espérances, mais bientôt son caractère se montra sous son véritable jour, et il fut le plus atroce des tyrans : il fit mourir Burrhus et Sénèque, ses précepteurs, fit empoisonner son frère, sa mère elle-même, Octavie, son épouse. Les plus illustres citoyens furent immolés à sa farcur; il fit mettre le feu à la ville pour égayer une de ses fêtes, et la regarda brûler en chantant la ruine de Troie.
9. Pour avoir occasion de maltraiter les chrétiens, ^STéron leur imputa l'incendie de Eome, et publia contre eux la première persécution. Saint Pierre, saint Paul et une multitude de chrétiens furent victimes de sa cruauté. Kéron passait les nuits dans les rues et dans les cabarets, entoui^é des hommes les plus pervers et les plus corrompus, avec lesquels il insultait les passants ; il osa paraître sur les théâtres de Eome et de la Grèce. Enfin le sénat, las du gouvernement de cet infâme histrion, le condamna à une mort ignominieuse; mais Néron se perça lui-même de son épée, ne pouvant, dit un auteur, trouver une main plus vile pour ôt^r la vie à un tel monstre (68).
10. Galba, qui commandait l'armée en Espagne, devenu empereur à soixante-douze ans, par le vœu de son armée, fit succéder une sévère économie aux prodigalités de JSTéron, et déplut ainsi à la multitude et aux prétoriens. Les légions de la Germanie se révoltèa*ent et proclamèrent Vitellius; mais Othon, l'ancien favori de JSféron, ourdit un complot contre Galba et prit la place du vieillard assassiiié. Toutefois il ne retarda que de trois mois Tavénement de Yitellius ; viancu à Bédriac (ti9), il se donna la mort.
8. Quel fut le successeur do Claude ? Quels furent les précepteur:* de Néron ? Quelles furent les principales victimes de sa cruauté ? — 9. Quel prétexte Néron imagina-t-il pour persécuter les chrétiens? * Quelles furent les principales victimes de cette persécution? Quelle était généralement la conduite de Néron? Quelle fut sa fin? — 10. Que sait-on de Galba? d'Othon ? de Vitellius?
ROME SOUS l'empire. 83
11. Vitellius, qui lui succéda, ne fat qu'un monstre de gourmandi^^e, de qui la postérité a retenu ce mot infâme: "Le corps d'un ennemi mort sent toujours bon. " Les légions d'Orient voulurent, à leur tour, avoir un emj.ereur de leur façon ; elles élurent Yespasien. Vitellius fut mis à mort après avoir subi les plus ignobles outrages.
12. Flavius Vespasien (69), fils d'un publicain honnête par exception, fut un grand homme ; il remédia aux maux de l'anarchie par une administration vigoureuse et fit face en même temps à tous les dangers du dehors. Lorsqu'il fut appeié à l'empire, il commandait en Syrie et il avait entrepris le siège de Jé-
"rusalem ; il en laissa la conduite à son fils Titus. Les Juifs s'étaient révoltés contre les exactions des préteurs romains ; se flattant ton;ours, sur la foi de leurs faux prophètes, que le Messie, attendu par eux, viendrait les délivrer, ils ré^istèrent pendant six mois au milieu des plus affreuses extrémités. Titus rasa complètement la ville sainte et dispersa les Juifs dans tout l'empire romain, selon ce qui avait été prédit (70). Onze cent mille hommes avaient péri dans ce siège, l'un des plus meurtriers dont l'histoire fasse mention. Le règne de Yespasien fut doux et paisible.
13. Titus succéda à son père Yespasien (T9). Pendant son règne trop court, il se fit chérir par ses vertus et sa bienfaisance: il regardait comme un jour perdu celui qu'il avait passé sans faire de bien. Sous son règne les deux villes d'Herculanum et de Pompéi furent ensevelies par une éruption extraordinaire du mont Yésuve, dont le célèbre Pline, le naturaliste, fut victime.
14. Domitien, frère de Titus, régna après lui (81), *\ et fut le digne successeur de Caligula et de Xérou.
^ 11. Que sa=t-on de Vitellius? Quelle fut si fin ?— 12. Qu'état Vespasien ? Quel fut son gouvernement? Où était-il quand il fut élevé àrerap're? Quel grand événement eut lieu sous son règne ? — 13. Qui succéda à Vespas.en ? Que s;iit-on de Titus ? Qu'arriva-t-il aux villes d'Herculanum et de Pomjéi, sons son règne? — 14. Qui succéda à Titu3? Quelle fut la conduite de Domitien? Quelle perâécution ordonna-t-il ? Quelle fut sa fin?
Aussi fdu que le premier, il réunissait gravement le Sénat pour délibérer sur la sauce d'un turbot; aussi cruel que le second, il appliqua la loi de lèse-majesté dans toute sa ric^ueur et ordonna contre les chrétiens la seconde persécution (96). Saint Jean l'Evangéliste fut plongé dans l'huile bouillante, et relégué ensuite dans l'ile de Pathmos, où. il écrivit son Apocalypse. Ce mauvais prince fut assassiné par sa femme et ses
., officiers au moment où il allait les faire périr (96).
\ Il est le dernier des empereurs appelés les douze Césars.
15. Après la mort de Domitien, les conjurés et le Sénat déférèrent la souveraine puissance au consulaire Nerva, vieillard de soixante-dix ans qui sut, dit Tacite, concilier l'autorité d'un seul avec la liberté de tous. Il fit cesser la per>écution dirigée contre les chrétiens, et diminua les impôts : mais il n'avait plus l'énergie nécessaire pour contenir les prétoriens, qui regrettaient la licence du règne précédent, et qui forcèrent
- Nerva à leur abandonner les assassins de Domitien. Le vieil empereur résolut alors de remettre le goiivernement entre des mains plus fermes, et, pour lu gloire de l'empire, il adopta l'Espagnol Ulpius Trajan.
16. Trajan commandait les légions romaines en Germanie lorsqu'il fut appelé à remplacer Xerva. 11 fit son entrée à Rome avec une simplicité qui lui gagna tous les cœurs. ^Prince aussi habiie dans l'art du gouvernement que grand capitaine, juste et clément pour ses sujets, Trajan ne fut cruel que pour les chrétiens, et, malgré l'hommage que rendit à leur innocence le gouverneur païen, Pline le Jeune, il ordonna la troisième persécution. Sous lui moururent saint Siméon, évèque de Jérusalem, saint Ignace, évêque d'Antioche, et une multitude d'autres chrétiens (107).
17. L'impératrice Plotîne se hâta de faire proclamer Adrien, prétextant une adoption de Trajan, dont
15. Quel fut le successeur de Domitien? Que sait-on de aon règne ? En faveur de qui abdiqua-t-il ? — 16. Où était Trajan quand il fut élevé à l'empire ? Quel fut son gouvernement ? Comment traitat-il les chrétiens? — 17. Quel fut le iucoesaeur de Trajan ? Comment Adrien employa-t-il le temps de son ràgne ? Quelle sévérité exerçat-11 contre les Juifs ?