‹ Cours abrégé d'histoireChapitre 157 sur 209 · EMPIRE D ORIENT · texte numérisé non relu

EMPIRE D ORIENT

rénnis aux quatre royaumes formèrent ce qu'on a appelé l'heptarchie (sept-Êtats).

5. Bientôt à la voix du moine Augustin et de ses compagnons, que leiir avait envoyés saint Grégoire-le- Grand (597), tous ces États embrassèrent la foi chrétienne. L'unité religieuse prépara, pour les Anglo- Saxons comme pour les Yisigoths, l'unité politique, mais ce résultat se fit encore longtemps attendre. Tout en se convertissant au christiani>me, ces barbares n'avaient pu se dépouiller immédiatement de leurs mœurs farouches et de leurs passions brutales. Ils se laissèrent aller à des désordres afireux. Mais ils cherchaient à expier leurs fautes par de grands actes de repentir. Pendant cette période, on compte plus de trente tètes couronnées qui embrassèrent la vie humble et pénitente du cloître. Les monastères se multiplièrent à Tinfini et aidèrent à la double culture des terres et des intelligences. L'unité politique ne fut complète que sous Egbert, roi d'Ouessex, qui établit sa puissance sur tous les autres royaumes (827).

SECTIOX lY.

EMPIRE d'orient.

1. Arcadius, qui succéda en Orient (395) à Théodose, son père, fut un prince faible qui demeura l'esclave do doux ignobles favoris, Eutin et Eutropc. Le premier fut tué sous ses yeux par des soldats; le second persécuta le patriarche de Constantinople, saint Jean Chrysostomo, que la générosité de son caractère portait à s'élever contre tous les désordres dont il était témoin.

2. Théodose II n'avait que sept ans lorsqu'il succéda à Arcadius, son père (408). Il eut pour guides deux

5. Par qui les Anglo-Saxons furent-ils convertis? Quel fut le résultat d« l'unité religieuse ? Quel est le royaume qui a absorbé les autres ?

1. Quel fut le caractère d'Arcadins ?— ?. Que snit-on de Théodos§ et 'lo Pulch^-rie? Qu'était Marcicn?

vertueuses princesses, sa sœur Puîchérie et sa femme, la savante Athénaïs, qui no lui donna pas d'héritier. Ce règne est célèbre par la publication du code Théo- ^/osi'eri, vaste compilation dce constitutions impériales. Puîchérie, à la mort de son frère (450), resta chargée de l'empire et lui suscita un défenseur dans la personne du vaillant ]\Iarcien, qu'elle épousa. La fière réponse de cet empereur éloigna Attila, un moment tenté de se jeter sur Constantinople.

3. Léon le Thrace, successeur de r>Iarcien (457), et après lui Zenon, furent choisis par la garde prétorienne, qui se ressouvint de ses anciens privilèges. Le règne de ce dernier fut rempli de troubles religieux causés par les hérétiques eutj'chéens et par l'intervention maladroite de l'empereur, partisan lui-même del'eiTeur. Anastase (491), que la veuve de Zenon fit appeler au trône, et Justin 1er, commencèrent une guerre défensive contre les Perses sassanides, qui avaient succédé aux Parthes depuis 22C.

4. Justinien, neveu de Justin 1er, lui succéda en 527. Il eut un règne glorieux ; mais il dut son illustration moins à son gérie qu'aux hommes éminents qui le servirent, parmi lesquels on distingue deux grands généraux, Bélisaire et Narsès. Le premier s'illustra d'abord dans une campagne contre les Perses ; puis, chargé de la guerre d'Afrique, contre les Vandales, il battit leur roi Gélimer, à la bataille de Tricaméron (534), et le contraignit bientôt à se rendre. Bélisaire le conduisit à Constantinople. L'Afrique, reconquise, devint un exarchat de l'empire d'Orient.

5. L'usurpation de Théodat, roi des Ohtrogoths, appela également les armes de -Justinien en Italie. Bélisaire fut encore chargé du commandement. îs'ous avons vu plus haut ses succès et la conquête de la Péninsule terminée, après 10 ans de guerre, par Xar-

3. Que se passa-t-il sous le règne de Z<înon? — 4. Quel fut le suc- •'csscur de Justin 1er ? A qui Justinien dut-U la gloire do son règne ? Quels furent les premiers exploits de Justinien ? — 5. Quelle fut l'in-* gratitude de Justinien, à r<?gard de Bélisaire? Quels sont les travaux li^-gi.elntif? qui honorent le règne de Justinien ?

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ses, qui détruisit le royaume fondé par Théodoric. Justinien, poussant plus loin son ambition, envoya une armée en Espagne, et enleva aux rois visigotlis une partie de l'Andalousie. La disgrâce injuste de Bélisaire suspendit un moment ces prospérités. Le roi de Perse, Cbosroës, s'emparant d'Antioche, força Justinien à lui paver un tribut. Bélisaire fut rappelé pour repousser de Constantinople une invasion d'Avares, conduits par leur Kban ( 559 ), et pour sauver Jérusalem ^562). Ce fut le dernier exploit de cet habile général ; il subit une nouvelle disgrâce et l'exil.

JSTon content de reculer les limites de son empire, Justinien attacha son nom aux grands travaux législatifs de cette époque. Il fit rédiger par le jurisconsulte Tribonien, le recueil des lois romaines connu sous le nom de Code Justinien. Cet ouvrage immense est devenu la base de toute les législations modernes.

6. La décadence, un moment arrêtée par Justinien. ou plutôt par Bélisaire, reprit son cours après la mort do ce prince ( 565 ). Son neveu, Justin II, perdit l'Italie, par l'imprudence de l'impératrice Sophie, et la vengeance que tira iiS'areùsde l'injure qu'il en avait reçue.

7. Tibère, adopté par Justin (5T8), justifia ce choix par ses succès sur les Avares et sur les Perses. Maurice, général victorieux, succéda à Tibère, et, moins heureux dès lors, mécontenta l'armée, d'abord en secourant le jeune Chosroës II, roi de Per^e, contre un satrape rebelle, puis en refusant de racheter douze mille soldats gi-ecs que le Khan des Avares avait faits prisonniers, et qu'il ordonna impitoyablement d'égorger. L'armée révoltée proclama le centurion Phocas (602 ), qui fit périr toute la famille de Maurice. Ce tyran peu jaloux de la gloire de l'empire, fut luimême mis à mort par les ordres d'Héraclius, fils du

6. Quel fut le successeur de Justinien ? — 7. Qui Justin II choisitil poi r lui succéder? Que fit Tibère II ? Que sait-on de ilaur^ce ? Qui fut 5Iu à sa place ? Par qui la mort de Maurice fut-elle vongi e?

gouYcrneur de l'Afrique, que les habitants de Constantinople avaient appelé à leur secours ( 610).

8. Le long règne d'Héraclius (610-641) fut mêlé de succès et de revers. Yaincii d'abord par Chosroës H et par les Avares, ce j^rince fut un moment tenté d© transporter le siège de l'empire à Cartbage. Le patriarche Sergius s'y opposa et releva son courage. Héracliusprit alors l'oifensive contre les Perses; vainqueur à Issus (632), il fit alliance avec les Turcs des bords de la mer Caspienne, repoussa de Constantinople une seconde invasion des Avares et conclut une paix avantageuse avec le parricide Siroës, successeur de Chosroës II. Mais les Arabes, réunis sous l'étendard du Coran, lui feront éprouver de grandes pertes en Asie et en Afrique. La décadence ne s'arrêtera plus 7naintenant jusqu'à la ruine totale de l'empire grec de Byzance.

9. Les descendants d'Héraclius occupèrent le trône de Constantinople pendant TO ans (641-711)." Cette lamillc se rendit méprisable et se déshonora par les cruautés les plus infâmes. Constantin m fut empoisonné (641), Héracléonas, mutilé (641), Constant II, exilé, puis assassiné à Sj'racuse (668). Constantin IV, surnommé Pogonat, repoussa le Khalife Moaviah qui avait paru avec une flotte sous les murs de Constantinople (680). Pendant sept années, les Sarrasins pénétrèrent jusqu'à la capitale de l'empire, et furent toujours repoussés avec des pertes considérables. On se servit contre eux, pour la première lois, du feu grégeois. Ce feu, qui consumait les vaisseaux au milieu des flots, venait d'être inventé par Callimaque. Constantin lY fit massacrer ses deux frères, sous le prétexte qu'ils avaient conspiré contre sa vie, et laissa le trôneà son fils Justinien II (685). Celui-ci fut détrôné au moment oii il donnait l'ordre de massacrer

8. Quels furent les revers d'IIéraclius ? Eut-il des succès ? Que se passa-t-il vers la fin de son règne ? — 9. Quel fut le caractère de ses descendants ? Qu'est-ce que le feu grégeois ? Quels furent les suc^ cesseurs de CocctaLtin Pogonat "^ Par qui fut fondfl'e la dynastie igaurienne ?

tout le peuple de ConstaDtinople. Les atrocités des usurpateurs Léonce (695) et Absimare Tibère (698) permirent à Justinien II de reprendre le sceptre (705), mais il périt assassiné (711), et avec lui s'éteignit cette triste race des Héraclides. Le trône fut ensuite occupé successivement par trois empereurs éphémères, dont le dernier fut renversé par Léon III, le fondateur de la dynastie isaurienne (717).

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1. Daps le cours du septième siècle, une invasion d'un caractère nouveau, puisqu'elle avait pour mobile le fanatisme religieux, partit de l'Arabie et bouleversa, comme une violente tempête, l'Asie et l'Afrique, n'aspirant à rien moins qu'à l'empire du monde,

2. Mahomet, le célèbre fondateur de l'Islamisme ou religion des Musulmans, naquit à la 3Iecque vers l'an 570 de Jésus-Christ ; il descendait des princes et pontifes idolâtres du pays. A l'âge de quarante ans (610), Mahomet commença ses prédications, en se disant inspiré par l'archange Crabriel. Pour accréditer sa mission, il eut recours à toutes sortes de fourberies, d« faux miracles et de fables grossières. Il persuada d'abord à Cadijah, sa femme, qu'il avait reçu une mission divine. Son affi.'anehi Zeid, son cousin Ali, le riche Abou-Bekr et enfin Othman se laissèrent aussi persuader. On se pressait autour de lui et on allait entendre ses prédicatioas sur la place publique. Mais les jtartisansdc l'ancien culte suscitèrent contre lui et les siens une persécution violente; il fut obligé de s'enfuir de la Mecque à Yatreb, appelée depuis Médine (ville du prophète), où il se fit un nombreux parti (622).

1. Quel évéLc-ment remarquable eut lieu dans le cours du septième siècle ? — 2. Où naquit Mahomet ? Que fit-il à l'âge de quarante ans ? Quels moyens prit-il pour accréditer sa mission? Qu'eat-ce que l'hégire ?

Cette année de la fuite ou hégire est le point de départ de l'ère des Mahométans '

3. La nouvelle doctrine, renfermée dans le Cora;?, on livre par excellence, devait se propager dans le monde, non par la persuasion, mais par la violence et le fer; ainsi l'entendait son fondateur. Il marcha lui-même, à la tête d'une armée composée de ses sectateurs, contre les tribus indépendantes; il soumit les villes qui Ini résistaient, et se rendit maître de la Mecque, en 630. Peu après, toutes les autres tribus de l'Arabie se soumirentà lui. Mahomet se préparait à envahir la Syrie, lorsqu'il fut surpris par la mort à Médine, en G32.

4. Abou-Bekr, beau-père de Mahomet, lui succéda avec le titre de calife ou vicaire. Caled. lieutenant de celui-ci, vainquit en Syrie l'armée d'Héraclius, s'empara de Damas et de la Palestine. Omar, autre beaupère de Mahomet, fut le second calife. Sous lui, Caled termina la conquête de la Syrie jusqu'à TEuphrate. Amrou envahit l'Egypte et détruisit, dit-on, sur l'ordre du chef de l'islamisme, la grande bibliothèque d'Alexandrie, qui comptait 400000 volumes (038).

5. Le califatd'Othman, successeur d'Omar (C44) fui inarqué par les conquêtes d'Abdallah, qui pénétra en Afrique jusqu'à Tripoli de Barbarie, et par celles d'Amrou, qui acheva la ruine de l'empire desPerses (649). Othman fit aussi équiper de nombreux vaisseaux, et le croissant ne tarda pas à paraître triomphant sur toutes les mers. Moaviah, qui avait été auparavant gouverneur de Syrie, fut chargé de la première expédition maritime. Il fit la conquête des îles de Chypre et de Ehodes (051), et il se disposait à attaquer Constantinople par mer, quand Othman fut assassiné ("656).

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