Louis XII, fils de Charles d'Orléans et arrière
5. Quel fut le successeur de Louis XI ? A qui la régence fut-elle confiée ? Que fit le duc d'Orléans ? Où fut-il vaincu ? 6. Que fit Charles VIII, arrivé à l'âge de majorité ? Quelle guerre entreprit-* il? — 7. Comment mourut-il? Qnel était son oaractùrc ? — 8, Quel fut le successeur de Charles VIII ?
petit-fils de Charles Y, succéda à Charles VIII. Ce prince avait joué le premier rôie dans les troubles de la minorité de Charles YIII, mais, depuis qu'il était soiti de prison, sa fidélité ne s'était pas démenti. Lo commencement de son règne fut signalé par d'utiles réformes, qui lui firent donner le surnom glorieux de Père du peuple.
9. Voulant revendiquer ses droits sur Xaples et le Milanais, Louis XII partit pour l'Italie, et gagna la bataille d'Agnadel sur les Vénitiens. Maximilien d'Autriche, Henri VIII, roi d'Angleterre, Ferdinand-le- Catholique, roi d'Espagne, le pape Jules II, les Suisses et les Vénitiens, irrités cie ces succès, se liguèrent contre la France; mais ils furent défaits aux journées de Bologne, de Bresciu et de Eavennes oii périt, à Vàge de vingt-trois ans, Gaston de Foix, neveu du roi. qui s'y était immortalisé. C'est alors que parut le fameux Bayard, surnommé le chevalier sans peur et sans reproche (1511).
L'Empire et l'Angleten'e réunis eurent leur revanche à la journée de Guinegate, connue sous le nom de journée des éperons. Cependant, au moyen d'habiles négociations, Louis pai vint à désunir ses ennemis, et le traité de Londres (1514) fit renaître la tranquillité de l'Etat. La mort de Louis XII plongea tout le peuple dans la douleur ; chacun pleurait en lui un père. Avec lui commença et finit la première branche d'Orléans.
SECTION II
Depuis François 1er jusquà V avènement de la dynastie des Bourbons dans la pers^mne de Henri IV (1515-15S9).
1. François 1er, fils de Char^c^ d'Angouléme, do la maison (i Orléan.-^. succéda à Louis Xil, qui n'avait pas 1; is é d'enîMit m.ile Ilcf n n crue» : i - î'fi'Ftoire
y. Quels sont les événeirents du rèîrne ■ e Lom? XII ".'
1. A qui François lor succ«.da-t-ii ? Quel était éud portrait?
192 HISTOIRE MODERNi:.
la seconde branche des Yalois. Beau, Sjnrituel, vaillant et magnifique, le joune roi aimait la chevalerie et les grandes aventures. Il avait sur Kaples les mêmee droits que ses prédécesseurs, et sur Milan, ceux de Louis XII, dont il était le neveu.
2. Ce gros garçon gâtera tout, teWe était la triste opinion de Louis XII sur François 1er, et cependant dès la première année de son lègne, le jeune prince répara une des fautes de son prédécesseur en déchirant l'humiliant traité de Dijon. Voulant reprendre le Milanais, François 1er fit de grands préparatifs. A la tète d'une armée formidable, il franchit les Alpes avec une audace digne d'Annibal et remporta sur les Suisses la célèbre victoire de Marignan (1515) ; mais il ne fut pas toujours aussi heureux. Il perdit plusieurs batailles, entre autres celle de Iicbec, où fut tué le brave chevalier Bavard.
3. Le trône impérial étant venu à vaquer par la mort de Maximilien, quelques électeurs jetèrent les yeux sur François 1er; mais Charles-Cjuint lui fut préféré, et dès-lors ces deux princes se fii-ent une guerre cruelle. Fait prisonnier à la bataille de Pavie, Fi-ançois 1er ne recouvra sa liberté que pour recommencer la guerre. Pendant qu'il gagnait la bataille de Cérisoles, les Anglais s'emparaient du laord de la France, et Charles- Quint attaquait la Champagne. Le traité de Crépi en Yalois suspendit pour quelque temps le cours des hostilités. Peu après François 1er mourut à Bambouillet.
4. François 1er organisa l'infanterie française, si redoutable dans la suite, encouragea la marine négligée par ses prédécesseurs, er créa le port du Havre. Jacques-Cartier, de Saint-Malo, remonta le fleuve Saint- Laurent et découvrit le Canada, qui devint plus tard une importante colonie. L'industrie et le commerce reçu-
2. Quelle opinion Louis XII avait-il de François 1er ? Qui gagna la bataille de Marignan ? François 1er fut-il toujours heureux dans la guerre ? — 3. Quel fut le sujet de la rivalité de François 1er avec Oharîes-Quirt ? Où François 1er fut-il fait prisonnier ? — 4. Que doit la monarchie française à François 1er ?
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rCDt des faveurs in telligeutes. Mais François 1er est surtout le Père des lettres. L'imprimerie rovale, libéralement pourvue par ses largesses, publia des livres en toutes langues avec leurs caractères propres. Au Collège de France, fondé en 1530, on enseigna, dès Torigine, l'hébreu, le grec et les mathématiques, la médecine et la philosophie. L'éclat que les arts et les lettres jetèrent sur ce règne,, en ont fait un des plus importants de l'histoire de France ; car les fautes que François 1er a commises ont laissé peu de traces, et le bien qu'il a fait a été durable.
C'est du temps de François 1er que Luther et Calvin se séparèrent do l'Église romaine et établirent le protestantisme. .
5. Henri II .fils et successem' de François 1er (1547), continua les guerres commencées par son père ; il défit les Impériaux à la bataille de Eenti (1554). et s'empara de la Lorraine. Peu aj^rès il lut défait par les Espagnols à Saint-Quentin et à Gravelines ce qui ne l'empêcha cependant pas d'enlever aux Anglais la ville de Calais, qu'ils possédaient depuis plus de deux siècles. Henri II mourut d'un accident, dans une ÎQiQ qu'il donna .ù l'occasion du mariage de Marguerite de Yalois avec le duc de Savoie. La France allait être livrée à tous les malheurs des factions ot dos haines religieuses, envenimées déjà par la rigueur du feu roi envers les protestants.
6. Henri II eut pour successeur son fils François II (1559), qui n'avait que seize ans, et qui était faible et maladif. Sous le court règne de ce prince, on vit éciore tous les maux que causèrent ces guen'cs dont la religion fut le prétexte, mais l'ambition des grands seigneurs le vrai motif, Antoine de Bourbon, devenu roi de Navarre, et Louis de Condo, mécontents devoir la reine-mère, Catherine de Médicis, régente du royaume, se liguèrent avec l'amiral de Coligny contre sou gouvernement, que soutenaient les Guises, chefs du
ô. Qui 8ucc<5da à François 1er ? Que sait-oa du règne de Henri II ".' — 6. Quel fut le successeur de Henri H ? Quels partis 5e form^renc sous François II ? Quel fut lo but de la conjuration d'.Vmboise ?
parti catholique. François n'échappa qu'avec peine à La conspiration d'Amboise, où les princes ligués voulaient se saisir de sa pei-sonne. Le roi mourut au moment où Condé allait expier cet attentat, et, quelques années plus tard, son épouse ]\Iarie Stuart, héritière du royaume d'Ecosse, périt sur l'échaf'aud par ordre de la cruelle Elisabeth, reine d'Angleterre.
7. Charles IX, monté sur le trône après la mort de François II, son frère (1560), fat sans cesse en butte aux menées des différents partis qui se disputaient lo pouvoir : Catherine de jiédicis, sa mère, régente, et Antoine de Bourbon, lieutenant du royaume, d'un côté; le connétable de ^lontmorency, le duc de G-uiso et le maréchal do Saint- André, d'un autre; enfin, Condé et Coligny, à la tête des protestants, formaient un troisième parti également ennemi des deux premiers. Ce fut entre ces différents rivaux qu'eurent lieu les batailes, 1*^ de Dreux (1562), gagnée par Guise, qui commandait en second sous ^Montmorency ; 2^ celle de Saint^Denis (1567), oii les royalistes, commandé^B par Henri, duc d'Anjou, remport-èrent la victoire sur Condé; 3° celle de Jarnac (1569). gagnée par le même duc Henri sur Condé, qui y fut tué; 4*^ celle de Eoche-Abeille (1569), gagnée par les protestants ; 5*^ celle de Montcontour (1569), où le duc d'Anjou, secondé par de Guise et Tavannes, défit es protestants commandés par Coligny, qui y fut blessé.
8. Avant ces différentes batailles et dans les courts intervalles de trêve, on avait eu recours à des mesures de conciliation ; mais malgré ces tentatives qui ne painirent pas tonjoui-s faitc\s de bonne foi , malgré le colloque de Poissy, le désordre allant toujours croissant, la cour résolut d'y mettre fin en ayant recours à un moyen atroce. Elle obtint du roi l'ordre de massacrer tous les protcsl-ants. Le carnage, com-
7. Qui succéda à François II ? A qui la régence était-elle confiée ? Quels partis s'étaient alors formés? Rapportez les guerres de religion qui eurent lieu sous le rt^gue de Ch:aies IX. — 8. Par qui 1© * massacre de la Saint-Barthélémi fut-il i.rd nné '.' Qu'est-ce qui prouve que la religion resta étrangère à ce massacre?
mencé à Paris le jour de la Saint-Dartoé^émi, continua les jours suivants ; il fat presque général dans les provinces du royaume. Xéunnioins, quelques •■'•ouvemeurs, tels que ceux de Lyon, du Daupbiné. de la Provence, de la Bourgoirne, et nommément le comte d'Orthez, gouverneur de Biiyonne, et lévèque de Lisieux, refusèrent d'obéir, supposant que de pareils ordres ne pouvaient émaner de la libre volonté du roi. A Paris, cet» affreux massacre coûta la vie à l'amiral de Coligny et à près de 4000 buguenots.
Il n'y eut ni cardinaux, ni évèques. ni prêtres dans le conseil où cette mesure sanglante fut résolue. Catberine, qui la détermina, n'avait pas de culte supérieur à son ambition ; et, dans toutes les villes où l'on voulut exécuter cet borrible décret, les protestants ne trouvèrent pas de protecteurs plus ardents que parmi le cierge.
9. Cbarles IX. honteux des crimes que lui avait fait commettre l'odieuse politique de sa mère, s'éteignit au milieu des remords. 11 mourut, à l'âge de vingt-quatre ans, d'une maladie si cruelle qu'on put le croire empoisonné.
Ce règne, fécond en désastres et en forfiits. vit néanmoins, par les efforts du ebancelier de l'HôpitûI, de sages réformes s'introduire dans l'administration, dans les tribunaux et dans les lois.
10. A la nouvelle de la mort du roi, le duc d'Anjou, Henri III, qui régnait depuis un an sur la Pologne, s'enfuit de Cracovie comme un prisonnier, et vint prendre possession de la couronne de France. Ce prince avajt encore moins de caractère que son frère Cbarles IX. Il eut le malbeur d'obéir aux conseils de sa mère et de flotter toujours irrésolu entre les protestants et les catholiques.
11. Le gouvernement de la Picardie avant été accordé au prince de Condé, cette province, où dominait le catbolicisme, se souleva contre lui, et fonda,
9. Comment mourut Charles IX?— 10. Quel fut le caractère de Henn III?— 11. Dans qur'ie prorince la Ligue commenra-t-olle ?
i96 HISTOIRE MODERNE.
la première, cette associatioa redoutable qui, se propageant de proche en proche, devait devenir la L^gue. L'attachement profond du peuple à la foi catholique en fat le principal mobile ; mais de=} passioti-s politiques et des calculs intéressés b'y mêlèrent bientôt. L'ambition des Guise s'en fit comme un levier et no tarda pas à dénaturer ce grand mouvement, qui était pur dans son origine.
12. Les Guise soatinrent d'abord ^enri III ; mais celui-ci, redoutant l'influence que la guerre donnait à Henri de Guise, dit le Balafré, accorda aux protestants des avantages exagérés, qui mirent les catholiques au désespoir. Guise, profitant de leur indignation, se mit à la tête des ligueurs ; le conseil du roi embrassa le parti des amis de l'ordre et de la paix, que l'on nomma les politiques, et les amis de Henri, roi de Navarre, formèrent le parti des protestants, nommés aussi huguenots. Les Espagnols s'unirent aux Li2:ueurs, et les Allemands aux protestants. 9»
13. Lès lors, le sang recommença à couler ; dans cette guerre, qu'on appela la guerre des trois Henn, Henri de :N"avarre gagna la Bataille de Coutras sur les Ligueurs (1587) ; ceux-ci, à leur tour, commandés par le duc de Guise, exterminèrent à Vimory et a. Auneau les renforts que le roi de Navarre recevait d'Allemagne, et se rendirent maîtres de Paris à la jowni^'e des ôamcatZês.-» Mais bientôt le duc do Guise et le cardinal son frère, ayant été massacrés à Blois par ordre du roi, qui redoutait leur influence, Mayenne, leur ieune frère, soutenu par la ligce et la fiiction des seize, qui s'était formée à Paris, fut proclame lieutenant-général du royaume, et, peu après, le roi fut lui-même assasisné par Jacques Clément. La mort de Henri III mit fin à la branche des Valois, quatrième des Capétiens (1589).
12. Quei parti prit Henri III ? - 13. Qu'a-t-on appelé la guerre des trois Henri ? Quelles furent les victoires du duc de Guise •. Com-^ ment Henri III se délivra-t-il des Guise ? QueUo tut la Ca d« Henri III ?
SECTION m.
Depuis Vavénenient de la dynastie des Bourbons dans la personne de Henri I Y, jusqu'à la Révolution française (15S9-1789).
1. Le premier roi de la branche des Bourbons, cinquième des Capétiens, fut Henri lY (1589) fils d'Antoine de Bourbon, descendant do saint Louis. Ce prince se trouvait légitime héritier de la couronne à la moi-t de Henri III. Le protestantisme, dont il faisait profession, fut pour les Ligueurs un motif de l'éloigner du trône; mais il les vainquit dans les batailles d'Arqués, d'Ivry et d'Epernaj. Son abjuration, faite à Saint-Denis, lui mérita la confiance des catholiques, et ils lui ouvrirent les portes do la capitale, dont il avait plusieurs fois, mais inutilement, fait le siège.
2. Henri IV, étant maître de l'Etat, le gouverna avec une grande bonté et une sagesse admirable. Il confia l'administration au célèbre Sully et à d'autre» ministres dignes de confiance, et s'occupa constammont du bonheur des Français. Quoique ce bon roi se fût toujours montré le père de son peuple, il fut cependant assassiné par l'infâme Ravaillac, dans la rue de la Féronnerie, à Paris. '' Jamais roi " dit ]ilr. Guizot. '-'venii dans des temps d'extrême violence, n'a par des procédés plus doux, mis fin à tant de mal, commencé tant de bien, et relevé la monarchie avec tant do ménagement pour les anciennes traditions ou les nouveaux besoins de liberté." ■ — -
3. L'autorité royale passa des mains fermes de Henri lY dans celles d'un enfant de dix ans, Louis XIII (1610), sous la régence de la reine mère, Marie de Médicis, femme plus ambitieuse qu'habile. Les grands proje'ts du dernier règne furent bientôt mis en oubli.
1. Quel f'U le promier roi de la branche des Bourbons ? — 2. A qui Henri IV confia-t-il l'administration de l'État ? Comment mourut-il?— 3. Quel fut le successeur de Henri IV ? A qui la régence fut-elle confiée ? Quel fut 8oa premier miniàtr© ? Quelle fut la In du maréchal d* Ancro ','
198 HISTOIS£ ^OltlJLSX»
La regento' changea tout le système de ffouvorfiement, renvoya les anciens ministies, et plaça à la tète des affaires le Florentin Concini, qu'elle nomma maréchal d'Ancre. Ce choix fut peu agréable à la nation. Condé et plusieurs autres seigneurs, jaloux de l'autorité du premier ministre, unirent leurs efforts et obtinrent l'exil de Ja régente; son favori fut massacré.
♦4. Tout avait décliné depuis quatorze ans; la rovauté suiviiit une ra^irche rétrograde et timide lorsque l'entrée- de Eichelieu au ministère, vint sauver l'œuvre de Henri IV. Ce ministre, parvenu au pouvoir, fit poursuivre les protestants à cause de leurs menées séditieuses, prit, après un long siège, la RocheLe, devenue leur boulevard et le foyer de toutes leurs révoltes. Eichelieu ne se montra pas moins redoutable aux seigneui-s qui s'efforçaient d'affaiblir l'autorité royale. Plusieurs exécutions, oui eurent lieu sans considération du rang des conspirateurs, contribuèrent à rétablir la paix à l'intérieur, ce qui permit de faire quelques guerres glorieuses et d'acquérir do nouvelles provinces.
Ptichelieu continua de gouverner jusqu'à sa mort, malgré la jalousie de ses rivaux. Le roi ne lui survécut que de quelques mois.
C'est sous le règne de Louis XIÎI que l'Académie française fut fondée par Piichelieu. A cette époque, saint Vincent de Paul fondait ses établissements.
5 Le i-ègne le plus glorieux de la dynastie des Bourbons, fut celui de Louis XIV, fils de 'Louis XIII. Ce prince n'ayant que cinq ans lorsqu'il monta sur le trône (1643), la régence fut confiée à Anne d'Autriche, sa mère, et le mini.-,tère au cardinal ^Mazarin. Les victoires que signalèrent l'avènement de Louis XIV furent celles de Eocroy (1643), de Fri bourg
4. Quel grand ministre vint alors au pouvoir? Quels furent les T)rincipa x actes de Richelieu ? — ô. Qui est-ce qui succéda à Louis XIII? A qui la régecice fut-elle confi.e ? Quel fut le premier ministre de la régente? Quels obstacles rencontra Mazarin^ Quelles, victores signalèrent l'avénemcnt de Louis XIV? Qu'est-cooui vint troubler les heurtiux commencement* de ce rèrne ?