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Que doit-on au mojen-âge? — 10 Qu'a-t-il produit

Depuis la prise de Constantixople, en 1453 jusqu'à nos jours.

Remarque.— Xcus n*avons pas cru devoir adopter de divisions particulière.^ pour l'histoire moderne. La méthode que nous avons suivie pour l'histoire ancienne, qui est aussi celle de bons auteurs ano-lais nous a paru mériter la préférence. C'est pourquoi nous donnerons d'un fcnl trait l'histoire de chaque

]>euple.

SECTION I

Dejjuls V expulsion des Anglais, sous Charles VIT, jusqu'à Vavénemmt de François 1er. chef de la seconde #v branche des Valois (1453-1513).

1. Lorsque la bataille de Custillon, livrée Tannée même oii commence l'histoire moderne (1453), n'eut laissé aux Anglais que la seule ville de Calais, Charles YII appliqua son esprit aux réformes dont une expérience chèrement acquise lui avait révélé le besoin. Il avait pu comprendi-e tous les dangers du régime féodal, en voyant le duc de Bourgogne, tour à tour ami et ennemi des Anglais, faire pencher à son gré la balance de la guerre.

2. Les projets criminels et les tentative^ de révolte du dauphin Louis abrégèrent les jours de Charles YII,

1. Que fit Charles Vil après la bataiUe de Castillon ?— 2. Quelle fut la conduite du Dauphin Louis ? Comment mourut Charles VIT ?

upê d'ailleurs par les fatigues et les soucis. Il se cou damna, dit-on, à mourir de faim, dans la crainte que ce fils ne tentât de l'empoissonner (1461). Charles YII laissait heureux et prospère le royaume qu'il avait reçu dans un état si misérable ; mais un concours inouï de circonstances extraordinaires et la protection visible de la Providence, qui avait éclaté dans la mission de Jeanne d'Arc, avaient plus contribué A ce résultat que les qualités du prince, auquel la postérité reprochera toujours avec raison son indifférence, sa légèreté et ses faiblesses.

3. Louis XI (1461) fut un des plus habiles rois qu'ait eus la France ; mais il avait le cœur aussi corrompu que son esprit était vaste et entreprenant. Le fond de son carractère était la dissimulation ; il eut plusieurs guerres à soutenir, et il s'en tira avec succès par la ruse et la fourKerie ; ses cruautés et ses injustices le rendirent odieux. Ce prince rendit cependant de grands services à la nation en portant le dernier coup au régime féodal, et en agrandissant le royaume par l'acquisition de plusieurs belles provin es ; il établit le service des portes, mit un terme à l'altération des monnaies, et affermit l'autorité des juges en les rendant inamovibles.

4. II passa le^ dernières années de sa vie enfermé au château de Plcssis-lez-Toiirs, redoutant la mort et les complots, se livrant, pour écarter ses terreurs, à toutes sortes de pratiques superstitieuses. Son médecin Coitier, son barbier Olivier le Daim ou le Diable et le prévôt Tristan, l'exécuteur de ses vengeances, approchaient seuls de sa personne. La mort arriva

, parce qu'il espérait, par

tcrcession de ce saint per.-onnage, prolonger de quelques jours sa misérable existence.

,.f: ,^"^"^^"' ^* conduite de Louis XI, fila et successeur de Charle» Ml .—4. Par qui fut-il assisté dans ses derniers moments?

5. Charles YIII (1483) n'avait que treize ans à la mort de son père, Louis XI. Ce jeune prince, dont 1 éducation avait été négligée à dessein, était incapable de régner par lui-nirme. Mais sa sœur, Anne de Bcaujeu, qui avait tout le génie de son père, régna à sa place. Elle convoqua les Ëtats-généraux en 1484, et se fit donner par celte assemblée la tutelle du je:me prince. Leduc d'Orléans, qui devait succéder à Charles YIII sous le nom de Louis XII, fut mécontent de cette décision ; il se retira en Bretagne et exci a une révolte. Il fut vaincu à Saint-Aubin du Corbier par la Trémouille, qui le fit prisonnier (1488), et obligea le duc de Bretagne à demander la paix.

6. Charles, ayant atteint l'âge de majorité, prit les rênes de l'Etat, se réconcilia avec le duc d'Orléans, et, ayant conclu la paix avec l'Angleterre, l'Autriche et l'Kspagne, il partit pour l'Italie à la tête de 32000 hommes, dans le dessein de faire valoir ses prétentions sur le royaume de Xaplcs. Il réussit d'abord audelà de- ses espérances ; mais, peu après, la jalousie des princes voisins le força d'abandonner sa conquête.

7. Ce prince mourut d'accident, en 1498, à l'âge de 27 ans. Dans le trop court intervalle qui s'écoula entre son retour d'Italie et sa mort, Charles VIII acquit une gloire véritable par les soins qu'il donna à l'administration de ses États. Il aimait, comme saint Louis, à rendre la justice par lui-même ; il écoutait tout le monde, mais il avait de la prédilection pour les pauvres. Petit de corps et grand de cœur, dit Commines, sa bonté l'avait fait chérir tellement de ses serviteurs que plusieurs, dit-on, ne purent lui survivre. Il ne laissait pas d'enfants, de sorte que la couronne passa des Yalois directs cà la branche d'Orléans.

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