II. Jacrjues II, Guillaume III et
Marie, Anne (1603-1714).
1. A la mort d'Elisabeth, Jacques TT, roi d'Ecosse et fils de Marie Stuart, fut appelé à régner sur l'Angleterre, comme descendant de Jacques lY et de Marguerite, fille de Henri VIT, Il prit à son avènement le nom de Jacques 1er. Ce prince réunit^ la première fois les trois couronnes (Angleterre, Ecosse et Irlande) et porta: mais sans honiieur, le titre de souveverain de la Grande-Bretagne. Les per.-écutions sanglantes qu'il ordonna contre les cathoKques, au mépris de sa mère, donnèrent lieu à la fameuse conspiration des poudres (1605), ainsi nommée parce que les conjurés voulurent, dit-on, faire sauter le roi et ses ministres dans le palais du Parlement.
2. Les prétentions de Jacques 1er au pouvoir absolu rencontrèrent une vive opposition dans lacham-
15. Quelle était la conduite privée d'Elisabeth ? Quelles turent les dernières années de sa vie ? ^
1. Quel lut le successeur d'Elisabctli ? Que fit Jacques 1er:» Qu'était-ce qus la conspiration des poudres? — 2. Comment la cbaiEbre des communca r3Çut-oile les prétentions de Jacq^ues 1er ?
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bre des communes. Elle lui refusa des subsides et le mit dans l'impuissance de secourir la Hollande soulevée contre l'Espagne, et de soutenir son gendre, l'électeur Palatin, alors engagé dans la guerre de Trente Ans. Egalement odieux aux catholiques et aux anglicans, il cherchait à oublier les soucis de la couronne en s'occupant de querelles tbéologiques, et en étalant une érsdition pédantesque qui lui tit donner le surnom de maître Jacques. Livré toute sa vie à des favoris, dont le principal fut Georges Yilliers, duc de Buckingbam, Jacques laissa à son fils, Charles 1er, un royaume en proie aux passions religieuses et politiques (1625).
3. Déjà suspect aux anglicans et aux presbytériens à cause de son mariage avec une princesse catholique, Henriette de Erance, tille de Henri lY, Charles 1er accrut le mécontentement général par ses actes arbitraires et par sa confiance aveugle dans le frivole Buckingham. Le mauvais succès de l'expédition de la Hochelle, une nouvelle liturgie de l'invention du roi, des impôts levés illégalement sur le refus des communes, soulevèrent la nation contre ce malheureux prince. Le Parlement rédigea une longue liste do ses privilèges et l'oô'rit à la sanction du roi sous le nom de Pétition des droits. L'Ecosse repoussa ré}>iscopat, qu'on voulut lui imposer, et s'insurgea en formant une nouvelle ligue presbytérienne ou Covejiant (1638).
4. Cependant, Charles 1er laissa juger et condamner à mort par le Parlement son ministre Strafiford, qui l'avait fi- 1 élément servi. Cet acte de faiblesse ne fit qu'exciter l'audp.ce d'une assemblée séditieuse, qui s unit bientôt aux rebelles d'Ecosse. Q atre fois le Parlement fut dissous ec renouvelé sans que l'oppo-
3, Qael fut le 3ucce<seur de Jacques 1er ? Qui Charles icr épousat-il ? Que produisit cette union sur les Anglais ? En quoi accrutil le mt contentemeutde ses sujets ? A quelle occasion la révoite éolata-t-elle en Écusse? — 4. Comment lo Parlement traita-t-il le ministre Strafford ?
^^^ HISTOIRE iïODJEIlXE.
sition fiiiblit; la guoiTo civile ne tarda pas à éclater (1642).
5. A la tête de la noblesse qui lui était restée en grande partie fidèle, et des Irlandais ralliés à sa cause, Charles tenta le sort des armes dans l'espérance do ressaisir son pouvoir. Ses partisans étaient désigné^ sous le nom de cavaliers, et ses ennemis sous celui du têtes rondes. Il rencontra plusieurs fois l'armée parlementaire avec des chances diverses; la reine Henriette de France, qui le secondait héroïquement, traversa plus d'une fois la mer pour lui amener des secours. A^ainqueur à Worcester etàEdge-Hill (1642) vaincu à Xewbury et à Marston-:Moor, il perdit encore la bataille décisive de Xasebj (1645), où se distinguèrent Fairfax et Olivier Cromicell.CQ[m-ci, "homme d'une grande profondeur d'esprit, hypocrite raffiné autant qu'habile politique, également actif et infatigable dans la paix et dans la guerre, " était le chef de la secte fanatique des indépendant s ^ qui voulaient tout niveler dans le gouvernement comme dans la religion.
6. Le roi, vaincu, se confia aux Êcos-ais, qui le livrèrent au Parlement. Il parvint à s'enfuir, fut repri.^ dans l'île do Wight et conduit à Londres, où ses ennemis lui firent son procès. C'était le premier exemple, dans les temps modernes, d'un roi jugé et condamné par ses sujets. Charles 1er montra jusqu'au dernier moment beaucoup de dignité, de résignation et de coui-age ; il eut la tète tranchée, le 9 février 1649, sur la place de Whitehall. ■ L'Angleterre a célébré depuis l'anniversaire de sa mort comme un deuil national.
7. Cromwell recueillit les fruits du régicide dont il avait été le principal auteur. Il soumit la malheureuse Irlande avec la férocité d'un bourreau, battit
5. Qu'est-ce qui fit éclater la guerre civile et comment se divita la nation? Qu'était Cromwell ? Quelle bataille gagua-t-il ?— 6 Que devint Charles 1er ? Quelle fut sa nn ?— 7. Qui est-ce qui arriva au* pouvoir après la mort du roi Charles 1er ? Comment CromweU traitat-il l'Irlandâ ? Quel titre rerut-il du Parlement?
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aux deux journées de Dunbar (1650) et de Wprcester (1751) le fils de Charles 1er, défendu par les Écossais, se fraya un chemin au pouvoir absolu en employant tour à tour la force et la ruse. Après avoir chassé avec ignominie ce Long- Parlement qui lui avait donné le titre de généralissime, il se fit nommer, par une autre assemblée, Protecteur ou chef de la république d'Angleterre (1653), et renvoya bientôt après lc3 députés pour régnei' seul et sans contrôle.
8. Le gouvernement de Cromwell, toujours despotique, mais ferme et habile, ne fut pas moins respecté au dehors qu'au dedans. La Hollande humiliée, la Jamaïque enlevée aux Espagnols, l'acquisition de
Dunkerque, des alliances avantageuses sm' le continent, élevèrent et agrandirent l'Angleterre, en même temps que l'acte de navigation assurait sa prépondérance maritime. Cromwell mourut en 1658, à cinquante-neuf an?., avec la réputation d'un politique do génie.
9. So'n fils, Eichard Cromwell, incapable de porter le fardeau du protectorat, et trop honnête homme po^ar se maintenir par des crimes, abdiqua au bout cte quelques mois. La restauration des tStuarts s'accomplit alors dans la personne de Charles II, fils de l'infortuné Charles 1er, grâce au concours et à l'habileté profonde du général 3Ionk, gouverneur de l'Ecosse (1660). L'époque des guerres civiles et religieuses de l'Angleterre vit naître l'auteur du Paradis ■perdu, Milton, qui fut secrétaire de Cromwell. C'est, après Shakspeare, le plus illustre représentant de la poésie anglaise.
10. Charles II, rappelé en Angleterre, prouva que les cruelles leçons de l'expérience avaient été perdues pour lui. Ce prince, bien que doué de qualités brillantes, n'avait aucun souci de l'avenir, et sa-
8. Quel était le gouvernement de Cromwell ? A quels peuples Cromwell fit-il la guerre? A quel âge mourut-il ? — 9. Qui lui succéda? Pourquoi Richard Cromwell abdiqua-t-il ? Que sait-on du général Moiik ? Quels personnages distinguée illustrèrent alors l'Angleterre ? — 10. Qu'était Charles II ? Quel était soa caractère ? Qu'en tend-on par Whigs ? Par Tories ? • r-
^2 HI5TÛIEE MODERNE.
crifiait tout même la dignité de son pays, à son amour du pla.sir II commença par s'aliéner l'esprit ])nbhc en faisant la guerre à la Hollande et en contractant une alliance intime avec Louis XIV dont il recevait une pension considérable. C'est de ce rè-^ne nue date la distinction des TFAi>, plus attachés à° la ••ause populaire, et des Torm, plus dévoués à la royauté et a l'LgIise anglicane. ■' 11. Sans être personnellement hostile aux catholifiues, Charles II fut contraint par le parlement T confi.mer le biU du TeM, qui les^exclua^ derchar4 ■t des emplois. Cet acte était surtout dirigé contre e duc d lork, frère du roi, dont on se défiât à cause de son attachement à la foi romaine; il se démit 1' effet, de sa charge de grand amiral pour se s^ustra" re au serment. Un biU, conçu dans\n esprH plus iberal, honora le gouvernement de Charles II- ce it .P t' co;-ws destiné à protéger la liberté individuel e. Lue révolte des puritains ou presbytériens ngules d Ecosse, qui ne voulaient ni de l'an^lioaniV rae ni de la monarchie, troubla lesdernières années de (harles II; il mourut en 1685, laissant la couronne a^on^ft-ere le duc d'York, qui prit le nom do TC
12 Ce prince, qui était catholique, crut pouvoir sans danger, proclamer la liberté de conscient et rendre au.x- catholiques le libre exercice de leur^lte -.lais es protestants, qui réclamaient la libertéquand ri'! T ^^7°™"^ « « '" propagation de leurs dlctri .es, la condamnaient dès qu'elle leur semblait devor tourner contre eux. Les mécontents se conce.St secretemen avec Guillaume d'Orange. Celui-ci n'hé- Mta pas a s'embarquer pour l'Angleterre avec une armée de quinze mille Hollandais °et Allemands dans . le but de renverser son beau-père. Jacques II oui n'avait pu croire à tant de iWfidie, qu^Utason roy!
si.co'.d» à Cbarle, Tr ? , o A ^ ",'^"."" 1"' Vhahea. carpu, > Qui Par ,„i '^^1:^^l:-^C^^^^I' P-f->"' •'
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aume sans faire la moindre résistance, et se rôtira en France, où Louis XiY lui donna pour résidence lo château de Saint-Germain, avec cent cinquante mille livres pour acheter un équipage et cinquante mille livres par mois pour son entretien.
13. La révolution de 1688, qui occupe une si grande place dans les annales de l'Angleterre, ne modifia pas sensiblement sa constitution essentiellement aristocratique. Les lords, la bourgeoisie et les communes conservèrent leurs privilèges; les droits de la couronne furent limités, et le parlement, où dominait l'influence de la grande propriété, devint le premier pouvoir de l'Ëtat.
14. L'Irlande s'étant soulevée en faveur du roi fugitif, Louis XIY mit à sa disposition un corps de huit mille hommes avec lequel le prince détrôné tenta un débarquement dans cette île, à Kinsale. Mais ce fat en vain que Château Renaud et Tour ville firent des prodiges sur mer. Le lendemain même du jour où ce dernier avait remporté, en vue de Dieppe, une brillante victoire sur los Anglais et les Hollandais réunis, le roi Jacques se laissait battre à la Bojne (1690) et prenait la fuite après cette défaite.
15. Guillaume d'Orange, désormais Guillaume III, triompha de tous les obstacles à force d'habileté et de persévérance, et la couronne fut à jamais perdue pour la famille des Stuarts. Le nouveau roi d'Angleterre put même assistera une sorte de renaissance littéraire dans son pays d'adoption. Pope, le traducteur d'Homère, Swift, l'auteur de Gulliver, l'illustre critique Addison et le philosophe Locke, honorèrent leur époque et imprimèrent aux esprits un mouvement fécond.