ECOSSE
tint par une migrai Ile qui allait de la Tjne an golfe de Solway. Vingt-ans plus tard, sous le règne d'Antonin, on construisit une autre muraille qui joignit le Forth à la Cljde, et la contrée située au sud'de cette muraille prit bientôt après le nom de Valentia ; enfin. en 207, Septime Sévère construisit un nouveau mur encore plus au nord.
2. Les Scots, qui venaient d'Irlande, et les Pietés, peuple d'origine gothique, occupèrent ensuite l'Ecosse septentrionale. Ces peuples firent des incursions dans le noixl de la Bretagne, d'abord contre les Eomains, puis, après le départ de ceux-ci, contre les Bretons. Au IXe siècle (843) Kenneth II réunit sur sa tète les deux couronnes des Pietés et des Scots, et devint ainsi véritablement le premier roi de l'Ecosse. Les historiens écossais comptent avant ce prince QQ rois, dont le premier, nommé Fergus, aurait régné environ 350 ans avant J.-C. ; mais l'existence de ces rois est fabuleuse jusqu'à Fergus II, qui monta sur le ti-ône 410 ans après J.-C. Le christianisme avait pénétré en Ecosse dès le Vie siècle.
3. Au Xle siècle, sous le règne de ZvTalcolm III (1047-1093), qui avait épousé une princef^se saxonne, connue sous le nom de sainte Marguerite d'Ecosse, beaucoup de Saxons, fuyant la domination de G-uillaume-le-Conquéraut, se retirèrent en Ecosse ; ils adoucirent les mœurs encore sauvages des habitants.
4. L'an 1286, à la mort d'Alexandre III, l'antique race des rois d'Ecosse s'éteignit, et après diverses révolutions, pendant lesquelles les Bruce, les Baliol et les Stuart se dis^jutèrent la couronne, ces derniei*s finirent par triompher (1370). Pendant ces querelles intérieures, i'Anglet» rre tenta plusieurs fois de réunir l'iijcosse à sou empire; mais la victoire de Eobert Bruce à Bannockburn (1314) la contraignit à difîérer l'exécution de bcs pi ojet.»;.
2. Q ^'étaient les Scots et les Pietés ? Que sait-on de Kenneth II ? de Jt crgus II ? — 2. Que sait-on de Mnlcolm III ?— 4. ^^ue. sub t l'Ecosee après la mort d'Alexandre III ? Oiieiio victoire re:uporta Robert Bruce ?
5. David II, qui succéda à Eobert Bruce, étant mort sans postérité, eut pour successeur, en 1370, son neveu, Eobert Stuart, sous le nom de Robert IL Il fut le chef de la maison royale des Stuarts. Après lui, huit princes de cette famille régnèrent successivement. L'un deux, Jacques 1er, essaya de mettre un frein au pouvoir et à l'orgueil des grands barons; mais il fut assassiné par eux (1437).
6. Jacques II, fils de Jacques 1er, continua avec succès l'œuvre de son père; mai> .Jacques ITI (1460), qui lui succéda, ne réussit qu'à exciter un soulèvement général, dans lequel il fut vaincu et tué (1488). Jacques lY, en épousant Marguerite, fille de Henri VII, roi d'Angleterre, acquit à ses descendants le droit de prétendre au trône d'Angleterre; il périt en combattant les Anglais, à la bataille de Flodden (1513). Jacques Y épousa Marie de Guise.^ et resserra par ce mariage les liens qui unissaient l'Ecosse à la France, depuis longtemps son alliée.
7. Sous le règne de Jacques Y, commencèrent les troubles de la réforme, fomentés par l'Angleterre, et prêchée avec une violence inouïe, par le moine apostat, Jean Kncx. Marie Stuart, sa fille, fiancée au dauphin de France (depuis, François II), lui succéda (1542). La vive opposition de cette reine au protestantisme fut le principe des mécontentements qui dégénérèrent plus tard en révolte ouverte et qui la forcèrent de se réfugier en Angleterre auprès d'Elisabeth, sa cousine; mais oelle-ci, au lieu de lui prêter secours, la retint prisonnière, puis la fit mettre à mort (1587).
8. Jacques, fils de Marie Stuart, lui snccéda en Ec<)sse sons le nom de Jacques YI, et, après la mort d'Elisabeth, il devint en outre roi d'Angleterre, sons
5. Qui est-ce qui succéda à Robert Bruce ? Que! fut le chef de la dynast-.e des Stuarts? Que fit Jacques 1er ?— 6. Quelle fut la fn Se Jacques III? Qui Jacques IV épousa-t-il ? Quelle fut sa fin ? Quel fut son successeur ?— 7. Qu'arriva-t-il eous Jacques V ? Qui ©st-oe . qui lui succéda ? Que sait-on de Marie Stuart?— 8. Qui est-ce noi ayccéda à Marie Stuart sur le trône d'Ecosse ? L'Éooesc conserra-t- •llô longtemps son parlement ?
ISLAXDE. 241
le nom de Jacques 1er (1603). L'Ecosse conserva néanmoins son titre de royaume, son parlement et ses lois; ce ne' fut qu'un siècle après (1707) que la reine Anne fondit les deux royaumes en une seule monarchie sous le nom do Grande-Bretagne.
SECTIOX I.
1. L'Irlande était connue des peuples civilisés de 1 antiquité. Aristote, qui fait mention de la Grandelîretagne, parle aussi de l'Irlande, qu'il appelé lernedeja avant lui Orphée, dans son Argonaiitique, l'avait nommée lerms. Festus Avienus rapporte que le Carthaginois Himilcon visita l'Irlande, appelée Sacra Insuùa, et que les Carthaginois y avaient des relations commerciales. Les Romains nommèrent cette île mberma, mais n'en eurent jamais que des notions vagues et incomplètes, et n'y étendirent jamais leur domination Au reste, les vieilles traditions elles-mêmes do 1 Irlande sont tellement obscures, ses vieilles ruines sans inscriptions et ses monuments sont tellement muets, qu'il est presque impossible de reconstruire rien de positif sur son passé. II faut donc s'en tenir aux annalistes du moyen-âge, entre autres à Tigeruach, qui ont fait commencer leurs histoires deux siècles avant notre ère.
2 Selon toute probabilité, il paraît que l'Irlande était habitée par une race celtique. Ce peuple fut vaincu par les Firbolgs, peuplade sortiedo la grande famille gothique. L'Irlande vit enfin aborder ?ur ses cotes la dernière tribu qui s'y établit; ce furent les Scots guides par les fils de Alilésius, et qui, au dire des bardes, ^-^cnaicnt d'Espagne. Ces derniers ont fini par devenir maîtres et par dominer toutes les tri-
1. Que sait-on de l'histoire primitive de l'Irlande '>— 2 Par oupI
at '"ou ne?^'/'''''/- Quelle fut la derni.Vre tribu quls'y établit . Quelle tribu donna des rois à l'Irlande ? ^ J'
2i2 mSXOIRl MODIRNE.
bns qui avaient peuplé l'Irlande avant eux. La descendanco de Milésins continua à donner des rois à l'Irlande jusqu'à sa conquête par les Anglais.
3. L'Irlande était divisée en six royaumes: celui de Tara, le plus petit, mais en revanche le plus fertile, était le siège da gouvernement suprême. Aussi, quand on pirle du roi d'Irlande, ne désignc-t-on que celui de Tara. Les cinq autres royaumes étaient subdivisés en cinq fiefs chacun, et l'on donnait le nom de rois aux possesseurs de ces fiefs. Tontes les couronnes, celle du roi suzerain comme celles des rois vassaux, étaient héréditaires quant à la famille, mais électives quant à la personne.
4. Le premier événement remarquable qu'on trouve dans les annales irlandaises, et auquell'annaliste Tigernach fixe les premières lueurs de la vérité historique, c'est la fondation du palais d'Ëmania par le roi Kimboath (200 ans av.J-C). Parmi ses successeurs on cite Hu2:on-le-Grand, qui distribua l'Irlande en trentecinq districts, et mit fin un instant aux cinq grands gouvernements. Deux siècles tout-à-fait stériles s'écoulèrent depuis Hugon jusqu'à Conary, surnommé aussi le Grand, et dont le règne commença avec l'ère chrétienne. Sur trente-deux do ses prédécesseurs, disent les historiens, vingt-neuf périrent de mort violente.
5. Le règne de Crimthan (75 à 80 ap. J. C.) est digne d'attention, parce qu'il coïnci'le avec l'administration d'Agricola dans la Grande-Bretagne, et par les incursions que ce roi. d'Irlande fit en Angleterre pou.harceler les Eomains. A sa mort, une guerre civile mit sur le trône l'usurpateur Carbréeatcan, qui régna cinq années; et, après lui. son fils et son successeur ^loran replaça sur le trône l'héritier légitime de l'ancienne dynastie, Férédach, fils du ]*oi Crimthan. Le
u. Comment l'Irlande était-elle divisée? Quel était le ].rinci|.al royaume ? — i. Vers quel temps rognait le roi Kimboath ? Xommez nuelques-nns de ses successeurs. — 5. En qioi le r^gne de Crim-\ ihan fut-il remarquable? Qui est-ce qui lui suocf da ? Que eait-on de Cormach Ulfadha ?
pays retombe ensuite dans les guerres civiles et l'a narchie jusque vers 270, époque de Cormach Ulfadha, qui, de l'aveu de tous les annalistes, semble avoir été le plus accompli de tous les rois de la dynastie do Milésius, comme législateur, comme guerrier et comme savant.
6. Jusqu'à l'an 397, les clironiqucs irlandaises sont presque muettes sur les événements qui suivent. Vers la fin du lYe siècle, un roi, nommé Xial-des-Xeuf- Otae^es, fit une incursion en Angleterre : il en revint victorieux ; mais, ayant ensuite voulu faire une invasion dans la Gaule, il fut tué sur les bords de la Loire. Dathy (406), son successeur, fut le dernier roi païen de l'Irlande. Comme son prédécesseur, il envahit la Bretagne et pénétra dans les Gaules jusqu'aux pieds des Alpes. On dit qu'il fut frappé de la foudre au moment où il se préparait au retour.
7. Déjà la religion chrétienne avait pénétré dans l'Irlande, y avait éclairé quelques tribus isolées, et rhéi'ésie pélagienne s'y était répandue, quand le pape Célestin envoya dans cette île l'évèque Paliadius, Cette mission n'eut aucun isuccès; Paliadius fut forcé de prendre la fuite, et le pape envoya plus tard saint Patrice, qui débarqua en Irlande l'an 432. Ce célèbre missionnaire naquit, suivant quelques autours, sur le sol de ia petite Bretagne; scion d'autres, ce fatciitre Dumbarton et Glasgow, dans un petit village qui depuis a pi-is le nom de Kill-Patrick. Avant l;i ûu de sa longue vie, qui fut remplie d'intatigablcs efforts, de bonnes œuvres et de miracles, le feu étaii éteint sur le dernier autel des druides, et le ehristianisrae établi dans toute Tile.
8. Après la mort de saint Patrice (4G5j, llriandc retomba dans Tobseurité, et, pendant trois siècles, son histoire ne présente que le triste spectacle de guerres
6. Quel roi se distingua vers la fin du IVe siècle ? Que s.ait-on du roi Dathy?— 7. Quand la religion chrétienne pénétra-t-cl,c en Irlande ? Qui c«t-ce qui opéra la conversion de lîle ? Où naquit saiur Patrice ? — 8. Que devint l'Irlande après la mort de gaint Patrice ? Quel? peuples débarquèrent en Irlande vers la fin du Ville ?iècle ','
civiles. On conçoit alors que lo résultat dp cotto anarchie devait être nécessairement l'affaiblissement de la royauté, et, conséqucmment l'impuissance pour l'Irlande de résister au premier ennemi qui viendrait l'envahir. Ce fat ce qui arriva vers la lin du Ville siècle, lorsque les î^orthmans, Danois ou Xorwégiens, débarquèrent sur la côte nord-ouest de l'Irlande (787), et dévastèrent lo pays presque sans rencontrer d'obstacles. Leur pouvoir et leur fortune s'évanouirent cependant après la mort de leur roi Turgésius, qui périt, dit-on, assassiné dans un festin par les Irlandais révoltés. Ses guerriers furent passés au fil de l'épée, et l'Irlande recou\Ta un instant sa nationalité.
9. Mais une nouvelle flotte de 140 voiles ramena bientôt de nouveaux envahisseurs, qui subjuguèrent une seconde fois l'île, aidés au reste, cette fois encore, par les divisions intestines. Cependant, en 920, Donagh lutta avec succès contre les Danois, et remporta sur eux de brillants avantages, tandis que Mahor, roi de Munster, et son frère Brien Boru, les vainquirent à plusieurs reprises dans le midi. l Dès lors commença à tomber le prestige qui jusqu'alors avait suivi les aventuriers Danois; leur fortune déchut peu à peu. Le roi Malachi-Môr (980) les attaqua vigoureusement, et, après une sanglantabataille de trois jours, il remporta la victoire, et il rendit à la liberté tous les esclaves que les Danois possédaient en Irlande.
10. Cependant Brien avait soumis au vasselage les rois du Munster et du Leinsterj et déjà il avait acquis un pouvoir égal à celui de son suzerain. Fier de ses victoires, Ma!achi-Môr prit les armes contre lui. Une lutte longue et sanglante s'ensuivit, et ne se termina qu'en 1001. Le sujet révolté monta sur le trône de Tara, et le roi déti'ôné fut forcé de jurer hommage à son vassal vainqueur. Brien régna 13 années au
9. Qu'était-ce que Doniigh, et que fit-il en 920 ? Que firent le roi Mahor et son frère Brien Boru ? Que sait-on du roi Malachi- Môr?— 10. A quels princes Brien Boru fit-il 'a guerre? De quel royaume ileviiit il r<ji ? Combien de tcmp? Brien r6gna-t-il eu pai.x ?
sein de la paix; sa main ferme comprima la turbulence des vas>au2:.
11. En 1013, les Danois de Dublin ravagèrent les domaines héréditaires du roi détrôné, Malachi ; Brien lui refusa son appui, et les Danois, enhardis par leur victoire, l'attaquèrent bientôt lui-même. Mais, refoulés sur Dublin, ils furent totalement défaits à Clontarf par le fils de Brien, qui paya sa victoire de sa vie. Le vieux roi lui-même fut tué dans sa tente par un fuyard danois, au moment où, agenouillé, il priait Dieu pour son armée. L'histoire de l'Irlande depuis cette époque (1014) jusque passé la seconde moitié du Xlle siècle, ne présente qu'une série de guerres civiles et de malheurs de toute espèce, dont il serait beaucoup trop long d'exposer le chaos presque inextricable. Cette île, du reste, allait cesser d'avoir son histoire à elle, et allait se fondre avec celle d'Angleterre
Avant d'aller plus loin, avant de raconter comment l'Irlande devint sujette de l'Angleterre, il ne sera pas hors de propos de parler de l'état antérieur de cette contrée qui va devenir la vassale d'une puissance qui ne cessera de l'opprimer.
12. La semence évangélique que saint Patrice avait répandue à pleines mains sur la terre d'Erin, donna de fertiles moissons, et bientôt, parmi des populations naïves et pures, s'élevèrent des églises où Dieu fut adoré dans toute la sincérité de la foi, et des monastères où toutes les sciences connues alors furent assidûment cultivées. Ces religieux eurent le singulier bonheur d'échapper aux incursions des barbares qui, dans les Ye et Yle siècles, dépeuplèrent et démembrèrent l'empire d'Occident. Dans la paix de ces cloîtres d'Ërin, la muse chrétienne inspira ces pieux enfants de la solitude, et il existe aujourd'hui des poil. Que firent les Danois de Dublin, en 1013? Quelle victoire le
fils de Brien gagna-t-il sur les Danois ? Quelle fut la fin du vieux Brien Boru ? Que se passa-t-il ensuite en Irlande jusqu'à la moitié du Xlle siècle ?— 12. Quel <jtait l'état de l'Irlande antérieur à cette époque ?
246 HISTOIRE ilODERXE.
èmcs et des légendes remplis de telles beautés que l'on croit que Dante lui-même n'a pas dédaigné d'en prendre quelque.s-unes pour les faire briller dans ses immortelles pages. ^ ^
13. Alors que le flambeau des lumières semblait s'éteindre sur le continent, il jetait encore une faible lueur sur les rives reculées d'Erin. Durant le septième et la plus grande partie du huitième siècle, des étrangers se rendaient de la Bretagne, de la Gaule, de la Germanie, aux écoles irlandaises, tandis que des missionnaires irlandais établissaient des monastères, et répandaient l'instruction sur les rives du Danube et parmi les neiges des Apennins.
14. Les Irlandais ne se distinguaient pas seulement par leur littérature alors fort renommée dans tout l'Occident, ils excellaient aussi dans la musique. C'est sans doute de leur goût pour cet art et de leur supériorité sur la harpe que cet instrument est devenu le symbole et les armes qui ornent les drapeaux d'Érin.
. ç SECTION II.
Depuis l'invasion de V Irlande par Kenri IT, roi d'Angleterre, en 1111, Jusqu'à 1848.
1. L'Irlande était trop voisine de l'Angleterre pour que Guillaume de JS^ormandie n'eût pas la pensée de joindre cette ilo à sa conquête. Henri 1er eut la même pensée après lui. Mais ce projet, qu'il dut abandonner, fut repris par Henri 11(1155). Pour justifier chez un peuple libre et inoffen.^if son ambition, ce prince découvrit que la civilisation des mœurs et la reforme du clergé seraient des bienfaits que l'Irlande achèterait avec joie au prix de son indépendance,
*-. Jean de Salisbuiy, savant moine, et depuis évêque de Chartres, fut donc dépêché par le roi Henri pour solliciter du pape Adrien, Anglais de nai.ssance,
13. Que sait-on des ^col-s de l'Irlande au 7e et au 8e siècles '—14 ' Dans quel art les Irlandais excellaient-ils surtout ?— 1. Quel nroiet conçut Henri II, en 1155 ? Quelle raison fit-il valoir ? Qui Heïri II dépêcha-t-il Ters U papo ? Qntll» fut la rtfpow. de ot pontife ?
la pormission d'envahir et de subjugiier l'Irlande. Cec ambassadeur assurait sa Sainteté que le but pi-incipal du roi d'Angleterre était de pourvoir à l'instruction d'un peuple ignorant, d'extirper les vices qui déshonoraient la vigne du Soigneur, et d'étendre à l'Irlande le paiement annuel da denier de saint Pierre. Mais, ajoutait le roi, comme toutes les îles chrétiennes étaient la propriété du Saint-Siège, il ne se permettrait pas d'entreprendre cette expédition sans l'avis et le consentement du successeur du chef des apôtres. Le pontife, dit l'historien Lingard, que l'hypocrisie de cette requête dut faire sourire, loua dans sa réponse la pié^é de ce fils respectueux, accepta et affirma le droit de souveraineté qu'on lui reconnaissait si libéralement,
3. Après cette singulière négociation, une occasion favorable aux vues ambitieuses de Henri ne tarda pas à. se présenter. JD'après les vieux chroniqueurs, Dermot MacMurrough, roi de Leinster, ayant enlevé la femme d'O'Rourke, roi de Meath, celui-ci porta plainte à Roderick O'Connor, monarque de toute l'Irlande, qui aussitôt prit en main la cause du roi outragé, et chassa de ses Etats le prince auteur de l'injure. i)ermot s'enfuit de l'Irlande et alla demander aide au roi d'Angleterre qui était alors en guerre avec la Franco sur le continent ; Henri II n'eut pas de peine à se rendre aux sollicitations du traître; il autorisa sur le champ le comte de Pembroke, surnommé Strongbow, à lever des forces pour aller au secours de Dermot. Bientôt après (11G9) Strongbow débarqua en Irlande avec trois mille hommes, se rendit maître de AVexford, de Watcrford et de Dublin, et rétablit Dermot sur son trône. Enfin, Henri II y débarqua luimême, en llTl, avec la fleur de sa noblesse et environ quatre mille hommes de troupes choisies, et soumit tous les iois du pays, à l'exception de celui d'TJlster.
3. Quelle cocasion fororable se présentaif. à Henri pour l'invasion de l'Irlande? Quel.e fut la conduite du roiDermot? Où 8'eik"uit-il ? Que fit-il auprès du roi Henri? Qu'en obt nt-il ? Qu» ût 1» comte Strongbow ? Quand Henri envahit-il l'Irlande ?
^^ HISTOIRE MODERXZ.
ono ;!?,w'°f '^'^"«i'^terrc n'aurait pu choisir une êpo-
OurvenaitfrH''''"'''' " '"" «"treprise, car llrlanSe, qui venait d eti-o récemment conquise par les Danois
t au'ër: 'T '=î'°"''"*^' *«"' «P"'^« des bâtai - Xo3i i ^^ ?:" '' 'T^"''' '^°""-« <^«' tommes du
pNoid et quand Strongbow et Henri arrivèrent avec leur flotte, Dublm, Watcrford, ^Vexford étaient d« villes toutes danoises. On ne pouvait donc "ner une circonstance plus malheuriuse pour rirl^de" car les Danois, en défendant contre Henri Ilet ses'sol^
dl^îover r:T rrr' "' «°"'''-^*'^«' .« pouvaient déployer le zèle et le dévouement que des indisènes apportent dans la défense de leur patrie. D un lutre cote, les Irlandais, en voyant les Anîrlo.\ormands aux prises avec les Danois, leurs premieri envahis scurs se trouvèrent flottanls entre la teneur que pou valent leur inspirer ces nouvcau.x- conquérants et le contentement qu'ils éprouvaient de la guerre faite à 1 ennemi qui s'était emparé de leur territoire Toutes ces circonstances réunies, dit M. de Eeaumont fon?
m Que''aul'nr?"^ '°?'^''î° ''^'•''•'"'''^ sociale'etpo iitiqne, au Xlle siècle, dut être faible pour renons-
ser l'invasion des Anglo-Xormands. ^ ^ flp.;..„ î autre cause propice à l'invasion fut l'indonnaît i^f *<^"t°-P^i«s^'"te do la cour do Eome, qui p°euso et sa n/i' '" ^.°"9"é'-^"*; l'Irlande était 'déjà ce n.to ? f ® P,'"""'' ''''* "^^'0"« chrétiennes. Dans te pays oii tous les pouvoirs sociaux étaient faibles Il en existait un resj^ecté et fort, dit Lingard celui' dolare hgion Les prêtres, amis et consolateurs l3 «n r "°' '■'•"''"■'''^^ P'""- ''^'-'"^'"° «<""»« ses mo ! è"res Vv"' " '°™"^'; ^-^^ '"•''gi^trats les plus ii,nrfma; Â "1 """-'"î' '^ ^0"q"ète, on voit l'évêque SllT^ Armagh régler en chapitre suprême la quelelledeplusiem-s rois irlandais, parmi lesquels il est Boul puissant à rétablir l'harmonie.
T.sion de l'IrlMde ; '~ ^ '""" «""'«f"" P'-»pi« » I'i->-
6. En 1175, fut conclu entre Henri et le roi Eodcrick \m traité par lequel il fut solennellement arrêté qu'à l'avenir les rois d'Angleterre seraient les seigneurs dominants de l'Irlande ; que tous les fiefs relèveraient d'eux, et que tons les monarques de l'Irlande ne tiendraient leurs États qu'en qualité de vassaux de la couronne d'Angleterre.
7. En 1185, Henri céda le gouvernement de llrlande à son fils Jean, alors dans sa douzième année. La conduite insolente du jeune prince et de ses courtisans souleva l'indignation des chefs irlandais, qui commencèrent à s'apercevoir, mais un peu tard, qu'ils avaient confié leurs libertés à de perfides gardiens, dont l'objet n'était pas seulement de les rendre tributaires, mais esclaves. Oubliant alors tous leurs différends, ils convinrent d'unir leurs efforts contre les ennemis de leur pays; et ils furent si heureux, que, d'après les chroniques anglaises elles-mêmes, Jean perdit presque toute son armée. Avant été informé du danger qui menaçait l'existence même de sa puissance en Irlande, Henri envoya sur-le-champ des ordres pour rappeler le prince, et nomma en même temps De Courcy pour le remplacer.
S. Jusqu'au règne d'Edouard II, l'Irlande fut comparativement tranquille; mais alors, les Irlandais, conduits par Edouard Bruce, frère du fameux Eobert Bruce, roi d'Ecosse, firent de nouveau fcs plus grands efforts pour repousser les Anglais de leur pays. Ils eurent d'abord des succès, mais ils furent finalement défaits, et Bruce ayant été tué, les Écossais furent obligés de se retirer. Pendant les guerres civiles qui éclatèrent entre les deux maisons d'York et do Lancastre, en Angleterre, de 1453 à 1485, les Irlandais embrassèrent le parti de la maison d'Yoïk. et par suite do leur fidélité à cette maison, ils fr.reiu soumis à de sévères et cruelles épreuves.
6. Quelles furent les conditions du traité passé en 1175 ?— 7. Que 8e pas3a-t-il en Irlande, en 1185 ? Par qui fut remplace Jean, fils de Henri II ?— 8. Quel fut ensnito l'état do l'Irlande jusqu'à Edouard II ? Quelle tentative fit Edouard Bruce ? Quelle fat satin ?
9. Henri II et les Angle- Xormands, dès les premiers jours de leurs conquêtes, ont eu une funeste pensée politique, qui, après six siècles, est encore la pensée de l'Angleterre au sujet de la malheureuse Irlande. Les conquérants du Xlle siècle avaient voulu subjuguer les indigènes et jamais ne s'allier avec eux; telle semble avoir été depuis la volonté de l'Angleterre ; de là continue G. de Beaumont, toutes les infortunes qui ont attiré les yeux du monde sur Érin, l'île des saints. Il serait trop long, de montrer toutes les phases d'oppression par lesquelles passa le pays évangélisé par saint Patrice et illustre par tant de luttes, de traverses et de courage.
10. L'esprit du peuple irlandais était essentiellement catholique ; ses malheurs durent donc redoubler lorsque les hérésies de Luther et de Calvin vinrent éclater sur le monde comme deux grands fléaux. La conquête de Henri II avait sans doute fait couler le sant' irlandais ; mais ce sang avait du moins coulé sur les champs de bataille. Mais voici un autre Henri, Henri YIII du nom, qui va faire pleurer et saigner l'Irlande, et qui deviendra pour elle un infâme bourreau. Henri Tudor commence l'œuvre de persécution religieuse; Elisabeth et Cromwell la continuent.
1 1. Au XIXe siècle, les noms de Henri YIII et de sa fille Elisabeth sont encore exécrés et maudits; et le temps, qui efface tant de choses du souvenir des nations, n'a point fait oublier aux Irlandais les exactions, les persécutions, les cruautés, les tortures, les exécutions sanglantes com.mandées par les deux Tudor et le régicide Cromwell. Tnndis qu'à l'aide de lois tyranniques, Henri YIII et Elisabeth établissaient à leur gré et selon leur fantaisie la religion réformée en Angleterre, tous leurs efforts pour la fonder en Irlande n'aboutirent qu'à deux ou trois insurrections de ce pays, auxquelles sans doute le sentiment national ne
9. Quelle a été et quelle est encore la pen.-!<e politique de l'Angleterre au sujet de l'Irlande? — 10. Quelle fut la conduito do Henri VIlI envers l'Irlande? — 11. Quel souvenir l'Irlande conserve-t-ello de Henri VIII «t d'Elisabeth, au XIXo siècle ?
ÎKLAXDE. 251
fut pas étranger, mais qui prenaient cependant leur principale source dans cette nouvelle cause de haine que la religion protestante venait défaire naître.
12. Elisabeth, voyant qu'elle ne pouvait vaincre la haine que lui portaient les Irlandais, voulut renouveler, en quelque sorte, la population en y encourageant une colonie protestante. Pour faire place à ces nouveaux arrivants, sectaires de Calvin et de Luther, on expulsa des catholiques, enfants du sol. Ce moyen violent et odieux n'avait rien qui répugnât aux mœurs de la tille de Henri YIII, car la confiscation et la mort avaient été au fond de toutes les querelles politiques et religieuses suscitées par son père, ce renégat couronné. Près de 600000 acres furent confisqués sur les vieux possesseurs catholiques. On fit en Angleterre, dit Leland, une proclamation pour ofi*rir ces terres à tous ceux qui voudraient bien les prendre sous différentes conditions dont la première était qu'ils ne souffriraient j^as sur leurs terres un seul cultivateur ou fermier qui fut Irlandais d'origine.
13. Environ 200000 acres de terre furent ainsi enlevés aux mains des indigènes résolus à rester fidèles au culte catholique, et donnés aux protestants. C'était là la grande prime de l'apostasie ; et quand dans nu clan ou dans une famille de vieille roche et fidèle à sa foi, il se trouvait un membre assez faible pour apostasier, il héritait des biens de ses parents restés catholiques romains. Il faut lire dans les belles pages de l'historien Lingard les règnes de Henri YIII, d'Elisabeth, de Cromwell, de Jacques 1er d'xVngleterre et de Charles II, toutes les iniquités commises par l'Angleterre envers son royaume d'L'lande.
14. Pendant qne le génie cruel et sanguinaire d'Elisabeth se livrait à toutes ces persécutions, il éclatait parmi les catholiques irlandais une foi ardente qui ne le cédait pas en courage à l'héroïsme des mar-
12. Que fit Elisabeth, voyant qu'elle ne pouvait vaincre la haine que lui portaient lea Irlandais ? — 13. Comment était récompensé le încmVro d'une famille qui avait la faiblesse d'apostasier ? — l-L Quelle fut la ocpduite des catholiques pendant catte persécution ?
HISTOIRE jIODEr.NE.
tjrs de la primitive Eglise Les déportations avaient! poussé sur le continent une foule de jeunes hommes destinés au sanctuaire, et la France, la Flandre et les Etats romains avaient vu s'élever sur le sol, pour ces i étrangers, des séminaires et des collèges catholiques, vraies })épinières de missionnaires aspirant à soulirir, à mourir pour la vieille religion de leur pays.
15. Le docteur Lingard, l'auteur qui signale le niieux la vérité dans les annales anglaises,'^raconte ainsi les derniers instants de cette femme qui, jusqu'à ses derniers moments, avait toujours eu soif du sang catholique. ^ La reine, durant les paroxysmes de son mal, avait été épouvantée par d'effroyables fantômes que conjurait son imagination. A la fin elle refusa obstinément de retourner au lit et se tint nuit et jour sur son siège garni de coussins, ayant un 'doigt dans la bouche et les yeux fixés au plancher, daignant rarement prononcer une parole, et rejetant toute offre de nourriture. Les évoques et les lords du conseil la pressèrent en vain de leurs représentations et de leurs instances; elle exprima le plus profond mépris pour eux tous, à l'exception du lord amiral, qui était de son propre pnng. Elle voulut bien accepter de lui une tasse de bouillon ; mais quand il la supplia de regagner le lit, elle répondit que, s'il avait vu les apparitions dont elle y avait été frnppée, il ne lui ferait jamais une telle prière. A Cécil, qui lui demandait SI elle avait vu des esprits, elle dit que c'était là une question indigne de ^on attention. Il insista poUr qu'elle se laissât transporter sur son lit, répétant que, pour satisfaire son peuple, elle devait avoir cette con- <!esccndance. ." Je dois! s'écria-t-elle; ce mot peutil jamais s'adresser à des princes ? Homme de peu, misérable! ton père, s'il vivait, n'aurait jamais eu 1 audace d'employer ce mot ; mais tu es devenu présomptueux parce que tu sais queje vais mourir. " Ordonnant aux autres de se retirer, elle appela le lord , amiral près d'elle, disant d'un ton lamentable. ^' Je* 15. Que raconte Lingard des dernier» moments d'Elisabeth ?
suis enchaîcée avec un collier de fer autour du cou. " Il essaya de la consoler ; mais elle répondit : " ]S'on. non, je le^sens bien ; je suis enchainée, et c'en est fait de moi. " Combien de ses sujets, combien d'Irlandais lorsque, pour y établir ses colonies protestantes, elle chassait les catholiques de leul's domaines les fers aux mains et le carcan au cou, avaient enduré avec d'horribles souffrances ces colliers de fer ! Dieu leur devait vengeance, et voici que la reine hérétique, qu'Elisabeth, à ses derniers moments, dans le déclin de ses esprits, se sent stranguléc par le collier de fer de ses victimes.
16. Jacques 1er continua l'œuvre d'Elisabeth. Ce prince, qui avait peur de la lame d'une épée, ne persécuta point l'Irlande par le glaive, et, pour l'aire peser durement son joug sur elle, il agit plus en procureur qu'en tyran. 8ur son ordre, une armée de protestants, hommes de lois intéressés dans la spoliation, s'abattirent comme autant d'oiseaux de proie sur la malheureuse Irlande, secouèrent la poussière des vieux parchemins, prirent la loupe do la chicane, et firent si bien qu'ils enlevèrent alix Irlandais un nombre tiés-considérable de domaines, que le roi donna ensuite à de nouveaux colons protestants.
17. Quand une fois un mauvais chemin est tracé, bien des gens y marchent : c'est avec regret que nous signalons dans cette route de per.-écution envers TlrlaTide, si longtemps opprimée, le noble et malheureux Charles ïer, ûont Crom-weil fit rouler la tête sur réchafaud de White-IIall. Lans leurs prisons, le comte de Straffoid. favori do Charles 1er, et plus tard ce dernier, durent se rappeler leurs cruelles per>€cutions contre l'IiMande. et ces souvenirs auront rendu plus lourde, plus torturante, leur captivité.
18. Quand la royale victime eut rougi de son sang réchafaud de Londres, quand Cromwell eut obtenu le prix du régicide, lui, puritain, avec les saints du
16. Comment Jacques 1er traita-t-il l'Irlande? — 17. L'Irlande fut-elle mieux sous Charles 1er ? — 18. Comment Cromwell traita-til l'Irlande, arrivé au pouvoir ?
convenant, goûta une infernale joio à persécuter à 8on tour la catholique Ërin. Alors les vexations, les emprisonnements, les tortures dépassèrent celles exercées par Henri YIII et sa digne fille Elisabeth. Pour excuser, en quelque sorte, ces sanglants excès, Cromwell -prétendait qu'il no faisait que^châticr l'Irlande, qui avait osé se révolter contre son pouvoir. Il est vrai que, fatigué de retrouver toujours des ennemis dans les Anglais, le peuple de l'Irlande, vaincu par Henri II, son premier envahisseur, puis décimé par Henri VIII et Elisabeth, enfin banni et ruiné par Jacques 1er, était à bout de patience et s'était levé pour secouer le joug de l'Angleterre.
19. A peine la rébellion irlandaise avait-elle éclaté, que voici ^ les instructions que les lords justiciers' commijisaires du parlement anglais, donnèrent à leurs agents. '' Attaquez, tuez, massacrez, anéantissez tous les rebelles, leurs adhérents et complices; brûlez détruisez, dévastez, pilJez, consumez, démolissez toutes places, villes, maisons, églises où les rebelles ont été secourus ou reçus; anéantissez toutes les moissons, blé ou foin, qui s'y trouvent; tuez et anéantissez tous les individus mâles et en état de porter les armes qu'on trouvera dans les mêmes lieux.'
20. Cromwell arriva en Irlande, en 1649. Il y rencontra deux grandes résistances, et voici comment il les brisa. La ville de Droghéda refusant de lui ouvrir ses portes, il em])loie pour la réduire deuxarmfls de diverse nature, la force et le mensonge. En même temps qu'il donne un assaut terrible, il promet la vie à tous ceux qui capituleront. La ville se rend à discrétion. Alors Cromwell, avec beaucoup de calme et de sang-froid, donne à ses soldats l'ordre de paisscitoute la garnison au fil de l'épée. Le massacre dura cinq jours, et fut accompagné de circonstances qui font fiémir d'horreur. Ayant achevé la garnison, les soldats tournèrent leurs glaives contre les habitants
19. Quelles instructions les commissaires da parlement an -lais donnèrent-ils aussitôt que la rébellion eut éclaté ?— 20, Quel fut 1« ]ias3age de Cromwell eu Irlande ?
eux-mêmes, et un millier de victimes sans défense furent massacrées dans la cathédrale. D'autres villes eurent le même sort, et l'on ne pouvait faire en Irlande un pas sans y trouver des restes d'incendie et des traces de sang.
21. Les exécutions partielles ne remplissant pas le but que l'Angleterre se proposait, Cromwell en revint à l'ir'ée de coloniser l'Irlande par des populations protestantes. Dans l'impossibilité d'exiler de leur pays tous les Irlandais, voici ce que l'on fit : sur quatre provinces dont se compose l'Irlande, on résolut d'en peupler trois de protestants et de n'admettre de catholiques que dans la quatrième ; non que celle-ci dût être sans protestants, mais ce serait la seule oii il serait permis à des catholiques irlandais de résider: ce fut IcConnaught, auquel on joignit le comté de Clare. Alors, tous ceux à qui la guerre avait tout enlevé, de même que tous ceux qui, par leur pauvreté, avaient été épargnés, furent contraints de se retirer dans le Connaught. " Cette misérable population, dit M. de Beaumont, était cependant ce qu'il y avait do plus noble en Irlande ; elle emportait avec elle la foi religieuse de ses pères et l'amour de la patrie. Tout l'avenir de l'Irlande était là. " Une fois entrés en Connaught, les catholiques y furent parqués comme un vil bétail ; il leur fut interdit, sous peine de mort, de <iepasper la limite qui leur était fixée. Il y a encore en Irlande un dicton qui date du temps de Cromwell. Quand on veut du mal à un ennemi, ou lui crie : Go to hell or to Connaught I Va en enfer ou en Connaught !
22. On aurait pu croire que le roi légitime Charles II, revenant sur son trône, la pauvre Irlande aurait quelque répit, et que,sous un Stuartqui penchait vers le catholicisme, le pays catholique par excellence jouirait d'un peu de bonheur. Mais non I ce faible monarque, tremblant devant lescovenantaires, par timidité continua à poursuivre les catholiques comme avaient
21. Quelle mesure prit l'Angleterre en vue do faire disparaître la population irlandiise? — 22. Quelle fut la conduite de Charles II vis-à-vis de l'Irlande ?
HISTOIRE ilODERXE.
ûiit SCS prédécesseurs; il ordonna quon exécutât en Irlande les lois pénales ; il suspendit la liberté individuelle, de peur que les Irlandais ne vinssent lui derr.ander justice en Angleterre. Lui, rentrant dans ses Ltats, reprenant possession de ses palais, ne fit pas rentrer dans leurs domaines les partisans de sa cause ; la crainte do ses surveillants covenantaires le rendit ingrat.
23. Tout roi d'Angleterre, au XVIIe siècle, devait bQ résigner à n'être ni juste ni humain envers une partie de ses sujets pour pouvoir gouverner l'autre. l*onr plaire aux Anglais, pour obtenir leurs vivats, il fallait faire souffrir, gémir et pleurer l'Irlande! Jacques II, frère de Charles II et son successeur, était d un caractère trop élevé pour feindre d'autres sentiments que ceux qu'il avait au fond de l'âme, et pour condescendre à seconder une croyance qui n'était pas la sienne, aussi perdit-il ses trois royaumes, comme nous avons vu plus loin, avant que le sceptre se fut brisé dans sc> mains. Ce monarque, honnête homme, avait tenu vaillamment l'épée sur les bords de la Jjoyne ; mais, malgré son courage, la fortune lui fut contraire, et le ohemin du bannissement s'ouvrit devant lui. S'il eût été vainqueur, si l'ingratitude de Guillaume et de Marie n'avait pas obtenu contre le droit un de ces succès que la Providence accorde parfois dans ses décrets impénétrables, la catholique Irlande eût respiré en paix sous le règne de Jacques IL
24. Les persécutions sanglantes avaient cessé, et si le glaive n'était plus tiré contre les Irlandais catholiques, les lois pénales pesaient sur eux d'un poids immense. L'un bout à l'autre de ce code de lois pénales se retrouve une satanique habileté, et chacune <l "elles cache sous des termes do tolérance une odieuse tyrannie. Ainsi, ce peuple, qui a prouvé que nulle violence, si cruelle qu'elle fût, ne saurait lui arracher
23. A quoi devait so rdsigner tout roi d'Angleterre, au XVIIe siècle, en mentant sur le trône? QueUe conduite tint Jacques II, à son avènement ?— 24. Après les pcrsécntions sanHante» les Irlandais furent-il? libres ? , *" '
sa foi religieuse, aura toujours son église et son prêtre, et du moins il pourra croire qu'on ne veut plus lui enlever ni l'un ni l'autre ; mais, en même temps que la pratique du culte catholique et la présence du prêtre sont tolérés en Irlande, au moins tacitement, une loi est rendue qui bannit à perpétuité du royaume d'Irlande tous les évèques, archevêques ou supérieurs ecclésiastiques quelconques ayant pouvoir de conférer les ordres religieux. C'était, en d'autres termes, dire que le culte catholique cesserait en Irlande avec la génération des prêtres alors existants. Des primes sont promises aux dénonciateurs qui signaleront la présence des prélats papistes en Irlande; et si de3 ])rêtrey y sont tolérés, ce sera à trois conditions : 1^ d'y prêter le serment d'abjuration ; 2*=* de faire enregistrer leurs noms à la cour des sessions et de fournir deux cautions, chacune de cinquante livres sterlings, en s'engageantàne point sortir du comté ; 3^ de n'officier que dam la paroisse pour laquelle ils ont été inscrits.
^ Le fameux Edmond JBurke a dit, en parlant du système de persécution contre l'Irlande, que c'était le plus habile et le plus puissant moyen d'oppression qui ait jamais été inventé par le génie pervers de l'homme pour ruiner, avilir, dépraver une nation et corrompre en elle jusqu'aux sources les plus inaltérables de la nature humaine.
25. Yer.^ran 1TT6, les malheureux Irlandais conçurent l'espoir de leur affranchissement. L'indépendance américaine leur fit croire à l'indépendance irl.andaise.^ La déclaration de l'affranchissement des Etats-Unis eut, comme chacun sait, un grand retentissement par le monde et agita la plupart des peuples ; elle n'effraya, elle ne consterna que l'Angleterre, qui voyait une de ses colonies lui échapper et de province soumise se faire sa rivale. A voice froni America shouted to liherty, dit Flood-Hardy. Aussi, dès 1778, le gouvernement anglais se vit obligé do
26. Qa'arriva-t-il à répo^iue de l'ind.-pecdancs américaine ?
258 HISTOIRE MOBERXE.
réformer plusieurs des lois pénales qui avaient peeé lo plu3 sur l'Irlande. On abolit le droit qu'avait le fils d'un catholique,, en se faisant protestant, d'être saisi de la propriété de son pure, et de dépouiller celui-ci delà libre disposition de ses biens, dont il n'était plus que le fermier ou l'administrateur comptable envers son fils. •
2G. La guerre de l'Angleterre avec ses colonies n'avait pas produit seulement sur l'Irlande un effet moral, elle exerça sur le pays une influence que l'on peut en quelque sorte appeler matérielle. Les alliés de l'Amérique menaçant les côtes d'Irlande, sa superbe dominatrice lui permit d'armer ses enfants, de les enrégimenter comme volontaires pour défendre le sol natal. Alors, comme par un mouvement universel et spontané, ce pays si longtemps esclave se couvre d'une milice volontaire animée d'enthousiasme, et qui mêle à son espoir de repousser les attaques étrangères, la pensée de rendre moins lourd le joug de l'Angleterre. A dater de cette époque, l'Irlande respire un peu, et le monarque anglais apprend qu'il voient de surgir une nation redoutable avec laquelle il faudra compter.
27. En 1782, le parlement irlandais se fait indé- ^ndant et proclame le principe délibéré hautement par les volontaires, qu'aucun pouvoir en ce monde n'a le droit de faire des lois obligatoires pour l'Irlande si ce n'est le roi, les lords et les communes irlandaises. Pans la foule des combattants parlementaires, il faut distinguer un grand chef, un précurseur d'O'Connell, Henri Grattan. Cestsur sa parole vivo et puissante que le parlement d'Irlande adressa au roi cette déclaration énergique. " Que les sujets de l'Irlande sont un peuple libre; que la couronne d'Irlande est une couronne impériale inséparablement unie par un lien d'où dépendent le bonheur et l'intérêt des deux peuples; mais que le royaume d'Irlande est un royaume
26. Quel effet produisit sur l'Irlande ia guerre de l'Angleterrs avec ses colonies ?— 27. Qu'obtint l'Irlande en 1782 ? Quel chef distingué parut alor3 dans l'arène parlementaire ?
«Ustinct, ayant ^on parlement à lui et sa législature particulière ; que nul au monde n'est compétent pour faire des lois obligeant cette nation, sinon le roi, les lords et les communes d'Irlande. "
28. Pareille adresse, appuyée sur une armée de 60000 hommes, eut plein succès auprès du parlement d'Irlande, qui, dans son indépendance nouvelle, abolit expressément les lois qui étaient devenues pour l'Angleterre un véritable arsenal de persécution. Ce fut à la suite de cette proclamation que la loi qui défendait à un catholique d'avoir un cheval de plus de 5 livres sterling, et permettait en temps de guerre aux protestants de prendre tous le*^hevaux des papistes, fut rayée du code. Ce parlement, qui avait montré un si généreux élan d'indé^^endance, fut bientôt envahi par la corruption.
29. Sous le règne de G-eorges III, le parlement irlandais devint octennal, avec charge de se réunir tous les deux ans, ce qui, en huit ans, faisait quatre parlements. La conséqfuence fut que tous les huit ans il y eut un nouveau parlement à acheter, et malheureusement il se trouvait des hommes prêts à se vendre. Ainsi le parti protestant reprenait de l'influence, et la persécution religieuse, qui un instant avait semblé désarmée, recommença ses vexations et ses injustices.
30. A ce moment la révolution française de 1781) éclata, et, comme celle de l'Amérique, exerça sur l'Irlande un effet moins funeste qu'ailleurs. Pendant quelque temps la partie honorable des catholiques irlandais se réjouit d'une révolution qui leur donnait de nouvelles chances d'affranchi-sement; mais il faut le dii-e à leur gloire, quand la fille du philosophisme eut grandi, quand elle se crut assez forte pour ne plus se faire hypocrite, quand, montrant son e>prit irréligieux, elle attaqua l'autel et le trône, ils ne voulurent plus de son appui, et en Irlande il ne resta comme alliés du jacooinisme que les radicaux du pays.
28. Quelle loi pénale fut alors abolie ? — 29. Que derint le parlement irlandais sous Georges Hl ?— 30. Que firent les Irlandais quand parut la révolution française ?
260 HJSTOIRE MODERNE.
31. Cependant le parti des Irlandais unis, composé d'hommes qui croient que la fin ju.>tifie les moyens, n'est point dégoûté de la révolution française maigre ses excès et ses crimes. Il faut que l'Irlande s'atiranchisse du joug anglais : par elle-même elle n'est point assez forte pour briser les chaînes; à toute force il lui faut une alliée, et les Irlandais unis appelleront do tous leurs vœux une expédition françai^^e en Irlande. C'était pourtant un singulier champion du catholicisme que cette France spoliatrice des églises et pjersécutrice de tous les Français qui s'obstinaient à re.>tL'r lidèles à la foi de leurs pères.
32. En 1798, l'expédition française envoyée par le Directoire ne fut pas longtemps à s'apercevoir que la France avait eu tort de compter sur le concours unanime des Irlandais, et les Français ne furent accueillis que par une faible minorité. La partie chrétien nne de l'Irlande ne crut pas pouvoir recevoir comme libérateurs des ennemis des prêtres. Cependant, de cette invasion et des relations établies avec la république française, il résulta quelques avantages pour le peuple irlandais.
33. Quand l'Angleterre avait peur, elle devenait plus miséricordieuse, et c'est alors que, pour calmer les passions populaires, elle fit quelques concessions réclamées impérieusement par les réformateurs. Ainsi les catholiques peuvent devenir avocats; les protestants et les catholiques peuvent s'unir en mariage ; les catholiques peuvent élever leurs enfants comme il leur convient et où illeur plait, sans avoir à craindre les lois de perstcuiion relatives à l'instruction et à l'éducation; les catholiques ont désarmais le droit de voter aux élections ; enfin ils sont désormais admissibles à tous les emplois civils et militaires dans l'Etat et dans les corpoi-ations. Ces améliorations composent ce qu'on a coutume d'aj^peler la troisième réforme de l'Irlande.
21. Que voulait le parti dit Irlandais unis ? — 32. Comment fut reçue l'expédition française, en 1798 ? — 33. Quelle attitude prit alors l'Angleterre envers l'Irlande ?
34. Cependant le peuple irlandais s'étaît habitué à espérer son salut de la France, et, dans l'espoir d'être appuyé, il s'était accoutumé à la révolte. Lu rébellion éclata, et l'on chercberait vainement dans les annales sanglantes de l'Irlande une phase aussi malheureuse que celle qui suivit cette levée de boucliers. Peut-être dit 31. de Beaumont, p-indrait-on d'un seul mot toutes les misères de l'Irlande à cette époque en disant que, même après la guerre, le sort du pays fut remis à l'armée. ''Au milieu de l'insurrection la loi martiale avait été proclamée ; la rébellion était vaincue ; la justice militaire ne se retira point, et l'armée anglaise, après avoir fi'appé ses ennemis sur le champ de bataille, les poursuivit d'arrêts de mort 2:)rononcés par les conseils de guerre. "
^ 35. Lorsque l'Angleterre avait eu peur, nous l'avon.s dit, elle s'était montrée moins cruelle^envcrs l'Irlande. Lès que ses frayeurs furent passées, elle redevint sévère et cruelle. Le parlement de l'Irlande, depuis qu'il avait recouvré son indépendance, était devenu gênant pour le gouvernement anglais, qui résolut de l'abolir, et cette abolition se fit par l'acte d'union, prononcé à Londres le 26 mai 1800, à une majorité de 118 voix contre 78. On a calculé que sur les 118 votants il y en avait 76 pensionnaires de l'État ou fonctionnaires publics. Qu'a fait l'Angleterre quand elle a proclamé l'union de l'Irlande ? Elle n'a déclaré qu'une chose, c'est qu'à l'avenir toutes les lois nécessaires aux deux peuples seraient faites par un même prarlemcnt où cliacini des pays serait représenté. Mais, en statuant pouj- l'avenir, elle n'a pas réformé le passé, et l'Irlande unie à rAngletci-rc a conservé ses coutumes et ses lois qui lui attribuaient un parlement spécial. Une autre époque marquante pour l'Irlande, c'est l'an 1829, où fut soulevée la grande question do l'émancipation.
34. Comment l'Ançlcterre traita-t-elle la rébellior qui dolata alors on Irlande ?— 35. Comment se fit l'abolition du parlement irlandais ?
202 msToins moderne.
'36. Lorsque lo pacte d'union parlementaire avait été établi entre l'Angleterre et l'Irlande, la première de ces puissances s'était engagée envers la seconde à abolir les incapacités politiques qui pesaient encore sur les catholiques irlandais. Cette abolition, Georges III l'avait promise comme un adoucissement aux rigueurs de l'acte d'union ; mais quand il s'agit de déclarer que lo papiste romain jouirait des mêmes droits et privilèges que le confoi'miste protestant, la conscience du vieux monarque s'alarma, et l'engagement solennel no s'accompli>sait pas. M. Pitt, alors premier ministre, ne pouvant tenir sa promesse, l'ésigno ses fonctions. L'Irlande, quoique profondément irritée de ce manque do foi, avertie par ses malheurs pas.'rés, dès lors ne recourut qu'aux moyens légaux pour faire valoir ses droits. La presse et l'association furent ses deux grands auxiliaires. Cette association, devenue si puissante sous la direction de Daniel O'Connell, s'était organisée vers l'an 1810, sous l'inspiration de John iveogh. Ce dernier la dirigea jusqu'au jour où U'Connell y parut en dominateur, non-seulement de ce comité, mais de toute l'Irlande.
37. De toutes les pensées tendant à l'atlrauchisscraent de l'Irlande, celle de l'association fut la plus féconde et la plus puissante. La presse la stimula sans relâche; le yjeuple convoqué dans ses meetings s'anima à la voix de ses chefs. Ainsi la réforme s'avança d'un pas à la fois hardi et sage.
38. Cependant l'Angleterre, toujours imprégnée de son esprit protestant, refusa l'émancipation demandée à grands cris par les Irlandais. Alors l'Irlande envoya à l'Angleterre O'Connell lui-même pour la représenter au ^parlement. L'histoire contemporaine dit ta quelle haute puissance morale est parvenu ce zélé c<tholique, dont la voix fut respectée et obéie par des rassemblements de ])lus de cent mille âmes.
36. A quoi s'était engagée l'Angleterre par le parti d'union ? — S7. Qu'est-ce qui aida le plus fflacacement h l'afiFrancbisscment de l'Irlande? — 38. Quelhomme extraordinaire rirlaode envova-t-cUv HU parlement pour la représenter ?
IRLA^LZ. 263
La foi et l'espérance soutinrent O'Connell, et il ne ccs^a de répéter à ses compatriotes que les jours du triomphe du catholicisme étaient prêts, et qu'avant peu d'ani.ées la messe serait chantée de nouveau sous les voûtes de la royale égli^e de Westminster.
39. Ce fut le 13 avril 1829 que le parlement d'Angleterre adopta le bill en vertu duquel tout catholique romain peut désormais entrer au parlement sans avoir à prêter aucun serment qui répugne à sa conscience. Ainsi fut brisé le dernier anneau de la chaîne des lois pénales qui avait pc.té sur les malheureux Irlandais.
40. Mais voici ce qu'on lit dans un abrégé d'histoiic, par P. C. Grâce, publié en 1848: ''Bien que la passation de TActe d'émancipation donnât à Tlriandg Tespoir de recouvrer bientôt tous ses droits, néanmoins elle demeure une misérable province; et ies nobles eti'orts de Laniel O'Connell, après son triomphe dans la cause de 1 émancipation catholique, n'ont point encore donné de résultat satisfaisant. Les cris de détresse que des millions d'Lrlandais, réduits à la plus grande pauvreté et mourant de faim, ont sans ce.^s.'-e lait entendre au gouvernement anglais, n'ont pu l'attendrir; et la famine et la peste, avec toutes ie> horieurs qui les accompagnent, ont dépeuplé la malheureuse île."
41. t.n 1:;48, quelques membres d'une société connue sous le nom de ••' Jeune Lrlande, " essayèrent de Kecouer le joug britannique; mais, pour bien des raifcons qu'on conçoit aisément, la tentative n'eut pas plus de succès que celles qui l'ont précédée; elle n'a fait qu'ajouter à la mi-ère qu'elle comptait soulager.
29. Quand fut pasi<é le bill d'émanci(>ation ? 40. Qaelle a été Vâtiitwse du gouvememect anglais envers l'Irlande aprè: cet acte forcé de just ce ? Con-ment l'Irlande a-t-el e été traitée de l'Angleterre pendant les joars de famine et de peste aaxouelj elle a été «oafcwç ? — il. Quelle tentatire fut faite eo I8i3 ?
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ESVAGXE. Depuis le lôe siècle jusqu en 18T0.
1. Par le mariage de Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon et d'Isabelle, reine de Castille, eut lieu, comme nous avons vu, la réunion totale des différents royaumes espjignols, réunion fameuse qui constitua détinitivement la monarchie espagnole, en 1479.
2. Maître des royaumes chréiiens d'Espagne, et aidé des conseils du laraeux cardinal Ximénès et de l'habileté de Gonzalve de Cordoue, Ferdinand résolut de mettre fin à la domination mauresque en Espagne, qui, graduellement ruinée par ses prédécesseurs, nesc'aomposait plus alors que du seul royaume de Grenade»^ Il consomma cettegrande entrepriseen 1492. C'estaussi a cette époque que Christophe Colomb dota l'Espao-ne pour ainsi dire malgré elle, d'un nouveau mondef do nouveiiux peuples, comme nous le verrons plus loin
^.Ferdinand, pour s'opposer à l'entrée, en Italie de Charles V III, roi de France, scella l'alliance qu'il venait de former avec l'Autriche par le mariage de iaj-chiduc Philippe avec Jeanne, sa fille. Celui-ci se trouva forcé de porter les armes contre son beaupere, qui se vit bientôt obligé de lui céder le trône (lo06), mais toutefois pour fort peu de temps II eut pour successeur Charles-Quint, son fils, dont le règne fut le plus brilîantdetous ceux dont parle l'histoire de la Péninsule. En même temps empereur d Allemagne et maître dos deux Amériques, il eut à gouverner l'un des plus grands empires qui eussent jamais existé. On connaît assez le résultat do ses débats avec ses voisins et son rival François 1er, et ses malheureuses tentatives contre les États barbaresques.
1. Qu'op<^ra le mariage de^Ferdinand avec Isabelle de Castille? —2. Quelle grande eareprise conçut Ferdinand? Quel était son consei,ler? Quand s'empara-t-il de Cordoue? Que lui procura Christophe Colomb ?— 3. Quel fat le successeur de Ferdi-^and ' Que devint Charles-Quint ? Quelle était sa puissance '^