SAUL
*' Suis-je an chien, lui cria-t-il, pour que tu viennes à moi avec un bâton. Approche, et je donnerai ta chair à manger aux bête.'!^ et aux oiseaux. " David lui répondit: '* Tu viens à moi avec l'épée, la lance et le bouclier; mais moi je vais à toi au nom du Dieu des armées, qui va punir ton impiété et tes blasphèmes, et te livrer entre mes mains, afin que toute la terre sache qu'il y a un Dieu dans Israël. " En même temps il lança une pierre qui frappa le Philistin au front, et ce géant tomba la face contre terre. David courut à lui, et, saisissant la lourde épée de son ennemi, il lui coupa la tète et la porta en triomphe au camp d'Israël. Cette mort répandit la terreur parmi les Philistins, qui furent taillés en pièces, et tout rhouDeur de la victoire revint à David. Alors la jalousie s'empara de Saiil ; il conçut une haine implacable contre le jeune héros, et chercha les moyens de le faire mourir.
David, dans ca premières actions, était la figure visible de Jésus-Christ.
Il chasse le démon par ses cliants et ses prières: Jésus-Christ lo chasse des cœurs par ses mérit<îs.
David tue Goliath avec sa fronde et une pierre: Jésus-Christ détruit le péché par sa croix et ses mérites.
Da%id reçoit les applaudissements de tout le peuple : Jésus-Christ recevra i\ jamais les félicitations des anges et des saints.
David, tout en faisant du bien à Saùl, en était sausccssc persécuté: Jésus-Christ fait du bien à tous, et il ne reçoit que des outrages do la plupart des hommes.
7. David se conduisant en toute rencontre avec beaucoup de prudence, Saûl l'appréhenda de plus en plus, en voyant que le Seigneur était avec lui ; il lui refusa sa lille aînée, qu'il lui avait promise, et lui donna Michol, sa seconde tille, en mariage, .\pres quelque temps de calme apparent, David fut f»bligé de s'éloigner malgré l'affection de Joiuillia.^, qui
7. Tous les membres de la faniilie royale étaient-ili! Hni'«<»« «Je» mêmes seniiments contre David T
62 HISTDÎRE SAINTE.
raimait comme lui-même, et l'avertissait des pièges que lui tendait le roi. 11 quitta la cour accompairné de quatre cents hommes, qui lui furent toujours dévoués.
Jonathas est un parfait modelé de la plus magnanime générosité, comme aussi de la plus pure et de la plus inviolable amitié dont il feoit fait mention dans toute l'histoire. Quoique héritier présomptif de la couronne, il lie a7nitié avec le lils d'un humole berger; la gloire de David éclipse la sienne, et, loin d'en concevoir de la jalousie, il unit ses lelicitations à celles de tout Israël pour chanter les exploits de son ami du cœur. La tidélité reste la même dans l'adversité de son ami, comme dans sa ]u-ospérité; quand celui-ci est honoré à la cour de son père, aussi bien que quand il est obligé de fuir pour sauver sa vie.
8. Saûl poursuivit David, qui s "était d'abord retiré auprès de Samuel, à Eamatha, et, de là, à ^obé, chez le grand-prêtre Achimélech. et mit tout en usage pour l'atteindre et le tuer. Furieux de voir le jeune homme à l'abri de ses coups par la protection du Seigneur, ce mauvais prince s'en vengea sur Achimélech. qu'il fit égorger avec quatre-vingt-cinq prêtres du Très-Haui. à cause de l'hospitalité accordée à David. David, au contraire, usait d'une grande générosité: obligé de fuir dans le désert d'Engaddi, il s'était retiré dans une caverne ; Saiil y entra seul, ne sachant pas que David y fût caché. Celui-ci aurait pu tuer son ennemi ; mais il se contenta de couper le bord de son manteau.
Une autre fois. David et Abisaï, son éouyer, pi^ nétrèrcnt la nuit, sans être vus, jusqu'à la tente de Sod\, «ju'ils trouvèrent endormi : '• Dieu me garde, dit David, de mettre la main sur mon maître, sur l'oint du Seigneur. " Et, pour prouver au roi qu'il n'avait teim qu'à lui de le perdre, il prit sa coupe et sa lance, mais
8. Que fit Saùl, up[ renant que David s'était rt^fugié chez le tçraneîprètre Achimélech? — Comment Achimélech fut-il traité? — (juellei preuve: de modération David donna-t-ilà Satll? — On David se rctir»-. t-il? — Comment fut-il reçu par Achis, roi do Goth?
BAVID. 63
i! les lui fit rapporU'i- aussitôt, (^uoiç^u'il iXa convaincu Mue cet acte de générosité ue lui rendrait ni l'amitié du roi ni la tranquillité. Toutefois Saiil. touché de 1 admirable conduite du jeune guerrier qu'il persécutait, promit de ne plus le poursuivre. David n'osant se fier à sa parole, se retira chez Achis, roi do <ri'th: sa présence causa d abord des inquiétudes à ce }*nnco, parce qu'il le prenait pour un espion: mais ayant ete rassuré, il le traita favorablement, et lui donna la ville de Sieeleg. Cependant Saul, qui ton- Chait a sa un, se voj-ant attaqué ])ar les Philistins eut recours a une magicienne pour connaître le sort du combat.
ÎJ. I^e Seigneur permit que l'ombre de Samuel, mort deux ans auparavant (1055), apparût à Saiil/ct lui annon-at la detaite de ses troupes, sa mort et celle de ses enfants. Ayant été en effet vaincu et poursuivi par 1 ennemi il se donna la mort sur la montao-ue ( c Gelboe. Ainsi mourut Saiil, à l'âge de soixantedeux ans, après un règne de quarante. David bien éloigne de se réjouir de la mort de son ennemi, fitpérir i Amalecite qui, lui apprenant la déf-ute de l'armée s était vanted'avoir lui-même tué Saul ; il plpura amè' rement la mort de ce prince, et surtout celle de son tils Jonathas, avec lequel il avait été lié d'une amitié M tendre, qu on iK)uvait dire que rd?ne (U Jonathas était coUee a l ame de David.
David donna quelque temps après un nouvel exemple de justice, en foisant mourir deux scélérats qui lui apportaient la tète d'Isboseth, dernier fils de Saul qu Abner, gênerai des armées du roi, avait placé ^ur le tronc, et il traita Miphiboseth. fils de Jonath-is comme son pro]>re fils. ' '
10. Eègxe i>f: Dav[d(1055).— Saul eiant mort, la tribu de Judase soumit la première à David, nui s'était rendu a Ilebron. Après la mort d'Isboseth les autres tnbus iC reconnurent pour roi de tout Israël (1048) ;
y. Comment Saul finit-il .a vie?-Comment David «e c.)nn.ort.i-t-il u U mort , e ^aul et de .ses cnfanu -.'-lO. Le. d...uo tribu. recuC em .1... ru.uoDuv.-i |,..nrro!-.'-c^„and fut-il pr..clamô roi. ur tout Isra-.I?
c'est à lîébron qu'il fat sacré, et il avait alors trentesept ans.
11. Les Jébr.séens, descendants de Cham, avaient tonjours été maîtres de Jcrnsalem ; David les en chassa, et établit su demeure sur le mont Sion. où il te bâtit un palais ; il y lit aussi préparer une t^înte magiiilique pour placer l'arche d'alliance, qui était encore ehcz Aminadab. Comme on la conduisî'cit à Jérusalem. Osa. chargé de veiller au transport, voyant l'arche penchée et sur le point de tomber, y. porta la mairr pour la soutenir; il i'at à l'instant même l'rappe de mort. Ce terriblechâtiment épouvanta David, et il fit placer l'arche dans la inaison d'Obédédon; mais quelque temps après, ayant ap])i'i8 qu'Obédedon. avec toute sa maisoi), avait été comblé des bénédictions du Seigneur par la présence de l'arche, il se déter- Tnina à la mettre dans le lieu qu'il lui avait préparé. Il accompagna la marche des lévites, ausondes t)"OMipettes, avec une joie qui annonrait sa foi et le d^'sir qu'il avait de plaire au Seigneur.
12. Dientùtil défit les Phili.stins et les Anialee'.le^, et délivra ainsi son peuple de l'oppression de ses ennemis et du trdjut qu'il avait paye pendant de longues .'innées aux Philistins. Toute la terre promisse était alors en son pouvoir, et il avait en outre soumis les ])eup]es situes à l'orient de la Judée, une partie de la Syrie et l'idumée jusqu'à la mer Ilouge, sur laquelle étaient deux ports très- favorables au commerce qu'Israël faisait ri, cette époque avec les nations les plus reculées de l'Asie et de l'Afrique. En memetem]>s, ce ]>rince était occupé à rendre exactement la justice à** tout son peuj)le.
lo. Cependant, il allait bientùt donner un exemple effrayant de la faiWesse humaine. Le roi des Ammonites ayant outragé les ambassadeurs d'Israël. David envoya .Ioal>. général de ses armées, pour en tirer vengeanee. Il eut été avantageux à David de s'être
H. t^uel endruit David choisit-il pour ea résidence royale? — Que fît -il quand la paix fut rétablie dans son royaume? — 12. A quels peuples i:t-il «.'nsiiite la guerre? — l'-). David fut-il toujours fidôle à «on devoir?